{
 "numero_id": "aj-vogue-1886-t2-n4",
 "tome": "1886",
 "source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
 "articles": [
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-08-09-1",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "109",
   "page_fin": "113",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : début retrouvé par qwen-3.8-27b, vérifié (ressemblance 81) : « VOIX AU PARC » ; fin : fin de la page 113",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=599",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "109",
     "debut_caractere": 43,
     "fin_caractere_exclue": 475,
     "texte": "VOIX AU PARC\nL'inflexion des voix chères qui se sont tues.\nPAUL VERLAINE.\nV\nOh! je souffre vivante et je geins éternelle.\nA ma barque venez embarquer les caprices\nVenez au lent sourire, aux yeux clos, à la lice\nOuverte des tournois sous mes lampes éternelles.\n-\nTempêtes aux rades, et flots qui mugissent\nEt solitude éparse au fréquent de mes voix\nEt mornes passagers et futiles envois.\nCotoyant les trompeurs phares qui surgissent.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=599",
     "seq": 599
    },
    {
     "page_imprimee": "110",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 356,
     "texte": "110\nLa Vogue.\nEt de l'or épandu dans les levers, dans les matins\nDans les cheveux - et le grêle sillage de satin\nQu'autour des larges yeux neigeama chair pour tes faims.\nToi qui vas solitaire aux carrefours, entends.\nVoici venir en moi tout le fané des temps\nVoici dans le limpide et le blanc, fleur d'étangs,\nRecèlent mes appels le mensonge de tes enfins.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=600",
     "seq": 600
    },
    {
     "page_imprimee": "111",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 710,
     "texte": "La Vogue.\n111\nVI\nEt si de la pitié te vient de mon hagard\nMarche dans mes déserts inconnus des Agars\nPeut-être trouveras l'onde consolatrice\nAu seuil en fête, au seuil en fleurs de ma matrice\nOù tu boiras la soif au non de mes regards.\nLa chimère est en moi, mais molle est ma ceinture\nO chercheur des toisons perlées de l'aventure\nNe sais plus mes baisers partis en aventures.\nAu plus loin du palais souillé, vers mes étangs!\nEt les paons du désir et ses lions qui rugissent\nEt les fronts inclinés câlinant aux tentures\nEt tu seras celui qui dort aux dictatures.\nOu berceuse je serai ton antienne\nOu nocturne l'étoile ancienne,\nOu les soirs aux féeries musiciennes,\nA mon orgue joueront les profonds du gésir.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=601",
     "seq": 601
    },
    {
     "page_imprimee": "112",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 450,
     "texte": "112\nLa Vogue.\nVII\nOh! qui galopera dans mes plaines arides\nQuelle main passera son frisson à mes rides\nQui se lancera, le cheval sans bride\nAu mirage fugace de mes brefs désirs.\nQui viendra s'oublier, fauteur des pardons\nQui résurgera l'oubli des faux pardons.\n-\nEt je souffre vivante et je geins éternelle\nS'éveiller! Oh! l'instant perdu de cet éclair !\nMais marcher dans le sapide et monotone clair\nQu'allument aux humains mes inscientes prunelles.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=602",
     "seq": 602
    },
    {
     "page_imprimee": "113",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 353,
     "texte": "La Vogue.\n113\nVIII\nAu bruits s'étoilant en fusées de murmures\nAux passants des ramures\nEcoute et laisse aller le rêve au bois\nEt flotter se dispersant - plus aux abois\nEt vers l'ample blancheur mène tes incertains\nEt tristes pas, Laisse vers les matins\n-\nS'imposer la trêve obscure du loisir\n-\nEt va, je suis le peu qui fatigue à dormir.\nGUSTAVE KAΗΝ.\nK",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=603",
     "seq": 603
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-08-09-2",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "114",
   "page_fin": "135",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : titre retrouvé (début court) ; fin : début de la notice suivante",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=604",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "114",
     "debut_caractere": 14,
     "fin_caractere_exclue": 748,
     "texte": "PASSE-TEMPS\nDE\nJACQUES CASANOVA DE SEINGALT\nPOUR LE CARNAVAL DE L'AN 1792\nDANS LE BOURG D'OBERLEISTERDORFF, A L'IMPRIMERIE DU BRASSEUR\nÉPIGRAPHE\nJacobo Oreillio Barbaro, hyberno, septuagenario, illiterato,\ndeliro, erranti, invite morienti, medico exigui nominis,\nsæpe nimis incarto, sæpius nimis certo\npersæpius ægrotis formidabili, experientiæ spretori,\ngrammatophylacurrum exploratori, Etymologiarum\ninscio, libidinoso, iracundo, violenti, e memori\nsuperbo, inhospito, inhospitali, ordinem grammatum\nignoranti inscio, superstitioso, astrologo,\nirrequieto, averso, impudico, curioso, suspicioso\nmaligno, mendaci,\naudaci, ignaro, inconstanti, lucida intervalla\naliquando habenti integram mentis salutem\nCASANOVA JACOBUS VENETUS\ndicit.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=604",
     "seq": 604
    },
    {
     "page_imprimee": "115",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1059,
     "texte": "La Vogue.\n115\nDIALOGUE I\nO'REILLY CASANOVA (dans la rue).\n-\n-\nO'R. Vous avez quitté Dux, vous avez mal fait. Ce\nsont vos ennemis qui actuellement chanteront victoire.\nIls vous ont chassé; vous avez mal fait à faire tant de\ncas de ces ignorants. Ils croient à présent d'avoir plus\nd'esprit que vous. Vous deviez les mépriser, rester\nferme et leur faire voir par là votre supériorité. Vous\nles auriez humiliés.\nCAS. - Lorsqu'il y a dans votre chambre de la m.....\npuante que faites-vous?\nO'R. - J'appelle ma servante et je lui dis de la porter\ndehors.\nCAS. Et si ce tas de m..... est plus grand que la\nmasse de votre servante?\n-\nO'R.\nPour lors je sors de la chambre, et je vais\nchercher des gens qui aient la force d'ôter de là\ntoute cette m..... qui me déplaît.\nCAS. - Vous lui faites trop d'honneur; vous devriez\nplutôt respecter cette m..... et rester tranquille en sa\ncompagnie. Dites-moi ce que vous faites quand\nvous trouvez un pou sous votre perruque ou dans\nvotre chemise, lorsque vous en changez le di-\nmanche?\nO'R.\n-\nJe le jette par terre et l'écrase.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=605",
     "seq": 605
    },
    {
     "page_imprimee": "116",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 782,
     "texte": "116\nLa Vogue.\nCAS.\n-\nVous en faites trop de cas, vous devriez le\nmépriser, pas seulement le regarder.\nO'R. - Quelles comparaisons?\nCAS.\n-\nElles sont justes. Faltkirchner, le syndic et le\nbourreau en exercice sont pour moi encore moins que\ndela m..... et des poux. Ne pouvant ni nettoyer ni\ntuer, je m'éloigne jusqu'à ce que quelque bonne farce\nm'ait délivré de toute cette vermine.\nO'R.\n-\nSi j'étais à votre place je me règlerais diffé-\nremment.\nCAS.\n-\nEt moi aussi si j'étais à la vôtre.\nO'R. - Je veux vous raccommoder.\nCAS. - Avez-vous lu ce que Cicéron dit des média-\nteurs?\nO'R. - Je dois l'avoir lu puisque je connais mon\nCicéron; mais je l'ai oublié, que dit-il?\nCAS.\n-\nAllez le relire, car ma leçon pourrait vous\ndéplaire.\nDIALOGUE II\n(dans la rue).\nRayé et rendu illisible.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=606",
     "seq": 606
    },
    {
     "page_imprimee": "117",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1050,
     "texte": "La Vogue.\n117\nCASANOVA\n-\nDIALOGUE III\nO'REILLY (dans sa chambre).\nCAS. Vous venez donc de dîner?\n-\nO'R. - Il y a deux heures que j'ai dîné.\nCAS. Et vous buvez encore?\n-\nO'R. - Le vin, Monsieur, est un bon remède, un bon\npréservatif d'une grande quantité de maux. C'est le\nbaume de la vie, le soutien de la vieillesse.\nCAS. -\nLaudibus arguitur vini, vinosus Homerus. Une\nchopine de vin me suffit, et je me porte bien. Je n'ai\njamais bu un verre de vin après diner.\nO'R. - L'exemple des Italiens ne m'en impose pas.\nVous êtes des buveurs d'eau qui me font rire. Qui de\nvous autres peut tenir tête à un Allemand?\nCAS.\n-\nNous n'aspirons pas à cette gloire, nous vous\nl'abandonnons riant aussi à notre tour, car vous ne\ndistinguez pas le bon du mauvais. Je parie que ce\nvin que vous avez l'air d'adorer est du vin d'Au-\ntriche?\nO'R.\nCAS.\n-\n-\nOui et le vin d'Autriche est excellent.\nPour laver les pieds aux Lombards, aux Tos-\ncans et aux Napolitains; nous estimons le vin du\nRhin.\nO'R. - Je préfère celui d'Autriche.\nCas,\nParce qu'il coûte sept craitzers,",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=607",
     "seq": 607
    },
    {
     "page_imprimee": "118",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1112,
     "texte": "118\nLa Vogue.\nO'R.\n-\nCelui-ci me coûte huit.\nCAS. Celui du Rhin vous coûterait un florin.\n-\nO'R. - Croyez-vous que, parce qu'il est plus cher, il\nsoit meilleur?\nCAS. - Sûrement, je le crois, car sans cela il ne serait\npas plus cher. Comment pourrait-il se soutenir si les\ngourmets ne le préféraient ? Tout ce qui est bon est\ncher, monsieur le docteur, jusqu'aux femmes, jus-\nqu'aux médecins, jusqu'aux cuisiniers.\nO'R. - Vous parlez en dupe.\nCAS.\n-\nCombien payez-vous la livre votre chocolat?\nO'R. Un florin.\n-\nCAS.\n-\nO'R.\n-\nCAS.\n-\nCAS.\n-\nEt moi deux; combien payez-vous votre café?\nDouze gros.\nEt moi vingt-quatre; mais il est du Levant.\nSûrement.\nO'R. - Ayez honte d'enfreindre les lois !\nCAS. - Aucune, puisque je me soumets à la peine.\nO'R. - En agissant ainsi, on croirait que vous êtes\nriche.\nCAS. - Aussi, me croit-on plus riche que vous dans\nOberleisterdorff. Car il n'y a point de pauvre\ngarçon qui me demande l'aumône à qui je ne donne\nun craitzer, et deux s'il me la demande en riant car\nj'aime la gaieté. Vous ne donnez le sou à personne.\nA un messager de Dux je donne six gros; on me sert\nplus vite.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=608",
     "seq": 608
    },
    {
     "page_imprimee": "119",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1109,
     "texte": "La Vogue.\n119\nO'R.\n-\nVous gâtez le pays.\nCAS.\n-\nJe le rends plus heureux et je me fais aimer.\nO'R.\n-\nOn peut faire cela quand on a beaucoup\nd'argent.\nCAS.\n-\nIl suffit d'en avoir pour le moment.\nO'R.\n-\nEt quand on n'en a plus?\nCAS. On fait des dettes.\n-\nO'R.\n-\nEt si on ne fait pas crédit?\nCAS.\nO'R.\nCAS.\n-\n-\n-\nOn vend ce qu'on a.\nEt quand on n'a plus rien à vendre ?\nOn souffre en patience.\nGrata supervenit quæ non sperabitur hora.\n-\nJ'aime le carpe diem, de mon cher maître Horace.\nO'R.\nJe ne vous trouve heureux que par votre mé-\nmoire, pour moi je suis à plaindre de ceci, j'oublie\ntous les jours plus.\nCAS. - C'est votre vin d'Autriche qui fait cela, et\ndonne à votre sang une circulation qui le met de\nmauvaise humeur; et il la communique au cœur et à\ncet esprit qui vit dans votre cerveau dans lequel vous\nne pouvez vous recorder de rien. Excusez le mot\nrecorder, il explique la chose anatomiquement,\ncomme Cicéron dit à Trebonius et comme mon\nmaître Morgagni me l'a fait remarquer.\nO'R. - Le luxe de vos citations me fait rire. Morgagni\nvotre maître! pendant que vous n'étiez pas né quand\nil est mort,",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=609",
     "seq": 609
    },
    {
     "page_imprimee": "120",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1022,
     "texte": "120\nLa Vogue.\n-\nCAS. Vous êtes fort aimable avec vos démentis.\nVoulez-vous parier qu'il n'y a que quarante ans que\nMorgagni est mort?\nO'R. - Vous êtes aussi fort aimable avec vos éternels\ndéſis de parier. Vous devriez avoir appris que c'est\nune impolitesse.\nCAS.\n-\nJe parie que c'est une politesse. Écrivons tous\nles deux, et envoyons le problème à l'Académie de\nBerlin. Qui perdra payera. Il est cependant vrai que\nla proposition de parier doit toujours déplaire à un\nhomme comme vous.\nO'R. - Pourquoi?\nCAS.\n-\nParce que vous êtes tellement dépouillé\nd'amour-propre et vous faites de vos savantes opi-\nnions si peu de cas, que pour les cimenter, vous ne\nvoudriez pas risquer la valeur d'un florin; c'est heu-\nreux car vous perdriez tout votre bien.\nCASANOVA\n-\nCAS.\nO'R.\n-\n-\nDIALOGUE IV\nO'REILLY (dans sa chambre).\nJe viens vous demander une tasse de café.\nJe n'ai pas de crême,\nCAS. Je le bois noir.\n-\nO'R. - Je n'ai pas de café.\nCAS. - Envoyez votre servante chez moi, elle le por-\ntera ici et nous le prendrons ensemble,",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=610",
     "seq": 610
    },
    {
     "page_imprimee": "121",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 911,
     "texte": "La Vogue.\n121\nO'R.\n-\nCAS.\nO'R.\n-\nCAS.\n-\nJe n'en prends jamais.\nJe le prendrai tout seul.\nEh bien! elle vous le fera; va.\nC'est fort bien, tenez ma chère. Je vous en\ndonne pour quatre, car je l'aime fort. Je vous\navertis de le laisser refroidir avant de le moudre.\nJ'ai appris cela à Constantinople chez M. Boneval.\n-\nO'R.\nBon, le fameux Boneval, pour ça c'est du\ntemps de Louis XIV.\nCAS.\n-\nJe veux croire que vous badinez. Comment!\nceci n'est pas mon café, fait en dix minutes. Il fut\nfait par le diable, si tant est que ce soit le mien.\nO'R.\nCAS.\n-\n-\nOh! ma servante fait vite.\nParbleu! je le sais bien c'est du sorbet. Elle\na mis de l'eau sur la lie de celui que vous avez pris\nla semaine passée.\nO'R.\n-\nCAS.\n-\nNe croyez pas cela.\nAvis à l'homme. Je ne vous demanderai plus\ndu café.\nO'REILLY\nO'R.\n-\n-\nDIALOGUE V\nCASANOVA (dans sa chambre)\nVous travaillez toujours.\nCAS. Je m'amuse.\n-\nO'R, - L'application tue.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=611",
     "seq": 611
    },
    {
     "page_imprimee": "122",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1200,
     "texte": "122\nLa Vogue.\nCAS.\n-\nCela se peut, mais lentement, car vous voyez\nqu'à soixante ans elle ne m'a pas beaucoup tué. Ce\nqui me tuerait, serait l'ennui.\nO'R. Votre lettre que je vois là est bien longue.\nCAS.\n-\nC'est raccourci de l'histoire infâme qui m'est\narrivée à Dux.\nO'R Je vois du latin.\n-\nCAS. C'est le texte de la matière.\n-\nO'R.\n-\nJe vois une faute, je m'en vais la corriger,\ndonnez-moi une plume.\nCAS.\n-\nDites-moi la correction, et je l'écrirai moi-\nmême, car je crois que vous vous trompez. Dans ce\ntexte latin, il n'y a pas de faute mon adorable doc-\nteur.\nO'R.\n-\nJe vous dis qu'oui; vous avez écrit monimen-\ntum et il faut monumentum. La langue latine est ma\nfavorite.\nCAS.\n-\nSi elle est votre favorite, c'est une garce.\nTacite que je cite dit monimentum. J'ai lu cela il y\nquarante ans, mais c'est comme si c'était hier.\nVoulez-vous parier,\nO'R.\n-\nJe ne veux pas parier; mais il n'y a pas\nmoyen de vivre avec vous. Vous êtes un esprit de\ncontradiction. Vous ne voulez rien apprendre de\npersonne.\n-\nCAS.\nNe vous mettez pas en colère, je veux au\ncontraire apprendre, mais de ceux qui en savent\nplus que moi, et vous n'êtes pas dans ce nombre,\nlorsque vous croyez savoir le latin plus que moi.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=612",
     "seq": 612
    },
    {
     "page_imprimee": "123",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 964,
     "texte": "La Voguc.\n123\nEffectivement, les Italiens auraient-ils appris le latin\ndes Irlandais. Nous avons à peu près le même âge;\nainsi ayez patience. Vous avez étudié la médecine et\nmoi les belles-lettres qui n'ont rien de commun avec\nelles.\nO'R\n-\nVous êtes un homme qui ne mérite l'atta-\nchement de personne, car personne ne saurait vous\nêtre utile. Votre orgueil est extrême.\nCAS.\nCASA NOVA\n-\n-\nDIALOGUE VI\nO'REILLY (dans sa chambre).\nLaissez-le, je m'en vais, je vous assure que\nje ne jette jamais les yeux dans les écrits de ceux\nque je vais voir.\n-\nO'R.\nJe voulais vous envoyer un compliment en\nquatre vers latins et ils auraient été prêts pour\ndemain matin, mais je vous les enverrai de même.\nCAS.\n-\nDeux jours pour quatre vers, je plains la\ndureté de votre œuvre, j'en fais dix par heure.\nO'R.\n-\n-\nCAS.\nO'R.\n-\nSont-ils justes.\nVous en jugerez, si vous savez la prosodie.\nlongues.\nJe n'ai pas le dictionnaire des brèves et des\nCAS. Les seuls enfants en ont besoin.\n-",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=613",
     "seq": 613
    },
    {
     "page_imprimee": "124",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1007,
     "texte": "124\nLa Vogue.\nO'R. - Quoi, vous vous vantez de savoir par cœur\ntoutes les quantités des mots latins.\nCAS.\n-\nJe ne m'étonne pas que vous appeliez cela\nune vanterie. C'est un exploit d'écolier, comme\naussi de savoir tout Horace par cœur.\nO'R.\n-\nJe le sais aussi.\nCAS.\nA quoi bon le savoir si vous ne suivez pas sa\nmorale.\nO'R.\n-\nTrouvez-vous qu'elle puisse convenir à un\nCAS.\n-\nchrétien.\nA peu de chose près. C'était un grand homme\nappelé l'homunculus par Auguste, irréprochable par\nses mœurs. Il l'appelait homunculus parcequ'il n'avait\nque trois pieds de hauteur.\nO'R. Homuncio, vous voulez dire.\nCAS.\n-\n-\nPardieu, voilà encore une correction, voulez-\nvous savoir le latin, mieux qu'Auguste. Homuncio,\nhomunculus et homulus sont synonymes.\n-\nO'R.\nCela se peut; mais je suis sûr que dans un\nbon dictionnaire vous trouverez homuncio avant les\ndeux autres.\n-\nCAS,\nPour le coup je m'étonne que vous ignoriez\nl'ordre de l'alphabet. Homuncio doit être avant\nhomunculus parce que la lettre i est avant la lettre u.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=614",
     "seq": 614
    },
    {
     "page_imprimee": "125",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1065,
     "texte": "La Vogue.\n125.\nDIALOGUE VII\nCASANOVA\n-\nO'REILLY (dans sa chambre).\nCAS. - Répondrez-vous aux dix vers latins que je\nvous ai envoyés ce matin. Je les fait dans une demi-\nheure.\nO'R.\n-\nPourquoi mettez-vous dans le second vers\n<< avec des chataignes ? » Castaneis.\nCAS.\n-\nJe n'ai pas écrit Castaneis, mais Castaliis,\nétant fâché que la seconde syllabe soit longue, mais\nj'étais pressé.\nO'R.\n-\nIl n'est pas question de cela: que veut dire\nCastaliis.\nCAS.\n-\nLes muses. On dit aussi Castalides, mais ce\nsont des paroles qu'on ne peut adapter au vers hexa-\nmètre et pentamètre. Mon frère, à Dresde, a inscrit\naussi un distique à l'apothéose de Mengs où il a fait\nune brève longue. J'en fus fâché parce qu'on me l'a\nattribué.\nO'R.\nGAS.\n-\n-\nOn m'a dit qu'il se mêle de littérature.\nC'est un ridicule qu'il se donne; celui de\nVienne est plus sage.\nO'R.\n-\nJ'ai su que le prince Kaunitz, le distingue.\nC'est son peintre, il lui donne la table avec ses offi-\nciers.\nCAS.\n-\nVoilà votre science. Mon frère, depuis trente ans,\nest le premier peintre des batailles du roi de France,",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=615",
     "seq": 615
    },
    {
     "page_imprimee": "126",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1161,
     "texte": "126\nLa Vogue.\net non pas le peintre du prince Kaunitz, il est prié né\ntous les jours à sa table et non pas à l'office, ceux qui\nvous ont conté ça sont d'infâmes calomniateurs qui\ncroient s'élever en abbaissant les autres, et qui pour\ndébiter leurs impostures cherchent des gens qui ne\nvoient pas la bonne compagnie qui pourrait leur faire\nsavoir la vérité, et vous ont mis dans ce nombre-là,\net vous auriez pu vous passer de débiter à moi-même\nce conte, parce qu'il n'est pas honorifique quand\nmême il serait vrai.\nO'R.\n-\nCAS.\n-\nMais une table d'office ne déshonore pas.\nC'est selon la personne à qui on la donne, et\nla compagnie dont elle est composée, celle de Dux\npar exemple, déshonore.\nO'R.\n-\nComment! vous y étiez !\nCAS.\n-\nPar force et pour la première fois de ma vie;\nmais je publierai un manifeste qui fera connaître les\nbourreaux, je me suis étonné de vous y voir de bon\ngré, tandis que vous saviez que le bourreau y était.\nO'R. Je n'en savais rien.\n-\nCAS. - Oui, vous le saviez. Vous souvenez-vous que\nvous avez pris sa défense et que je vous ai fait taire\navec un mot qui vous a piqué au point que d'abord\naprès table vous m'avez chanté la palinodie.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=616",
     "seq": 616
    },
    {
     "page_imprimee": "127",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1102,
     "texte": "La Vogue.\n127\nDIALOGUE VIII\nO'R.\nO'REILLY\n-\n-\nCASANOVA (dans sa chambre).\nVoilà votre gazette française. L'Assemblée\nnationale défie toutes les puissances de la terre. Les\nFrançais jouiront d'une liberté plus grande encore\nque celle dont les Anglais s'imaginent de jouir.\nCAS.\n-\néloge?\nVous trouvez les rebelles dignes de votre\nO'R. - Qu'appelez-vous rebelles ?\nCAS.\nO'R.\n-\n-\nPersonne ! parlons d'autre chose.\nLe roi des Français sera à peu près égal à\ncelui d'Angleterre.\nCAS.\n-\nParlons d'autre chose, vous dis-je. Le roi\nd'Angleterre a au moins des prérogatives de monarque\nune chambre des pairs, une décoration majestueuse\non le sert à genoux.\nCAS. - Qui vous a dit cela.\n-\nCAS.\nCeux qui ne peuvent pas me tromper, mes\nyeux, après l'histoire de la constitution que vous\nn'avez pas lue, vous qui en qualité d'Irlandais devez\nêtre ennemi des Anglais, mais il ne faut pas à cause\nde cela falsifier l'histoire\nO'R.\n-\nOn ne sert pas le roi d'Angleterre à genoux.\nC'est impossible. Vos yeux vous ont trompé.\nCAS.\n-\nVoilà d'où vient votre aversion à parier.\nRestez dans l'ignorance. Il faut vous y laisser.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=617",
     "seq": 617
    },
    {
     "page_imprimee": "128",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1225,
     "texte": "128\nLa Vogue.\nO'R.\nO'REILLY\n-\n-\nDIALOGUE IX\nCASANOVA (dans sa chambre).\nJ'ai reçu une lettre dans laquelle on me dit\nque les Vénitiens prêtent de l'argent aux princes\nengagés sous la caution de la Russie.\n-\nCAS.\nJe n'en crois rien, mais je crois qu'ils sont\ndans le fond antirévolutionnaires.\nO'R.\nCAS.\n-\n-\nOh! Venise ne peut rien, puissance précaire.\nJe vous prie de parler d'autre chose. Res-\npectez ma patrie, vous ne savez pas ce que le mot\nprécaire signifie. Sachez que nous n'avons aucune\nalliance et cela doit vous fermer la bouche. Venise,\nl'année seize de ce siècle, s'est défendue seule contre\nles Turcs et a remporté la victoire, le siège de Corfou\nfut levé.\nO'R.\n-\nCela peut être, mais aujourd'hui tout est en\nmauvais état.\nCAS.\n-\nVous vous trompez, et quittez ce discours qui\nme choque.\nO'R.\n-\nVous avez raison, car vous êtes Vénitien. Un\ntrait plaisant dans l'histoire, est le voyage du doge\nde Venise, lorsque Louis XIV l'a voulu voir à ses\npieds. Il est vrai qu'on le change tous les deux ans.\n-\nCAS.\nVous êtes un savant historien, vous ne savez\nrien ! Respectez les têtes couronnées. Le doge de\nVenise en est une et il est à vie, et il n'a jamais\nfait des voyages pour aller demander pardon à\naucun monarque.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=618",
     "seq": 618
    },
    {
     "page_imprimee": "129",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1132,
     "texte": "La Vogue.\n129\nO'REILLY\n-\n-\nDIALOGUE X\nCASANOVA (dans sa chambre).\nO'R.\nL'Assemblée nationale ne veut pas donner le\nnom de Mirabeau au frère du grand, elle l'appelle\nRichetti. Elle a raison il ne mérite pas de porter ce\nbeau nom.\n-\nCAS. Mirabeau était un scélérat, un roué sans\nhonneur, sans morale, qui a calomnié dans ses écrits\ndes têtes couronnées, et deshonoré avec son infâme\nplume des princesses respectables, et mal parlé\nd'hommes savants, qu'il ne connaissait pas et dont il\nn'était pas en état de juger. Il sera toujours en\nhorreur aux honnêtes gens.\n-\nO'R. Vous voulez parler, je suis sûr, de la grande-\nduchesse de Russie, mais il ne la nomme pas.\n-\nCAS. A quoi sert qu'il ne la nomme pas s'il la\ndésigne. Croyez-vous qu'il n'y ait que vous qui ait\neu la sagacité de comprendre qu'il veut parler d'elle.\nTout le monde l'a entendu.\nO'R. Et quels sont les savants dont il a mal parlé.\nCAS.\n-\n-\nL'abbé Boskiwich, par exemple, un des plus\ngrands génies de ce siècle, dont vous n'avez pas\nd'idées je gage, car c'était un grand mathématicien\ngéomètre et astronome.\nO'R. - Qu'est-ce qu'un mathématicien? c'est bien\npeu de chose.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=619",
     "seq": 619
    },
    {
     "page_imprimee": "130",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1047,
     "texte": "130\nLa Vogue.\nCAS.\n-\nVous avez raison de mépriser un tel être, car\nil ne sait que ce qui est démontré; et il est en état\nde parier si on le défie. Vous estimez beaucoup plus\nun Mirabeau_qui n'avait enfin autre mérite que celui\nde bien écrire et l'autre d'encourager les rebelles.\nConvenez-vous que les Français insurgés sont tous\nparjures?\n-\nO'R.\nCe n'est pas vrai, car le serment de fidé-\nlité qu'une nation prête à un roi est banal et ne\ntient pas lorsque le gouvernement est devenu tyran-\nnique.\nCAS.\n-\nVous verrez ce qu'il arrivera. La France,\nmon cher docteur, est perdue à jamais.\nCAS.\nDIALOGUE XI\nCASANOVA l O'REILLY (dans sa chambre).\n-\nVous venez de donner des coups à ce pauvre\nchirurgien que vous avez envoyé chercher, qui est\nentré dans cette chambre avec un visage riant et\nrespectueux et soumis, qui a soixante-dix ans, et qui,\ncertainement, ne serait pas venu, s'il n'avait cru que\nvous respecteriez votre maison, en qualité d'homme\ncivilisé et qui connaît les lois de l'hospitalité.\nO'R.\n-\nIl m'a manqué de respect,\nCAS. Comment?\n-",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=620",
     "seq": 620
    },
    {
     "page_imprimee": "131",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1037,
     "texte": "La Vogue.\n131\nO'R.\n-\nIl a congédié un garçon qui me rasait très-\nbien et qu'il savait que j'aimais.\nCAS. - Pourquoi l'a-t-il renvoyé ?\nO'R.\nCAS.\n-\n-\nIl n'a pas voulu m'en dire la raison.\nIl est le maître chez lui, et ne voulant pas vous\ndire la raison de son acte d'autorité, il a agi peut-être\nfort prudemment.\nO'R.\n-\nCe garçon se trouve sur le pavé, et ne saura\ncomment faire à vivre.\nCAS. Prenez-le à votre service. Voilà une belle ven-\n-\ngeance, vis-à-vis du barbier et un acte de bienfai-\nfaisance vis-à-vis du garçon. Et une demande que\ns'il est vrai que vous l'aimez, doit flatter votre cœur.\nMais je suis sûr que vous n'en ferez rien, car vous\naimez encore mieux une pièce de vingt que la légè-\nreté de sa main.\nO'R.\nCAS.\n-\n-\nCela se peut.\nJe désire que cet homme ne vous fasse pas\npayer cher votre violence; vous le mériteriez.\nO'R. Mêlez-vous de vos affaires.\n-\nDIALOGUE XII\nO'R.\nO'REILLY\n-\n-\nCASANOVA (dans sa chambre).\nVoilà bien des lettres que vous avez écrites?\nCAS. - Ces lettres me feront voir mes bourreaux aux\ngalères.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=621",
     "seq": 621
    },
    {
     "page_imprimee": "132",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1007,
     "texte": "13:\nLa Vogue.\nO'R. - Voyons.\nCAS. - Que faites-vous? cela est nouveau.\nO'R.\n-\nCAS.\n-\nJe ne ne voulais voir que les adresses.\nCela n'est pas permis. Vous savez l'adage\nnec oculus in carta, nec manus in assa.\nO'R.\n-\nSavez-vous que vous m'insultez, me prenez-\nvous pour un espion?\nCAS.\n-\nVous le mériteriez, mais je veux croire que\nvous n'êtes qu'un homme qui ne sait pas vivre, car\nvous avez tenté de commettre un crime capital contre\nles lois de la société. Quel droit avez-vous à mes\nsecrets, quel devoir ai-je de vous en faire part?\nO'R.\n-\nJe croyais mériter votre confiance.\nCAS. De ce qui me paraît propre à vous être confié.\nJe puis avoir des secrets tels que je ne sois pas le\nmaître de les confier à personne, votre curiosité est\nabominable et vous êtes un homme dangereux.\nCASANOVA\n-\nDIALOGUE XIII\nO'REILLY (dans sa chambre).\nCAS. Les nouvelles sont-elles intéressantes?\nO'R.\n-\n-\nLa lettre que je lis est de mon fils. Voyez-vous\nvous lisez l'adresse et je ne vous accuse pas de curio-\nsité indirecte.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=622",
     "seq": 622
    },
    {
     "page_imprimee": "133",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1415,
     "texte": "La Vogue.\n133\nCAS.\n-\nGrand Dieu, comme vous raisonnez? Cette\nadresse est à vous. Je vois que vous vous appelez\nJacques. Je me réjouis de voir que votre fils vous\nappelle très-célèbre. Il n'y a pas là d'indiscrétion, ni\nde mystères, ni de comparaison entre ce que je viens\nde faire et ce que vous avez fait hier.\nO'R. - Allons, allons, avouez que vous êtes comme\ntoute votre nation, méfiant et soupçonneux.\n-\nCAS.\nJe vois que vous connaissez le caractère des\nnations comme l'histoire. Songez qu'il y a vingt-\nquatre siècles que nous sommes civilisés et que\nl'Irlande serait encore barbare si l'Angleterre ne\nl'avait pas subjugué.\nO'R.\n-\nMon fils m'écrit, que les troubles dans les\nPays-Bas augmentent. Il faut envoyer des troupes et\nl'Empereur n'a pas d'argent.\nCAS.\n-\nO'R.\n-\nIl en aurait si Joseph II avait imité son père.\nFit un banquier.\nCAS. - Joseph, fils d'un banquier, cela est nouveau.\nO'R. - François Ior, empereur, n'a jamais fait autre\nchose dans toute sa vie. Il a fait la banque.\nCAS.\n-\nLui avez-vous jamais présenté une lettre de\nchange tirée sur lui? A-t-il jamais tiré sur vous?\nO'R.\n-\nIl l'a fait faire par ses agents. Cela est indigne\nd'un Empereur, me contredirez-vous en cela aussi?\nCAS. - Soyez-en sûr; cela était très-digne d'un Empe-\nreur, qui avec beaucoup d'esprit, voyait que la pro-\ndigalité de Marie-Thérèse aurait tout perdu, sans la\nsage économie avec laquelle il l'a contrebalancée. Il",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=623",
     "seq": 623
    },
    {
     "page_imprimee": "134",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1532,
     "texte": "134\nLa Vogue.\navait de l'argent comptant à lui appartenant, et il\nl'emploiait à acheter les actions de la finance de\nVienne, qui seraient tombées en discrédit, s'il ne les\navait pas tenues en les faisant circuler. Il y gagnait,\nc'est vrai, mais cela était naturel. Il savait qu'à la paix\non réaliserait tout le papier; mais s'il n'avait pas\nsoutenu la banque, on ne l'aurait réalisé jamais. La\nbanqueroute serait arrivée, et il n'y aurait plus eu\nde remède. Et vous appelez cela indigne de l'Empe-\nreur. Respectez l'économie qui est une vertu, et\nsachez que Vienne ne fut jamais si magnifique que\nsous François Ior qui laissa cent dix-neuf millions de\nflorins en espèces effectives à l'hôtel de la Monnoye.\nCet Empereur sut faire que l'État gagne ce qui serait\nentré dans la poche des traitants et il fut estimé de\ntous ceux qui savent raisonner et qui ne parlent et\nqui ne croient pas avec les langues et les yeux du\npeuple et des envieux.\nO'R.\n-\nVous êtes le premier que j'aie entendu faire\nl'éloge de François Ier.\nCAS.\n-\nJe suis donc fâché que vous n'ayez jamais parlé\ndes idiots.\nO'R.\n-\nVous êtes un esprit de contradiction, insoute-\nnable dans la bonne société.\nCAS.\n-\nC'est vous qui l'êtes, mais notez que je rai-\nsonne et que vous déraisonnez, et que vous n'êtes\nfâché que parce que je vous démontre trop claire-\nment peut-être vos torts, mais avec vous, on ne sau-\nrait parler trop clair, car vous éludez toujours la\nquestion, et battez la campagne. Vous n'êtes à votre\naise que lorsque vous allez raisonner au Brasseur, et",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=624",
     "seq": 624
    },
    {
     "page_imprimee": "135",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 462,
     "texte": "La Vogue.\n135\nlorsque vous parlez à vos deux servantes, votre digne\ncompagnie.\n-\nO'R.\nEnfin voyant que je ne puis vous être bon à\nrien et que vous n'avez en moi aucune confiance, je\nvous déclare que je ne veux plus me mêler en rien\nde vos affaires ni avoir avec vous aucune correspon-\ndance.\nCAS. - Adieu, monsieur le Docteur, ne vous donnez\npas la peine de me conduire. Restez dans votre\nchambre. Il fait froid.\nO'R.\n-\nOh! Je ne viens que pour fermer la porte.\n",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=625",
     "seq": 625
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-08-09-3",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "135",
   "page_fin": "136",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : début retrouvé par qwen-3.8-27b, vérifié (ressemblance 75) : « LETTRE A CASANOVA » ; fin : signature de l'auteur",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=625",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "135",
     "debut_caractere": 462,
     "fin_caractere_exclue": 1089,
     "texte": "LETTRE A CASANOVA\nMONSIEUR,\nJam satis dimicatum est\nPone tandem monum furori\nLa paix est toujours préférable à la guerre iniquissi-\nmam pacem, justissimo bello antefero.\nVous avez porté le glaive partout, vous avez attaqué\npendant un demi-an sans intermission une foule de\nmonde et vous n'épargnez pas ceux qui ont soutenu\nvotre cause. Ainsi la guerre, le trouble, la discorde\nsont votre passion dominante.\nPrenez là haleine, arrêtez-vous; vieux comme vous\nêtes aussi bien que moi, vous voulez faire la guerre\njusqu'au tombeau. Pour moi je veux mourir en paix\navec tout le monde et si je vous ai offensé je vous\ndemande pardon.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=625",
     "seq": 625
    },
    {
     "page_imprimee": "136",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 232,
     "texte": "136\nLa Vogue.\nAu reste si vous le permettez j'aurai l'honneur\naujourd'hui de vous faire mes compliments sincères et\nde vous raconter une grande nouvelle; mais si vous\nvoulez prendre du caffé chez moi vous me ferez plaisir.\nO'REILLY.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=626",
     "seq": 626
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-08-09-4",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "137",
   "page_fin": "144",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : titre retrouvé (début long) ; fin : fin de la page 144",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=627",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "137",
     "debut_caractere": 14,
     "fin_caractere_exclue": 929,
     "texte": "LES VOYAGES\nDE BALTHASAR DE MONCONYS\n(Fin.)\nVOYAGE D'ALLEMAGNE\n[A Basle.] Le 3 [février]. L'Apredisné nous fusmes\nvoir le Medecin Platerus qui a vn cabinet de choses\nnaturelles, comme.\nFossiles, mineraux, petrifications, entre autres deux\ngrandes pieces de pierre noire, à l'vne desquelles est\nvn poisson, et à l'autre deux, grands comme des medio-\ncres tenches; deux ou trois de celles du Mont Sinai,\nmais fort belles; vne infinité de poissons, et animaux\nsecs, mais peu rares, les plus curieux sont trois liures,\nl'vn de poissons, l'autre d'oyseaux, et animaux, et l'autre\nd'insectes, et particulierement d'vne infinité de papil-\nlons peints au naturel, quelques vns meilleurs pourtant\nque les autres, qu'il dit estre les originaux de Ionstonius,\nentre lesquels il y en a vn de la main d'Olbens; il ne\nles vouloit vendre, qu'auec dix-huit autres qu'il a de\nsimples, et fleurs naturelles, appliquées, et colées sur",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=627",
     "seq": 627
    },
    {
     "page_imprimee": "138",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1736,
     "texte": "138\nLa Vogue.\nle papier, et sur la feüille opposée leur image ou\npeinte, ou en image grauée, et il vouloit cinq pistoles\nde la piece, et vendre le tout ensemblement.\n[A Munik.] Le 24 [feurier]. Entre les choses que\nie remarquay le plus, sont des cristaux de roche\ntaillés et grauez, plusieurs ouurages en bois et ivoire\ndelicatement taillés et tournés, bagues et pendants\nd'oreilles, où il y a des horloges; l'espée du Duc\nGuillaume dōt la garde et le fourreau sont d'argent taillé\net cizellé, tres pesante, mais ce Duc estoit si fort qu'ō\nvoit vne pierre à l'ētrée du Palais qui pese 440. li.\nlaquelle il jettoit 12. pieds en haut; vn Ada et Eue en\nbois, ouuragé excellēt d'Albert Dure, d'vn pied de\nlarge ou enuirō, et d'vn peu plus en hauteur, dās lequel\noutre la beauté du dessein, et de la toile délicate, il y\na vne infinité de choses tat animaux qu'arbres, et plātes,\net sur tout la mousse et galle des troncs d'arbres ; vn\nautre tableau en cire blanche d'vne descente de croix\nde bas relief original de Michel Ange, vne façon de\ngondole à boire d'vne pierre noire come le jayet\nlaquelle blanchit le drap noir quand on la passe dessus\nfortement comme si c'estoit de la craye, ils la nomme-\nrent ce me semble Galatites, vne autre grande gondole\nà boire d've pierre qu'ils disent estre du bois de pal-\nmier petrifié à cause qu'il a diuerses veines, et\ndes pores ou œils comme ceux du palmier, vn\nparfaictement joli cabinet d'iuoire blanc tout taillé\nde bas reliefs et orné de statuës, dans lequel sont\n22. tiroirs pleins de medailles d'or antiques dans la plus-\npart desquels il y a 6. medailles aussi curieusement gar-\ndées, et couuertes par des planches couuertes de cuir\ndoré, enchassées dans des tiroirs de sapins d'ōt le deuāt",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=628",
     "seq": 628
    },
    {
     "page_imprimee": "139",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1521,
     "texte": "La Vogue.\n139\nest d'iuoire; vn crucifix de cire sur vn rocher composé\nde toutes sortes de pierreries comme rubis esmeraudes\nturquoises dans leur propre matrice aussi bien que de\nl'or, et de l'argent dans leurs propres mines; des cha-\npelets de perles qui se trouuent dans les moules d'vne\nriuière qui vient de Boëme et passant par le Palatinat\nse va rēdre das le Danube à Passau au méme endroit\nqu'vne autre qui viet de Tirol, et lōg tēps les trois\neaux demeurent distinctes, et ont differente couleur, et\ncelle où viennent ces perles, est fort noire et se nomme\nIlts; plusieurs vases de Rhinoceros auec des sculptures\nde bas relief, vn fort beau tableau de Pietro perugin,\nquelques petits coffrets d'iuoire descoupés à jour, et\nautres ouurages de bas relief ouuragé de perles, et\nplusieurs ouurages d'or auec des rubis d'Orient.\nTROISIESME VOYAGE D'ITALIE (1)\nPesant à Rome au mois de May 1660. les liqueurs,\ni'ay trouué qu'il falloit 855. vases d'eau pour 840. de\nvinaigre, et pour 912. d'esprit de vin, parce que l'eau\npesoit 855. l'esprit de vin 798. le vinaigre 870. C'est\nà dire que l'esprit de vin pesoit 57-855-** moins que l'eau\nou bien 1-15-0. le vinaigre pesoit 15-855-**. plus que\n(1) Le second voyage d'Italie (1660) fut consacré à des affaires\nparticulières, et Balthasar n'en rédigea pas la relation; mais\nconcernant ce second voyage, il enclava dans le journal du troi-\nsième (1664) une digression de laquelle s'extrayent les dix\nalinéas qu'on lira d'abord : « Pesant à Rome..... en retirer\nl'empreinte. »",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=629",
     "seq": 629
    },
    {
     "page_imprimee": "140",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1545,
     "texte": "140\nLa Vogue.\nl'eau ou 1-57 et l'esprit de vin pesoit 72 878** moins\nque le vinaigre ou 1-12-**\nLe vin d'Albano pesoit 8.gr.32-64-**- outre ma\nphiole le vin rouge 8.g.9-64-**\nL'eau minerale de Rome, dite Acetosa, pesoit le\n21. Aoust 1660. 64-4344-s de grains ou plus que ma\nphiole 6.g.48-64-0s. L'eau de pluye le 27. Septembre\n4315. ou 6.8.19-64-***; l'eau de pluye le 13. Octobre\n6.g.24-64-es de tres-mauvais goust: celle de fontaine\n6.g.25-64-\"; celle de pluye le 17. pesoit 25.64-\". sans\nmauvais goust venant du toit hors qu'vn peu la terre, et\nen mesme temps celle qui fut prise en l'air ne pesoit que\n6.g.23-64-65. et n'auoit point le goust de terre.\nL'eau de Dampierre le 8. Iuin 1661. pesoit 6.g.27-\n64-09.\nCelle de Monsieur de la Basiniere le 11. temps plu-\nuieux pesoit 6.g. 24-64-6*.\nA l'instant l'eau de pluye pesoit 6.g.28-64-\".\nLe laict le 15. Iuillet pesoit 9.g.6.64-**.\nL'or pese 72. l'argent 36. le cuiure 30. l'acier 27. le\nfer 26. l'estain 25. l'argent vif 60. experimenté par\nGasto Claueus en son Apologie pag. 31.\nLe 2. Septembre Monsieur Vvalguestein Danois, nous\napprit chez Monsieur Teuenot à imprimer toutes sortes\nd'herbes sur du papier, en les fumant sur la flamme\nd'vne lampe, puis les mettant entre deux papiers et pas-\nsant vn polissoir dessus.\nIl nous dit encore comment on pouuoit mouler vn\nsimple en argent, aussi delicatement que le naturel, en\nle plongeant dans du plastre clair comme si l'on vou-\nloit faire de la chandelle, mais auec telle adresse que\nles feüilles ne se joignent point, mais demeurent en leur",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=630",
     "seq": 630
    },
    {
     "page_imprimee": "141",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1631,
     "texte": "La Vogue.\n141\nsituation naturelle; puis chargeant le tout de plastre et\nlaissant vn trou pour ietter l'argent; il le faut faire\ncuire, et puis chauffer le moule tant que le simple se\ncalcine dedans, d'où l'on le fait sortir, où plustost ses\ncendres en y versant dedans du mercure, qui va cher-\ncher les plus secrets recoins d'où il éleue ces cendres,\net alors vuidant le mercure vous y iettez l'argent fondu\ndans le moule, que vous cassez pour en retirer l'em-\npreinte.\n[A Florence.] Le 9 (Iuin 1664]. Le soir Monsieur\nVivian me vint voir, qui me dit comment il montroit la\npression de l'air par cet instrument.\nAyant remply tant le vase D, que le canal AB de\nMercure, rompant le bout du bec H, le Mercure des-\ncend iusques à vne certaine hauteur, alors on remplit\nd'eau fort chaude tout ce lieu du vase D qui est vuide\nd'argent vif et d'abord on bouche bien auec de la ves-\nsie l'ouverture FF du vase, en sorte qu'il n'y puisse\nentrer aucun air, et à mesure que l'eau se refroidit elle\ndescend iusques au signes DD, et laisse l'espace FD,\nvuide: ainsi le Mercure du canal AB, et celuy du vase\ndespuis M iusques à N, n'est pressé que de l'eau DM,\nmais si l'on pique la vessie dont l'on a couvert l'ouver-\nture F, l'air y entrant il peze sur l'eau, et par conse-\nquent sur le Mercure du vaisseau qui fait remonter dans\nle canal AB le Mercure plus haut que le niveau de celui\ndu vase.\nIl me donna aussi cette seconde maniere d'éprouver\nla pression de l'air par deux canaux.\nVn double canal plein de Mercure enfoncé dans vn\nvaisseau qui en est aussi plein, puis bouchant l'ouver-\nture du dit canal exterieur, et rompant le bout du bec",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=631",
     "seq": 631
    },
    {
     "page_imprimee": "142",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1575,
     "texte": "142\nLa Vogue.\nqu'il a, l'air s'y introduisant il pressera le Mercure et\nfera remonter celuy qui est dans le canal interieur plus\nhaut que la marque AB, où il estoit descendu à cause\nqu'il estoit plus haut de deux pieds et demy comme\nc'est l'ordinaire dans l'experience du vuide.\nLe 15. nous fusmes au logis où vn Lorrain nommé\nNicolas le Coq qui se méle de peinture, amena vn\npetit fils qu'il a nommé Mathieu, âgé de huit ans seule-\nment, lequel des l'âge de six ans commença à faire,\nsans sçauoir ny lire ny escrire, toutes les plus difficiles\nregles d'Arithmetique, comme les quatre premieres, la\nregle de trois, de compagnie, racines quarrées, et\ncubes; et cela à l'instant qu'on luy en fait la proposi-\ntion: il est assez beau, respond agreablement et spiri-\ntuellement aux choses qu'on luy dit, et a le tein vn peu\nplombé: ce qu'il fait est si prodigieux, que ce n'est pas\nsans raison que plusieurs demandent s'il n'a point\nquelque esprit familier.\n[A Milan.] Le 23. La chose plus curieuse de cette\nville est M. le Chanoine Septalla Gentil-homme aymé\net honnoré de tous les Princes de la Chrestienté, de tous\nles curieux, et generalement de tout le monde: ie le\nfus voir d'abord dans le Laboratoire qu'il a dans le\ncloistre de l'Église d'où il est Chanoine.\nOù ie vis ses petits Microscopes tres-bons, et la\nmaniere de laquelle il torne tous ses verres grands et\npetits, puis les polit auec l'estain calciné et deslaié\ndans l'eau.\nL'apresdiné ie le fus voir chez luy où il me montra\nexactement quatre chambres pleines de toutes curiositez,\nentre lesquelles ie remarquay.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=632",
     "seq": 632
    },
    {
     "page_imprimee": "143",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1839,
     "texte": "La Vogue.\nVn bois nouuellement trouué aux Indes qui sent\nparfaitement la ciuette, et aussi en porte t'il le nom: vn\ncaillou tirant à l'agate dans lequel il y a de l'eau enfer-\nmée en quantité considerable: plusieurs cristaux dans\nlesquels il y a dans l'vn deux ou trois gouttes d'eau ;\nl'autre des herbes comme si c'estoit du foin, et dans vn\nautre quantité de foye de porc; et vn d'vn pied de\nhaut fait en cone et exangulaire, lequel est à demy cassé\nà deux doigts du bois, en sorte que les angles ne res-\npondent plus les vns aux autres, quoy qu'il soit du\nreste fortement solide, comme il se voit à la figure: il a\naussi quantité de pieces d'ambre, dans lesquelles il y a\nplusieurs insectes enfermés comme mouches, mouche-\nrons, cousins, aragnées, et de petites grenoüilles; outres\nlesquelles choses il a de toutes autres sortes de curiositez :\nplusieurs ouurages d'Amiantos filés et du fil tres-subtil :\nil a à ce qu'il me dit le secret de le filer, il distile les\nessences en perfection sans odeur d'empireume en\ntenant simplemēt la meche de sa lampe couppée tout\ncontre le bord du canal de cuiure, dans laquelle elle\npasse, et il distile toutes choses à la lampe sans les\nmacerer, et fait puis la separation du flegme, de l'es-\nprit, et de l'huile; ayant receu toutes ces liqueurs dans\nvn vaisseau fait en entonnoir sellé par le bec herme-\ntiquement, afin que tes liqueurs pesantes tombent au\nfond à leur tour, d'où il les tire les vnes apres les\nautres par vn entonnoir de verre en sucçant; puis fer-\nmant auec le doigt le haut du tuyau de cét entonnoir\nfait comme il est à la figure: il distile aussi au Soleil\npar des verres pleins d'eau comme par autant de\nmiroirs ardants, et subtilise l'esprit de vin en le dis-\ntilant 3. fois à l'ordinaire et la 4. dans vn vaisseau fait\ncomme il est à la figure, de cinq pieces: il me dit que",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=633",
     "seq": 633
    },
    {
     "page_imprimee": "144",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 571,
     "texte": "144\nLa Vogue.\nle secret de Borri de remettre la veuë à vn animal apres\nluy avoir sorty l'œil de la teste, et l'auoir incisé dans\nl'humeur aqueuse, pourueu qu'on n'eut point blessé le\nnerf optique ny les autres humeurs, estoit de mettre\ndans la playe du ius de chelidoine grande, et puis la\ncouurir auec vn peu du marc; mais qu'il faut que\nl'operation se fasse sur le marbre, et empescher que\nl'animal ny touche et ne l'ouure, ce qu'il fera si l'on\nn'en a grand soin à cause du prurit que cela luy cause.\nPublié par CHARLES HENRY.\n38\nL'Administrateur-Gérant:\nGUSTAVE ΚΑΗΝ.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=634",
     "seq": 634
    }
   ]
  }
 ]
}