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     "texte": "BOHEME ALENTOUR\nIV. LES CHANSONS RÉELLES\n-\n1\n- Sphères vibrantes dans la sérénité de l'éther, effluves\nétincelantes de l'Action Première et l'éternelle Écriture\nde la Parole,\n-\nEn gourmandant l'ignorante à demi et qui bavarde,\nla lune, les Étoiles ordonnent savamment les délais\nessentiels de la révélation,\n-\nEt font leurs jeux du bleu du jour et du noir de\nla nuit, et de l'enivrante pâleur des mortes, et de la\nrougeur terrible des fiancées,\n- Et se plaisent, les Étoiles I les Étoiles ! à rhythmer\nnos passages !",
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     "texte": "182\nLa Vogue.\nII\n-\n- Quand nous serons sous le rayon des Trois Cou-\nfrères, sœurs, et quand les Voix nous\nauront dit: Parlez, c'est l'ordre,\nronnes\n-\n-\n-\nNous nous prosternerons sept fois selon le rite\nfrères, sœurs, - quand nous serons sous le rayon des\nTrois Couronnes.\n- « Les hommes recevaient nos paroles en haine,\n- frères, sœurs,\nmais les femmes aimaient la clarté\nde nos yeux. »\n-\n-\n- « Les enfants nous donnaient leurs beaux rires\nd'enfants - frères, sœurs, et les femmes brûlaient\nleurs yeux à nos prunelles. »\n-\n<< Maîtres, maîtres, il est grand temps de faire au\nmonde\n- largesse neuve d'or, de\n-\nfrères, sœurs,\nmyrrhe et d'encens neufs. »\n-\nCar les yeux merveilleux des femmes s'éteindront\n- frères, sœurs, - quand nous serons sous le rayon\ndes Trois Couronnes :\n- Quand nous serons sous le rayon des Trois Cou-\nronnes - frères, sœurs, - les fils de l'homme auront\nperdu leur divin rire.",
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     "texte": "La Vogue.\n183\n-\nJe tue, chaque soir, les fleurs d'un geste et puis\nmon souffle les envole, pour qu'elles s'éplorent douce-\nment, nuées colorées, sur mon sommeil dans l'herbe.\nDans l'herbe, quand le Soleil m'éveille, je laisse\nmon ombre couchée, où rien, que mon souvenir détesté,\nne germera plus, - et je passe.\n-\n-\nPour que je passe, les fleuves, à ma voix se\nséparent; pour que je passe, les peuples à ma voix, se\ndispersent; à ma voix, les monuments s'écroulent, pour\nque je passe.",
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     "texte": "184\nLa Vogue.\nIV\n-\nNul ne peut me dire : « Viens. » Leurs héros\nmourraient de l'oser. Quand j'allais aux pays où le\nSoleil se couche, rien qu'à me voir mesurer au couchant\ndu Soleil l'ombre de mon bâton sur la plaine, les\nhommes me laissaient pour seuls témoins les pensifs\nbouleaux des solitudes.\n-\nJe n'appartiens qu'à la route, je n'ai pas d'exis-\ntence humaine, je suis Celui qui passe et ce n'est pas\npour moi que l'amour et la mort, araignées de leurs\npropres ténèbres, concertent et préparent aux approches\ntourbillonnantes du néant l'œuf de la vie.\n-\nSi jamais, dans le vertige d'une ancienne réalité\ndont j'ai peut-être le tempétueux souvenir, j'ai redouté\nl'amertume adorable de la mort et adoré la douceur\nredoutable de l'amour, c'est qu'il fallait que s'accom-\nplissent même en moi les fatalités de ma forme.\n-\nMaintenant au-dessus de l'amour et de la mort\npar delà leur concert, par delà les fatalités et au-dessus\ndes vieux désirs, moi, pour qui ne se lassent point de\nchanger le décor les nuages et les paysages voyageurs,\nje me suis fait une innombrable retraite dans l'étonne-\nment et dans l'effroi des âmes successives, moi, Bohème !\net je ris des pièges que leur beauté voudrait me tendre :\nje n'aime pas, je ne vis plus, je ne mourrai jamais.",
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     "texte": "La Vogue.\n185\n- Je rapporte à la Patrie, dans un vase mystique, le\nSecret que je n'ai pu répandre.\n-\nLes peuples m'ont été sourds et je ne suis pas\nCelui qu'ils doivent juger et crucifier.\n-\nJe ne suis que l'Œil Pérégrin par quoi ont voulu\nVoir et Savoir Ceux qui m'envoient.\n-\nOl je vais reprendre mon grand rêve ébloui de\nSoleil et d'Étoiles, dans la Patrie !\n38\nCHARLES MORICE.",
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     "texte": "CHANSON DE LA BRÊVE DÉMENCE\nI\nQuel que fut l'inconnu que tes mains apportèrent\nViolette et grave enfant, à la voix brêve, à l'œil sans pleurs\nPour tes cieux, et tes yeux, et ta bouche et tes fleurs\nMerci d'être venue t'assoupir à mes terres.\nCar je me suis éclos de toutes tes morsures\nPlus intime aux frissons intimes des douleurs,\nEt du lourd chagrin des mains souveraines\nEt des saines strideurs des bouches en blessures.\nEnfant qui t'en vas seule aux berges si lointaines,\nPar le regret cruel des places longtemps vides...\nPassez sa voix incertaine\nAux voix des soirs plus livides.",
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     "texte": "La Vogue.\n187\nII\nJe suis rentré dans la demeure\nAvec la taciturne ivresse qui pardonne\nLes cloches de mémoires qui meurent\nGrondaient l'instant qui s'abandonne.\nLes cloches de mémoires redisaient les yeux morts,\nLes chevelures redénouées\nEt les langueurs tant douées\nD'un mirage furtif et frêle de bonne mort.\nEt dans la brêve demeure où meurent\nCuirasses des seins vaincus, des fleurs\nL'ombre s'est apaisée de l'âme qui pardonne\nAux bras tordus qui vers d'autres pôles s'abandonnent.",
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     "texte": "188\nLa Vogue.\nIII\nTes hérauts qui sonnaient aux horizons,\nTes étendards qui flottaient aux horizons,\nEt ton debout dans l'ère obscure\nEt tes fanaux dans ma nuit obscure.\nLes cors de tes désirs aux gammes de conscience\nLes assoupis, les étouffés appels de cors,\nLes micas des longueurs languides de ton corps\nLe point noir immobile aux yeux de ta conscience.\nEt toutes mes minutes en foule\nEt toutes mes pensées en houle,\nEt les chevaux cabrés de mes vouloirs\nÉperonnés des folies de ta gloire\nAu lit pierreux du fleuve mort voulaient boire.",
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     "texte": "La Vogue.\n189\nIV\nLes voix redisaient : la chanson qui brise\nEn son cœur son cœur enseveli\nC'est le son des flûtes aux accords des brises\nEt la marche nuptiale des pâles lys.\nEt que des perrons d'idéal porphyre\nElle descendrait lente et front baissé\nEn lacis perlé d'idéales Ophirs\nEt les mains soumises et lèvres blessées\nQu'il faudra bercer la candeur surprise\nA l'éveil si brusque au matin d'aimer -\nO si court mirage des bonnes méprises\nEt réveil si brusque et fini d'aimer.",
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     "texte": "دوا\nLa Vogue.\nV\nJe me mémore en ton fantôme d'ombre recluse\nEt puis en tes parlers sillés de nuls falots -\nLe décor se mobile aux mouvantes écluses\nDu fleuve aux rouges et mordorés et verdâtres flots.\nAu fleuve dont les flots sont mordores et rouges\nMes yeux se sont penchés inquiets de tes climats\nFaçonnés de parlers tièdes dont le sillage bouge\nD'arcs argentés, de sourires blancs, de lys en amas.\nLe décor se mobile et se fond en minceurs\nLes falots au lointain sont perdus - et que dire\nLes falots sont éteints. Rêveuse la noirceur\nAccoude ses plis lourds aux berges mourantes du dire.\nAux berges s'est traîné démantelé le fleuve\nLe décor assombri s'immerge en la logique\nDe l'ève au parler sourd sillé de névralgiques\nRegrets d'avoir été palais, décor, et fleuve, et veuve.",
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     "texte": "La Vogue.\n191\nVI\nPar-delà la mer, la mer entendras-tu mon souvenir -\nJe sculpterai ta face à l'avant du navire.\nEt tes yeux berceront au gouffre le navire.\nPar-delà les sables, les sables chercheras-tu mon souvenir -\nToujours plus loin, rythmée d'un rêve intérieur\nLente, la caravane ira les yeux ailleurs\nSans chercher l'oasis ni les kiefs d'avenir\nPar-delà les rêves, les rêves oublieras-tu mon souvenir\nOublieux du banal dont te parent tes fautes,\nDu dormant palais dont parfois je fus l'hôte,\nJ'aurai le nostalgique amour sans revenir.\nGUSTAVE KΑΗΝ.\n38",
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     "texte": "LETTRES INÉDITES\nDE\nSAMUEL FERMAT A HUET\nM. Charles Henry, membre d'une commission qui\nprépare sous les auspices du Ministère de l'Instruction\npublique une édition des œuvres mathématiques du\ngrand géomètre Fermat dont il a rassemblé les inédits\ndans un mémoire important publié en 1879-1880, veut\nbien nous communiquer ces cinq lettres de son fils\nSamuel, conseiller au Parlement de Toulouse adressées\nau savant Huet, évêque d'Avranches. Samuel fut l'édi-\nteur de la grande majorité des œuvres de son père et\nc'est dans le Diophante annoncé par la seconde lettre\nqu'on trouve ce théorème célèbre d'arithmétique encore\nindémontré, connu sous le nom de théorème de Fermat,\nqu'on peut énoncer sous cette forme: « Un carré est\ndécomposable en deux carrés: mais aucune puissance\nsupérieure au carré n'est décomposable en deux puis-\nsances de même nom: un cube n'est pas décomposable\nen deuxcubes, un bicarré n'est pas décomposable en\ndeux bicarrés, etc. » Les présents autographes ont été\nsignalés pour la première fois par M. Charles Henry\nen son élégant volume sur Huet publié en 1879 chez\nHachette sous le titre: Un érudit homme du monde,\nhomme d'église, homme de cour, page 116.",
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     "texte": "La Vogue.\n193\nSi la petite ode dont il est question dans la seconde\nlettre est une ode sur la mort du duc de Longueville,\ntué au passage du Rhin en 1672, laquelle ode se\ntrouve avec ces lettres dans le manuscrit français 3280\nde la Bibliothèque Nationale, (Nouv. Acq.) le Dio-\nphante qui porte la date de 1670 n'aurait paru qu'en\n1672; cette rectification est précieuse pour des discus-\nsions de priorité; en tout cas d'autres documents nous\nprouvent que le Diophante fut assez peu répandu dans\nces années.",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "191\nLa Vogue.\nI\nA Thle le 8 Auril [1672]\nMonsieur,\nIl me seroit malaisé de vous remercier comme il fault\nde la bonté que vous avés eu de m'escrire uostre senti-\nment sur le liure que ie uous ai enuoié, et de l'honneur\nque uous m'aués faict de m'en enuoier un autre qui est\nun chef d'oeuure digne de uous. On ne peut se lasser\nd'admirer en uostre ouurage la beauté du stile, la\ngrandeur de cete erudition si uaste, et ce qui est encore\nplus considerable, la force de uos raisonnemens, comme\nuous aués tant d'humilité avecun merite si extraordinaire,\nuous soustenés une si bonne cause avec tant de zele et\nde modestie qu'en mesme temps que vous prouués des\nvérités si importantes, uous faictes aimér ce que uous\nenseignés. Mais, Monsieur, i'auoue que je n'ai point\nles qualités qui seroint necessaires pour en bien iugér,\nie n'ai pas mesme de paroles telles qu'il le faudroit\npour uous tesmoigner ma recognoissance, et la ioie que\ni'aurois, s'il se presentoit quelque occasion ou ie peusse\nuous faire uoir de marques de l'estime particuliere auec\nlaquelle ie suis autant qu'on peut l'estre,\nMonsieur,\nVostre tres humble et tres obéissant serviteur,\nFERMAT.",
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     "texte": "La Vogue.\n195\n1\nA Tolose le 23eme Xbra [1672].\nMonsieur,\nMonsieur de Segrais m'aiant faict sçavoir que uous\naués daigné iettèr les yeux sur une petite ode qu'il\nuous auoit présentée, bien qu'elle ne méritast pas de\nparoistre deuant uous, ie n'ai pas uouleu manquèr de\nuous en faire mes tres humbles remercimens. Ils ne\nseront pas longs Et il n'est pas iuste qu'ils uous fassent\nperdre un peu trop de ce temps que uous emploiés si\nutilement Et auec tant de gloire. Vous agreerés, Mon-\nsieur, qu'ils soient accompagnés d'un Exemplaire du\nDiophante qui, bien qu'il feut imprimé uers la fin de\nl'année derniere, n'a commencé a uoir le iour que\ndurant celleci. J'espere que uous uous souuiendrés de\nla bonté que uous aués eue autre fois pour l'autheur\ndes nouuelles obseruations que uous y trouuerés. Je\nuous coniure, Monsieur, de garder cet ouvrage comme\nune marque du respect que i'ai pour uous et de croire\nque ie suis autant qu'on le peut estre.\nMonsieur,\nVostre tres humble Et tres obéissant serviteur,\nFERMAT.",
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     "texte": "196\nLa Vogue.\n111\nA Thle le 9 Auril\nMonsieur,\nVostre bonté m'est si bien cognue il y a longtemps\nque i'ose croire que uous ne trouuerés pas mauuais\nque ie prenne la liberté de uous enuoier un exemplaire\nde quelques unes de mes bagatelles, et uos lumières\nsont si grandes que ie souhaitte auec raison de sçauoir\nquel sera ladessus sans complaisance uostre sentiment\npour lequel i'aurai une defference particulière. Ie\nm'estimerois heureux, Monsieur, si ie pouuois uous\nplaire et meriter quelque part en l'honneur de vostre\namitié, ie vous supplie d'estre bien persuadé de la ioie\nque l'aurois si ie pouuois uous faire cognoistre le res-\npect auec lequel je suis\nMonsieur,\nVostre très humble et tres obéissant serviteur\nFERMAT.",
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     "texte": "La Vogue.\n197\nIV\n« A Monsieur | Monsieur l'abbé Huet | à Saint-Germain. |\nA Thle le 6 février [1679].\nMonsieur,\nVos lumieres sont si grandes qu'il me sembleroit que\nces ouurages de Mathématiques (1) desquels ie uous\nenuoie un exemplaire n'auroient pas bien ueu le iour si\nuous ne daigniés y ietter les yeux, c'est ce que ie uous\nsupplie de uouloir faire, lors que uos serieuses et\nimportantes occupations, de qui on uoit paroistre tant\nde marques eclatantes, uous le permettront. Comme\nuous n'aués pas, Monsieur, moins de generosité et de\nsincerité que de penetration, ie pense que uous aurés la\nbonté de m'escrire uostre sentiment sur ce suiect sans\ncomplaisance, et que uous ne trouuerés pas mauvais\nque i'aie tasché de me procurer une occasion pour me\nconseruer quelque part en l'honneur de uostre souve-\nnir. I'aurois bien de la ioie si ie pouvois un iour parler\nde cet auantage en uous faisant uoir des marques,\ncomme je le souhaitterois, de l'estime particuliere auec\nlaquelle ie suis autant qu'on peut l'estre,\nMonsieur:\nVostre tres humble et tres obéissant serviteur\nFERMAT.\n(1) Sans doute les Varia Opera mathematica de son père pu-\nbiés en 1679.",
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     "texte": "198\nLa Vogue.\nV\nA Thoulouse les Decembre 1690,\nJe n'ai pas vouleu tarder, Monsieur, a uous remer-\ncier de la bonté que uous aués eu de m'enuoier un\nexemplaire de cet excellent ouurage qui m'a pareu\ndigne de uous et du suiect, et qui n'est pas moins\nagreable qu'utile. On peut le regarder comme la suite\nnaturelle ou la continuation de uostre Démonstration\névangélique, qui mérite d'estre appellée αντίρῥητική\nἁποδειξις, si l'on veut se seruir des termes du sçauant\nTheodoret. Il me semble que pour estre capable de\nbien composer un liure tel qu'est celui duquel je uous\nremercie il est necessaire d'auoir leu presque tous les\nautres, et d'auoir une grande connoissance de tous\nles temps et des opinions de tous les philosophes\nanciens et modernes. On voit avec plaisir que uous\naués fait une espece d'accord de ce qu'il y a de plus\nsolide auec ce qu'on peut trouuer de plus doux, et que\nuous aués rehaussé par des expressions pures et\nbrillantes une erudition aussi choisie que uaste. Ie ne\npuis, Monsieur, qu'augmenter le nombre de uos admi-\nrateurs, et uous agreerés que j'ajoute une voix des\nplus foibles aux louanges que uous attire une si belle",
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     "texte": "La Vogue.\n199\net si instruisante production qui part du cœur comme\nde l'esprit. le uous supplie, Monsieur, de me conserver\nquelque part en l'honneur de uostre bienueuillance,\net d'estre bien persuadé du respect avec lequel ie suis\nVostre tres humble et tres obeissant serviteur.\nFERMAT.",
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     "texte": "JACQVES PELETIER DV MANS\n-\n-\nJacques Peletier eut de son vivant une renommée\néclatante et inouïe.\nNé en 1527, mort en 1582, il\nvécut dans la pleine efflorescence de cet admirable\nseizième siècle, qui, par sa nature essentiellement artis-\ntique est, bien plus que le siècle suivant, l'époque clas-\nsique de la langue et de la poésie en France. D'une\nérudition immense, d'un savoir universel, il eut toutes\nles généreuses ardeurs que nourrissaient alors tant de\nses illustres contemporains. - Étudiant partout et sans\nrelâche, il embrassa toutes les sciences, et toutes\nles connaissance de son époque et par-dessus tout\naima dignement la poésie, dans laquelle on le voit\nparfois exceller.\nM. de Clinchamp a raconté jadis (Bull. du Biblioph.\n1847, juillet-octobre) ce que fut la vie inquiète de ce\npoète que son humeur vagabonde livra sans cesse au\ncaprice des vents. Né au Mans d'une famille de magis-\ntrats, il vint tout jeune à Paris pour y étudier la philo-\nsophie et les sciences sous la savante direction de son\nfrère Jean, grand maître de Navarre.\nPlus âgé et se\nsentant peu d'aptitude aux enseignements juridiques\nqu'on lui exposait, il fréquente longuement chez\nMarguerite de Valois, se lie d'amitié avec Denisot, des\n-",
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     "texte": "La Vogue.\n201\nPeriers, Bèze, Rabelais, du Bellay, Murer, Ronsard,\npuis retourne au Mans où l'évêque René de Bellay, le\nretint quelque temps pour son secrétaire, et revint de\nnouveau à Paris, où, ses amis dispersés, il s'enferme\ndans la solitude studieuse du collège de Navarre.\nEn 1547, étant principal du collège de Bayeux, il\nprononça, dans un modèle d'éloquence, l'oraison funè-\nbre du roi d'Angleterre Henri VIII en l'honneur de qui\nFrançois Ier faisait célébrer à Notre-Dame un service\nsolennel. Trois ans après, resté pauvre et poussé par la\nfantaisie de sa vie agitée, il prit ses degrés en médecine\net s'abandonna à cette existence qui ne fut qu'un long\nvoyage semé de haltes courtes et qui devait jusqu'à sa\nmort, le porter de ville en ville « pèlerin de science, à\nla recherche de ceux que la science faisait illustres».-\nA Poitiers, les dames des Roches ne surent l'attarder\ndans l'éclat de leur érudite société ; à Bordeaux, il se\nreposa dans l'amitié de Pierre de Brach, de Salluste\nd'Acitas, de Michel de Montaigne; à Béziers il fut roya-\nlement reçu par E. Forcadel; à Lyon il aima, vieux\net las, Louise Lebé dans l'apogée de sa gloire; à Rome,\nil alla rejoindre le cardinal Bellay, à Annecy il se laisse\néblouir par les horizons savoisiens, puis après tant d'étapes\nparcourues, il revint à Paris pour y mourir principal du\ncollége du Mans, après y avoir formé une façon d'Aca-\ndémie dont il avait rapporté l'idée d'Italie et dans\nlaquelle se pressèrent tous les grands cœurs de la\nFrance.\nDans cette vie errante ehaque étape est marquée par\nune œuvre et chaque œuvre est aussitôt glorieusement\nreçue. C'est ainsi qu'il écrit tour à tour, entre deux\ncourses, ces traités de science et ces ouvrages de\npoésie, qui étendaient rapidement sa réputation.",
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     "texte": "202\nLa Vogue.\nL'Art poétique d'Horace mis en vers français.\nVascosan, 1545, in-8°.\n-\nParis-Michel\nLes Œuvres poétiques, à scavoir, les deux premiers livres de\nl'Odyssée d'Homère, le premier livre des Georgiques\nde Virgile, trois odes d'Horace, une épigramme de Martial,\ndouze sonnets de Petrarque, des épigrammes, des épitres,\ndes imitations grecques, latines, italiennes. - Paris,\nMichel de Vascosan, 1557 in-5º.\n-\nDialogue de l'orthografe e prononciation françoese, déperty en\ndeus livres - (Poitiers, E. de Marnef 1550 in-8°.\nLyon,\nJ. de Tournes, 1555 in-8°) auquel il travailla longtemps,aussi\nil abonde en renseignements précieux.\nL'Art poétique françois, déperty en deux livres. - Lyon, J de\nTournes 1555 in-8° - écrit sous forme de lettres que Sibilat\nproclame le plus utile de tous les traités, et que D'Aica-\nliers cite encore comme une autorité en 1598.\nOpuscules en vers, chansons, épigrammes, sonnets, odes.\nLyon, J. de Tournes 1555 in-8°.\n-\nLes Amours des Amours, contenant 96 sonnets. - Lyon J. de\nTournes, 1555 in-8°\nLes Savoye, ou Description du pays de Savoye en trois livres. -\nAnnecq, J. Bertrand, 1572, in-8°.\nŒuvres poéliques intitulez louanges. - Paris, R. Coulombel,\n1581 in-8°.\nUn petit traité de morale intitulé Enseignement de vertu au petit\nseigneur Timoléon de Cossé. Lyon, J. de Tournes, 1555. in-8.\nUne édition en Œuvres posthumes de Bonaventure des Periers\nP. M. de Vascosan, 1557 in-8°.\nLe P. Niceron, au tome XXI de ses mémoires donne une liste\ndétaillée des ouvrages scientifiques de Jacques Peletier,\nparmi lesquels :\nL'Arithmétique (1551) l'un des premiers livres écrits en français\nsur cette matière et dont le succès épuisa bientôt trois\néditions.\nL'Algèbre en deux livres (1554).\nLa Géométrie (1557) et tant d'autres qui encore sont tenus en\nhaute estime.",
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     "texte": "La Vogue.\n203\nLa traduction de l'Art poétique d'Horace en vers\nfrançais parut en 1546 à Paris chez Michel de Vascosan.\n-\nL'édition de 1545 n'était point la première. Jacques\nPeletier dit lui-même que cet ouvrage dédié à M. le\nPérot écuyer, sénéchal du Maine, a été reconnu par\nlui depuis la première impression, dont on ne connait\npoint la date.\nElle fut réimprimée souvent et notamment en 1484\ndans la traduction des œuvres complètes d'Horace par\nLuc de la Porte et François Habert.\nCe n'est point ici le lieu de juger la valeur de\nl'œuvre de Jacques Peletier du Mans. Cette notice\nrapide est une simple préface à la réédition suivante de\nl'Art Poétique d'Horace; mais il est nécessaire, après\navoir rappelé en peu de mots ce que fut ce poète du\nseizième siècle de dire ce qui le distingue de la foule\nde ses contemporains.\nL'un des premiers Jacques Peletier travaille sans\nrelâche et avec son infatigable ardeur au perfectionne-\nment de la langue française dont il fut le champion\nardent et qu'il écrivit avec une singulière pureté. Et de\nfait, il est un des rares écrivains du seizième siècle qui\nblamant l'abus du latin comme le fit plus tard Malherbe\naient constamment écrit en français rendant de la sorte\nde très grands services à certaines sciences encore au\nberceau. De plus il s'est illustré par le zèle qu'il mit\nà « remuer l'ortographe françoese qu'il vouloit ainsi\nque la poesie habille à la nouvelle guise soustenant\nqu'il falloit escrire les mots exactement ainsi qu'on les\nprononçoit ». « Il fut dit Fasquier au livre VII de ses\nRecherches, le commandant de l'avant-garde pour la\nréforme de l'ortographe. » Son Dialogue de l'orto-\ngraphe parut cinq ans seulement avant le premier traité",
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     "texte": "204\nLa Vogue.\nde Migret. Comme il l'écrivit lui-même, une guerre\ninterminable commença dès lors entre eux, car ils diffé-\nraient dans l'exécution de cette réforme que tous deux\npoursuivaient et les ennuis de cette tentative empoison.\nnèrent toute sa vie misérablement,\nEnfin, ce fut lui, qui, dans ses Œuvres poétiques\npubliées en 1547 eut le premier la gloire de créer l'ode\nfrançaise alors aussi inconnue que le sonnet: Guillaume\ndes Autelz, ami de Meigret, en donna depuis l'honneur à\ndes Périers. Mais Joachin de Bellay s'adressant à Ron-\nsard, qui trois ans plus tard devait perfectionner ce\ngenre de poésie, lui disait :\nPeletier me fit premier\nVoir l'ode dont tu es prince,\nOuvrage non coustumier\nAux mains de notre province.\nGuillaume Colletet écrivait dans le même temps\n<< Peletier doit en tous cas passer pour un des premiers\nqui aient fait heureusement succéder l'Ode aux antiques\nvillanelles et autres semblables ferrailles enrouillées des\nsiècles précédents.\nA. D.",
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     "texte": "L'ART POETIQUE D'HORA-\nce, traduit en Vers Francois par lacques Peletier\ndu Mans, recongnu par l'auteur depuis la premie-\nre impression.\nMOINS ET MEILLEUR\nImprimé a Paris par Michel de Vascosan, au mois\nd'Aoust. Avec privilege de la Court.\nM.D.XLV",
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     "texte": "206\nLa Vogue.\nAU LECTEUR\nLecteur, tu trouveras en ce livret l'ortographe fran-\nçoise aucunement diverse de celle qui est vulgairement\nprattiquée A cette cause t'a été permis ce petit aver-\ntissement, pour en passant te déclairer les principales\nraisons de l'auteur. L'une est, que tout ainsi que la\nparole est significative de la pensee, semblablement\nl'ortographe de la parolle, a laquelle elle doit obéir\nfidelement de sorte que écrire autrument qu'on ne pro-\nnonce, est comme si on parlait autrement qu'on ne\npense. L'autre raison qui dépend de la premiere, est\npour éviter super fluité, laquelle sans ce quen toutes\nchoses est reprenable, tient nostre langue Françoise en\nsubjetion, sibien qu'elle la garde de passer aux nations\netranges, qui pour le grand entassement des lettres ne\nla peuvent prononcer ni apprendre s'ilz ne sont sur les\nlieux. La tierce raison est pour commencer a regler et\nmettre au net notre langage, et faire à tout povoir\nque prononciation pareille n'ait orthographe diverse\nqui est le plus expéditif moien qui puisse aquérir hon-\nneur et maiesté a une langue, comme on voit de la\nGreque et de la Latine, desquelles l'ortographe est la",
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     "texte": "La Vogue.\n207\nprononciation mesme sinon qu'elle est mue. Il est bien\nvrai que telle entreprise ne se peut pas achever ni\nresaudre si a coup: et mesmes n'a semble bon a l'auteur\nd'observer sa fantaisie de point en point et a la rigueur,\nbien congnoissant que trop soudaines mutations ne\ns'acceptent pas volontiers: mais a eté content d'ouvrir\nle chemin par le plus facile et commun endroit, en\nattendant que le temps qui adoussit et consonne toutes\nchoses, donne peu a peu à congnoitre combien doit\nvaloir raison artificielle contre abus irrégulier. A tant\nte suffira, ami Lecteur, n'étant ici le lieu de deduire\ntoutes les raisons a ce appartenantes: ioint que ia ont\neté pour la plus grand part decouvertes par autres bien\nentenduz, ainsi que tu puis voir a ce quilz en ont\npublié. Ce pendant tu prendras en gré ce qu'on fait\npour le mieux et en faveur de notre langue françoise.",
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     "texte": "208\nLa Vogue.\nDIZAIN\nPetit livret, qui n'es mien qu'a demi,\nTe doi ie mettre en veue ? pourquoi non?\nDe quoi crains tu l'envieux ennemi,\nLequel ne peut rabaisser ton renom ?\nC'est le vrai point si les hommes de nom\nNe sont de toi et de moi mal contens:\nAu fort, je n'ai du tout perdu mon temps,\nCar ie suis seur que ceux qui te liront,\nPosé qu'en toi ne prengnent passetemps,\nA tout le moins profit i sentiront.",
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     "texte": "La Vogue.\n209\nL'ART POETIQUE D'HORACE\nTraduit en vers françois par Jacques Peletier du Mans.\nSi quelque peintre avoit fait le portrait\nD'un chef humain, puis en changeant de trait,\nFaisoit le col d'un cheval, et l'image\nEtoit seme de différent plumage\n5. Et composé de membres amasséz,\nDe toutes pars, lourdement compasséz,\nTant que le haut, par étrange façon,\nFut femme belle, et le bas un poisson.\nSeigneurs venuz ce tableau regarder,\n10. Pourriez-vous bien de rire vous garder?\nCroiez, lecteurs, qu'à cette portraitture\nSera du tout semblable l'écritture\nAiant le stile et ordre poétique,\nNi plus ni moins qu'un songe fantastique\n15. D'un patient, si qu'en aucune sorte\nNi pie ni teste a un cors se rapporte.\nPeintres tousiours et poète ensemble\nPeignent et font tout ce que bon leur semble :\nIl est bien vrai, et d'une telle excuse\n20. User voulons, et que chacun en use :\nMais non pourtant que la dousseur du miel\nSoit assemblée avec l'aigreur du fiel,\nNi les serpens avec les oiseletz,\nLes tigres fiers avec les aigneletz.\n25. A un exorde issant de haute vois,",
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     "texte": "210\nLa Vogue,\nEt qui promet grans choses, maintes fois\nSont attachez mains ornemens de lustre\nPour faire l'euvre apparoir plus illustre,\nQuant on décrit la forest decoree,\n30. Avec l'autel de Diane honnoree,\nOn le circuit du ruisseau ondoiant\nFaisant son bruit par le pré verdoiant,\nOu bien le Rhin gracieux et doux fleuve,\nOu l'arc du ciel qu'on voit avant qu'il pleuve :\n35. Mais quoi? cela ici n'est pertinent,\nEt diroit t'on de toi incontinent,\nTu es celui qui saiz peindre un Cipres:\nA quel propos, si un marchand, après\nEstre eschape de mer tout éperdu,\n40. Ou son navire et son bien a perdu,\nVeux estre peint pour argent avancé ?\nUn vaisseau large et long est commencé,\nDonques pourquoi tant que la roue court,\nS'en fait-il un plus étroit et plus court?\n45. A brief finir, il faut que tout Poeme\nSuive partout un simple et égal theme.\nPour la plus part, nous qui suivons l'affaire\nDe poésie, en guise de bien faire\nSommes de ceuz: Brievete ie procure,\n50. Ma brièveté rend la matiere obscure.\nQui trop se plaist en délicat ouvrage,\nEn lui defaut la force et le courage :\nCelui qui est de hauz cas professeur,\nDevient enflé. Qui veut estre trop seur,\n55. Ee qui craint trop de la mer les combatz\nIl glisse en terre et demeure trop bas :\nCelui qui veut deguiser amplement\nClose qui est une tout simplement",
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     "texte": "La Vogue.\n211\nVeut le Dauphin aux bois acoutumer,\n60. Et le Sanglier faire vivre en la mer.\nL'esprit humain en erreur est induit\nEn l'evitant, s'il n'est par art conduit.\nUn Imager par engen souverain\nBien sait tailler les ongles en erain,\n65. Et les cheveux imiter vivement,\nMais il sera en son achevement\nMal fortune, si, comme il est metier,\nRendre ne peut l'ouvrage tout entier:\nSi ie faisais quelque euvre en mon endroit,\n70. Estre semblable à lui, ne me chaudroit\nNon plus qu'avoir le nez contrefait, voire\nAiant les ieux et la perruque noire.\nVous écrivains, prenez en argument\nA vous egal, et pensez longuement\n75. Ce que pourrez, ce que ne pourrez point :\nQui son suget aura choisi a point\nSelon sa force, il n'aura nul defaut\nDe motz exquis, ni d'ordre tel qu'il faut.\nToute la force, et grace en disposant,\n80. Ou ie m'abuse, est que le composant\nDie en l'instant ce qu'en l'instant doit dire,\nEt plusieurs poinz il reserve a ecrire\nEn temps et lieu et qu'il sache accepter\nTel incident, et un tel regretter.\n85.\nOr si tu veux nouveauz motz faire naitre,\nIl te convient bien modeste et fin estre.\nLoué seras, si d'un mot de saison\nTu en fais un par bonne liaison\nQui soit nouveau. S'il faut que tu reveles\n90. Par nouveauz motz choses toutes nouvelles,\nPeindre pourras termes qui n'ont été.",
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     "texte": "2:2\nLa Vogue.\nDitz ni congnuz par l'ancienneté,\nEt te sera permise et approuvee\nLa nouveauté sobrement controuvee.\n95. Les motz nouveauz et nagueres tissuz\nSeront en pris, pourveu qu'ilz soint issuz\nDes motz Latins, sans trop les déguizer.\nMais en ceci peut-on favorizer\nAlain et Mun, et qu'un pareil crédit\n100. Soit à Marot et Merlin interdit?\nEt si je puis feindre comme les vieux,\nPourquoi est on dessus moi envieux,\nVeu que Cretin et Jan le Maire ont fait\nNotre Francois plus riche et plus parfai!,\n105. Et nouveauz motz, sur les choses ont mis?\nTousiours sera et a été permis\nProduire un nom tout neuf qui represente\nLe propre trait de la mode presente.\nNi plus ni moins qu'un bois se renouvelle,\n110. Par chacun an de verdeure nouvelle\nAiant ietté tout son premier feuillage,\nAinsi des motz se passe le vieil âge,\nEt sont en fleur les vocables recens,\nAinsi que sont jeunes adolescens.\n115.\nNous et nos faits sommes pour final terme\nA mort vouez. Ce qui fut terre ferme\nEt maintenant tout propre au navigage\nDe par Cesar. Aussi le marecage\nLongtemps sterile et propre à l'aviron,\n120. Ores nourrit les villes d'environ\nEt est souvent de charrue exercé.\nAussi le Tibre ailleurs a traversé\nLaissant le cours aux semences nuisible\nEt en a pris un autre plus duisible",
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     "texte": "La Vogue.\n213\n125. Dong si les faitz humains doivent mourir,\nComment pourront les motz tousiours florir?\nEncor! seront les vocables repris\nQui ont éte pieca mis a mepris:\nEt seux aussi auxquelz l'honneur on donne\n130. S'aboliront si l'usage l'ordonne,\nUsage vif, sous lequel git la forme\nDe tout parler, la vertu et la norme.\nMontre nous a Homere par quel metre.\nEt en quel stile on doit les gestes mettre\n135. Des rois puissants, et prouesses hautaines\nMises à chef par les preux capitaines.\nLes vers conjoinz par inégal compas\nAu temps premier, puis les sioieuses choses\n145.\n140. I ont été semblablement encloses:\nMais toutes fois qui a été l'auteur\nDe l'Elegie et premier inventeur.\nGrammairiens en sont en procédure,\nEt souz le iuge encor' le proces dure,\nArchilocq' mit par courroux furieux\nSon propre lambe en vers iniurieux.\nDe celui piè usa la Comedie,\nEt mesmement la haute Tragedie,\nPour ce qu'il est au mutuel parler\n150. Fort convenable, et qu'il meine par l'air.\nPlus grand veson que le peuple bruitif\nEt est des faits communs exécutif.\nDieux, Demidieux et Athletes puissans\nEt le combat des chevaux hannissans,\n155. Et les banquetz et plaisirs veneriques\nComprent la Muse es premiers vers Liriques.\nSi je ne puis garder les divers signes\nDe chacun fait et les couleurs insignes",
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     "texte": "214\nLa Vogue.\nEn écrivant, pourquoi suis ie nommé\n160. Monsieur le Poete et pour tei renommé?\nPoint ne requiert la matiere comique\nEstre traitée en un stile Tragique:\nAussi n'est bon que faitz de trouble on die\nEn simples et bons de Comédie.\n165. Brief chacun fait selon sa différence\nTiegne son lieu en propre coherence.\nCe nonobstant si voit on quelquefois\nQue Comédie un peu hausse sa voix,\nEt le Tragique en ses plaintifz débats\n170. Use de mots assez humbles et bas.\nOr si Telephe et Pelee ébahiz,\nTous indigens, et banniz du pais\nVeulent navrer les keurs et pensemens\nDes spectateurs par leurs gemissemens,\n175. Jetter leur faut ces gros motz et venteux\nMal convenans aux hommes souffreteux.\nCe n'est assez qu'un Poeme soit luisant\nEn motz exquis, s'il n'est doux et plaisant\nSi bien qu'il puisse emouvoir le desir\n180. De l'auditeur à son gré et plaisir.\n(A suivre.)\n38",
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   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
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     "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nLe Thé chez Miranda, de M. JEAN MOREAS et PAUL ADAM.\nNos amis et collaborateurs Jean Moréas et Paul Adam,\nayant chacun ouvrage des nouvelles, se refusèrent\nà les publier à la queue leu-leu banale dont le goût\néchoit aux écrivains naturalistes. De là et pour les\nmotiver, ce décor d'une femme à qui sous des climats\ndivers on les lit. De là les encadrements qui publiés\nici même firent clamer la presse. Le feu, ouvert par la\nRevue Bleue s'est repercuté ciblant sur les mêmes\nphrases jusqu'au gaietés hebdomadaires des Monsieur\nGros Claude\nnous en passons, pas de meilleurs.\nM. Paul Ginisty le seul clairvoyant de nos critiques\net de la précieuse sympathie duquel nous n'avons qu'à\nnous louer n'a pas voulu parler du livre tant malmené\nsans ajouter que M. Jean Moreas était l'auteur des\nCantilènes et que M. Paul Adam avait signé Soi. Hors\nlui et M. Maurice Barrès tous ont emboîté le pas au\npremier attaquant. Citons cet initiateur, c'est Monsieur\nPaul Desjardins, devenu du coup éminent et chef de\nfile. Qu'il nous soit reconnaissant.\n-\nG. K.\n38",
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     "texte": "ERRATUM\nA la gloire d'Antonia, de M. ÉDOUARD DUJARDIN,\nparu au nº 3, t. II de la Vogue :\nLe cèdre de ses cheveux, (p. 92, 3\" ligne), ; lire : le\ncadre.\nLes fruits (p. 92, 3º ligne), lire : les bruits.\nTrès mobile (p. 94, 11° ligne), lire : immobile.\nJubilons. Choses (p. 96, 10º ligne), lire: Jubilons,\nchoses.\n38\nL'Administrateur-Gérant:\nGUSTAVE KΑΗΝ.",
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