{
 "numero_id": "aj-vogue-1886-t2-n8",
 "tome": "1886",
 "source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
 "articles": [
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-09-06-1",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "253",
   "page_fin": "257",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : titre retrouvé (début long) ; fin : fin de la page 257",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=743",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "253",
     "debut_caractere": 48,
     "fin_caractere_exclue": 722,
     "texte": "UNE SAISON EN ENFER\n<< Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin\noù s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins cou-\nlaient.\n-\nUn soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. Et\nje l'ai trouvée amère.\n-\nEt je l'ai injuriée.\nJe me suis armé contre la justice.\nJe me suis enfui. O sorcières, & misère, ô haine,\nc'est à vous que mon trésor a été confié!\nJe parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute\nl'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai\nfait le bond sourd de la bête féroce.\nJ'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre\nla crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour\nm'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=743",
     "seq": 743
    },
    {
     "page_imprimee": "254",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 896,
     "texte": "251\nLa Vogue.\ndieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis sé-\nché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la\nfolie.\nEt le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.\nOr, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de\nfaire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef\ndu festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.\nLa charité est cette clef.\nCette inspiration prouve\nque j'ai rêvél\n-\n<< Tu resteras hyène, etc...,» se récrie le démon qui\nme couronna de si aimables pavots. « Gagne la mort\navec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les pé-\nchés capitaux. »\nAh! j'en ai trop pris: - Mais, cher Satan, je vous\nen conjure, une prunelle moins irritée! et en attendant\nles quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez\ndans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou\ninstructives, je vous détache ces quelques hideux\nfeuillets de mon carnet de damné.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=744",
     "seq": 744
    },
    {
     "page_imprimee": "255",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1176,
     "texte": "La Vogue.\n255\nMAUVAIS SANG\nJ'ai de mes ancêtres gaulois l'œil bleu blanc, la cer-\nvelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve\nmon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne\nbeurre pas ma chevelure.\nLes Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brû-\nleurs d'herbes les plus ineptes de leur temps.\nD'eux, j'ai : l'idolâtrie et l'amour du sacrilége; -\noh! tous les vices, colère, luxure, - magnifique, la\nluxure; - surtout mensonge et paresse.\nJ'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers,\ntous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à\ncharrue. - Quel siècle à mains! - Je n'aurai jamais\nma main. Après, la domesticité même trop loin. L'hon-\nnêteté de la mendicité me navre. Les criminels dé-\ngoûtent comme des châtrés : moi, je suis intact, et ça\nm'est égal.\nMais! qui a fait ma langue perſide tellement, qu'elle\nait guidé et sauvegardé jusqu'ici ma paresse? Sans me\nservir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que\nle crapaud, j'ai vécu partout. Pas une famille d'Europe\nque je ne connaisse. J'entends des familles comme\nla mienne, qui tiennent tout de la déclaration des Droits\nde l'Homme. - J'ai connu chaque fils de famille !\n-",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=745",
     "seq": 745
    },
    {
     "page_imprimee": "256",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1530,
     "texte": "356\nLa Vogue.\nSi j'avais des antécédents à un point quelconque de\nl'histoire de France!\nMais non, rien.\nIl m'est bien évident que j'ai toujours été race infé-\nrieure. Je ne puis comprendre la révolte. Ma race ne\nse souleva jamais que pour piller: tels les loups à la\nbête qu'ils n'ont pas tuée.\nJe me rappelle l'histoire de la France fille aînée de\nl'Église. J'aurais fait, manant, le voyage de terre sainte;\nj'ai dans la tête des routes dans les plaines souabes,\ndes vues de Byzance, des remparts de Solyme: le culte\nde Marie, l'attendrissement sur le Crucifié s'éveillent en\nmoi parmi mille féeries profanes. - Je suis assis,\nlépreux, sur les pots cassés et les orties, au pied d'un\nmur rongé par le soleil. Plus tard, reître, j'aurais\nbivaqué sous les nuits d'Allemagne.\n-\nAh! encore : je danse le sabbat dans une rouge\nclairière, avec des vieilles et des enfants.\nJe ne me souviens pas plus loin que cette terre-ci et\nle christianisme. Je n'en finirais pas de me revoir dans\nce passé. Mais toujours seul; sans famille; même, quelle\nlangue parlais-je ? Je ne me vois jamais dans les conseils\ndu Christ; ni dans les conseils des Seigneurs, - repré-\nsentants du Christ.\nQu'étais-je au siècle dernier : je ne me retrouve\nqu'aujourd'hui. Plus de vagabonds, plus de guerres\nvagues. La race inférieure a tout couvert - le peuple,\ncomme on dit, la raison; la nation et la science.\nOh! la science! On a tout repris. Pour le corps et\npour l'âme, - le viatique, - on a la médecine et la\nphilosophie, - les remèdes de bonnes femmes et les",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=746",
     "seq": 746
    },
    {
     "page_imprimee": "257",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 474,
     "texte": "La Vogue.\n257\nchansons populaires arrangées. Et les divertissements des\nprinces et les jeux qu'ils interdisaient! Géographie,\ncosmographie, mécanique, chimie!...\nLa science, la nouvelle noblesse! Le progrès. Le\nmonde marche! Pourquoi ne tournerait-il pas?\nC'est la vision des nombres. Nous allons à l'Esprit.\nC'est très certain, c'est oracle, ce que je dis. Je com-\nprends, et ne sachant m'expliquer sans paroles païennes,\nje voudrais me taire.\n(A suivre.)\nARTHUR RIMBAUD.\n১",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=747",
     "seq": 747
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-09-06-2",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "258",
   "page_fin": "259",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : titre retrouvé (début long) ; fin : fin de la page 259",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=748",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "258",
     "debut_caractere": 14,
     "fin_caractere_exclue": 690,
     "texte": "LIED DU ROUET\nFile à ton rouet, file à ton rouet, file et pleure\nOu dors au moutier de tes indifférences\nOu marche somnambule aux nuits des récurrences;\nSeule à ton rouet, seule file, et pleure.\nSur la route, les cavaliers fringants\nPoussent les chevaux envolés dans le vent,\nSouriants et chanteurs s'en vont vers les levants\nSur la route ensoleillée les cavaliers fringants.\nFile à ton rouet, seule à ton rouet, file et pleure\nSeule à ton rouet, file, crains et pleure.\nEt celui dont la tendresse épanouie\nSouffre aux nerfs, aux soucis, à l'ouïe,\nCelui-là s'en ira pour consoler ses doutes\nAux refuges semés le long des apres routes;\nSuspends aux greniers les chanvres rouis.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=748",
     "seq": 748
    },
    {
     "page_imprimee": "259",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 684,
     "texte": "La Vogue.\n259\nFile à ton rouet, les chansons sont légères,\nLes images redisent les gloires des marins,\nLes chansons s'évident aux heures plus légères\nProches du retour sonore des marins.\nEt voici, las des autans et des automnes\nAu ciel noir des flots qui tonnent,\nLe voici passer qui vient du fond des âges,\nNoir et brun, et si triste : et les lents marécages\nDe ses yeux où demeurent stagnantes les douleurs\nS'arrêteront épars sur tes yeux de douleurs.\nSeule à ton rouet, file et pleure\nTes candeurs nubiles s'en iraient au gouffre\nAu gouffre lamé de passé qui souffre\nDepuis les temps, les temps, les leurres et les leurres,\nFile à ton rouet, seule, file et pleure.\nGUSTAVE KAΗΝ.\n38",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=749",
     "seq": 749
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-09-06-3",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "260",
   "page_fin": "267",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : titre retrouvé (début long) ; fin : fin de la page 267",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=750",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "260",
     "debut_caractere": 14,
     "fin_caractere_exclue": 1163,
     "texte": "LES ARTISTES INDÉPENDANTS\nMultiplier les sensations humaines : tel paraît le but\nde l'Art.\nVarier sans cesse les aspects; modifier les formes et\nla matière; s'appliquer à découvrir, à savoir neuf, à\ncomprendre de façon inouïe; faire du monde, des idées\nle kaleidoscope infiniment autre; vêtir les choses\nd'une subjectivité rare, inconnue, - seules, elles cons-\ntituent l'artiste, ces aspirations.\nLa redite vaut l'affadissement du plaisir esthétique;\nil s'émousse et meurt de l'habitude ainsi que toute sen-\nsation. Donc il faut l'éveiller par la mutation constante,\npar l'affinement des premières tentatives, par la création\neufin.\nLe groupe des impressionnistes a créé une peinture;\nun coloris, une manière d'établir le personnage, et son\nmouvement. Ces esthètes ont vu par une optique jus-\nqu'à eux jamais traduite. Aussi, dans l'exposition indé-\npendante, la salle consacrée à leurs œuvres attire-t-elle\ndavantage le public, soit qu'il s'esclaffe, impuissant à\nchercher et à se rendre compte, soit qu'il s'étonne,\ncomprenne et s'intéresse.\nParmi l'agglomération des toiles quelconques appen-\ndues aux murs des autres salles, une dizaine arrivent",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=750",
     "seq": 750
    },
    {
     "page_imprimee": "261",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1597,
     "texte": "La Vogue.\n261\nà fixer l'œil, pour y inscrire le pénible effort d'élèves\ns'efforçant à bâtir sur les plans déjà tracés par des pré-\ndécesseurs ingénieux au plus. C'est, avec parfois des\ninhabiletés infantiles, un effacement des tons, une con-\ntinuelle préoccupation d'éteindre les couleurs, de\nfondre les lumières, de couler dans des moules connus,\nd'imiter. Beaucoup imitent mal.\nMme BERRIAT-BLANC expose une série de têtes\nféminines, coquettes et habilement notées d'une touche\nun peu longue mais qui fixe des ombres mutines, des\nnez en retroussis, des sourires sous des méplats exhaus-\nsés. Ces petites dames aux formes maigrettes de\nfillettes plaisent un instant. Un enchevêtrement de tons\nclairs; des mauves, des roses. De la légéreté, de l'envol\ndans les rires et dans les étoffes; - un talent futile\nqui ravira les boudoirs bleu-ciel ou satin-cerise.\nM. ALVAREZ DUMONT. Au-dessus d'une bien affreuse\net municipale composition titrée Héros inconnus, ce\npeintre place les armes de la ville: Fluctuat nec mergi-\ntur. Le héros inconnu c'est un pompier! Oh un bien\nbeau pompier, qui tient en ses bras une dame évanouie.\nQue lui a-t-il fait, à cette dame, le paillard ! pour\nqu'elle soit si débraillée ; maintenant il ouvre la fenêtre\net va précipiter la dame. Dans la bagarre, ce pompier\na perdu sa manche droite: il montre des chairs blanches\nde femmelette, des chairs de travesti, et la dame ne se\nréveille toujours pas; sa tête et ses seins s'abîment\nvers le plancher. Que lui faut-il encore?\nM. CARLI. Un chou bien étudié, plat comme un\ndécime; des légumes très propres et très plats; le tout",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=751",
     "seq": 751
    },
    {
     "page_imprimee": "262",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1516,
     "texte": "262\nLa Vogue.\nsous verre. On distingue exactement chaque veine du\nchou. Du réalisme.\nEt rien ne récrée davantage si l'on persiste, pas plus\nle << Fondeur » et le « Tailleur de pierres » de M. Val-\nton que la « Rêverie» de M. de Gray. Ces choses\nd'ailleurs ont leur public admirant, épris du bon ouvrier,\ndes femmes nues aux peaux confites, et mortes. D'au-\ntres brossent des redingotes à la manière de Bonnat, ou\nplantent des Turcos devant des Prussiens, pour sus-\nciter l'éternelle rancœur patriotique. Celui-là vous\nexhibe « l'Escadre au golfe Juan », des bateaux de\nmétal terne, des eaux fabriquées avec le restant de ce\nmétal, et des buées avec les déchiquetures.\nMais on franchit tout, et l'on parvient à la salle des\nnovateurs.\nDans un précieux article publié ici même, M. Félix\nFénéon a donné la théorie de la « peinture au point »\ntelle que l'entendent MM. Signac, Seurat, Pissarro,\nDubois, Pillet. (1) Comme les toiles qui l'inspirèrent se\nretrouvent à la nouvelle exposition, nous nous borne-\nrons à livrer, en ces quelques notes, des appréciations\nrapides sur les œuvres autres qui les accompagnent.\n<< La Grande Jatte » de M. SEURAT, occupe une des\nplaces importantes. L'aspect hiératique des person-\nnages synthétisés en leur allure propre, l'enfoncement\nprodigieux des perspectives, la parfaite harmonie des\ntons, les moirures mouvantes des eaux, excitent les\nmêmes hilarités béates du public, et les mêmes appro-\nbations de quelques rares compréhensifs.\n(1) Voir la Vogue, nº 8, du 13 au 20 juin 1886.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=752",
     "seq": 752
    },
    {
     "page_imprimee": "263",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1590,
     "texte": "La Vogue.\n263\nM. SIGNAC a rapporté de nouvelles toiles. La touche\ns'y affine encore, devient plus légère, et les tons se\nvarient mieux. « Le Port Morin », « l'Ile à Lucas »\ndécèlent des feuillages d'une excessive ténuité que le\nvent frise. L'ombre mauve du pont s'incurve dans\ndes eaux qui miroitent, clignent; des fleurs tremblo-\ntent; les ciels ardent.\nPuis c'est encore les << Apprêteuses et Garnisseuses»,\net leurs poses et leurs mines et la symphonie des bleus;\nles premières marines de M. Seurat, le « Bec du\nHoc », la « Rade de Grandcamp », où l'air, en\nimmenses nappes, se joue devers les falaises aigui-\nsées; et le regard infiniment y plonge, s'immerge.\nM. LUCIEN PISSARO présente deux toiles : « la\nMaison de la sourde », « le Hangar », des apparitions\nviolâtres de campagne calme, au crépuscule, à l'heure\noù les tons se mêlent et chatoient sous l'adieu du soleil\ndépassé. Dans la transparence alourdie de l'atmos-\nphère, les couleurs se chargent et se compliquent des\nteintes aériennes. La très savante marqueterie des\ntouches rend pesante un peu la peinture de M. Lucien\nPissaro. Mais ses aquarelles ont un charme unique.\n<< L'Église de Bazincourt », « Villerville » : des clochers\ns'effilent hors le touffu des arbres, par dessus des\npelouses claires, en des ciels limpides ou fréquentés de\nnuages ronds; l'air circule, plane, distance les mai-\nsons, les objets.\nM. DUBOIS-PILLET. Les personnes admises à con-\nnaître les œuvres de ce peintre en atelier, s'étonnèrent\nde ne les point voir figurer à l'exposition de la rue\nLaffite. Par son faire il appartient au groupe le plus",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=753",
     "seq": 753
    },
    {
     "page_imprimee": "264",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1593,
     "texte": "264\nLa Vogue.\navancé des impressionnistes; mais ses toiles s'emboi-\nvent dans une atmosphère lucide, blondissante qui\nleur donne un caractère propre.\nSes eaux surtout sont habilement clapotantes ou\nmirantes. << Coin d'étang » : des arbres dépouillés\nrougis d'automne se reflètent, tremblés dans une eau\nlimpide et calme, où des bleus s'irisent, où des blancs\nde nuages vaguent bleuissants, et ces mauves, et ces\nbleus concordent à la dame bleuâtre accoudée contre\nl'estacade.\nDes fleurs se gemment au bord d'une fenêtre, sur un\ntoit aux tuiles mordorées; des fruits, des prunes s'écrou-\nlent d'un panier en des gammes de vert tendre, syn-\nchromées.\nEt des portraits, raides un peu, par la faute des\noriginaux, mais où toujours se modulent des harmonies\nde nuances qui établissent et unifient la générale\nimpression.\nLa toile maîtresse : « la Seine à Bercy ».\nLa saisissante vie d'un paysage parisien s'enfonce à\ntravers une atmosphère bleue et grise de matin. Les\nsilhouettes des maisons, Notre-Dame et son ossature de\npierre et sa flèche et ses deux tours se notent lointaines\npar un progressif éclaircissement des teintes. En\navant, un pont surplombe la Seine qui coule entre les\nverdures d'un jardin public et la masse circulaire jaune\nd'un massif théâtre à panoramas. Ce groupe pose la\nligne médiane de l'œuvre : une chromatique gamme\nentre le ciel et le fleuve, les deux grandes variations\nqui occupent l'amplitude du tableau.\nLe ciel: une infinie multitude de tons volutant avec\nles formes des nuages, variant avec elles, gris à leurs\nrondes panses, rosâtres sur leurs flancs, d'un blanc",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=754",
     "seq": 754
    },
    {
     "page_imprimee": "265",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1572,
     "texte": "La Vogue.\n205\nterne à leurs panaches. Et ces tons s'encastrent,\nnaissent l'un de l'autre par de minimes transitions avec\nun élan pareil vers le même angle de toile en faisant\npressentir la violence du vent qui les pousse.\nLe fleuve: une verte nappe épaisse, clapotante,\nfluant du port en une continuité verte. Dedans, le\nreflet du ciel moutonneux, et ce reflet fréquemment\ninterrompu par les crêtes ombrantes des petites\nvagues.\nCes deux variations et la gamme médiane elle-même\nsynthétisées dans une grande sensation bleue, un glacis\nbleuâtre d'air. Et delà cette synchromie sonne dans\nla réclame gros bleu du Petit Journal couvrant toute la\ncoupe d'une maison isolée sur la berge.\nM. ANGRAND. La vision un peu terne des paysages\nrappellerait, en certains, la manière de Raſſaelli, mais\nces tons sont plus denses, plus massés, et, dans\nl'ambiance des plantes, des maisons, des ciels bleus-\nverts, les personnages apparaissent sans saillir, à leur\nplace exacte, — rien n'étant sacrifié pour les mettre\nen valeur. Cette préoccupation synthétique de réduire\nl'importance de l'homme à l'importance de sa tache\nparmi l'espace, M. Angrand y réussit en tout succès\nil s'est définitivement débarrassé de l'éducation qu\naccorde suprématie aux lignes, et aux couleurs\nhumaines, et fait du reste << un décor ».\n« La Ligne de l'Ouest à sa sortie de Paris ». Des\nwagons en plein soleil avec la crudité de leurs couleurs\nsalies, des gazons jaunis sur les talus, un homme qui\nregarde.\n<< Terrains vagues ». Une maison à tuiles roses\njuchée au haut de monticules, hérissés d'herbes rous-",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=755",
     "seq": 755
    },
    {
     "page_imprimee": "266",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1432,
     "texte": "266\nLa Vogue.\nsies, rèches et droites, une bande de ciel nuageux et\nlourd, une femme.\nParfois des bleus en mélodie, bleu de ciel intense et\nprofond, bleu plumeté d'eau calme, cela séparé par\nune étroite terre où un arbre s'érige et s'ombelle:\n<<< La Seine».\nM. ALBERT. Des tentatives, non sans intérêt, de\nfaire très clair et très ensoleillé. Dans deux paysages,\ndes pommiers aux fleurs qui bouffent des herbes\nclaires, des ombres violâtres; des fraîcheurs aux feuil-\nlages.\nM. HENRI CROSS. Sans posséder la division des\ntons, M. Henri Cross a des intensités de couleurs.\n<< La Blouse rouge » : une fillette, de ce vêtue, assise\nprès une fenêtre; du jour qui se réfracte dans le\nparquet ciré et s'y enfonce; les lointains ne sont pas\nheureux. - « La Mer calme » montre des gammes de bleu\nsombre et lourd,\nmais aussi une barque nouvelle-\nment repeinte sans doute, et glacée comme une image\npour sucre de pomme. C'est la sensation que donne l'arrêt\nprolongé devant ces toiles. On croit à un arrangement\nde l'optique impressionniste pour peinture de salon\nbourgeois.\n-\nM. BOUDROT. « Le Tripot clandestin ». Autour\nd'un tapis vert maculé par les luisures des monnaies,\n-\ndes gens assis, debout. Plus de cinquante figures\ndont les pommettes, les nez poindent de l'ombre vers la\nlumière du gaz. Et pas une à l'autre semblable. La salle\ns'enfonce en perspectives sombres. Des contours de\ntêtes émergent, fuient. Une lueur ardente de cigare",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=756",
     "seq": 756
    },
    {
     "page_imprimee": "267",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1509,
     "texte": "La Vogue.\n267\ncloute de rouge une face esquissée. Deux cartes mon-\ntrées par le banquier font un blanc où l'attention va, et\naussi celle des personnages. Des figures saisissent par\nla réalité impressionnante des contours, du type; faces\nouvrières et crapuleuses, ou simplement banales, vieux\nà blanche barbe de patriarche, à lunettes où le gaz\ndansant se mire. Ce monde attend et cause bas. De\ntrès curieux effets de lumière jaune sur les chairs. Du\ngaz pas trop brillant et pas trop facile.\nUn artiste consciencieux, et imaginatif que révèle\ncette toile; un talent sobre et ferme. Peut-être repro-\ncherait-on la trop grande solidité des lignes, la ten-\ndance à faire noir.\nAvec les œuvres d'impressionnisme aigu, celle-ci,\nbien que travaillée dans la traditionnelle manière,\ns'offre une des plus curieuses.\nJoignons les œuvres de M. Gustave Perrot qui\nattestent une grande finesse de perception pour le\nrendu des rusticités suburbaines; et les remarquables\nnatures mortes de M. Cougnet aux aspects sincères,\naux tons étudiés, au ferme dessin. De leur habileté\nces artistes travestissent les procédés anciens et les\nréhabilitent.\nEt c'est encore, de cette exposition, une assurance\nnouvelle que l'art des impressionnistes derniers venus,\nmarquera dans l'évolution picturale un période, et des\nplus importants. A regrets cependant de n'y point voir\nla place de l'idée. Leur faire ne se préoccupe pas du\nsuggestif. Ils restent des paysagistes purs. Ailleurs\nils ne cherchent, ni ne veulent tenter.\nPAUL ADAM.\n38",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=757",
     "seq": 757
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-09-06-4",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "268",
   "page_fin": "276",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : titre retrouvé (début long) ; fin : fin de la page 276",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=758",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "268",
     "debut_caractere": 14,
     "fin_caractere_exclue": 846,
     "texte": "HYPERION\n(Suite.)\nCependant, dans d'autres royaumes, de grosses larmes\nétaient répandues,\nDes pleurs aussi amers - des maux aussi grands étaient\nsoufferts,\nTrop grands pour une langue mortelle ou la plume d'un\nscribe:\nLes Titans, superbes, se cachant eux-mêmes, ou enchaî-\nnés dans les prisons,\nAvec des hurlements réclamaient leur antique servage,\nEt prêtaient l'oreille, au milieu de douleurs aiguës,\npour entendre la voix de Saturne.\nMais Un de toute la race des Mammouths gardait tou-\njours\nLe sentiment de sa souveraineté, de son empire, de sa\nmajesté;\nDans les flammes, Hyperion, sur son orbe de feu,\nToujours était assis, toujours aspirait l'encens montant\nDe l'homme vers le Dieu du soleil; partant inquiet;\nCar de même que nous, mortels, des présages sinistres\nNous effraient, nous tourmentent, - ainsi il frissonnait,\nlui:",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=758",
     "seq": 758
    },
    {
     "page_imprimee": "269",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1345,
     "texte": "La Vogue.\n269\nMais ce n'était pas le hurlement du chien, ni le cri\ndétesté de l'oiseau des ténèbres,\nNi la visite familière d'un mort\nAu premier tintement du glas des trépassés,\nNi les prophéties de la lampe de minuit;\nC'était des horreurs proportionnées aux nerfs d'un\ngéant\nQui souvent venaient torturer Hyperion. Son palais\nsuperbe,\nBastionné de pyramides d'or éclatant,\nEffleuré par l'ombre des obélisques de bronze,\nBrillait rouge-sang par ses mille cours;\nLes arches, les dômes, les galeries en feu\nEt les voiles épandus par les nuages de l'Aurore\nBrillaient d'un éclat navrant: et parfois des ailes\nd'aigles,\nInconnues jusqu'alors des Dieux et des hommes étonnés,\nAssombrissaient le lieu; et des hennissements de che-\nvaux étaient entendus,\nInconnus jusqu'alors des Dieux et des hommes étonnés.\nEt lorsqu'il voulait goûter aux flots aromatiques\nDe l'encens, montant des collines sacrées,\nAu lieu de parfums, son vaste palais ne prenait\nQue le goût du cuivre empoisonné ou du métal nauséa-\nbond.\nEt lorsqu'il alla pour reposer à l'Occident endormeur,\nAprès le plein achèvement du jour radieux,\nAu lieu de goûter le repos divin sur sa couche élevée\nEt le sommeil aux bras de la mélodie,\nIl marcha durant les heures charmantes du repos,\nA pas de géant, de salle en salle;\nPendant qu'au loin, dans les bas-côtés, dans les retraites\nprofondes,",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=759",
     "seq": 759
    },
    {
     "page_imprimee": "270",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1337,
     "texte": "270\nLa Vogue.\nLes favoris ailés en groupes serrés se tenaient,\nÉtonnés et pleins de crainte: tels les hommes anxieux\nQui sur les vastes plaines se réunissent en troupes\npalpitantes\nQuand les tremblements de terre ébranlent leurs cré-\nneaux et leurs tours.\nAu moment même où Saturne, sorti de sa glaciale extase,\nAllait pas à pas avec Théa par les bois,\nHypérion laissant le crépuscule derrière lui\nDescendit au seuil de l'Occident.\nAlors, comme de coutume, la porte de son palais s'ou-\nvrit grande,\nEn silence; - seules les flûtes solennelles\nSoufflées par les plaintifs Zéphyrs donnaient de doux\nEt de vagues sons, des mélodies lentement psalmo-\ndiées;\nEt, telle une rose de sa corolle à la teinte vermeille\n-\nEn effluves parfumés, en fraîcheur pour l'œil,\nCette porte en une sévère magnificence\nSe tenait grande ouverte pour laisser entrer le Dieu.\nIl entra, mais il entra plein de colère\nSa robe enflammée ondoyait semblable aux eaux d'un\ntorrent loin derrière lui,\nEt faisait entendre un grondement, comme le feu sou-\nterrain\nQui chasse d'effroi les douces Heures éthérées\nEt fait frissonner leurs ailes de colombes. Il alla bril-\nlant d'un éclat sinistre,\nPar les nefs grandioses, de caveau en caveau,\nA travers les berceaux parfumés où se tordent les\nrayons de lumière,\nEt par les dalles adamantines des éclatantes longues\narcades,",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=760",
     "seq": 760
    },
    {
     "page_imprimee": "271",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1313,
     "texte": "La Vogue.\n271\nJusqu'à ce qu'il eût atteint la grande, l'immense cou-\npole.\nEt là, debout, superbe, sous ce dôme, il frappa du pied,\nEt des soubassements profonds aux tours élevées\nIl ébranla son domaine doré; et avant\nQue le tonnerre terrifiant eût cessé\nSa voix se fit entendre, en dépit du frein divin,\nEt il s'écria: << O rêves du jour et de la nuit !\nO monstrueuses formes! O effigies de la douleur !\nO spectres, qui vous mouvez dans la froide, froide\nobscurité !\nFantômes aux oreilles plates des marais aux herbes\nnoires!\nPourquoi vous connaître? pourquoi vous avoir vus?\npourquoi\nMon éternelle essence est-elle ainsi condamnée\nA voir, à avoir sans cesse sous les yeux ces horreurs\nnouvelles?\nSaturne est tombé, me faut-il donc tomber?\nMe faut-il abandonner ce port de mon repos,\nCe berceau de ma gloire, ce domaine bien-aimé,\nCe domaine calme et luxuriant de la bienheureuse\nlumière?\nCes palais cristallins, ces temples éclatants.\nTout mon brillant empire ? Il est abandonné,\nDésert, vide, ma présence ne vient plus l'animer.\nLes torrents de lumière, la splendeur, la symétrie,\nJe ne les vois plus, - mais l'obscurité, la mort et\nl'obscurité.\nMême ici, au centre de mon domaine, ici où je repose,\nLes ténébreuses visions dominent en souveraines,\nElles insultent, et aveuglent et étouſſent, ma splen-\ndeur. -",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=761",
     "seq": 761
    },
    {
     "page_imprimee": "272",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1340,
     "texte": "273\nLa Vogue,\nTomber ! - Non, par Tellus, par sa robe aux reflets\nsaumâtres !\nPar delà les frontières enflammées de mon royaume\nJ'étendrai mon terrible bras droit\nEt je terrifierai ce chétif lance-tonnerre, Jupiter le\nrebelle,\nEt j'ordonnerai à l'antique Saturne de reprendre son\ntrône ! »\nIl dit - et se tut, tandis qu'une plus terrible menace\nS'eſſorçait, mais en vain, de sortir de sa gorge;\nCar, de même qu'aux théâtres où les hommes se ruent,\nLe tumulte redouble, plus l'on crie: « Silence ! »\nDe même, à la voix d'Hyperion, les Fantômes pâles\nSe mirent en mouvement, trois fois horribles et glacés;\nEt de l'endroit poli comme la glace où il se tenait\nUn brouillard se leva comme d'un marais écumant.\nAlors, par tout son corps, le frisson de l'agonie\nSe glissa peu à peu de ses pieds à sa tête,\nTel le tortueux serpent, énorme et musculeux,\nRampant lentement son chemin, la tête et le cou se\ntordant\nSous l'empire d'une force trop tendue. - Soulagé, il\ncourut\nAux orientales portes, et, pendant six longues heures\nhumides de rosée,\nDevançant l'heure où doivent paraître les rougeurs de\nl'aube,\nIl souffla de son souffle puissant contre les voûtes\nendormies,\nEt loin d'elles il chassa les lourdes vapeurs - et les fit\nse répandre au loin.\nSoudain, sur l'Océan et ses torrents glacés,\nLa planète, orbe de feu, sur laquelle il chevauchait",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=762",
     "seq": 762
    },
    {
     "page_imprimee": "273",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1330,
     "texte": "La Vogue.\n273\nChaque jour d'Orient en Occident, par les cieux\nS'étendit, entourée d'un sombre voile de nuages;\nEt cependant elle n'était pas entièrement voilée, obs-\ncurcie, ni cachée,\nMais toujours et toujours les éclatantes sphères,\nLes cercles, les arcs, les larges ceintures des colures\nBrillaient par l'espace et dessinaient sur l'enveloppante\nobscurité\nLes éclairs aux douces formes, du profond nadir\nJusqu'au zenith - hiéroglyphes antiques\nQue les sages et l'œil perçant des astrologues\nAlors vivant sur la terre, par le travail de leur pensée,\nOnt expliqué au stupide étonnement des siècles,\nHieroglyphes perdus pour nous, sauf ceux que nous\ntrouvons sur les ruines énormes\nDe pierre ou de noir marbre: leur sens, perdu,\nLeur sagesse profonde depuis longtemps enfuie.\nDeux ailes cet orbe\nPossédait, glorieux, deux belles ailes argentées,\nQui toujours tressaillaient, transportées, à l'approche\ndu Dieu :\nEt voici que maintenant du sein des ténèbres leurs\nplumes immenses\nAvec peine se levaient, une à une, jusqu'à ce qu'elles\nfussent étendues;\nPendant ce temps le globe étincelant toujours se_main-\ntenait caché\nAttendant l'ordre d'Hyperion.\nEn vain il eût commandé, en vain il eût pris le trône,\nEt ordonné au jour de paraître, — en vain essayé ce\nchangement:\nIl ne pouvait pas: - non, lui, un Dieu des premiers\nsiècles :",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=763",
     "seq": 763
    },
    {
     "page_imprimee": "274",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1331,
     "texte": "274\nLa Vogue.\nLes saisons sacrées ne pouvaient être troublées.\nAussi les travaux de l'Aurore\nS'arrêtèrent à leur naissance, en vérité comme je vous\nle dis.\nCes ailes d'argent s'étendirent comme deux sœurs,\nImpatientes de soulever cet orbe : et les porches larges\nS'ouvrirent sur les sombres domaines de la nuit ;\nEt le Titan étincelant, rendu furieux par ces nouveaux\nmalheurs\nNon habitué à plier, sous l'action d'une irrésistible\ncontrainte, plia\nSon esprit rebelle au malheur du temps.\nEt sur les vapeurs lugubres des nuages\nAux frontières du jour et de la nuit.\nIl s'étendit, - il souffrait, - son éclat pâlissait; -\nEt pendant que là il gisait, le ciel, de ses étoiles,\nLaissa tomber sur lui un regard de pitié, et la voix\nDe Cœlus, par l'universel espace\nSusurra bien bas, mais solennellement, à son oreille :\n« O toi, le plus brillant de mes enfants, enfant aimé,\nné de la Terre,\nEt fils du Ciel, fils des Mystères\nQui jamais ne furent révélés même aux puissances\nRéunies au jour de la Création!\nments de ces mystères,\n-\nOh ! les enivre-\nLeurs douces palpitations, leurs doux plaisirs !\nMoi, Cœlus, je ne sais ni comment ni d'où ils étaient\nvenus?\nLes fruits de ces Mystères, quelles étaient leurs\nformes?\nDistinctes et visibles? Symboles divins,\nManifestations de cette vie de beauté\nRépandue invisible par l'espace éternel:",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=764",
     "seq": 764
    },
    {
     "page_imprimee": "275",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1242,
     "texte": "La Vogue.\n275\nDe ces êtres nouveaux formés tu es un, 8 mon fils\néclatant!\nOui, un; ils sont tes frères ces êtres, les Déesses tes\nsœurs!\n-\nIl y a de tristes haines parmi vous, et la rébellion\nDu fils contre le père. Je l'ai vu tomber,\nJ'ai vu mon premier-né tombé de son trône !\nVers moi ses bras étaient étendus, vers moi sa voix\nMonta à travers les tonnerres grondant autour de sa\ntête !\nPåle je devins, et dans les vapeurs cachai ma face.\nEs-tu, toi aussi, près d'un pareil destin? De vagues\ncraintes sont:\nCar j'ai vu mes fils, et ils ne ressemblaient plus à des\nDieux.\nDivins vous avez été créés, et divins\nMalgré vos airs sombres de tristesse, solennels,\nexempts de trouble,\nCalmes, comme les grands Dieux, vous avez vécu et\ngouverné:\nEt voici que maintenant je vois en vous crainte, espoir\net colère;\nDes actes de rage et de passion, tels que\nJ'en vois sur le monde mortel en dessous\nChez les hommes qui meurent. - Voilà ce qui me\npeine, & fils !\nTriste signe précurseur de la ruine, subit épouvan-\ntement, la chute!\nPartant lutte, mon fils, lutte; puisque tu es puissant,\nPuisque tu peux aller par le monde, Dieu visible pour\ntous;\nPuisque tu peux opposer à chaque heure de douleur\nTa présence éthérée; - moi, je ne suis qu'une voix ;",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=765",
     "seq": 765
    },
    {
     "page_imprimee": "276",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 957,
     "texte": "270\nLa Vogue.\nMa vie n'est que la vie des vents et des marées,\nPas plus que les vents et les marées je ne puis être\nutile:\nMais toi tu peux. - Va donc, préviens\nL'événement; oui, saisis la pointe de la flèche\nAvant que tu n'entendes le sifflement de la corde ten-\ndue. - Va à la terre!\nCar là tu trouveras Saturne et ses douleurs.\nCependant je veillerai sur le soleil éclatant\nEt de tes saisons je prendrai un soin jaloux. »\nAvant que la moitié de ce vague murmure fût descen-\ndue à lui\nHypérion se leva, et sur les étoiles\nIl leva ses paupières arquées, et les garda grandes\nouvertes\nJusqu'à ce que ce murmure eût cessé: et toujours les\ngardait ouvertes\nEt toujours c'étaient les mêmes éclatantes, impassibles\nétoiles\nAlors d'une lente inclination de sa large poitrine,\nTel un plongeur dans les mers perlées,\nEn avant il s'élança dans les ondes aériennes\nEt plongea sans bruit dans la profonde nuit.\n(Traduit de KEATS, par M. J. J, RÉTHORÉ,)\n(A suivre.)\n38",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=766",
     "seq": 766
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-09-06-5",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "277",
   "page_fin": "286",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : titre retrouvé (début long) ; fin : fin de la page 286",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=767",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "277",
     "debut_caractere": 14,
     "fin_caractere_exclue": 862,
     "texte": "L'ART POETIQUE D'HORACE\nTraduit en uers françois par Iacques Peletier du Mans.\n(Suite.)\nPour requeuillir plantureux argumens,\nPuis quant seront les argumens tous quis,\nSans nul refus uiendront les mots exquis.\nQui a apris en quoi git la pitié\nSSS. Deue aux païs et la loi d'amitié,\nCombien on doit les chers parens aimer,\nCombien on doit frere et hote estimer,\nQuel est l'etat des roiaux Iusticiers,\nDes auocatz, et autres officiers,\n$60. Par quel moien pourra honneur aquerre\nVn capitaine enuoié a la guerre,\nCelui pour urai sait bien la grace bonne\nApproprier a chacune personne.\nC'est mon conseil qu'un urai imitateur\n565. Soit de la uie humaine spectateur,\nPour exprimer apres selon icelle\nLes uiues uois : car une farce belle\nEn plaisans ditz, ou les meurs de chacun\nGardees sont sans ornement aucun,\n570. Sans pois et art, aucunes-fois recree",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=767",
     "seq": 767
    },
    {
     "page_imprimee": "278",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1290,
     "texte": "278\nLa Vogue.\nLes ecoutans, et trop plus leur agree\nQue uers qui sont steriles et sans force,\nEt motz exquis rien n'aians que l'ecorce.\nGrecz et Latins eurent esprit fecond,\n$75. Et un parler elegant et facond,\nCar ils n'etoint point auaricieux\nSinon de gloire et de los precieux :\nNoz filz de France apprennent a long conte\nA calculer combien un trezor monte :\n580. le parle au filz d'un marchant, mettons cas\nQue d'un milier i'ote six cens ducatz :\nCombien reste il? quatre cens : comment? certes\nBien te pourras sauuer de toutes pertes :\nl'en remetz cent, maintenant combien est ce?\n585. Cinq cens ducatz. Or si des leur ieunesse\nTel appetit et soing de biens auoir\nEst en leur keur imprimé, assauoir\nS'ils ecriront quelqu'euure desormais\nQui puisse uiure et durer a iamais?\nL'intention des Poetes se fonde\nA enseigner ou delecter le monde,\nOu a traitter matieres delectables\nEt tout ensemble a uiure profittables.\nSois tousiours brief en ta doctrine toute\n९१०.\n195. A celle fin que celui qui l'ecoute,\nLa conceuoir puisse facilement,\nEt retenir bien et fidelement.\nTout superflu est promptement coulé\nDe l'esperit qui se sent trop foulé.\nLes fictions pour plaisir emouuoir,\nDe ueritè doiuent couleur auoir.\nFable ne doit auoir si grand credit,\nQu'on mette foi en tout ce quelle dit\n600.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=768",
     "seq": 768
    },
    {
     "page_imprimee": "279",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1313,
     "texte": "La Vogue.\n279\nEt parainsi arracher ne doit mie\n605. Vn enfant uif du corps d'une Lamie.\nVieillesse graue un Poeme meprise\nOu n'est aucune utilité comprise,\nEt le propos seuere et triste blesse\nLa tendre aureille aux seigneurs de noblesse.\n610. Le pris merite entre tous, pour tout seur,\nQui peut meller profit avec dousseur,\nEn delectant et apprenant a uiure\nPar un moien au Lecteur. Vn tel liure\nOr et argent aux imprimeurs amasse,\n615. Et en brief temps outre la mer il passe,\nEt longue uie a l'auteur peut donner.\nMais toutesfois bien uoulons pardonner\nAucuns defauz: car le son de la corde\nAuec l'esprit et main tousiours n'accorde,\n620. Et bien souuent par eprouue uoit on\nQu'au lieu d'un bas elle rend un haut ton.\nAussi l'archer tant soit il auisé,\nTousiours ne frappe ou son œil a uisé.\nMais si un euure est illustre et luisant\n625. En mains endroiz, serai ie deplaisant\nDe peu d'erreurs commis par negligence,\nOu non preueuz d'humaine intelligence?\nNon: comment dong? l'imprimeur coutumier\nDe recouurer a son erreur premier,\n630. Combien qu'on l'ait repris et enhorté,\nEstre ne doit en son fait supporté :\nEt l'Organiste est moqué a bon droit\nQui tousiours faut dessus un mesme endroit.\nAussi celui qui tant d'erreurs assemble,\n635. Et si souuent, un Cherile me semble,\nDuquel me faut emerueiller et rire",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=769",
     "seq": 769
    },
    {
     "page_imprimee": "280",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1328,
     "texte": "280\nLa Vogue.\nQuaud deux bons vers ou trois il peut ecrire,\nEt en auoir angoisse au keur amere.\nAucune-fois dort le sauant Homere.\n$40. Mais on peut bien excuser et souffrir\nQu'a-long labeur sommeil se uiegne offrir.\nLa Poesie a la Peinture approche,\nCar l'une plait quant plus on en est proche,\nEt l'autre rend plus beau lustre de loing.\n645. L'une demande estre ueue en un coing,\nL'autre en plein iour si naïue se trouue,\nQue rien ne craint l'œil subtil qui l'eprouue.\nL'une une fois seulement plait aux jeux,\nL'autre plaira tousiours de bien en mieux.\nToi louuenceau, quelque bon fondement\nQui soit en toi, ou meur entendement,\nCe mot te faut en ta memoire auoir\nQu'en certains ars mediocre sauoir\nBien est permis. Quelque docteur en droit\n650.\n655. Ou auocat sauant en son endroit,\nMais qui n'a pas telle grace et faconde\nQu'auoit Poiet, ou en sauoir n'abonde\nComme Liset, si est il en maintz lieux\nBien estimé. Mais quoi? hommes ni dieux,\n660. Ni ecritteaux ne dispensent un homme\nD'esprit moien que Poete on le nomme :\nNi plus ni moins qu'en un ioieux repas\nVn rude chant sans mesure et compas,\nEt quelque onguent que le sentir dedeigne :\n665. Et du pauot auec miel de Sardeigne\nAux assistans fait ennui amasser,\nCar le banquet s'en pouuoit bien passer.\nPareillement la notre Poesie\nPour delecter les keurs nee et choisie,",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=770",
     "seq": 770
    },
    {
     "page_imprimee": "281",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1275,
     "texte": "La Vogue.\n281\n670. Si du plus haut quelque petit descend,\nJusqu'au plus bas decliner on la sent.\nCelui qui est aux armes inhabile,\nEt n'est expert de iouer a la pile\nOu a la barre, il se demet et garde\n675. Craignant le ris du peuple qui regarde.\nL'indocte mesme ecrit uers: pourquoi non?\nMoi qui suis noble et d'armes et de nom,\nVeu mesmement que i'ai rentes et cens,\nEt d'aucun uice entaché ne me sens?\n680. Rien ne diras ni feras alencontre\nDu urai instinct que Nature te montre.\nTu l'entens bien, toi qui as bon esprit.\nSi toutesfois un iour ta plume ecrit\nQuelque Poeme, il le faudra souzmettre\n685. Au iugement d'un bon Poete ou maitre,\nEt le serrer neuf ans en attendant.\nAinsi pourras corriger ce pendant\nCe qui sera par-deuers toi celé.\nL'euure hors mis, iamais n'est rappellé.\n690.\nladis Orphee enuoié es bas lieux\nPour annoncer les mysteres des Dieux,\nSeut diuertir les hommes qui sans loix\nD'occisions uiuoient parmi les bois.\nPour-ce dit on que les Tigres terribles\n695. Il adoussit, et les Lions horribles :\nEt Amphion, lequel Thebes bastit,\nSi doussement une harpe batit,\nQue par son chant les pierres assembloit,\nLes conduisant la ou bon lui sembloit.\n700. C'etoit un fait iadis fort singulier\nDe separer le bien particulier\nDu bien publiq, et prophane tollir",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=771",
     "seq": 771
    },
    {
     "page_imprimee": "282",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1228,
     "texte": "282\nLa Vogue.\nDu consacré, uolupté abolir\nSans chois certain a tout abandonnee,\n705. Etant au lieu la coutume ordonnee\nDe mariage, edifier les uilles,\nEt sur le bois grauer les lois ciuiles.\nAinsi a int qu'en honneur et renom\nFut illustré des Poetes le nom.\n710. Apres eux uint Homere non pareil,\nTirtee aussi, qui fit son appareil\nPour emouuoir par heroiques carmes\nLes keurs hardiz aux martiaux alarmes.\nLors furent ditz les oracles en uers,\n715. Et de bien uiure enseignemens diuers,\nEt fut par uers l'amour des Rois aquise.\nPuis en auant Comedie fut mise,\nAuec repos de la longue besongne,\nAffin, au moins, que n'aies pas uergongne\n720. Le gentil son de la Muse odieux,\nEt d'Apollon le chant melodieux.\nOn ueut savoir si de nature ou d'art\nSe fait un carme excellent. De ma part\nIe ne uoi point que peine studieuse\n725. Puisse seruir sans ueine copieuse :\nNi mesmement que copieuse ueine\nPuisse seruir sans studieuse peine.\nTant fort est l'une a l'autre seruiable,\nL'entretenant par accord amiable.\n730.\nCelui qui ueut paruenir de uitesse\nAu but d'honneur, il a de petitesse\nTant eu de mal, et sus la terre dure\nA enduré le chaut et la froidure :\nS'est abstenu d'infame paillardise,\n735. S'est abstenu de uin et gourmandise.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=772",
     "seq": 772
    },
    {
     "page_imprimee": "283",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1297,
     "texte": "La Vogue.\n283\nLe menétrier tant exquis maintenant\nVn iour a craint le maitre en apprenant.\nAu temps present il suffit que lon die,\nle fai des uers de grande melodie,\n740. Viegne la teigne au dernier en carriere,\nDeshonneur m'est demeurer en arriere,\nEt confesser ne sauoir franchement\nCe que ie n'ai appris aucunement.\nComme un crieur les acheteurs alliche\n745. Aux biens a uendre, ainsi un Poete riche\nEn patrimoine et argent usuraire\nA ses presens uient les flateurs attraire,\nEt s'il peut bien donner au suppliant\nRepeue franche, et pleger le client\n750. Vil et abiect, et le mettre dehors\nD'un tas d'ennuiz qu'il a par proces, lors\nM'ebahirai s'il sait iuger parmi\nLe faux menteur quel est le urai ami.\nToi qui as fait ou ueux faire plaisir\n755. A homme aucun, garde de le choisir\nPour ecouter les uers que tu as faitz,\nCar lui sentant de tes graces le fais,\nC'est tresbien dit, uoila bon, ce dira,\nComme raui en oiant pallira,\n760. En degoutant pleurs de l'œil blandissant,\nEt de son pié la terre ferissant :\nEt comme ceux qu'on ua a gages querre\nPour larmoier le defunt qu'on enterre,\nDisent et font, et quasi se tormentent\n765. Plus fort que ceux qui uraiement lamentent,\nAinsi plus fort s'ébahit le moqueur,\nQue celui la qui loue de bon Keur.\nLes grans seigneurs, comme on dit, font liurer",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=773",
     "seq": 773
    },
    {
     "page_imprimee": "284",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1249,
     "texte": "284\nLa Vogue.\nVin a foison, iusques a eniurer\n770. Celui qu'en grace ilz ueulent recevoir,\nAffin que mieux puissent apperceuoir\nA son parler s'il est d'amitie digne.\nPareillement suivant ce mesme signe,\nNe sois deceu en recitant tes uers\n775. Des iugemens de fallace couuers.\nVare Quintil quant aucun lui liscit\nQuelques siens uers, corrigez, ce discit,\nCetui passage, et celui la : et puis\nPour tout effort, il le faisoit racler :\n780. Ce quit etoit mal limé et peu cler,\nIl le faisoit sur la forge remettre\nS'il aimoit mieux excuser le sien metre\nQue l'amender, plus mot n'eut repondu,\nEt estimoit que c'etoit temps perdu,\n785. Lui permettant que sans emulateur\nFut a soi-mesme et a ses uers flateur.\nL'homme de bien et sage blamera\nLes uers sans art, les durs reprouuera.\nA ceux qui sont mal poliz sur l'enclume,\n790. Il croisera un trait noir de la plume,\nEt de rongner il sera curieux\nLes ornemens par trop luxurieux.\nAux lieux obscurs fera clairté ouurir,\nEt un passage ambigu decouurir,\n795. Il marquera ce qui est moins commode\nPour le changer, en ensuiuant la mode\nQu'eut Aristarque, et ne dira, ie n'ose\nMescontenter en si menue chose\nVn mien ami: cette chose menue\n800. Conduira l'homme en grand deconuenue,\nQuant une fois aura eté deceu,",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=774",
     "seq": 774
    },
    {
     "page_imprimee": "285",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1273,
     "texte": "La Vogue.\n285\nEt au rebours de uerité receu.\nLes plus rassis n'eut garde de toucher\nVn fol Poete, ou de lui approcher,\n805. Non plus que d'un qui est atteint de peste,\nOu que la rage ou la lepre moleste :\nMais les enfans le suiuent et s'en moquent\nSans i penser, et sa fureur prouoquent.\nEn debauant son ouurage admirable,\n810. Etant deceu du iuge faourable,\nSi en un puis ouo fosse par malheur\nSe precipite, ainsi que i'oiseleur\nQui tend ses retz, combien que tousiours crie,\nSecourez moi mes amis, ie uous prie,\n815. Nul n'ait pourtant de lui misericorde :\nEt si quelquun lui deualle une corde\nPour le tirer, ie dirai : que sais tu\nSi tout a gré illec s'est abbatu\nVoulant perir? et la mort difficile\n820. Raconterai du Poete de Sicile,\nC'est qu'Empedocle aiant ce vouloir tel\nQu'on l'estimast quelque Dieu immortel,\nSaillit au feu d'Etne ardente tout froid :\nPoetes aint, au moins, de perir droit.\n825. Autant il uaut l'homme faire mourir\nQue maugré lui le uouloir secourir.\nPar plusieurs fois un tel tour il a fait,\nTant que s'il fut dehors mis, en effet\nNe seroit homme, et l'ardeur curieuse\n830. la n'oteroit de la mort glorieuse :\nEt n'appert point par quelle frenesie,\nSe ueut ainsi meller de Poesie,\nS'il a pollu le tombeau paternel,\nOu un autel sacré et solennel:",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=775",
     "seq": 775
    },
    {
     "page_imprimee": "286",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 483,
     "texte": "286\nLa Vogue.\n835. Mais quoi que soit, il est tout insensé :\nEt comme un Ours de courroux offensé,\nS'il peut briser les barreaux qui le tiennent,\nChasse tous ceux qui au dauant lui uienent,\nPareillement le Lecteur ennuiant\n840. Fait que chacun dauant lui ua fuiant,\nMais il retient celui qu'il peut atteindre\nIusques à l'ame en lisant lui eteindre.\nVne sangsue imprimee à la chair,\n844. Point ne la ueut, n'etant pleine, lascher.\nFin de l'Art Poetique d'Horace.\nMoins et meilleur.\n38",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=776",
     "seq": 776
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "aj-vogue-1886-09-06-6",
   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124140 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
   "texte_sans_correction": true,
   "page_debut": "287",
   "page_fin": "288",
   "pages_selon": "folios d'après les folios lus dans le titre courant (scripts/vogue_folios.py)",
   "controle": "début : titre retrouvé (début long) ; fin : fin de la page 288",
   "url_article": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=777",
   "pages": [
    {
     "page_imprimee": "287",
     "debut_caractere": 14,
     "fin_caractere_exclue": 1726,
     "texte": "BIBLIOGRAPHIE\ninventée par les matérialistes et\nles philosophes de ce siècle, pour\nlesquels le surnaturel n'existe pas.\n» Il attaquerait par la base ces\ndoctrines impies qui placent dans\nl'entière satisfaction des sens le\nbonheur suprême et la fin dernière.\n> Puis, revenant à son texte, il\ncompara cette vie dont il venait en\nquelques mots d'esquisser les traits\ncaractéristiques à la femme in-\nconnue, dont parle l'Écriture, qui,\nparée de diamants et de perles,\noffre dans une coupe d'or l'im-\npureté de sa prostitution... »\nsa\nHélène de Longepierre s'éprend\nde M. Fayolas; mais sa diplo-\nmatie, ses objurgations, ses rages,\npathétique impudeur sont\nvaines: l'abbé se roidit dans l'aus-\ntérité de son ministère, dans le\nrespect de ses vœux. Et si, un\nLA GRACE, par M. Oscar MÉTÉNIER.\nParis, 1886, E. Giraud, éditeur.\nM. Méténier se complaît à étu-\ndier le prêtre : il le note excellem-\nment, - existence intime et ges-\nticulations oratoires. Dans son\npremier volume, la Chair, des\necclésiastiques déjà rôdaient, pa-\npelards, un peu grotesques, ecclé-\nsiastiques de table d'hôte et de\nsacristie, le père Juvigny, l'abbé\nBernardet. Ceux du nouveau livre\nse meuvent en ardente vie pas-\nsionnelle. Le personnage central\nest un fruste, véhément et jeune\nprédicateur, Fayolas: des audi-\ntoires d'élégantes s'accumulent\nautour de lui, pâmés sous le dru des\ncoups dont il bâtonne leurs concu-\npiscences.\n« Il traiterait, durant ce Carême,\nde la compatibilité des pratiques\net des croyances religieuses avec\nles exigences de la vie moderne,\ntelle que l'ont faite les prétendues\nobligations sociales.\ninstant, sa vertu, devant l'ardeur\nde l'attaque, se déconcerte, l'or\n» La vie moderne! Cette vie, gueil le soutiendra :",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=777",
     "seq": 777
    },
    {
     "page_imprimee": "288",
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1118,
     "texte": "288\nLa Vogue.\n<< Soudain Hélène apparut, plus\ncalme que jamais. Elle s'assit après\nune courte prière et écouta.\n» Alors peu à peu le prêtre\ns'anima, sa voix cassée prit de\nl'ampleur, sa taille courbée se\nredressa. Il parlait de l'orgueil.\nIl est des orgueils légi-\ntimes, s'écria-t-il tout-à-coup,\net quand la Grace fait défaur, il\nest tel chrétien qui ne dois qu'à\nson orgueil de n'avoir pas suc-\ncombé à la tentation ! »\nLa nouvelle suivante, Décadence,\nest le récit verveux et aigument\npimenté d'une aventure de cou-\nlisses; la troisième, Nostalgie,\nétudie un cas pathologique, dans\ndes milieux parisiens et campa-\ngnards curieusement décrits.\nCes trois histoires, de thèmes si\ndivers, manifestent un écrivain\nnet, nerveux et cursif, prompt aux\névolutions du dialogue et à la ma-\nnœuvre scénique, habile à parti-\nculariser ses personnages. En oc-\ntobre, l'éditeur Kistemaeckers\npubliera le premier roman de\nM. Méténier, Bohême Bourgeoise;\ndu même auteur et chez l'éditeur\nGiraud, paraîtra, vers la même\népoque, un volume de crtique\nprophétique: Ceux de Demain.\nGIL DE BACHE.\nع\nL'Administrateur-Gérant:\nGUSTAVE ΚΑΗΝ.",
     "source": "OCR HathiTrust",
     "url_page": "https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858045124140&seq=778",
     "seq": 778
    }
   ]
  }
 ]
}