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     "texte": "JUBILĖ DES Esprits ILLUSOIRES (1)\nLa lande odorante s'exhale par la nuit cave, tous\nastres enfouis.\nDevers les ombres gourdes des cyprès titille le mé-\nlodique Présage du Jubilé: falot, grêle; - invisibles\nailes de cristal qui s'émient, choient : - Bruits petits,\nmalices d'arpèges; musiques aquatiques d'ocarina. Et\nbrisures.\nDes silences glacent les bourrasques lamentées.\nVerte, la Larve flotte sur les replis de sa croupe torte,\nen un halo de Puissance violette. Elle signifie.\nSons de cristal et de cymbales. Les lémures chauves\nen linceuls translucides, les doigts unis par-devant leurs\ndiaphanes carcasses, planent méditatiſs, et s'irradient\nde luisances héliotrope. Sons de cristal et de cymbales.\n(1) Extrait des « Demoiselles Goubert » à paraître très pro-\nchainement chez Tresse et Stock.",
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     "texte": "38\nLa Vogue.\nSourdent les parfums du musc pénétratif, du musc\nérotique; des chats comme voix de cors en déroute.\nGestes évocateurs des lémures; et se trace la Région\nFactice en violâtres moirures. Puis montent les décors\nillustres tandis que s'éclipse la lune troublée jusqu'à se\nteindre de santal.\nAlors.\nAu centre des cataractes limitantes, la Larve trône, et\nses yeux d'eau, et sa couronne de belladones.\nCroulent les flots mauves autour d'Elle, depuis le\nciel d'or battu jusques au sol de cuivre.\nAvec des aspects de verreries, des fleurs riveraines\nopalines aux mains, la légion des lémures s'aligne sur\nles rocs d'ivoire vierge.\nLes buccins clangorent la gloire des Puissances. Des\naccords de lyre s'expirent en vibrations de dernier\nspasme. Les chants supérieurs des harpes hiératiques\ns'éploient par-dessus les eaux stridentes; les chants\nhiératiques s'éploient. Ascension.\nEn simarre d'orfroi où les Signes s'inscrivent, le\nMage à barbe astrale paraît au milieu de son cortège\nde Kobolds et de Sylphides. Sa dextre élève le sceptre\nde cinabre à sept pointes d'améthyste. La tiare à neuf\ncouronnes d'or, à neuf bandelettes, à neuf serpents\nblancs charge son front incolore, son visage incolore,\nEt dans ses yeux d'Au-delà, les peuples passent en\nlongues trainées gémissantes.\nLongtemps. avec sa majestueuse attitude de mon-\ntagne, il demeure dans l'extase sacrée sous le halo\nviolet de la Larve contemplée. Et les musiques déclinent\nen modulations susurrantes qui défaillent puis ondulent,\nse relèvent vers les corps des sylphides voletant, les\ncorps nus et bleus, fuselés: hanches creuses, maigres",
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     "texte": "La Vogue.\n39\nseins, bouches émaillées, muettes, et les nappes des\ncheveux céruléens.\nLe Mage s'éveille de l'extase, le sceptre vers les\nKobolds gibbeux et claudicants qui se prosternent et\ntouchent le sol de cuivre de lenrs crânes ridés, de leurs\nbarbes touffues et grises. Et les voilà traçant les cercles\nmédiateurs et les ellipses de force, les caractères voca-\ntoires, les signes aux spirales complexes qui unissent\nles vigueurs occultes des mondes. Hors leurs barbes\ntouffues et grises les paroles de l'Incantation s'exaltent,\nles paroles révélatrices, essentielles dont les syllabes\nfont surgir des lueurs.\nVapeurs incarnadines qui émanent des cercles et\ndes signes; elles se massent en colonnes, en fronton de\ntemple, qui, vite, jusqu'aux blancheurs du Paros s'apa-\nlit. Vapeurs qui courent basses vers les cataractes;\nelles les noient de flots blanchoyants: - une mer. Une\nmer qui se fonce, et se lisse, et se paillette de ma-\ndrures argentées, et reflète un invisible soleil d'Orient\nsur son eau bleue, plane. Un soleil d'Orient terni par\nle halo de Puissance violette et les irradiations hélio-\ntrope des lémures.\nLE CHOŒUR DES KOBOLDS.\nEsprits illusoires ! O vous, leurres décevant à l'homme,\nô vous qui du Nirvana suprême chassez la Vie.\nLE CHŒUR DES SYLPHIDES.\nEsprits robustes, esprits actifs, qui Lui ravissez la\nParfaite Contemplation, la Divine Ataraxie.\nLE CHOŒUR DES LÉMURES.\nVoiles incertaines au détour des fleuves, fantômes\ngemmés, corolles des fleurs mortes.",
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     "texte": "40\nLa Vogue.\nLE CHŒUR DES KOBOLDS.\nEsprits forts qui voilez à l'Ennemi les Normes Con-\nquérantes.\nLE CHOŒUR DES SYLPHIDES.\nAiles des oiseaux aveugles; sons dans la campagne\nplate; fanaux de la nef éperdue.\nLE CHŒUR DES LÉMURES.\nVous qu'll aime; mirages vôtres où il s'exténue.\nLE CHOŒUR DES KOBOLDS.\nAllées longues par la forêt vers les lueurs finales\nchues dans les crépuscules empressés.\nLE CHEUR DES SYLPHIDES\nEsprits défenseurs qui tuez l'Intelligence Ennemie et\nnous gardez la possession des Rythmes inviolables.\nLE CHŒUR DES LÉMURES.\nVolutes de la vague enflée; crotales titillantes; voix\nde filles.\nLE CHŒUR DES KOBOLDS.\nSous les formes que vous prêta le délire des poëtes et\ndes bardes;\nLE CHŒUR DES SYLPHIDES.\nAu Jubilé des Dominateurs;\nLE CHOŒUR DES LÉMURES.\nAux sacrifices propices, à la vue propice de la Larve,\nAux paroles propices du Mage; Par devers les Supério-\nrités, et les Œuvres, et les Intentions;\nΤους.\nSoyez en vision.",
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     "texte": "La Vogue.\n41\nComme une plainte éloignée halète le chant des\nrameurs, une plainte éloignée dans le soleil d'Orient\net dans la mer volutante. Gonflée des vents la pourpre\ntriangulaire de la trirème glisse aux flots argentés;\net les boucliers suspendus contre la carène resplen-\ndissent, et les avirons battent d'une triple salve les\nondes épaisses. Puis le chant des matelots domine le\ntumulte fraîchissant du flot qui s'abat au péristyle sacré.\nL'hippogriſſe de la proue galope dans les eaux crêtées\nd'or. Du bord les trompes sonnent les triomphes, et les\nfleurs jetées, et les baisers des femmes, et les enthou-\nsiasmes poudroyants.\nSuccessivement descendent de la trirème :\nACHILLE; ses cheveux blonds croulent sur sa cui-\nrasse aveuglante; il darde furieusement des regards\nverts et frappe le sol de son talon sanglant, impatienté;\nses bras forts sont liés de chaînes; il est maintenu par\nULYSSE qui s'avance en la figure d'un vieillard robuste\ndissimulant des armes sous son ample manteau; SPAR-\nTACUS coiffé de rouge, brandissant un glaive; puis le\ngroupe d'ÉPONINE et de LUCRÈCE, en longs vêtements\nblancs, celle-ci brune et sévère, celle-là blonde et\ntimide; les SŒURS BACCHIS, la poitrine nue, ceintes de\nbandelettes dorées, des parfums dans les mains, les\nlèvres ouvertes et le geste inviteur; HORACE, hirsute,\nchargé de dépouilles; ROLAND invulnérable, procla-\nmant des défis; le DOCTEUR FAUST marche absorbé\ndans la lecture d'un antique manuscrit dont il suit les\nlignes avec un compas; ALCESTE; HARPAGON couronné\nde la mitre de Toutes-Puissances. Puis une foule de\nguerriers et de femmes qui, peu à peu, quittent la lui-\nsance du soleil pour entrer dans la lumière violette où\nse fardent les tuniques flottantes et l'azur des armures.",
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     "texte": "43\nLa Vogue.\nDes murmures, des lamentations et des cris de rage\nsortent de cette multitude que les Kobolds poussent\nvers les degrés du temple.\nAlors LE MAGE:\nClos mes yeux intérieurs\nAux belliqueuses crinières\nDans la bravoure des aspides et des tacles;\nAux crinières de paix et de caresses\nDans la bravoure des paresses,\nAux crinières à templettes\nViolettes: clos,\nAux formes exilées des Nombres et des Normes : clos\nMes yeux intérieurs.\nACHILLE.\nJe suis le simulacre de la Force. Au commencement\nje guidais seul les Hommes; j'ai fait tout le prestige des\npremiers chefs et des premiers rois. Mes décisions\nétaient la Justice. Le Droit fut créé pour consacrer\nmes actes et mes vouloirs. Mon bras s'abattait sur les\npeuples, et les peuples devenaient esclaves pour des\nsiècles. On les appelait les manants, les serfs; on nous\nappelait les nobles. Vois: mes pareils, Ajax et Agamem-\nnon pasteurs des peuples, et Diomède, et Nestor, et\nMénélas comme moi enchaînés. Celui-ci, cet esprit de\nRuse et de Dol nous a liés avec sa parole fleurie, avec\nson or, et il nous a relégués dans la plèbe; nous ne\ntriomphons plus que sur les tréteaux dans l'emblémature\ndes bateleurs et des athlètes, pour amuser ses loisirs.\nULYSSE (le frappant).\nQu'elle se taise cette brute bavarde, cette cervelle\nvide. J'ai surpassé les forts par ma lente et patiente",
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     "texte": "La Vogue.\n43\nhabileté, j'ai miné l'œuvre des plus célèbres conqué-\nrants et des brûleurs de citadel'e. C'est moi qui inspirai\nles peuples industrieux des villes, c'est moi qui inventai\nles riches tissus et les hanaps précieux, l'art complexe\ndes procédures, l'opulence. Ceux-ci ont voulu boire à\nmes pièges dorés et ils ont abandonné tout leur pouvoir\npour un peu de ma babiole.\nSPARTACUS.\nLiberté ! Liberté ! Les peuples s'égorgent et crient :\naux tyrans! On pille les palais, et on détruit les aris-\ntotechnies. Les prétoriens se ruent au meurtre et\nsouillent les vierges. Les murailles flambent. Liberté !\nLiberté ! Et j'abuse les hordes des mortels, car elles\nn'ont encore deviné la risible contradiction du lien\nsocial et des aspirations libres.\nHORACE (l'embrassant).\nJe suis le simulacre de la Patrie. Par ce nom les\nAmes avides font se massacrer les plèbes pour la jouis-\nsance de leurs grands désirs. J'excite au carnage\nl'idiote multitude; et je l'emmaillotte dans le sang; et\nje la berce dans les Désespérances. La Famine austère,\nla Prostitution austère suivent les Combats. Viens.\nNous sommes les Frères Dérisoires.\n(Ils rient aux éclats.)\nÉPONINE ET LUCRÈCE.\nDans l'honneur, dans la vertu conjugales nous endor-\nmons les sèves et les ruts; nous sommes le Gynécée.\nNous nivelons la hardiesse des esprits jeunes, nous\nsommes le Gynécée.\nLES BACCHIS.\nA nos lèvres les vieillards viennent humer l'illusion",
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     "texte": "44\nLa Vogue.\nde l'amour que leur refuseraient les vierges et les\nfemmes: nous sommes infâmes. A nos seins les éphèbes\nversent l'affolante rumeur de leur sang; ils sortent de\nnos bras repus et plus forts pour la lutte: nous sommes\ninfâmes. A nos flancs, à nos lignes les initiateurs com-\nprennent des beautés et des harmonies: nous sommes\ninfâmes.\nROLAND.\nL'invulnérable spadassin! L'honneur ! Les hommes\ns'invectivent et se pourſendent. Les Préjugés et la vie\nleur scellent l'Impassibilité.\nLE DOCTEUR FAUST.\nPar la Science, par ses spéculations les mortels\ndevinent comment pourraient ravir extatiquement les\ndélices de la Connaissance. Vers ces félicités entrevues\nà peine ils se précipitent fous d'allégresse et de désir.\nAlors, avec l'Autorité des choses écrites par les primi-\ntifs dans l'enfance du monde, j'étreins l'essor des\nimaginations. Les foules effarées de savoir hurlent et\nmenacent, et les chercheurs errent parmi les Ambi-\nguités et les Contradictions. Sous ces bandeaux lourds,\nvers la Lumière indistincte, ils errent en des navrances\ninfinies vers la Lumière, vers la connaissance à jamais\nclose. ET ILS LE RECONNAISSENT.\nALCESTE.\nJe suis le simulacre de l'Honnête; je drape la Ruse\net la Richesse de longues attitudes pudiques et moroses,\nmais infrangibles.\nHARPAGON (à sa parole tous s'inclinent).\nObéissez. Et fêtez pour l'exaltation de nos sens, pour\nl'exaltation de notre esprit, pour l'exaltation de notre",
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     "texte": "La Vogue.\n45\nexclusif bien-être. Mais où fuirent les Entités Jolies,\nesprits volages et futiles que la Comedia dell' Arte créa?\nApparaissez.\nLE MAGE.\nEntités au néant du réel condamnées par votre\nApparaissez.\n[ſélonie,\nPour une trêve, sauvées de vos entraves humaines,\nApparaissez.\n[sous les arceaux royaux des Rites,\nSurgissent dans le ciel d'or battu, par-dessus le fron-\nton limpide du temple, Henriette, Marceline, Albarel.\nTous trois chevauchent un monstrueux phallus d'asémon.\nQuelque temps ils planent, puis s'abattent au centre\nde la fête ainsi que des étoiles filantes.\nRumeur. Des rires unanimes frissonnent dans la foule.\nLes Kobolds courent aux arrivants et les battent. Les\nSylphides les giflent avec des palmes.\nDes fleurs riveraines opalines agitées, de leur vol\ncircuitant autour des Enchantés, les translucides lémures\natténuent le charme pénal. Des teintes de ciel au cou-\nchant illuminent les faces blêmes et ardent dans les yeux\nvoilés par l'atone de l'existence réelle. L'émail des\nsourires commence à briller comme des lunes jeunes;\nles gestes évoluent avec l'ampleur rythmique des périodes\nastrales; les membres s'affinent en tiges de lys.",
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     "texte": "46\nLa Vogue.\nFiorinetta!\nLE CHŒUR DES LÉMURES,\nHors l'enveloppe épaisse de la transformation terres-\ntre, vers les formes pures de l'Idée, viens.\nHENRIETTE-FIORINETTA.\n(Gracieusement ses blonds cheveux s'affolent; des\ncolliers au cou; et la jupe courte de satin blanc est\nlignée de lilas et de rose.)\nJe suis la gentillesse des Amourettes. Aux pans de\nma jupe, aux pleins de mes bras, à l'agacis de mon sou-\nrire troussé les sages et les sots se hâtent. Pour étreindre\nle rire fantoche de mon cœur ils se hâtent.\nLéandre !\nLE CHŒUR DES LÉMURES.\nHors l'enveloppe épaisse de la transformation ter-\nrestre, vers les formes pures de l'Idée, viens.\nALBAREL-LÉANDRE.\n(Un pourpoint de satin bleu ciel lui ceint la poitrine;\ngantée de blanc, sa main s'appuie sur la poignée d'une\nrapière à fourreau de velours blanc; des senteurs fines\némanent de ses hardes opulentes, de son feutre gris\ngalonné d'argent.)\nJe suis le prestigieux mannequin des Élégances, des\nManières Exquises, des Diplomaties, des Luxes et des\nChamarres. A mes éperons, je traîne les yeux énamou-\nrés. Pour moi les femmes se prostituent, les énergies\npeinent durant la vie des peuples, l'ambition hallucinée\npar mes Ordres et mes Toisons d'Or, et mes Cordons,\net mes Commandements, et mes Ministères.",
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     "texte": "La Vogue.\n47\nLE CHOŒUR DES LÉMURES.\nSilvia !\nHors l'enveloppe épaisse de la transformation ter-\nrestre, vers les formes pures de l'Idée, viens.\nMARCELINE-SILVIA.\n(Poudrée, en longue mante de satin gris.)\nDans la stagnante mélancolie, dans les langueurs,\ndans les torpeurs de la mort, dans le Souverain Ennui\net l'Envie expectante, les imaginations meurent pour\nles immédiates et impossibles Réalités. Et j'offre l'appa-\nrence de la Sagesse.\nIls rentrent dans la foule.\nChaos lucide,\nChaos rationnel,\nLE MAGE.\nChaos des latescences, où,\nParmi les Transfigurations,\nParmi les Glorifications\nDes architraves et des ogives\nPassent en laticlave\nDe pourpre,\nPassent, passent et demeurent:\nLes Surfaces, les Angles égaux,\nLes Surfaces et les Lignes,\nLes Angles, les Angles égaux.\n-\nChaos rationnel, Chaos.",
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     "texte": "48\nLa Vogue.\nLes barbes limoneuses des fleuves\nBattent comme des élytres,\nAu remuement sempiternel\nDes crocodiles.\nSous les frondaisons\nQui jamais ne perdent\nNi feuilles ni pétales\nSe pavanent les bisons,\nLes onocrotales.\nEt les dolentes proboscides\nDes éléphants,\nSe ceignent de guirlandes de roses\nDe guirlandes et de festons\nDe roses.\nSous les rosiers,\nSur les roses,\nLes taureaux\nMeuglent aux chairs novales\nDes pythonisses;\nEt le Centaure fait hennir les cavales,\nCependant que\nDes vierges d'Idumée mordent\nLa queue des léopards.\nLes serpents sifflent et rålent,\nLes serpents rålent sur la tête de la Gorgone.\nLe Héros conçu d'or,\nConçu d'or fluide ;",
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     "texte": "La Vogue.\n49\nLe Héros arbore la tête de la Gorgone à la pointe ensan-\nEt la lune qui se lève hule,\nLa lune hule à la tête horrible.\n[glantée de son glaive,\nSur la croisée-de-quatre-chemins les mystes\nTracent des pentalphes;\nEt leurs mitres\nMirent la lune rétrograde.\nEt, là-bas,\nLà-bas, près des remparts sous les barbacanes,\nPrès des remparts où ruent les bombardes,\nVêtus de hauberts légers combattent\nLes soldats de Charles;\nEt la princesse Hélène leur sourit,\nDu haut des remparts où ruent les bombardes la prin-\n[cesse sourit aux chevaliers\nQui portent ses couleurs aux plumes de leurs casques.\nChaos lucide,\nChaos rationnel,\nChaos des latescences, où,\nParmi les Transfigurations,\nParmi les Glorifications\nDes architraves et des ogives\nPassent en laticlave\nDe pourpre,",
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     "texte": "50\nLa Vogue.\nPassent, passent et demeurent :\nLes Surfaces, les Angles égaux,\nLes Surfaces et les Lignes;\nLes Angles, les Angles égaux.\nChaos rationnel, Chaos.\n-\nJEAN MORÉAS et PAUL ADAM.",
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     "texte": "LE MIRACLE DES ROSES\nL'autre semis de Sensitives se comporta d'une\nmanière un peu différente, car les cotyledons\ns'abaissèrent dans la matinée jusqu'à 11 h. 30,\npuis s'élevèrent; mais après midi 10, ils tom-\nbèrent de nouveau. Et le grand mouvement ascen-\nsionnel de la soirée ne commença qu'à 1 h. 22,\nDARWIN,\nI\nJamais, jamais, jamais cette petite ville d'eaux ne\ns'en douta, avec son inculte Conseil Municipal délégué\npar des montagnards rapaces et nullement opéra-co-\nmique malgré leur costume.\nAhl que tout n'est-il opéra-comique!... Que tout\nn'évolue-t-il en mesure sur cette valse anglaise, Myosotis,\nqu'on entendait cette année-là (moi navré dans les coins)\nau Casino, valse si décemment mélancolique, si ésoté-\nriquement derniers, derniers beaux jours !...(Cette valse,\noh! si je pouvais en inoculer d'un mot le sentiment\navant de vous laisser entrer dans cette histoire!) -\nO gants jamais rajeunis par les benzines! O brillant et",
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     "texte": "52\nLa Vogue.\nmélancolique va-et-vient de ces existences! O appa-\nrences de bonheur si pardonnables ! O beautés qui vieil-\nliront dans les dentelles noires, au coin du feu, sans\ncomprendre la conduite des fils viveurs et musclés\nqu'elles mirent alors au monde avec une si chaste mé-\nlancolie!...\nPetite ville, petite ville de mon cœur.\nOr les malades n'y tournent pas autour des Sources,\ntenant en main le verre gradué. C'est des bains qu'on\ny prend; eaux à 25 degrés (se promener après le bain,\npuis faire un somme); et c'est pour les névropathes,\net c'est surtout pour la femme. On les voit errer, les\nnévropathes, traînant une jambe qui ne valsera plus\nmême sur l'air fragile et compassé du Myosotis, ou poussés\ndans une petite voiture capitonnée d'un cuir blasé; on\nen voit quitter soudain leur place pendant un concert\nau Casino, avec d'étranges bruits de déglutition auto-\nmatique; ou soudain à la promenade, se retourner en\nportant la main à leur nuque comme si quelque mau-\nvais plaisant venait de les frapper d'un coup de rasoir;\non en rencontre au coin des bois, la face agitée d'in-\nquiétants tics, semant dans les ravins antediluviens les\npetits morceaux de lettres déchirées. C'est les nécro-\npathes, enfants d'un siècle trop brillant; on en a mis\npartout.\nLe bon soleil, ami des couleuvres, des cimetières et\ndes poupées de cire, attire aussi là, comme partout,\nquelques phtisiques, race à pas lents mais chère au\ndilettante.\nOn jouait dans ce Casino, autrefois ! (ô époques bril-\nlantes et irresponsables, que mon cœur de fol, que mon\ncœur vous pleurel) Depuis qu'on n'y joue plus (8 ombre\ndu prince Canino toujours flanqué de son fidèle Lepo-",
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     "texte": "La Vogue.\n53\nrello, quel fossoyeur incompris vous soigne?) les salles\nen sont bien tristes, les salles en sont bien désertées,\navec leurs inutiles gardiens décorés à habit bleu et\nboutons de métal. La salle où on lit les journaux, im-\nmortels eux, a toujours pour vous en chasser quel-\nqu'un de ces névropathes dont le bruit de déglutition\nautomatique vous fait tomber le Temps des mains.\nL'ancienne salle de jeu n'a plus que des toupies hollan-\ndaises, des jockey-billards, des vitrines de lots pour\nloteries enfantines, et dans les coins, des installations\npour joueurs de dames ou d'échecs. Une autre salle\nsert de remise du piano à queue d'antan, - ô ballades\nincurablement romanesques de Chopin, encore une\ngénération que vous avez enterrée, tandis que la jeune\nfille qui vous joue ce matin, aime, croit que l'amour\nn'a pas été connu avant elle, n'a pas été connu avant la\nvenue de son cœur distingué et dépareillé, et s'api-\ntoie, ô ballades, sur vos exils incompris. Nul ne sou-\nlève plus aujourd'hui la draperie à fleurs fanées qui\ncouvre ce piano d'antan; mais les courants d'air des\nbelles soirées hasardent d'étranges arpèges d'harmo-\nnica sur les stalactites de cristal de ce lustre qui éclaira\ntant d'épaules bien nourries dansant sur les airs cou-\npables d'Offenbech.\nAh! mais, de la terrasse du coupable casino d'antan,\non a vue sur une saine et drue pelouse verte de lawn-\ntennis où toute une jeunesse en vérité moderne, mus-\nclée, douchée et responsable de l'Histoire, donne\ncours à ses animals spirits, les bras nus, le torse altier\net responsable devant des Jeunes filles instruites et\nlibres qui vont, boîtant élégamment avec leurs chaus-\nsures plates, tenant tête au grand air et à l'homme,\nau lieu de cultiver leur âme immortelle et de songer à",
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     "texte": "54\nLa Vogue.\nla mort, ce qui, avec la maladie, est l'état naturel des\nchrétiens.\nAu-delà de cette verte pelouse de jeunesse moderne,\nles premières collines, et la chapelle grecque aux cou-\npoles dorées, avec ses caveaux où l'on relègue tout ce\nqui meurt de la famille des princes Stourdza.\nEt puis la villa X., où boude, peu lettrée d'ailleurs,\nune reine catholique déchue, chez qui l'on s'inscrit de\nmoins en moins, et qui croit toujours achalander,\ncomme autrefois, la localité de sa présence.\nEt puis des collines, des sites de chromo retouchés\nde donjons romantiques et de cottages à croquer.\nEt sur cette folle petite ville et son cercle de\ncollines, le ciel infini dont j'ai fait mon deuil.\nLe comité des fêtes va bien: nuits vénitiennes, enlè-\nvements d'aérostats (l'aéronaute s'appelle toujours\nKarl Securius), carrousels d'enfants, séances de spiri-\ntisme et d'anti-spiritisme; toujours avec ce brave\norchestre local que rien au monde n'empêcherait\nd'aller chaque matin aux Sources, à 7 h. 1/2, jouer\nson choral d'ouverture de la journée (ceci pour la\ncolonie anglaise), puis, l'après-midi sous les acacias\nde la Promenade (oh ! les soli de la petite harpiste qui\nse met en noir, et se pâlit avec de la poudre, et lève\nles yeux au plafond du Kiosque pour se faire enlever\npar quelque exotique névropathe à l'âme frémissante\ncomme une harpel), puis, le soir, dans la lumière élec-\ntrique obligée (oh! la marche d'Aida sur le cornet à\npiston vers les étoiles indubitables et chimériques !...).\nDonc, en définitive, cette petite station de luxe, la\nvoilà; comme une ruche distinguée, au fond d'une val-\nlée. Tous, des couples errants, riches d'un passé d'on\nne sait où; et point de prolétaires visibles. (Oh! que",
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     "texte": "La Vogue.\n55\nles capitales fussent de fines villes d'eau!) rien que des\nsubalternes de luxe, grooms, cochers, cuisiniers blancs\nsur le pas des portes le soir, conducteurs d'ânes,\npiqueurs de vaches laitières pour phtisiques. Et toutes\nles langues, et toutes les têtes que monte la civilisation.\nEt au crépuscule, à la musique, vraiment quand,\nbaillant un peu, on lève les yeux et voit cet éternel\ncercle de collines bien entretenues, et ces promeneurs\nqui tournent avec des sourires pâles, on a à la folie le\nsentiment d'une prison, d'une prison de luxe, au préau\nde verdure, et que c'est tout des malades déposés là,\ndes malades de romanesque et de passé, relégués là\nloin des capitales sérieuses où s'élabore le Progrès.\nJe soupais tous les soirs sur la terrasse, non loin de\nla table de la princesse T... qui croyait faire de l'esprit\n(quelle erreur !) parmi ses familiers qui le croyaient\ncomme elle (erreur ! erreur!); - moi, je regardais le\njet d'eau jaillir célestement et damnablement vers\nl'étoile de Vénus qui se levait à l'horizon, tandis que,\néveillant les échos de la vallée, montaient des fusées,\ndes fusées telles que d'autres jets d'eau encore mais\nplus congénères des étoiles, des étoiles aussi indubi-\ntables et chimériques à ce jet d'eau et à ces fusées\nqu'à la marche d'Aida fulminée nostalgiquement par ce\nroseau pensant de cornet à piston. - C'était ineffable\ncomme tout, ces soirées-là,\nO petite ville, vous avez été mes seules_amours, mais\nen voilà assez. Depuis qu'elle (Elle) est décédée, je n'y\nreviens guère, je ne m'y frotte guère; ce n'est pas\nsentimentalité (bien que la sentimentalité ne soit pas ce\nqu'un vain peuple pense), mais un je ne sais quoi qui\nn'a de nom dans aucune langue.",
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     "texte": "56\nLa Vogue.\nCe fut le jour de la Fête-Dieu.\nDepuis le matin les vieilles cloches carillonnaient.\nMais ces cloches divines contrastaient trop avec certains\nintérêts de mesquine réclame. En effet, il devait y avoir\nprocession, la Grand'place en était la principale station,\net sur cette grand'place, tous les ans, les deux hôtels\nd'Angleterre et de France réveillaient les pénibles riva-\nlités de Waterloo et du Grand-Prix, dans la mise en\nscène de leurs reposoirs. L'opinion publique (vox\npopuli, vox Dei) donna cette fois encore la palme à\nl'hôtel d'Angleterre. Et, de fait, outre l'arrangement\nclassique, sur le tapis à tringles de cuivre couvrant les\nmarches du perron, des quatre tableaux de sainteté\navec jardinières de table-d'hôte et candelabres toutes\nbougies allumées au soleil de juin, voilà que ce repaire\nde fils d'Albion exhibait au haut de la dernière marche,\ndans un fouillis d'éventails de palmiers, une sainte\nThérèse (la patronne de l'endroit), dont l'hystérique\nrococo polychromé tirait malsainement l'œil, tandis que\nl'hôtel de France n'avait su que renchérir sur ses orgies\nde fleurs de l'année d'avant.\nIl est vrai que, au troisième angle de la grand'place,\nl'hôtel de la duchesse H. interposait, pour la sauve-\ngarde du bon ton et l'édification des masses, la séré-\nnité supérieure d'un reposoir à lui: trois bonheur-du-\njour supportant, parmi des pivoines, des plumes de\npaon et des bougies roses, entre une Sainte-Famille de",
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     "texte": "La Vogue.\n57\nTiepolo et une Madeleine attribuée à Lucas Cranach,\nle blason de la noble dame, brodé sur écu de peluche\namarante.\nN'importe, il n'y eut qu'une voix pour proclamer la\nvictoire de l'Angleterre. Mais victoire brutale, victoire\nde clinquant et de paganisme impressionniste, victoire\néphémère. Tandis que le reposoir de l'hôtel de France,\nsans vouloir discuter l'à-propos de ses charmantes cor-\nbeilles de lys (qui ne filent pas) allait être le théâtre\nd'une seconde édition plus esthétique du Miracle des\nRoses, du moins aux yeux de celle qui en fut l'héroïne,\ntouchante et typique créature trop tôt enlevée à l'affec-\ntion des siens et au dilettantisme de ses amis.\nSur la grand'place où les hôtels d'Angleterre et de\nFrance sont à réveiller les pénibles rivalités de Water-\nloo et du Grand-Prix, et qui va être la principale\nstation de la procession de la Fête-Dieu, stationnent\ndéjà au soleil des groupes d'étrangers flambant à mode\nque veux-tu (au lieu de cultiver leur âme immor-\ntelle, etc.) et de simples gens locaux.\nC'est beau, çà, au grand soleil de juin, mais voici\nun être de crépuscule.\n-\n-\nÉtes-vous bien ainsi, Ruth ?\nOui, Patrick.\nSous le péristyle d'entrée de l'hôtel, la jeune malade\ns'allonge en sa chaise longue, son frère Patrick l'enve-\nloppe bien de plaids, tandis que le portier galonné,\navec une giflable obséquiosité, installe à sa gauche un\nparavent.\nPatrick s'assied au chevet de sa sœur; il tient son\nmouchoir diaphane comme un parfum, sa bombonnière\nde cachou à l'orange, son éventail (8 ironie, et triste\ncaprice de la dernière heure !), son flacon de musc",
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     "texte": "58\nLa Vogue.\nnaturel (le dernier réconfort des mourants), il tient ces\ntristes accessoires du rôle de sa sœur, constamment au\nservice de ses regards, des regards déjà réinitiés aux\naltitudes originelles d'au-delà la vie (la vie, cette diète\nde néant), des regards occupés en ce moment à médi-\nter sur la nuance de mains aux phalanges tristement\nnacrées.\nRuth n'a jamais été mariée ou fiancée, mais son\nannulaire gauche aux phalanges tristement nacrées\nporte une alliance, fort mince il est vrai (encore\nquelque mystère).\nIdéale agonisante, trop tôt enlevée au dilettantisme\nde ses amis, en sa robe gris de fer aux longs plis\ndroits, un carrick de fourrure sur les épaules, haut col\nde dentelle blanche à broche faite d'une vieille et mince\npièce d'or aux trois fleurs de lys, cheveux d'ambre\nroux massés sur le front et minutieusement tressés en\ndoux chignon plat à la Julia Mammea sur la nuque\npure, yeux effarés, bons mais inapprivoisables, petite\nbouche gourmande mais exsangue, air trop tard, trop\ntard adorable?\nElle dit, sans doute pour s'écouter dire encore\nquelque chose.\n- Ah, Patrick, le bruit de ce gave me fera\nmourir...\nA côté de l'hôtel, cascade, en effet, le gave.\n-\nAllons, Ruth, ne vous faites pas des idées.\nAlors elle fourrage, pour s'étirer l'humeur, dans les\nfades roses-thé (le médecin lui a défendu les roses\nrouges couleur de sang) jonchant sa couverture à da-\nmier noir et blanc, puis conclut comme toujours,\nmais avec une moue finement martyre qui dissipe tout\nsoupçon de pose :",
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     "texte": "La Vogue.\n59\n-\nFaible, Patrick, faible en vérité comme un sachet\néventé...\nC'est le frère et la sœur, mais de mères différentes\n(très différentes), lui son cadet de quatre ans, adoles-\ncent et noble comme un vert sapin de son pays; ils sont\ndescendus il y a deux mois dans cet hôtel dont ils\nhabitent un pavillon retiré.\n- Faible, Patrick, faible comme un sachet éventé...\nTrop puse, en effet pour vivre, trop nerveuse pour\nvivotter, mais aussi trop de diamant pour se laisser\nentamer par l'existence, l'inviolable Ruth, tel un sachet\ns'évente peu à peu, de stations d'hiver en stations d'hi-\nver, vers le soleil ami des cimetières, des décomposi-\ntions et des poupées de cire vierge.\nL'an passé on la vit aux Indes, à Darjeeling, et\nc'est là, oh ! juvénile phtisique, que sa tuberculose\ns'est condimentée d'hallucinations. Ceci à la suite d'un\nétrange suicide dont elle, déjà pourtant retirée des\nconflits de ce bas monde sanguin, s'est trouvée, par\nune nuit de lune au fond d'un jardin, improvisée l'ins-\npiratrice éperdûment inconsciente et l'unique témoin.\nDepuis cette nuit-là, dans le fin sang de poitrinaire\nqu'elle crache elle croit toujours voir le sang rouge et\npassionné, le sang-même de l'énigmatique suicidé, et\nlui délire des choses concises et poignantes.\nPhtisique, hallucinée, quoi qu'il en soit du fond de\ntout ce romanesque, la jeune dame « n'en a pas pour\nlongtemps », comme on se permet de le siffloter dans\nles sous-sols de l'hôtel, à l'office (cet étage est sans\npitié).\nOr, ainsi qu'en un rêve qui interrompt, pour une\nsaison ou deux, ses voyages personnels et son déve-\nloppement de héros, le bon Patrick suit, d'un œil fata-",
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     "texte": "60\nLa Vogue.\nliste, les mourantes, mourantes aurores des taches\nhectiques aux pommettes de sa sœur et des lunules de\nsang à ses mouchoirs. Il ne vit que penché sur le bord\nde ses yeux, tantôt aigus comme ceux des inapprivoi-\nsables oiseaux des Atlantiques, tantôt en brouillard de\ngoudron, penché sur les veines bleuâtres de ses tempes,\nbleuâtres-comme des éclairs de chaleur, la servant à\ntable, la promenant, lui apportant chaque matin un\nbouquet sans soucis, lui montrant des images coloriées,\nlui jouant au piano les petites choses norwégiennes\nd'un album de Grieg, lui faisant des lectures d'une voix\nspontanée.\nJustement Patrick, en attendant l'arrivée de la pro-\ncession, et pour ne pas faire attention à quelques\ngrossiers indiscrets stationnant trop près au bas du\nperron, achève à sa sœur une lecture de Séraphita.\n-\n...\n<< Comme une blanche colombe, une âme\ndemeura un instant posée sur ce corps... »\n-\nC'est facile à décrire ! dit Ruth; non, c'est déci-\ndément de la basse confiserie séraphique, cette étude ;\nça sent Genève où ça a été composé. Et ce messager\nde lumière qui a une épée et un casque! Pauvre,\npauvre Séraphita; non, ce Balzac au cou de taureau ne\npouvait pas être ton frère.\nEt sublime de réserve, Ruth se remet à fourrager\nd'une main dans les roses-thé qui jonchent le damier\nnoir et blanc de sa couverture, jouant de l'autre avec\nune étrange plaque émaillée qui semble cadenasser\nd'ésoterisme sa poitrine sans sexe.\nÉtrange, étrange, en eſſet, cette plaque d'émail\nqu'elle caresse sur sa poitrine sans sexe. C'est un émail\nchamplevé, d'un goût barbare et futur, un énorme et\nsplendide œil de queue de paon sous une paupière hu-",
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     "texte": "La Vogue.\n61\nmaine, le tout encadré de cabochons exsangues. A Pa-\nris, un jour de mai, au Bois, un pauvre diable, que\ndepuis quelque temps Ruth trouvait toujours sur son\nchemin, sortit d'un buisson, suivit sa voiture, et jeta à\nses pieds cette plaque d'émail, en lui disant d'une voix\ntoute naturelle: - « Pour vous seule, en vous faisant\nobserver que le jour où vous la quitteriez je me\nsoustrairais à la vie. »\nOr, un soir, comme elle entrait dans un salon, un\nmonsieur s'évanouit à son aspect. Revenu à lui, ce\nmonsieur balbutia que c'était, non pour elle, mais pour\nla plaque d'émail qu'elle portait sur la poitrine, et qu'il\nla priait de la lui céder pour sa collection. Ruth refusa,\nraconta l'histoire, donna tout ce qu'elle savait du signa-\nlement de ce fou. L'amateur se mit en quête, échoua,\nlanguit, vint un jour chez Ruth et y rendit à la grande\nnature sa pauvre âme d'amateur de choses artificielles.\nEt voilà le grand secret lâché. Cette Ruth, cette\ncharmante agonisante a, par une insondable fatalité,\npassé sa vie à répandre le suicide sur son fin sentier.",
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     "texte": "62\nLa Vogue.\nAvant de venir attrister cette petite ville d'eaux,\nRuth, opérait à Biarritz, et malgré son horreur du sang,\nelle voulut voir une course de taureau à San Sebastian.\nRuth et son imperturbable frère se trouvaient au-des-\nsus du toril, dans la loge du gouverneur. Ah! comme\nelle vibrait décemment, en sa large toilette d'étamine\nthé, toilette sommairement drapée, sans plissés ni\nvolants, hâtivement bâtie avec l'en-allé bâclé d'un lin-\nceul, pour ne pas insulter, semblait-il, par une coupe\ntrop accusée, un fini trop résistant, à la désagrégation\nimmortelle et sans défense de celle qui devait la porter.\nIl faut admettre que le sang bestial qui coulait là, bu\nlentement par le sable de l'arène, supplantait celui de\nson cauchemar normal.\nDécemment, sans un haut-le-cœur, elle avait exulté\ndéjà devant six haridelles éventrées à l'aveugle, quatre\ntaureaux (petits, noirs, de cinq ans, valant bien mille\ndeux cents francs pièce) lardés d'entailles et finalement\nenferrés, et deux banderilleros culbutés, l'un même\nblessé à la cuisse. Elle retenait chaque fois le bras du\ngouverneur-président, quand le cirque entier lui inti-\nmait, de ses mille mouchoirs agités, d'agiter le sien\npour faire cesser le massacre des chevaux des picadores\net appeler les banderilleros.\n-\nOh! pas encore, signor presidente, un engage-\nment encore, c'est le plus beau...\nAu cinquième taureau une bordée de quolibets",
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     "texte": "La Vogue.\n63\ns'était abattue sur le trop faible signor presidente; deux\nchevaux gisaient râlant tendrement dans les pattes\nl'un de l'autre attendant qu'on les achevât, on en rame-\nnait deux autres perdant des paquets de boyaux. Enfin,\nsur un signe, les lourds picadores vêtus de jaune se\nretirèrent, et le taureau se trouva seul, dans un silence\nsoudain, on face du banderillero qui l'attendait, ses\ndeux enrubannées javelines en arrêt. Il saignait de\nmaintes éraflures très réussies (c'est-à-dire à fleur de\nchair pour exaspérer sans affaiblir). Il bondit, puis\ntourna court, revenant flairer et retourner de ses pe-\ntites cornes les masses flasques des deux chevaux\ngisants, et se campant devant eux, le front bas, comme\ncherchant à comprendre. En vain, le banderillero,\nposant, l'appelait, le gouaillait, lui lança même son\nbonnet à grappes de soie noire dans les pattes, le tau-\nreau s'obstinait à chercher, fouillant le sable d'un sabot\ncolère, tout hébété de ce champ clos et bruyant et\nbrillant où il n'éventrait que des rosses aux yeux ban-\ndés ou de rouges flottantes loques.\nUn capador enjamba la barrière et vint lui lancer au\nmufle une outre vide; on applaudit.\nEt alors, voilà que soudain, devant ces vingt mille\névantails palpitant dans un grand silence d'attente à\nsplendide ciel découvert, cette bête s'était mise, le col\nostensiblement tendu vers Ruth et comme si seule elle\nétait cause de toutes ces vilaines choses, à pousser au\nloin des pacages natals un meuglement si surhumaine-\nment infortuné (si génial, pour tout dire), qu'il y eut\nune minute de saisissement général, une de ces minutes\noù se fondent les religions, tandis qu'on emportait éva-\nnouie et délirante la belle dame de la loge présiden-\ntielle.",
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     "texte": "64\nLa Vogue.\nEt la belle dame reprenait de façon déchirante son\nrefrain:\n-\nLe sang, le sang... là, sur le gazon; tous les\nparſuns de l'Arabie...\nEt, naturellement, Ruth ayant passé par là, l'héca-\ntombe de taureaux et de chevaux devait se compléter\nbien étrangement, en ce jour. Oui, ce signor presi-\ndente qui voyait notre jeune et typique héroïne pour la\npremière fois et sans autrement la connaître, cet être\nsingulier, avec sa face de fièvre jaune et ses lunettes d'or,\nimpassible et somnolent créole devant les exigences et\nles quolibets de tout un cirque, se suicida le soir-même,\nlaissant à l'adresse de Ruth, avec quelques bibelots\n(souvenirs de l'exil consulaire aux colonies, exil qui lui\navait fait sa lasse et étrange âme, disait-il), une énigma-\ntique et noble lettre qu'heureusement Patrick put inter-\ncepter, renonçant d'ailleurs à saisir l'à-propos de cette\népidémie de bizarres scènes.\nEt qui les conçut jamais, sinon Celui qui règne dans\nles cieux ?\n(A suivre.)\n38\nJULES LAFORGUE.",
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     "texte": "WRONSKI\nET L'ESTHÉTIQUE MUSICALE\n(Suite.)\nIci notre auteur rappelle les expériences bien connues de\nWallis et de Sauveur sur les cordes vibrantes, ainsi que celles\nde Tartini sur le son résultant; puis il procède à l'examen ulté-\nrieur du système général de tonalité (A) pour en tirer une\ngamme ou échelle musicale, c'est-à-dire un système spécial de\ntonalité propre à représenter le susdit système général (A). -\nAprès avoir fait remarquer que le rang des tons, dans le sys-\ntème général (A), est toujours fixé par le nombre formant le\ndénominateur dans la fraction qui mesure la durée de leurs\nvibrations respectives, circonstance qui facilite leur corréla-\ntion, il continue ainsi :\nOr, en ne perdant pas de vue que le diapason dans\nla relation de deux ou plusieurs tons est arbitraire, et\npar conséquent que cette relation depend uniquement\ndu rapport entre les durées de leurs vibrations respec-",
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     "texte": "66\nLa Vogue.\ntives, on reconnaîtra facilement que ce rapport des\ndurées, en le considérant sous un point de vue algo-\nrithmique, doit former ce que l'on nomme un rapport\ngéométrique, c'est-à-dire un rapport résultant de la\ndivision de l'une par l'autre des deux durées que l'on\ncompare; car ce n'est que dans cette considération\nalgorithmique que le rapport entre les durées des vibra-\ntions respectives de deux ou de plusieurs tons demeu-\nrera numériquement constant ou identique, lors même\nque le diapason de ces tons, c'est-à-dire leur plus ou\nmoins grande élévation commune aura varié ou sera\ndifférente. - Il n'en serait pas de même si, pour fixer\nnumériquement la relation de deux ou de plusieurs tons\nconjoints, on voulait mesurer les durées relatives de\nleurs vibrations par ce que l'on nomme leur rapport\narithmélique, c'est-à-dire le rapport résultant de la sous-\ntraction de l'une de l'autre des deux durées que l'on\ncompare; car cette différence arithmétique des durées\nvarie manifestement lorsque le diapason du système des\ntons que l'on veut comparer vient à varier, et cela pré-\ncisément dans le cas où la relation esthétique entre ces\ntons demeure identique, c'est-à-dire dans le cas où le\nrhythme entre les durées de leurs vibrations respec-\ntives ne change pas, ce qui a lieu lorsque la durée\ndes vibrations de l'un de ces tons étant prise pour\nunité, les durées des vibrations des autres tons sont\nconstamment mesurées par les mêmes nombres.\nIl s'ensuit que la véritable relation esthétique d'un ou",
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     "texte": "La Vogue.\n67\nde plusieurs tons conjoints, formant un système quel-\nconque de tonalité, se trouve nécessairement exprimée\npar le rapport géométrique entre les durées des vibra-\ntions respectives de ces tons; rapport qui seul, comme\ncette relation esthétique, demeure identique, lors même\nque le diapason de ce système de tons vient à changer.\n- Or, c'est cette relation esthétique entre deux tons\nqui constitue ce que l'on nomme intervalle musical.\n- Nous en concluerons donc que la vraie mesure des\nintervalles musicaux, entre des tons différents, consiste\ndans le rapport géométrique qui se trouve entre les\ndurées des vibrations respectives de ces tons.\nMaintenant, après avoir fixé cette vraie mesure des\nintervalles musicaux pour nous acheminer vers la dé-\ntermination de la gamme ou de l'échelle musicale, c'est-\nà-dire d'un système fini de tonalité spéciale qui puisse\nreprésenter le système infini de la tonalité générale (A),\nen offrant, dans un certain ordre, les principaux inter-\nvalles qui se trouvent dans ce système universel, procé-\ndons à l'examen général des intervalles musicaux qui\ns'établissent dans ce système infini de tonalité (A).\nOr, l'intervalle musical le plus simple qui se présente\ndans le système infini de tonalité (A), est celui qui\nexiste entre les 1 et 2º tons de ce système, et qui,\ndans la relation des durées de leurs vibrations est\nmesuré par le rapport de 2 à 1. Cet intervalle s'y\ntrouve reproduit entre les tons suivants : le 2ª et le 4°;\nle 4º et le 8º; le 8º et le 16º; etc...; de plus, entre le",
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     "texte": "08\nLa Vogue.\n3º et le 6; le 6º et le 12\"; le 12º et le 24\"; etc...; de\nplus, entre le 5º et le 10°; le 10\" et le 20\"; le 20º et\nle 40°; etc., et ainsi de suite à l'indéfini.\nC'est cet intervalle le plus simple que l'on nomme\noctave, par la raison que pour former le système fini de\ntonalité spéciale, constituant la gamme ou échelle mu-\nsicale telle qu'on l'a fixée à posteriori, et telle que\nnous cherchons ici à la fixer à priori afin d'avoir une\ngamme ou échelle rationnelle, on place huit tons dans\ncet intervalle musical, ainsi que nous le verrons ci-\naprès.\nAvant de poursuivre cet examen des intervalles\nmusicaux que présente notre système général de tona-\nlité (A), nous allons établir ici, pour terme de com-\nparaison de tous les autres, l'intervalle le plus simple,\nnommé octave, que nous venons de reconnaître, et\ndont la mesure est fixée par le rapport, également le\nplus simple, savoir de 2 à 1, entre les durées des\nvibrations des deux tons qui forment cet intervalle\nfondamental.\nBien plus, en reconnaissant ainsi cet intervalle\ncomme base de tous ceux que présente le système gé-\nnéral de tonalité (A), et cela tout à la fois et à cause\nde la simplicité absolue de son rapport de 2 à i et de\nsa position primordiale dans ce système (A), et en\nconsidérant de plus que cet intervalle est le plus grand\nparmi tous les intervalles consécutiſs qui composent\nle système infini (A), on comprendra que tous ces",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "La Vogue.\n69\nintervalles consécutifs forment des parties quelconques\nde l'intervalle caractéristique que nous venons de fixer\ncomme base, et l'on concevra alors l'idée de ce que\nceux de ces intervalles consécutifs qui forment sensi-\nblement des parties aliquotes de cet intervalle fonda-\nmental, constitueront avec lui, et nommément dans son\nétendue, un système spécial de tons qui sera la véritable\ngamme ou échelle musicale que nous cherchons. En\neffet, ce système spécial de tonalité, en ne contenant\nque des tons dont les intervalles pris dans le système\ngénéral de tonalité (A) forment des parties aliquotes de\nl'intervalle fondamental de ce système infini, constituera\nmanifestement un système fini de tons dont la relation\ngénérale sera esthétique, puisque leurs intervalle s res-\npectiſs, comme parties symétriques du système infini (A),\nauront entre eux une véritable dépendance ou liaison\nrhythmique.\n-\nTelle est donc la génération philosophique, c'est-à-\ndire la création primitive de l'idée de la gamme ou de\nl'échelle musicale.\nNous pourrons ainsi, en suivant\nce principe philosophique, construire avec facilité, non\nseulement toutes les gammes que divers peuples ont\nadoptées successivement, mais de plus la gamme la\nplus parfaite qu'il soit possible de former. Il suffira\npour cela, comme nous nous sommes proposés plus haut\nde le faire, d'examiner tous les intervalles consécutifs\ndu système général de tonalité (A), en les comparant\navec son intervalle fondamental, et de fixer ainsi, plus",
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     "texte": "70\nLa Vogue.\nou moins parfaitement, suivant tous les aspects pos-\nsibles, des systèmes spéciaux de tonalités compris dans\ncet intervalle fondamental, et composés de tons dont\nles intervalles respectifs soient plus ou moins exac-\ntement des parties aliquotes de ce mème intervalle fon-\ndamental.\nIci Wronski établit le principe métaphysique du système fini\nde tonalité, principe dépendant de la spontanéité ou des con-\nditions intellectuelles du ton, de ces conditions supérieures\nqui constituent de plus la relation esthétique des intervalles des\ntons.\nEn considérant dans le système infini (A), deux tons dont\nles durées des vibrations soient I/m et 1/n, en supposant\nn> m, l'intervalle compris entre ces tons sera mesuré par le rap-\nport géométrique de n à m; et si l'on désigne par & la partie que\ncet intervalle forme relativement à l'intervalle fondamental qui\nest mesuré par le rapport géométrique de 2 à 1, c'est-à-dire rela-\ntivement à l'octave prise pour terme de comparaison de tous les\nintervalles en question, on aura, pour la détermination de la\npartie 5, l'équation\n(B)1\nξ\n=\nn\ndu\n(B)\nLn-Lm\nLa\nen dénotant par la caractéristique L, le logarithme pris dans un\nsystème quelconque. - Ainsi, d'après le principe actuel (B),\nou (B),, il faut que la quantité & soit sensiblement un nombre\nrationnel pour que l'intervalle entre les deux tons 1/m et 1/n\nsoit esthétiquement comparable avec l'intervalle fondamental\nconstituant l'octave. - Remarquons que l'expression (B), de ce\nnombre forme une fonction logarithmique, et par conséquent",
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     "texte": "La Vogue.\n71\nqu'il ne saurait généralement être un nombre rationnel. Mais\ns'il existe des limites pour notre audition esthétique, condition\nque nous constaterons incessamment, et si les deux tons dans\nl'intervalle desquels il n'existe plus pour l'homme de distinction\nesthétique ou de distinction de tonalité, sont 1/4 et 1/v, en\nsupposant que v > µ, il est manifeste que, dans ces limites\nde la distinction esthétique, l'équation (B), servant à déter-\nminer la quantité aura, pour limites numériques :\n(c), ()=;\net\nξ\n()=\nvm\n;\nμη\nde sorte que cette quantité se trouvera comprise entre les\ndeux limites..... (C)2\n\"\nLn-Lm+Lp-Lv\nL2\nLn-Lm+Lv-Lµ\nL2\net c'est dans ces limites ' et que la quantité en question\ndoit être un nombre rationnel pour que l'intervalle entre les\ndeux tons 1/m et 1/n soit esthétiquement comparable avec l'in-\ntervalle fondamental constituant l'octave. - Pour simplifier l'ex-\npression (C) 2 des limites esthétiques du nombref, faisons\nauxiliairement (C)3\nλ\nLv-L4\nL2\nEn remarquant que cette quantité demeure constante dans la\ndétermination générale (B)2 ou (C)2 des nombres f, et qu'elle\nforme ainsi la vraie limite esthétique de ces nombres, nous\naurons alors généralement, pour les limites esthétiques des\nnombres E, les expressions..... (C)4",
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     "texte": "72\nLa Vogue.\nξ\nLn-Lm\nL2\nλ\nLn+Lm\nL2\n+\net ce sont ces expressions qui formeront les conditions anthro-\npologiques du principe philosophique (B), qui, joint à notre\nprincipe fondamental (A) du système général de tonalité, doit\nnous conduire à la détermination du système spécial de tonalité,\nconstituant la gamme ou échelle musicale. Aussi, avant de\nprocéder ultérieurement à cette détermination à priori de\nl'échelle musicale ou du système spécial de tons qui forment\ncette échelle, remarquons ici expressément que cette déter-\nmination philosophique se trouvera ainsi fondée uniquement sur\nles deux principes métaphysiques (A) et (B), servant à établir, le\npremier (A) le système infini de tonalité dépendant de l'inertie\nou des conditions physiques du ton, de ces conditions inférieures\nqui constituent simplement la relation esthétique des tons eux-\nmêmes; et le second (B) le système fini de tonalité dépendant\nde la spontanéité ou des conditions intellectuelles du ton, de\nces conditions supérieures qui constituent la relation esthé-\ntique des intervalles de tons.\n38\n(A suivre.)\nVu l'abondance des matières, est renyoyée au prochain\nnuméro la suite de l'article: la Science et la\nPhilosophie en Art, de M. Celen Sabbrin, traduit\npar M. Charles Vignier.\nL'Administrateur-Gérant: GUSTAVE ΚΑΗΝ.",
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