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     "texte": "-\nMICHEL PAUPER\nDrame en cinq actes, représenté pour la première fois, à\nParis, sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 17 juin 1870. -\nRepris au théâtre de l'Odéon le 15 décembre 1885. - Librairie\nInternationale, 1871. -. (Épuisé.)\nACTE PREMIER\nMichel Pauper a bu, pour se donner du courage :\nil veut causer au patron. En attendant, il fait sa pro-\nfession de foi, le baron Van Der Holwek l'écoute.\nMICHEL PAUPER\n<< Moil je suis un tas de choses, mécanicien, ingé-\n< nieur, chimiste, savant pour rire et inventeur à mes\n<< moments perdus... Michel Pauper! C'est comme si\n« je ne vous avais rien dit. Je ne suis connu que de deux\n<< hommes: un qui m'a élevé et l'autre qui m'exploite. »\nEt, dès l'arrivée du patron, l'ouvrier lui réclame des\ncomptes, le traite de voleur, puis, subitement, s'apaise\nà la vue d'une jeune fille, qui est la fille de la maison.\nUn coup de foudre au cœur de Michel, ivre d'amour",
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     "texte": "326\nLa Vogue.\n-\nbien vite et de boisson! Cette vélocité à s'en-\n-\nflammer pour une inconnue, à travers les brumes de\nl'ivresse, l'immédiate et vertigineuse demande en ma-\nriage, ne laissent pas que de dérouter les esprits ſes\nplus décidés.\nACTE II\nHélène, dans un entretien avec la mère, se révèle à\nnous d'un romanesque vieillot, et violent. Elle aime le\ncomte de Rivailles, qu'elle fait prévenir de l'absence de\nsa mère, et, dans l'expectative, s'éplore en un mono-\nlogue :\n« Viens, viens, mon gentilhomme, mon guerrier...\n<< Viens vite que j'admire un instant ta personne hau-\n<< taine.»\nIl arrive, le gentilhomme demandé, clubman, et\nsportman, et « monsieur qui fait des femmes », le\nbrave avec « vingt ans de salle ». La scène, brutale et\ntrès-poussée, réussirait à souhait, si l'acteur consen-\ntait à jouer le moins possible, au lieu d'accentuer l'au-\ndace en fanfaronnade et témérité.\nHÉLENE\n<< Dites-moi ce que vous faisiez, lorsque vous avez\n« reçu mon « message »?\nLE COMTE\n« J'étais en train de voir un cheval que j'achèterai\nprobablement. »",
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     "texte": "La Vogue.\n327\nHELENE\n<< Comment l'appellerez-vous ce cheval ? »\nLE COMTE\n« Mais il a déjà un nom: Cadet-Roussel. Voulez-\n<< vous que je le débaptise pour lui donner le vôtre. »\n<< Partons-nous? »\nEt la lutte s'engage, réelle et reçue, entre Hélène,\nirrésolue, et son Don Juan de garnison, dure jusqu'à\nl'arrivée de M. de la Roseraye - qui n'en voit rien.\nLe financier est sous le coup du désastre. Un faux par\nlui commis est découvert, et - faute de désintéresser,\nParrestation imminente. A qui s'adresser! Hélène\nreconduisait le comte...\n-\nM. DE LA ROSERAYE (le rappelant ).\n« J'ai besoin d'argent, Monsieur le comte. »\nCe début entre le séducteur et le père - équivoque -\nest de toute hardiesse et d'un puissant effet. Toute la\nfin de l'acte est, d'ailleurs, remarquable.\nLe financier, après un refus hautain de commandite,\navoue le faux.\nM. DE LA ROSERAYE\n<< Sauvez-moi, Sauvez-moi. »\nLE COMTE\n« Assez, monsieur... J'avais dans mon régiment un",
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     "texte": "328\nLa Vogue.\n<< jeune fourrier, joli comme un cœur et prodigue\n« comme un prétendant. Les vieux de la vieille se\n<< scandalisaient bien un peu de ses dépenses, mais on\n* était indulgent pour lui et on pensait que les femmes\n<< ne le laissaient manquer de rien. Un jour, au moment\n* où il était attendu chez le capitaine pour rendre ses\n<< comptes, on entendit une détonation dans sa chambre.\n« Ce gamin là s'était fait sauter la cervelle. »\nM. DE LA ROSERAYE (tirant un pistolet).\n« J'y avais pensé, monsieur, avant que vous m'en\n<< donniez le conseil... »\nIl congédie le comte, puis sa femme et se brûle la\ncervelle.\n« Crêve, gredin. >>>\nACTE III\nHélène a succombé. Elle se confesse au baron, ami\nde sa famille.\nCeci se passe aux environs de Paris, dans l'usine de\nMichel Pauper, très-arrivé déjà.\nA noter une scène très amplement traitée entre le\ncomte et le baron, un peu parents.\nLE COMTE\n<< Et quelle est cette réparation que l'on me de-\n<< mande! Le mariage? Je comprends à merveille le\n* plaisir qu'elle aurait à porter mon nom; mais, vous,",
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     "texte": "La Vogue.\n329\n<< Monsieur le baron, vous auriez dû vous arrêter tout\n« court devant la fâcheuse renommée du sien. »\nLE BARON\n« Taisez-vous, Monsieur, taisez-vous. Dans cette\n« maison déshonorée par l'improbité du père et l'in-\n« conduite de l'enfant, dans cette maison ouverte\n« au mépris et à la raillerie publique, s'il n'y a qu'un\n« homme qui doive cacher son visage, marcher sur la\n« pointe du pied et parler bas, c'est vous. »\nLE COMTE\n<< Paris, Monsieur le baron, est plein de jolies en-\n<< fants comme elle, et leur signalement m'est bien\n<< connu : famille équivoque, éducation excellente,\n<< toutes les envies de la terre, avec un brin de mora-\n« lité: elles tombent comme des martyres, et se re-\n<< lèvent femmes entretenues.....\nHÉLÈNE (qui a tout entendu.... parbleu).\n« Lâche, lâche... »\nLa scène est coupée par une ovation de peuple et de\nconseillers municipaux à Michel Pauper, très George\nSand, décrassé, affiné de langage, moins rude de ma-\nnières, qui a dépouillé le jeune homme, quoi! et phi-\nlantrophe! et bienfaiteur du pays.\nPuis, le baron, pour faire pièce au comte, sans\ndoute, demande inopinément la main d'Hélène.",
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     "texte": "330\nLa Vogue.\nPeut-être est-ce le comble de la distraction ! le baron\nVan Der Holweck nous est présenté, en effet, comme\nun parfait rêveur.\nACTE IV\nMariés et « Enfin seuls; » mariés!\nHélène et Michel Pauper! Et romanesque et ridi-\ncule et peu sympathique, Hélène fait l'aveu de sa faute\nà son mari, après lui avoir commandé de souffler les\nbougies; il s'arme d'un couteau pour la tuer, mais\ns'enfuit, avec des sanglots.\nElle va rejoindre le comte et - avant la coupure -\nl'auteur nous la montrait passant, au bras de son amant,\ndevant son mari, ivre-mort dans la rue, accoté au mur,\nsous un bec de gaz.\nACTE V\nMichel Pauper meurt alcoolique.\nIl a fait du diamant avec du charbon : mais il em-\nporte le secret de sa cristallisation du carbone..\n...\nTel est le schéma. Nous avons noté quelques-unes\ndes scènes superbes qui ont suscité l'enthousiasme, et\nmarqué en même temps les points qui prétaient à la\ncritique.\nNotre admiration sans restriction étant acquise à l'au-\nteur des « Corbeaux » et de la « Parisienne » nous émet-\ntons des réserves en ce qui touche « Michel Pauper ».",
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     "texte": "La Vogue.\n331\nUne pièce très contestable. L'écriture atteint souvent\nau romantisme aigu. Pour magistralement traitées\nqu'elles soient, il y a trop de « scènes, » de coups de\nthéâtre. Cela ne dénonçait guère la merveilleuse simpli-\ncité à laquelle atteindrait Henri Becque, la langue\nsobre, large, châtiée dont il use, et qu'il serait le réfor-\nmateur, en somme, de ces dernières années, car, s'il\ny a, par places, du réalisme de bon aloi dans « Michel\nPauper, » cela est vite gâté par un retour aux fonds\nconventionnels.\nMichel Pauper! ce titre ne décelait-il pas quelque\nsymbole. Hélas! Ces ouvriers-là n'ont jamais vécu que\ndans Béranger et encore ! La pièce ne va pas se mou-\nvoir dans la vie, et ce ne sera pas une pièce, mais des\nscènes. Et une suite de scènes ne suffit pas plus à faire\nune pièce qu'une suite d'articles ou une collection de\nnouvelles, à faire « un livre ».\nLe point culminant du drame est le mariage de\nMichel et d'Hélène, aussi inattendu que la demande, du\npremier acte, depuis lequel Michel Pauper n'a plus\ndonné signe de vie. Mais ses efforts, par amour, pour\ndevenir un Monsieur, le consentement d'Hélène, nous\nn'en sommes pas témoins ! Elle trouvait, au début, que\nPauper était un mari très honorable... pour la cuisi-\nnière... et s'est jeté à la tête du comte: ce pourquoi\nelle n'excite guère la pitié, soit dit, entre parenthèses.\nL'amour de Michel Pauper, la lutte, que soutient\nHélène, pour elle-même, puis - après la faute\ncontre elle-même, avant de consentir, voilà ce qui\nnous intéressait, et dont on ne nous dit pas un mot; et\nil y a ainsi, du premier au quatrième acte, une solution\nde continuité, un vide, un abîme par où s'effondre la\npièce.\n-",
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     "texte": "332\nLa Vogue.\nLe drame n'est pas entre Hélène et Michel, que\nnous ne trouvons jamais ensemble et qui ne parlent\njamais l'un de l'autre, Hélène toute au comte, et\nMichel Pauper, semble-t-il, tout à sa cristallisation du\ncarbone; ni entre les autres personnages, épisodiques.\nLa nort de M. de la Roseraye, cependant tient deux\nactes, puis l'action repart sur les amours du comte;\nmais il n'y a pas de fil si imperceptible qu'il soit pour\nrelier le début à la fin, Hélène à Michel. A chaque\ninstant, si l'on veut me passer une comparaison bur-\nlesque, l'action « se dérobe. »\nRien d'étonnant, dès lors, à ce que les caractères\nd'Hélène et de Michel, manquent de l'unité qui fait\ndéfaut à l'œuvre de Becque, et soient d'une psycho-\nlogie rudimentaire, par saccades et soubresauts. Et\ndire que le génie d'Henri Becque est tout de nuances!\nLa scène du quatrième acte, l'aveu de la faute, est\ngraduée de la mème façon que la scène des Corbeaux,\nentre Marie et Blanche. C'est le même désarroi de\nfamille, après la mort des deux hommes dans les deux\npièces, M. Vigneron et M. de la Roseraye; mais quelle\nmontagne de nuances entre !\nQu'est-ce qu'Hélène, vraie «ingénue tintamarresque»\ncelle-là, qui, suite d'une mauvaise éducation, sans\ndoute, trouve des façons royales au comte - comme\nd'autres prennent des cabotins ou des garçons coif-\nfeurs pour de purs gentlemen, - se fait déshonorer\npar lui, épouse Michel, et, de remords inexpliqué, dit\nsa faute à la dernière seconde?...\nQu'est-ce que Michel Pauper, ce Pas-de-Chance, à\nqui ne réussissent ni le vin, ni le travail, ni l'amour et\ndont l'élévation et la chute sont si << fatales ».\nMais, d'autre part, comme les personnages des",
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     "texte": "La Vogue.\n333\n« scènes » sont clairement définis : le comte, dont\nnous avons tracé le portrait ; le baron, si plein de\nde droiture, M. de la Roseraye, le manieur d'affaires,\nhardi et résolu toujours prêt à se tirer de la vie, quand\nil ne peut se tirer du désastre.\nEt la mère, précipitée à travers les événements\ndont elle subit le cours ineluctable, comme elle vit,\ncomme elle survit, tuée de toutes les souffrances des\nsiens, avec son cœur d'or ouvert à tous les pardons,\nmalgré l'irréligion d'un pessimisme habituel à l'auteur!\nEn résumé, malgré de belles scènes, une pièce faible,\noù l'intérêt se disperse sur les personnages secondaires,\nune pièce qui fait désirer la reprise des « Corbeaux ».\nInterprétation - M. Paul Mounet jouit d'un succès\nmérité. M. Dumény grossit les traits du comte outre\nmesure. M. Lambert, père, toujours correct, a bien\ncompris le rôle de M. de la Roseraye. On n'entend plus\nMme Favart. L'heure est venue pour elle de quitter\nla scène. Pour Mme Weber Segond, elle a aggravé\nle rôle d'Hélène, de son geste cassant, de son profil\ncoupant, de son débit tranchant.....\nJEAN AJALBERT.",
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     "texte": "FUMÉES D'HIVER\nTous quatre, nous avons fumé bien gravement,\nCe beau soir, et vous deux, vous étiez nos deux Belles,\nVous toutes deux qui nous serviez l'enchantement\nAvec vos belles mains de Belles si rebelles.\nEn robe rouge! et vos pâles yeux étaient nus,\nVos yeux nus, dont les paupières furent brûlées\nPar les soleils où vous vous êtes en allées,\nVos pâles yeux de rêve enfuis, mais revenus\nTandis que nous fumions si gravement, Tous quatre,\nEt que vous nous serviez le même enchantement,\nDouces et sérieuses en ce vêtement,\nDont les plis rehaussaient vos formes de théâtre,",
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     "texte": "La Vogue.\n335\nEn ce beau soir où le vent noir sifflait l'espoir,\nEt que vous toutes deux, les coudes sur les hanches,\nVous écoutiez mourir, pensives, nos voix blanches,\nVous toutes deux avec vos lèvres de miroir,\nEn robe rouge, en long et fuselé corsage,\nD'où vos belles mains nous servaient l'enchantement,\nCar, ce beau soir, prosternés à votre visage,\nTous quatre, nous avons fumé si gravement.\nMAURICE DE FARAMOND.\nSe",
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     "texte": "SECOND LIVRE\nDE L'ART POETIQVE\nDE IAQVES PELETIER\nA ZACARIE GAVDART\nPARISIEN\nA\nDe la Rime Poëtique,\nPRES auoèr tretè les precepcions uniuerseles de\nla Poësie, me samble étre tans d'antremeler les\nparticularitez de la Francoese: Dequeles la premiere,\nét la Rime: qui ét einsi que nous auons usurpè,\n(combien que ce soèt contre la sinificacion du mot\noriginal) une termineson e cadance samblable, de deus\nvers ou plusieurs. De l'antiquite de la Rime, je n'an\noseroé dire nouuele opinion: sinon que je prandrè\nplesir a croere, qu'ele ét de bien lointeine origine,\nauec ceus qui le veulet einsi. Mes nous sauons qu'ele\nn'à point etè usitee vers les Grez ni Latins, quant\nan Poësie; einçoes i à tousjours etè desestimee :",
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     "texte": "La Vogue.\n337\nComme méme aucuns an ce vers de Virgile, Troiaq;\nnunc stares, Priamiqarx alta maneres, liset maneret,\ne non pas maneres, pour euiter la samblable desinance,\nVrei ét qu'androet les Orateurs, ele ét contee antre les\nFigures. E méme Ciceron la loue pour tele, an son\nLiure (si ma memoere ne me trompe) de l'Orateur: la\nou il alegue un passage de son Oreson pour Milon,\nqui ét de samblables desinances. Or de quelque lieu\nqu'ele nous soèt venue, receuons la, non seulemant\npar coutume: mes ancores pour une formele beaute\nde Poësie. Car si les Poëtes sont diz chanter, pour\nreson que le parler qui ét compassè d'une certeine\nmesure, samble étre un Chant: d'autant qu'il ét\nmieus composé au grè de l'oreilhe que le parler solu :\nLa Rime sera ancores une plus expresse merque de\nChant: e par conséquant, de Poësie. E la prandrons\npour assez díne de suplir les mesures des vers Gréz\ne Latins, fez de certein nombre de piez que nous\nn'auons point an notre Langue. Car comme il soèt\nnecessere qu'an toutes Langues il i èt cetaines e mani-\nfestes distinccions antre la Poësie et l'Oratoere: la\nRime ét l'une des plus euidantes que nous eyons; d'au-\ntant qu'au Vers Françoes ele aporte un contantemant\ne plesir; e qu'an prose ele seroèt desagreable, au\nmoins pour ordinere. E pour cela, j'è tousjours etè\nd'auis que la Rime des Vers doèt étre exquise e,\ncomme nous disons, riche, Car si on m'alegue la suge-\ncion que c'ét que d'i étre si consciancieus: on ne sau-\nroèt par cela gagner autre chose, sinon qu'on veut\nchercher un subterfuge de labeur. Si on me dit que\nles Rimes riches sont trop rares, e qu'eles ampeschet\nl'execucion d'un bon propos ou d'une bele maniere de\nparler: je pourroé répondre que les beles locucions",
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     "texte": "338\nLa Vogue.\naussi sont rares, e que si pour contreinte de la Rime il\nne vient a propos de les pouuoèr metre a une fin de\nVers: il les faut metre au milieu, les changer, les\nruminer, auiser si nous pouuons user de transposicion\nde moz, ou si nous auons le moyen d'an user autremant\nou autremant, Sauons nous pas bien si deus, troes,\nquatre, que dirè je? si douze bons Poëtes Françoes\nantrepronoét de traduire quelque lieu de Virgile: il n'i\nauroèt pas un de tous, qui rancontrát an mémes moz ni\nan mémes Rimes que son compagnon? qui ét sine\nqu'une méme chose se peùt ecrire autant elegammant\nque diuersemant, pouruu qu'on i panse. Dauantage s'il\nn'etoèt question que de parler ornémant: il ne faudroèt\nsinon ecrire an prose: Ou s'il n'etoèt question que de\nrimer: il ne faudroèt sinon rimer en Farceur. Mes an\nPoësie il faut fere tous les deus, e bien dire, e bien\nrimer. Car si la rime sèrt au plesir de l'oreille : certes\nplus ele sera exacte, e plus de contantemant ele donnera.\nIl n'i à celui de tous noz Poëtes, qui ne soèt si bien\nese pour les deus ou pour les quatre premiers Vers\nd'une siene composicion, de fere une Rime la plus riche\nqu'il peùt : Puis quand par tret de plume il vient a\nrimer plus neglig'ammant: que sauroèt il fere panser,\nsinon qu'il se lasse? Mes pour repondre a l'objeccion\nque la Rime ampesche la colocacion d'une belle frase,\nou de quelque bonne santance: j'è opinion toute con-\ntrere, qu'ele ét, comme j'auoé touchè sus les Vices,\ncause qu'an pansant, il se presante a nous quelque bon\ndessein e quelque bonne ordonnance de propos. E si è\ntousjours ete d'auis, que tant plus on panse a bien fere,\ne tant plus on fèt bien; tant la longue meditacion peùt\ntout. E certes, il faut que je die cela de moe, que j'è\netè celui qui plus è voulu rimer curieusemant: e suis",
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     "texte": "La Vogue,\n339\ncontant de dire, supersticieusemant. Mes si etce, que\njames propriete de rime ne me fit abandonner propriete\nni de moz ni de santances: l'antan toutes choses\npareilhes. Car si j'è etè impropre ou an disposicion ou\nan elocucion : la curiosite de bien rimer ne le m'à point\ncausè, qui n'usse pas mieus fèt, quand j'usse etè moins\nafeccionnè a l'exquisicion de Rime. E quant a la san-\ntance, il se pourra connoétre qu'ele ne m'i à point fèt\nfalhir: par les Traduccions que j'è autrefoes fetes des\nbons Auteurs. Vrei ét, que je ne reprandrè pas, einçoes\nne prifère pas moins, un homme: pour ne rechercher\nune Rime si songueuse comme sont, misericordieuse-\nmant e melodieusemant, qui ét une Rime mienne : ni\nméme ne trouuère james mauues de rimer, auantage sus\ndommage. E si on ne trouue an mes Euures: qu'on\npanse, qu'il ne m'ét pas venù a propos: ou qu'on\nl'atribue au grand labeur (qui me peù nommer le\nmiserable Artisan du Democrite Horacien) que j'è de\ncoutume de prandre an mes Ecriz: voere si grand,\nque tele foes je suis contreint de metre quelques negli-\ng'ances deliberees, pour cacher ma misere. Voela ce\nqu'il me samble de la Rime : si je di ancore, que de\nmon opinion, les Rimes ne doeuet étre trop distamment\nseparees. l'antan qu'antre deus Vers d'une couleur, n'i\ndoeuet étre, pour le plus, que deus autres Vers. E\nn'imiter les Italiens, qui au dernier de leurs sonnez,\ndiferet la reponse de la Rime jusques a un cinquième\nvers. Car c'ét fere trop languir l'oreilhe des ecoutans.",
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     "texte": "340\nLa Vogue.\nC\nDes Vers Françoes.\nE nous ét grand auantage, que notre Langue à\npris des Vers de toutes mesures, depuis deux\nsilabes jusques à douze: Qui ét une commodite de se\npouuoèr ebatre an tous g'anres de Poémes. Excete\npourtant, que nous n'an auons pas de neuf silabes. Les\nvers de deus, sont fort rares, e de bien petit usage :\nVoere ceus de troes e de quatre. Ceus de cinq, ont\ncommancemant de grace, pour fere choses courantes.\nComme Marot à fèt, Grison fù Hedart. Ceus de sis,\nse metet commodemant es Odes, principalemant, quand\nce sont choses guees. l'è decrit mon Rossignol. De\nset et d'huit, sont fort frequans: e capables de l'ode\nserieuse. Restet les Decassilabes e Dodecasilabes : c'ét\na dire de dis e de douze. Déquez le premier, jusques\nici, a etè acommodè aus fez Heroïques. Le Dodecassi-\nlabe, autremant Vers Alexandrin, etoèt fort rare, jusques\nà cet age: lequel nous auons oui auoèr etè einsi dit,\npar ce qu'an ce vers furet premieremant ecriz les gestes\nd'Alexandre, par un de noz anciens Poëtes Françoes.\nIl à puis naguères etè recù pour Heroïque: qui ét son\nvrei e propre usage. Carle Decassilabe etoèt trop court:\nE n'i auoèt lieu de comprandre que bien peu an deus\nVers: etans les Rimes trop pres l'une de l'autre.\nMeintenant, antre deus Rimes, i aura commodite de\nparler plus santancieusemant. E ancores n'aurons nous\npas cete capacite du Vers Hexametre des Gréz e Latins :\nlaquele peùt aler jusques a disset silabes sans collision",
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     "texte": "La Vogue.\n341\naucune: e auec collisions, jusques à plus de vint. Ces\ndeus derniers g'anres de Vers Françoes (pour n'ometre\nles choses menues) sont ceus qui ont Cesure: Car tous\nles autres n'an ont point. La Cesure du Decassilabe ét\nan la quatriéme silabe: Comme, Qui au conseilh des\nmalins n'à etè: La Cesure ét sus la derniere de conseilh.\nCele du Dodecassilabe ét an la siziéme: Comme an ce\nXers de Ronsard, Quant ce braue Ampereur, qui se\ndonne an song'ant: La Cesure ét sus la derniere d'Am-\npereur; E an chacun la Cesure fèt toujours la fin d'un\nmot. Que si la Cesure ét feminime ou surcroessante: le\nmot suiuant commancera par voyele. Comn.e, Au moins\nma Dame, etant de moe seruie. Autant s'antand de la\nCesure du Dodecassilabe : Comme, Annemi tout\ncontrere a leurs intancions. An ce g'anre du Dodecas-\nsilabe auons decrit notre Soleilh e notre Mars. le ne\nveù oublier, que noz Cesures se raportet aus cesures\nLatines. Car au vers Hexametre, communemant la pre-\nmiere silabe du troesiéme Pie, finit par un mot. Comme,\nArma virúmque cano: Combien qu'il ne soèt pas d'ob-\nseruacion si unique comme an noz Vers Françoes :\neinsi qu'on voèt cetui, Quidue dolens regina deûm : la\nou la Cesure ét an la premiere silabe du troesiéme Pie,\nTeles Cesures quelques foes ne s'obseruet point du tout\nan Latin. Mes si c'ét an Virgile (car Horace fèt souuant\nmarcher son Vers einsi qu'il se trouue) cela et pour cause\nexpresse. Comme, Fertur equis auriga, neque audit\ncurrus habenas: la ou il ne donne arrét a son Vers,\nnon plus qu'au cours du Chariot, qu'il represante par\nDactiles e Spondees alternatiz. C'ét le dernier Vers du\npremier des Georgiques. Presque pareilh ét celui ci, In\nnumerum, versantque tenaci forcipe ferrum, pour repre-\nsanter le bat des Forgerons, an l'huitième. le ne veù",
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     "texte": "342\nLa Vogue.\naussi oublier, que non seulemant la Cesure Françoese\nét a la fin du mọt: mes ancore, qu'ele ne se doèt metre\nsus un mot monossilabe, qui soèt inseparable du mot\nsuiuant: comme sus ces moz si, tu, mes, il: e s'il i an à\nde téz, comme seroèt ce vers, le croè que si tu vouloès\ntraualher; chose qui ne se fèt pas sans liçance; ou sinon\nqu'il falút fere courir un Vers, an tel cas que les deus\nsúdiz de Virgile. le n'ignore pas que quelques uns de\nnotre tans n'eet voulù introduire la façon des Vers sans\nRime: chose que je ne recoè grandemant, ni ne regete\naussi. Mes je dì bien, que sufisant tant seulemant la\nCesure e le nombre de silabes pour fere un vers : il y\naura peu de diferance antre les vers e la prose. E de\nfet, qui voudra prandre garde an lisant l'oreson solue :\nil trouuera tousjours de ligne an ligne quelque façon de\nCarme. Ie ne voudroé pas reprouuer les vers metrifiez\na la mode de ceus des Gréz e des Latins : léquez je voè\nauoèr etè esseyèz par aucuns des notres. Mes il n'i à pas\npetite dificulte. E faudroèt bien sauoèr obseruer la\nlongueur e brieuete naturele de noz silabes. Il faudroèt\nbien acoutrer la façon vulguere d'ortografier, c oter ces\nconcurrances de consones, e ces lettres doubles que lon\nmèt es silabes brieues. Mes nou's voerrons si notre tans\nét assez eureus pour ne lesser rien a esseyer.",
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     "texte": "La Vogue.\n343\nL\nDES GANRES D'ECRIRE\nDe l'Épigramme.\n'EPIGRAMME et un g'anre d'ecrit, connù e pratiquè\nde tout tans, e presque an toutes Langues: par ce\nqu'il ét brief, familier: e capable de tant de facecies\nque de choses serieuses. Il n'ét pas requis toutefoes\nqu'il compregne beaucoup : Autremant, il seroèt\nobscur: a reson de la brieuete. Il doèt étre sutil, agu,\ne bien concluant. E combien que quelquefoes il ne\ncontiene qu'un bon point: si étce qu'il i faut une cer-\nteine deduccion de matiere, qui soèt gracieuse : e de\ntele sorte, qu'ele face joyeusemant e agreablemant\natandre la conclusion. Il i an à grand nombre an Marcial,\nprofesseur du g'anre. Mes ce sont de bons e de mauues:\neinsi que lui méme confesse an l'un d'iceus, ou il dit\nqu'autremant ne se fèt un Liure. An quoe ne le faut\npas croere. Non qu'il soèt possible de dire tousjours\nquelque chose de singulier. Mes pour le moins, il ne\nfaut point falhir a son esciant, comme il samble qu'il\nface. Nous an auons an Françoes de diuers nons: qui\nsont depuis les Quatreins jusques aus Douzeins. E suis\nd'avis que bonnemant ne les pouuons fere moindres que\nde quatre vers (car celui de deus aura nom de Distique\npar une specialite). E ancores le Quatrein e Sizein qui\nsont le Tetrastique e Hexastique, sont quasi estimèz\ncomme si ce n'etoét que Couplez: tant pour le petit",
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     "texte": "344\nLa Vogue.\nnombre, que pour la courtece des vers. Car le Decás-\nsilabe ét le plus grand de ceus qui antret an l'Epigramme:\nExcete, que si nous voulons d'ici an auant an fere par\nDistiques: nous pourrons acompagner le Dodecas-\nsilabe: c'ét a dire l'Alexandrin, avec le Decassilabe.\nCar de metre tous vers Alexandrins an un Epigramme,\nme samble chose impertinante : s'il ne suruenoèt\nquelque matiere Heroique qui fut fort brieue. Mes il ne\ns'an presante quasi point de tele. le ne dirè ici la façon\nd'un Epigramme, tant par ce qu'ele git an la discrecion\ndu Feseur: que pour étre tous les Liures pleins\nd'Huiteins e Dizeins: équez on pourra aler chercher les\nExampleres.",
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     "texte": "La Vogue.\n345\nN\nDu Sonnet.\nous ne trouvons point, aumoins que je sache, de\nplus ancienne memoere du Sonnet, ni n'auons\npoint plus lointeine origine a lui donner, que les Italiens :\nAuquez il à etè fort frequant de tout tans: E déquez\nle plus excelant, à etè Françoes Petrarque: qui an à\ncomposè un bon nombre a l'honnenr de sa Dame Laure.\nNous l'auons tous admirè, e imité: non sans cause : vù\nla grand'dousseur du. stile, la grand'variete sus un seul\nsuget: e la viue expression des passions amoureuses\nqu'on voèt an son Euure. Combien qu'il à des redites :\ne que quelquefoes il conclue un peu froedemant.\nMes il n'etoèt pas nè du bon tans. Non que depuis,\naucun l'èt egalè de sa nacion: Mes s'il ut etè de ce\ntans ci: il se fút pù surmonter lui méme tel que nous\nl'auons. On tient toutefoes que Bembe an à fèt d'aussi\nsublimes que les siens: Mes je confesse ne les auoèr\nvùz. Quant aus Sonnez qui sortet de notre France: j'an\nlesse le jugemant au Tans futur: pour ne sambler vou-\nloèr flater le presant. Le Sonnet donq ét plus hautein\nque l'Epigramme: e à plus de majeste: e ét capable\nde discours graue, mes qui soèt brief: Car sa mesure\nét limitee de quatorze vers: excete que quelques Ita-\nliens lui ajoutet un demi vers auec deus antiers a la fin :\nqu'iz apelet la Clef. Mes c'ét chose de peu de conte.\nAussi les notres ne se sont soucièz d'an user : vu méme\nque Petrarque n'an à point fèt d'autres que de quatorze.\nIl à de commun auec l'Epigramme, qu'il doèt se fere",
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     "texte": "340\nLa Vogue.\naparoèr ilustre an sa conclusion. Mes il à de plus, qu'il\ndoèt étre elabourè, doèt santir sa longue reconnoes-\nsance, doèt resonner an tous ses vers serieusemant : e\nquasi tout filosofique an conceptions. Brief, il doèt étre\nfèt comme de deus ou de troes conclusions. Car celui\nla amportera le pris, qui au milieu de son ecrit, contan-\ntera le Lecteur de tele sorte, qu'il samble que ce soét\nun acheuemant: puis rechargera, couronnera son\nouurage d'une fin eureuse, e dine des beautez du milieu.\nC'ét un ecrit de grande dificulte, pour la sugecion de\nla Rime: d'autant que les huit premiers vers ne sont\nque de deus couleurs: quatre d'une, e quatre d'autre.\nVrei ét que les sis derniers libremant peuuet étre de\ntroes. On le fèt meintenant de vers masculins e femi-\nnins: chose de curiosite, non de necessite: toutefoes\nlouable, a la nouueaute. E si je sauvé qué ceus qui le\nfont tel, fusset ambicieus de louange, pour le fere tel:\nil ne me couteroèt rien a leur aplaudir. Iz sont bien\nplus a louer de le fere bon: c'ét a dire, de bonne\ninuancion. Car ce n'ét pas la loe du Sonnet qui les\napele a tele obseruacion. E a la verite, il ét d'assez\ngrande seruitude sans cela. Ce que j'an dì, n'ét point\npar ce que je veulhe euiter la peine (an laquele je ne\nme lesse jamais veincre). Car il i an à assez bon nombre\nde téz parmi les miens: qui sont ceus que j'é fèz les\nderniers: léquez certes ne m'ont point plus coutè a\nfere pour les mipartir einsi: ou pour les fere tous de\nvers masculins ou tous de féminins (car j'an è fèt\nquelques uns). Mes il n'i à que la Rime qui me soèt\ncouteuse. Or j'an conclurè mon auis, que celui qui\nsera einsi composè, sera plus beau e plus exquis: Mes\ncelui qui ne sera tel, pour cela ne perdra pas son nom\nni sa dinite de Sonnet.",
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     "texte": "La Vogue.\n347\nI\nDe l'Ode.\nLn'i à chose petite ni grande, qui ne donne a con-\ntampler les diuers moyens e intancions de la Nature:\nsoèt an la police de la mondanite, ou an la promocion\ndes Ars (car ici souz ele nous comprenons tout) ou soèt\nancore es aferes indiferans. Laquele ét par tout si proui-\ndante: qu'il n'ét an la puissance des hommes de con-\nnoétre a quoe ele tand, jusques a ce que l'efet an soèt\nvenù. Il ne fút james tombè an l'antandemant des\nanciens, a quele beaute deuoèt ressortir cete rudece\nd'ecriture qu'iz auoét: laquele fut premieremant an\ntuiles: puis an l'ecorce d'un arbrisseau : qu'iz apeloét,\nl'ecorce, Liure: e l'arbrisseau, Papier: quelquefoes iz\necriuoét an cire, e quelquefoes an plon. Toutes léqueles\nmodes, combien qu'eles fusset inelegantes: si ét ce\nqu'ele an antretenoèt les siecles: leur donnant plus\ngrande necessite que commodite: afin que ceus des\ntans suivans usset tousjours de quoe lui sauoèr gré de\nses meilheurs presans: qui fut quand ele ſit venir\nl'inuancion du parchemin: e apres ancores ce que nous\napelons aujourdhui tranlatiuemant papier : qui tous\ndeus ont donnè un grand alegemant aus hommes, pour\nle fet de l'ecriture, au pris des improprietez des siecles\npassez. E an fin nous auons aperçu de notre tans, que\nce qu'ele apretoèt par si grand'longueur : c'etoèt cet\nArt admirable d'imprimer les Liures, tel e si grand :\nqu'il samble, qu'ele ne se soèt reseruè moyen plus beau\nni plus singulier : e que ce soèt son dernier chefd'euure",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "348\nLa Vogue.\nan cas d'Ecriture. D'une autre part, combien de siecles\nse sont reuolùz ce pandant que pour fere la guerre, on\nusoèt de tant de sortes de machines? léqueles nous\nauons nagueres connù auoèr etè preparatiues a l'inuan-\ncion de l'epouuantable Artilherie, derniere epreuue, ce\nsamble, des Tourmans beliques: Combien toutefoes\nqu'aus grans nouueautez e excelances de Nature, qui\nvont einsi an augmantant: nous ne pouuons croere,\nsinon qu'ele se reserue tousjours quelque chose de plus\ngrand. Ie parle a propos de la rudece des Langues :\nléqueles nous voyons se polir e ilustrer de tans an tans.\nE tant plus cete ouuriere ét longue a parturir: plus ele\nanfante ses choses beles, utiles e admirables. Combien\nde tans à etè notre Langue languissante an barbarie,\npörete e contannemant? jusques anuiron notre age\nqu'ele à commancè a s'eueilher, e a s'eleuer tout de\nvue. E pour abreger de venir a notre point: combien\nlonguemant à ele sofistiquè an Balades, Rondeaus, Lez,\nVirelez, Triolez, e s'il i an à de téz: pour étre amparce\nde l'Ode e du Sonnet? deus g'anres d'ouurage elegans,\nagreables, e susceptibles de tous beaus argumans.\nDéquez nous nous eidons, tandis que nous esperons que\nles Farces qu'on nous à si long tans jouees, se conuer-\ntiront au g'anre de la Comedie : les leus des Martires,\nan la forme de Tragedie: les Rommans de tant de\nsortes, an la composicion de l'Euure Heroïque. Ce nom\nd'Ode à etè introduit de notre tans, par Pierre de Ron-\nsard: auquel ne falhirè de temoignage, que lui etant\nancor an grand'jeunece, m'an montra quelques unes\nde sa façon, an notre vile du Mans: e me dit delors,\nqu'il se proposoèt ce g'anre d'ecrire, a l'imitacion\nd'Horace: comme depuis il à montrè a tous les Fran-\nçoes: e ancor plus par sus sa premiere intancion, a",
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     "texte": "La Vogue.\n349\nl'imitacion du premier des Liriques, Pindare. Combien\ntoutefoes, que de ce tans la, il ne les fit pas mesurees a\nla Lire: comme il à bien sù fere depuis Ni moe non\nplus que lui, ne me vouloé obliger a cete loe de mascu-\nlins e feminins. Ce que j'è amandè an mes nouueaus\nEcriz: équez j'è racoutrè les quatre sesons de l'Annee,\nqui etoèt sans mesure aus premiers Euures. Pource,\ncete nouueaute se trouua rude au premier: e quasi n'i\nauoèt que le nom inuantè. Mes quant a la chose, si nous\nregardons les Seaumes de Clemant Marot: ce sont vrees\nOdes, sinon qu'il leur deſalhoèt le nom, comme aus\nautres la chose. La matiere de l'Ode, sont les louanges\ndes Dieus, Demidieus e des Princes: Les amours, les\nbanquez, les jeuz festiz, e samblables passetans. Qui\nmontret qu'ele ét capable de diuers argumans e de\ndiuers stile. Car an parlant des Dieus e des Heroïns,\nele se hausse: mes non pas jusques au stile Heroïque.\nCar il i à diferance de dire les louanges des grans, e de\nchanter leurs gestes. Les Couplez equez ele ét diuisee,\nmontret ancor qu'ele doèt diferer d'un Discours con-\ntinu: Non pas qu'iz ne doeuet (j'antan les Couplez)\nétre bien lièz e raportèz les uns aus autres. Mes pour\nle plus souuant, la santance doèt étre acomplie an\nchacun. E pour cela, ele veût étre elabouree: de tele\nsorte, qu'on ne connoesse point qu'il i èt quelques vers\nqui treinét: c'ét a dire, qui soèt oeseus, e de nul seruice,\npour arriuer a l'acheuemant du propos. Les Couplez,\nde mon jugemant, n'excederont point dis vers : qui sera\nquand l'Ode deura prandre longue trete. Toutefoes,\nqui les voudra fere plus lons, je ne me ferè partie contre\nlui: bien sachant quele fascherie c'ét que d'antreprandre\na donner loe a ce qui ét antre les meins de l'usance: e\nqui ét quasi tel qu'il doèt demeurer. Mes je parle a ceus",
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     "texte": "350\nLa Vogue.\nde l'auenir: pour les anhorter de prandre example aus\nbienfetes. Il ét tout certein que les Couplez se doeuet\nperpetuelemant obseruer parèz, an cadances de vers\nmasculines e feminines (car je ne changerè point l'ape-\nlation vulguere): C'ét a dire, que la modulacion des\nCouplez doèt étre samblable: pour étre mesuree a la\nLire. E dirè ancores, que s'iz reçoeuet des vers de\ndiuerse mesure (comme iz font souuant) les plus grans\nvers doeuet tousjours aler deuant les moindres. Car il\nn'ét pas deçant que le plus long sousserue au plus court.\nL'Ode ét le g'anre d'ecrire le plus spacieus pour s'ebatre,\nqui soèt au dessous de l'euure Heroïque, an cas de\ntoute liberte Poëtique : comme Fables, Figures, e\nautres naïuetez. Qui voudra fere des Strofes e Anti-\nstroſes, faudra qu'il parle plus hautemant qu'an nule des\nautres façons. Car ele ne se metoét anciennemant sinon\nans hinnes des Dieus. E comme Macrobe dît (selon la\nvaleur méme du mot, qui sinifie conuersion ou contour-\nnemant): la stroſe etoèt a l'example e imitacion du\ndroet tour ou mouuemant du Ciel etele: e l'Antistrofe\nqui sinifie retour ou reuersion, etoèt a l'imitacion du\ncours retrograde des Planetes. Izan usoét anciennemant\nan la Comedie; la ou le Core louoèt les Dieus. E tele\nfoes iz prenoét Ode e Stroſe pour une méme chose.\nHorace n'an à point use: duquel Quintilien à dit qu'il\netoèt presque seul de tous les Liriques Latins, dine\nd'étre lù. E certes, meintenant qu'il à soutenù le tans :\nnous pouuons quasi dire de lui ce que le méme Quin-\ntilien disoèt de Pindare; une magnificance d'er,\nsantances, figures, eureuse copie de nons e de moz: e\nquasi une maniere de fleuue en elocucion.",
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     "texte": "La Vogue.\n351\nDe l'Epitre e de l'Elegie: e de la Satire.\nΟ\nN peùt bien donner lieu a l'Epitre antre les\nEcriz Poëtiques. Car iz vienet souuant des narra-\ncions qui ne se peuuet bonnemant discourir an autre\ng'anre : que les sont les familieres: qui pour la longueur\nne se metront pas an Epigramme: pour la familiarite,\ne pour la continuancion de propos, ne se metront pas\nen vers Liriques. Sid'auanture on ne me disoèt que téz\nargumans se doeuet amployer an la prose. Mes il i à\ntéz discours que la prose ne receuroèt pas de si bonne\ngrace, comme ſfera le vers: Comme quand on à anuié\nde parler alegoriquemant e sous ficcion: e qu'on à\nfantesie de s'ebattre par comparesons, raconter songes,\ne autres gueyetez. L'Epitre se fèt an Rime continue de\nvers a autre: e presque an toutes mesures de vers. Ele\nét tant longue qu'on veùt: ele finit quand on veùt, e la\non lon veùt, si on ecrit aus grans Signeurs, a cause\nque ce doeuet étre propos plus importans, on usera de\nvers Decassilabes: Aus autres personnes, selon leur\ndinite e selon le merite de l'afere, on changera de\nmesure. Horace à ecrit des Epitres de grande estime :\nCar il n'i an à pas une, qui ne soèt d'anseignemant, e\nfilosofique. E qui voudra fere profession d'Epitres : il\nse fera bien reputer, an fesant comme il à fèt. Les vers\nan l'Epitre seront tous d'une méme mesure: A la dife-\nrance de l'Elegie, laquele je suis d'opinion qui se face\ndu vers Dodecassilabe, accompagnè du Decassilabe :\nc'ét a dire, par Distiques: Quele me souuient en auoèr",
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     "texte": "352\nLa Vogue.\nvù une an Ronsard: e la couleur sera de vers a autre.\nLa premiere matiere de l'Elegie, furet choses tristes :\ncomme lamantacions, deploracions sus les mors, do-\nleances de cas piteus : einsi méme que sonne le mot an\nGrec. E mémes les Epitafes des mors, se fesoét en\nvers Elegiaques. Toutefoes on à gagnè depuis a l'àco-\nmoder ans choses joyeuses, c'ét assauoer, aus propos\nd'Amours. Comme on fèt Tibule e Properce : lequez\nQuintilien mèt pour les deus excelans an ce g'anre\nd'ecrire: nommant Tibule pour le premier: mes Pline\nle jeune, donne l'auantage a Properce. Il n'i à pas\ngrand precipu: tous deux eyans etè de l'eureus tans.\nOuide ét lascif: e Gale, rude. A mon auis que l'Elegie\nà etè transferee an l'Amour, non point comme an consi-\nderacion de joyeusete: mes plus tót de tristece, dont\nles põures amoureus sont tousjours pleins : ou pour le\nmoins, par ce qu'il i à de tous deus, e du bien e de\nl'annui. An l'Elegie les clauses sont communemant finies\nan chaques deus vers: e quasi james le verbe ne se và\nchercher au troesiéme. La Satire ét un g'anre de Poéme\nmordant. Quant à l'Etimologie du mot, je ne m'an tra-\nvalherè pas beaucoup. Tant i à, qu'a l'opinion d'Horace,\nele samble auoèr etè dite des Satires: qui etoèt un\ng'anre d'animaus Libiques, eyans figure humeine,\nexcepte qu'iz etoét cornuz. E par ce qu'iz etoét petu-\nlans e lasciz: on les introduisoèt an cete façon de Poéme\npour autant qu'au commancemant les Poëtes qui repre-\nnoét publiquemant les vices, se couurir e de ces per-\nsonnages : comme quasi voulans dire que ce n'etoèt\nqu'une risee. Einsi que de notre tans à fèt Clemant\nMarot par son Coq a l'Ane, vree espece de Satire: lui\ndonnant ce titre la (combien qu'un peu abjet) afin qu'il\nút moindre ocasion de prandre efet a ses propos",
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     "texte": "La Vogue,\n353\negarez: toutefoes piquans e rians. Car comme dit le\nSatirique, Qui ampesche qu'on ne die vrei tout an riant?\nCe g'anre ici n'ét pas trop seur de notre tans. E ancores\nde mon auis, en quelque tans que ce soèt, il e d'assez\npetite consequance: d'autant que ceus qu'on reprand,\ntant s'an faut qu'iz eet a se reformer par la: qu'iz ne\nfont que s'an egrir d'auantage. Car il n'i à chose si\nodieuse, qu'une reprehansion personnele, qui se fèt\npubliquemant. Toutefoes une Satire bien ecrite, peùt\nseruir aus tans qui vienet apres : e peut contanter les\nhommes connoeteus des choses passees: par ce qu'ele\ndoèt étre pleine de diuers propos e de diuerses per-\nsonnes: chose qui peùt seruir au Lecteur, pour distin-\nguer e acorder les tans que se sont fetes teles choses e\nteles, e par qui. Brief, la Satire et comme le fiel de\nl'Histoere: caran ele ne se decrit que la verite des\nvices. Il n'et point ici besoin d'auertir ceus qui an\necriront, qu'iz n'eet point a usurper ce mot de Coq\na l'Ane: car c'ét cherchè trop loin son titre chez le\npopulere: E ancores moins de l'Ane au Coq, ni du\nCoq a la Geline, titres ridicules e ineptes: déquez se\nsont jouéz tout un tans ne sè quez Rimeurs, qui ont\nfèt courir leurs moqueries a l'imitacion, ce leur sam-\nbloèt, de Clemant Marot: pansans qu'il út fèt un Coq\necriuant a un Ane. Mes c'etoèt, que son Epitre sau-\ntoèt du Coq an l'Ane: einsi que méme il dit an la\npremiere qu'il fit: c'ét a dire, de propos an autre :\nProuerbe tire du mauues conteur, qui an parlant de\nson Coq, tout soudein s'auisoèt de son Ane. Mes\nc'ét trop, d'une chose si vulguere.",
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     "texte": "354\nLa Vogue.\nL\nDe la Comedie e de la Tragedie.\nA Comedie à etè dite par Liue Andronique, le pre-\nmier Ecriteurde Comedies Latines, le miroer de la\nvie: par ce qu'an ele s'introduiset personnes populeres :\ndesqueles faut garder la bienseance, selon la condicion\ne etat de chacune. C'ét assauer, qu'il faut fere voèr\nbien oculeremant l'auarice, ou la prudance des Vielhars :\nLes amours e ardeurs des jeunes anfans de meson : les\nastuces e ruses de leurs Amies: la vilenie et deshon-\nnetete des Maquereaus : la façon des Peres tantót se-\nueres, tantót faciles: l'assantacion e vilete des Para-\nsites: la vanterie e brauete d'un Soudart retire de la\nguerre: la Dilig'ance des Nourrices: l'indulg'ance des\nMeres. La Comedie à troes parties principales, sans le\nPrologue. La premiere, ét la proposicion du fet, au\npremier Acte: laquele ét apelee des Gréz Protasie.\nE an ele s'explique une partie de tout l'Argumant, pour\ntenir le Peuple an atante de connoétre le surplus. La\nseconde, ét l'auancemant ou progres, que les Gréz di-\nset Epitasie. C'ét quand les aferes tombet an dificulte,\ne antre peur e esperance. La tierce, ét la Catastrofe,\nsoudeine conuersion des choses an mieus. Dont je ne\nparlerè plus au long. Car les Comedies de Terance\nsont antre les meins de chacun. Lequeles sont elegantes,\nsutiles e acommodees a la vie. An quoe dissimulerons\npour cete heure, le jugemant de Quintilien : Lequel\nn'aprouue pas grandemant les Comedies fetes des La-\ntins: atribuant toute la naïuete e grace au seul Ati-",
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     "texte": "La Vogue.\n355\ncisme. Mes c'ét sa coutume an beaucoup de g'anres,\nde rabesser les Ecriz Rommeins. Lequez a la verite\nn'arriuet pas perfeccion des Gréz, an cet androet.\nToutefoes, si nous auisons que la Comedie ét expres-\nsemant introduite, pour complere au Peuple (non pour-\ntant sans artifice e jugemant) e qu'ele se doèt acommoder\naus condicions des tans e des hommes presans: nous\ntrouuerons celes de Terance grandemant teles: Fors\nparauanture la Formion : laquele, antant qu'il me\nsamble, ét moins bele que les cinq autres, tant an stile\nqu'an argumant : Ioint qu'ele ne termine pas an assez\njoyeuse fin, comme requiert l'essance de la Comedie.\nPlaute ét facecieus quasi jusques a scurrilité: autremant\npropre e elegant. Duquel disoèt Varron, apres un Elie\nStolon, que si les Muses usset parlè Latin: ç'ut etè\nfar la bouche de Plaute. Ce sont dissansions de juge-\nmans antre les Latins. Car Quintilien ne prise par Plaute\njusques la: ni méme Horace. Comme Ciceron, apele\nCecile (qui etoèt un autre Comique Latin) mauues au-\nteur de Latinite: e toutefoes Volcace Sedigite lui donne\nl'honneur par sus tous les autres. le di ceci, pour mon-\ntrer la dificulte qu'il i à, a juger resolumant des Ecri-\nteurs. Nous n'auons point ancore vù an notre Françoes\naucuns Ecriz, qui usset la vree forme Comique : mes\nbien force Moralitez, e teles sortes de jeuz. Auquez le\nnom de Comedie n'ét pas dù. C'ét un g'anre de Poéme\nbien fauorable: e qui auroèt bonne grace, si on le re-\nmetoèt an son etat e dinite ancienne. E n'ét quasi que\npour le tans de Pes. La Comedie e la Tragedie ont de\ncommun, qu'eles contienet chacune cinq Actes, ni plus\nni moins. Audemeurant, eles sont toutes diuerses. Car\nau lieu des Personnes Comiques, qui sont de basse\ncondicion: an la Tragedie s'introduiset Roes, Princes",
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     "texte": "356\nLa Vogue.\ne grans Signeurs, E au lieu qu'an la Comedie, les\nchoses ont joyeuse issue : an la Tragedie, la fin ét tous-\njours luctueuse e lamantable, ou horrible a voèr. Car\nla matiere d'icele, sont occisions, exiz, maleureus de-\nfinemans de fortunes, d'enfans e de parans. Telemant\nqu'Euripide etant requis du Roe Archelas, qu'il ut a\necrire de lui une Tragedie: Ne plese aus Dieus, dit-il,\nSire, qu'il vous puisse arriuer chose qui soèt propre au\nPoéme Tragique. Partant, eles doeuet étre du tout di-\nferantes an stile. La Comedie parle facilemant, e comme\nnous auons dit, populeremant. La Tragedie ét sublime,\ncapable de grandes matieres tant principales que de-\npendantes: an somme, ne diſerant rien de l'Euure He-\nroïque, quant aus personnes. Au regard duquel, ele\nét comme nous disions nagueres la Satire étre aupres de\nl'Histoere. Le Core an la Tragedie (nous disons Keur\naus Fglises) ét une multitude de g'ans, soét hommes ou\nfammes, parlans tous ansamble. Il doèt tousjours étre du\nparti de l'Auteur : c'ét a dire, qu'il doèt donner a con-\nnoétre le sans e le jugemant du Poëte: parler san-\ntancieusemant, creindre les Dieus, reprandre les\nvices, menacer les mechans, ammonéter a la Vertu :\nE le tout doèt fere succintemant et resolumant. Si\nle Françoes veùt ramener les personnes anciennes :\nqu'il face une Niobe triste e desolee, une Medee\nhorrible e afreuse, un Ajax etonne e forcene, un\nOreste furieus e vagabond, un Hercule terrible e,\ncomme les Latins diset, truculant. Pregne pour patron\nEuripide e Sofocle Gréz: antre léquez Quintilien lesse\nan suspans la superiorite: fesant ce pendant (combien\nil ét vrei) Sofocle plus graue de stile e plus hautein :\nmes Euripide plus sentencieus e plus filosofique.\nDes Latins nous n'avons que Seneque : qui n'et pas",
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     "texte": "La Vogue.\n357\nguere magnifique: eincoes pesant e obscur, e tenant\nbeaucoup du changemant de la Latinite: toutefoes\nsantancieus, e imitable auec jugemant. Nous an auons\nan France quelques unes traduites doctemant: Antres\nles autres, l'Hecube d'Euripide, par Lazare Debaïf :\nqui à nagueres flori souz le Roe Françoes: e an la\nmort duquel la France à perdù an plusieurs sortes :\nMes la principale perte, ét qu'il à si peu ecrit. Il an à\netè bien nouuelemant fete une par Etienne Iodele Pari-\nsien, de laquele j'è oui seulemant le bruit. Ce g'anre de\nPoéme, s'il ét antrepris, aportera honneur à la Langue\nFrançoese.\n38\n(A suivre.)",
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   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124157 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
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   "controle": "début : début retrouvé par qwen-3.8-27b, vérifié (ressemblance 50, ligne contenue dans le titre) : « TABLE » ; fin : fin de la page 360",
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     "texte": "TABLE\nNOUVELLES, POEMES EN PROSE\nM. PAUL ADAM. Mahaud.\n...\nM. JULES LAFORGUE.\n....................\n253\nLe miracle des Roses.. 51, 61, 110, 115\nHamlet ou les suites de la piété filiale, 140, 157, 186,\n203, 218, 227\nM. JEAN MORÉAS ET PAUL ADAM. - Le Jubilé des esprits\nillusoires.......\nM. PAUL VERLAINE. --- Nuit noire\nNuit blanche.....\nVERS\nM. PAUL BOURGET. - Sonnet.....\nM. MAURICE DE FARAMOND.\n....\n37\n76\n79\n260\nVers............\n338",
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     "texte": "La Vogue.\n359\nM. GUSTAVE KAHN. - Chateaux en Espagne....\nOrient........\nLieds: Ah la fillette..\nC'est vers la chimère.\nLes soirs d'automne.\nLe rève de ta vie......\nMemorial....\nM. JULES LAFORGUE. - Pétition..\nSimple Agonie.....\nSolo de lune.......\nLégende.........\nLes Amours..\nM. JEAN MORÉAS. - Ah pourquoi vos lèvres.......\nLais : Nous longerons la grille....\nLe train express\nS\n...\n73\n181\n..\n..\n183\n.....\n185\n....\n265\n...\n289\n23\n26\n82\n..\n87\n261\n110\n..\n.....\n159\n157\nOn a marché......\nDe sa hache, de sa lance.....\n161\n161\nM. EMILE VERHAEREN. Les Calvaires......\n237\nM. PAUL VERLAINE. - A un mort..\n232\n......\nSeguidille..............\n235\nESTHÉTIQUE\nM. CHARLES HENRY. Wronski et l'esthétique musicale, 7-22-65-\n72-131-137\nM. CHARLES VIGNIER. - Art et philosophie de M. Celen Sab-\nbrin...........\n............ 170, 174",
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     "texte": "260\nLa Vogu:.\nBIBLIOGRAPHIE ET THEATRE\nM. JEAN AJALBERT.\nMichel Pauper....\n......\n325\nM. PAUL ADAM. - Les Quintessences..\nRénée Mauperin.................\nPaysages de femmes.......\n175\n...\n....\n223\n......\n.....\n293\nΧ...\nLes demoiselies Goubert\n....\n................\n214\nRÉIMPRESSIONS ET DOCUMENTS INÉDITS\nM. ALFRED DEHODENCQ. - L'art poétique de Jacques Pele-\ntier......... 29-36-124-130-247-252-282-288-318-323\nM. GUSTAVE KAHN. - Le Polemoscope, tragi-comédie iné-\ndite de Casanova de Seingalt. 91-108, 116-123, 162-169,\n204-213, 239-246\nLettre d'Eupolême de Jacques Casanova de Sein\ngalt............\n............ 267-281, 299-317\n38\nL'Administrateur-Gérant : GUSTAVE KAHN.",
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