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     "texte": "AH POURQUOI\nVOS LÈVRES ENTRE LES COUPS DE HACHE\nDU ROI\n-\nEt votre chevelure comme des grappes d'ombres\nEt ses bandelettes à vos tempes,\nEt la kabbale de vos yeux latents, -\nMadeline-aux-serpents, Madeline.\nMadeline, Madeline,\nPourquoi vos lèvres à mon cou, ah! pourquoi\nVos lèvres entre les coups de hache du Roi;\nMadeline, et les cordaces et les flûtes,\nLes flûtes, les pas d'amour, les flûtes, vous les voulûtes.\nHélas, Madeline, la fête, Madeline,\nNe berce plus les flots au bord de l'Ile,\nEt mes bouffons ne crèvent plus des cerceaux\nAu bord de l'Ile, pauvres bouffons,\nPauvres bouffons que couronne la sauge!\nEt mes litières s'effeuillent aux ornières, toutes mes\nlitières à grands pans\nDe Nonchaloir, Madeline-aux-serpents.\nJEAN MORÉAS,",
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     "texte": "LE MIRACLE DES ROSES\n(Suite.)\nIV\nLes cloches ayant repris haleine comme des per-\nsonnes, s'étourdirent encore un coup au sein de la\nNature irraisonnée qui ne sait même pas si elle est\nplus «naturée » que « naturante », et n'en joint pas\nmoins les deux bouts comme on sait.\nOn sentait approcher, en rumeur, la procession de\nCelui qui règne dans les cieux. On entendait la mu-\nsique. La procession parut.\nD'abord deux enfants de chœur à robe garance, por-\ntant, de l'air traditionnel et blasé, l'un l'encensoir, l'au-\ntre la haute croix de vieil argent. Puis, dans un piéti-\nnement de troupeau, une école de gamins, deux par\ndeux, endimanchés par de pauvres mamans qui se sur-\npassèrent, tous tenant le livre de cantiques ouvert au\nfond de leur chapeau, piaulant traînardement des lita-\nnies vers les acacias en boule de la Promenade. Les\ndeux premiers, mis comme de petits bouts de bourgeois",
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     "texte": "La Vogue.\ninfluents, arboraient une lourde bannière de moire usée\ndont deux autres, moins influents, tenaient les glands.\nA un moment, le père de l'un d'eux, sortant de la haie\ndes spectateurs, s'avança dans les rangs, et, avec sa\nbrosse à barbe et un air « de la paroisse », remit en\nvigueur la raie pommadée du touchant Éliacin. Les\nquatre derniers de ce troupeau, les plus grands et tout\npâlots dans leur costume noir de communiants pré-\ntaient l'épaule aux brancards d'une civière où une Pietà;\nstyle rue Saint-Sulpice était. Quatre chantres à gibus\nroussis, gantés sans parcimonie, une violente écharpe\nen sautoir, surveillaient le tout, allant et venant, un\npoing sur la hanche, tels des sergents d'armes.\nPuis, venaient des fillettes, angelots en sucre d'orge,\ntout en blanc ceinturé d'azur, les bras nus, frisées et\nde muguets couronnées, portant des corbeilles pleines\nde pétales à semer; quelques bourgeoises cossues les\nescortent d'une ombrelle maternelle.\nPuis, un pensionnat, en toilettes simples mais non\nd'uniforme, chantant un cantique d'une voix peu brave,\npuis une cohue de rosières en blanc, quelque congré-\ngation d'Enfants de Marie, couronnées, gantées, exces-\nsivement décentes, convoyant çà et là une bannière,\nquelque civière à idole plastique, de vagues reliques de\nclocher. En blanc encore, une théorie recueillie de\ncommuniantes voilées à longs plis, les yeux baissés,\nles mains jointes en pointe, murmurant d'un commun\naccord des choses apprises par cœur. (Ah! quand le\ncœur y est...)\nAlors s'avançait, solide, précédé du corps des\npompiers, l'orphéon, un orpheon de paysans boucanés,\nen redingotes et gibus; cuivres bosselés dans des\nretours de bals de noces, clarinettes de Jocrisse à la",
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     "texte": "112\nLa Vogue.\nfoire, et futaille de la grosse caisse dont la peau portait\ndes bleus, leur carton de musique fiché, sale de mani-\npulé, à l'instrument même. Ils équarrissaient en ce\nmoment la marche nuptiale du Songe d'une nuit d'été\nde Mendelsohn.\nEncore quatre fillettes choisies, avec leurs corbeilles\npleines de pétales de roses à semer, et c'était enfin, ses\nquatre hampes tenues par des gens de poids, le dais\nrose à franges d'or abritant l'ecclésiastique officiant,\nlequel, pompeux au dehors mais en lui-même anéanti,\noffrait à ses fidèles de grand chemin le soleil légendaire\ndu Très-Saint-Sacrement.\nEt le dais fit halte devant le reposoir de l'hôtel de\nFrance! O pas étouſſés d'onction, silence en plein\njour au soleil, sonnette tintant grêle et sacrée comme à\nla messe au moment de l'élévation, coups d'encensoir !\nCe Saint-Sacrement était évidemment le clou de la\nprocession.\nLes messieurs s'étaient découverts, nombre de dames\ns'agenouillaient au bord du trottoir. Nul élégant scep-\ntique ne prit la parole. O silence en plein jour au\nsoleil, sonnette tintant grêle et sacrée comme à la messe\nau moment de l'élévation, encensoirs élevés par nuages\nd'hommages! Tout le monde était aux anges.\nMais pour Ruth, l'infortunée et typique héroïne que\nj'ai assumée, ce silence fascinant à crier, cette sonnette\ngrêle et implacable comme au jugement dernier, n'est-\nce pas l'appareil des tragiques vallées d'outre-tombe\noù erre l'autre, le suicidé, avec son trou au front ?...\nElle déjoint ses mains fébrilement pieuses et, s'accro-\nchant au bras de son frère, se remet à vagir du fond de\nses limbes somnambulesques :\n-\nLe sang, le sang, là, sur les gazons l... Tous les",
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     "texte": "La Vogue.\n113\nparfums de l'Arabie... O Patrick, si seulement je\nsavais pourquoi moi plutôt qu'une autre dans ce vaste\nmonde où notre sexe est en majorité ?...\nPatrick lui caresse les mains, lui donne son flacon\nde sels de musc, doucement, attendant sans scandale,\nmême la sentant bientôt évanouie.\nLe prêtre porteur du Saint-Sacrement se tourne\nostensiblement un instant vers la riche jeune malade,\net la gratifie à distance d'un renuement de lèvres de\nson saint ministère. Et, au même moment, on voit une\npetite fillette, poussée par un jeune homme qui radieux\net crispé se tient là, sortir des rangs, et, rouge de\nhonte, mais comme subissant des ordres terribles,\nmonter le perron et venir effeuiller autour de la chaise-\nlongue de la pauvre évanouie toutes les roses roses de\nsa corbeille. (Elle faillit d'ailleurs tomber en redescen-\ndant.)\nIl y a dans la vie des minutes absolument déchi-\nrantes, déchirantes pour toutes les classes de la société.\nCelle-ci n'en fut pas, mais il en est; et l'exception ne\nsaurait que confirmer la règle.\nLa procession se remettait en marche, le Saint-Sacre-\nment allait maintenant encenser la Sainte-Thérèse d'un\nhystérique rococo polychromé de l'hôtel d'Angleterre,\navant d'encenser à son tour le blason-reposoir de la\nduchesse H. Les cantiques avaient repris en tête, et la\nqueue de la procession défilait.\nElle défilait la queue de la procession. D'abord les\nvalets de la reine déchue; puis, sur deux files, tout un\nsénat de bourgeois, chapeau à la main, indélébilement\nstigmatisés par leurs métiers, des apoplectiques bou-\nchers aux pâtissiers pâles; puis, des paysans, voûtés,\nstratifiés, crânes mal venus, le béret à la main, deux",
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     "texte": "La Vogue.\nou trois avec des béquilles, quelques-uns solitaires se\nracontant des oraisons; puis les sœurs de charité,\nlarges manches en manchon, cornettes aux ailes palpi-\ntantes comme des Saint-Esprit monstrueusement empesés\npar une religion aux rites inconnus; puis des dames,\nà ombrelles, et des bonnes; puis des paysannes à\nchâles d'antan, à goîtres tannés; de distance en dis-\ntance un homme ou une femme égrenait un chapelet à\nhaute voix, tandis que les voisins murmuraient les\nrépons.\nEt la procession de la Fête-Dieu finissait par finir,\nbêtement tronquée, sur un timide groupe de bonnes.\nEt le public indépendant s'écoulait, dans la poussière\net les pétales foulés, vers les déjeuners à la carte.\nCependant Ruth s'est réveillée, tandis qu'on défait\nle reposoir. Elle regarde, elle exulte, une main sur la\nplaque d'émail qui cadenasse sa poitrine sans sexe, de\nl'autre montrant autour d'elle:\n-\nO Patrick, Patrick ! Vois des roses à la place!\nPlus de sang, mais des roses d'un sang passé et dé-\nsormais racheté ! Oh! donne-m'en une que je touche....\n- Tiens, mais c'est pourtant vrai! fait Patrick sans\ny penser, d'instinct tendre et tout à sa sœur.\nOh! du sang changé en roses....\n- Alors, il est sauvé, Patrick ?\n-\nIl est, ma foi, sauvé.\nElle emplit ses mains de ces pétales et sanglote\ndedans. Et cela s'achève en une quinte de toux qu'il faut\narroser de cet éternel sirop benzoïque.\nEt en effet, grâce aux roses, roses si à propos effeuil-\nlées là, de cette fillette anonyme, Ruth était exorcisée de\nses hallucinations, et pouvait désormais s'adonner sans\npartage au seul et pur travail de sa tuberculose, dont",
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     "texte": "La Vogue.\n115\nelle reprit le journal d'une plume trempée dans un en-\ncrier à fleurs bleues genre Delft.\nInutile de dire qu'elle ne sut jamais que, le soir-\nmême de cette Fête-Dieu, le frère de la fillette à la cor-\nbeille de roses miraculeuses se suicidait à son adresse\nsans autre témoin de l'état de son pauvre cœur que\nCelui qui règne dans les cieux.\nMais le Miracle des Roses était accompli dans toute\nsa gloire de sang et de roses ! Alléluia !\nJULES LAFORGUE.",
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     "texte": "LE POLEMOSCOPE\nOU\nLA CALOmnie deMASQUÉE\nPar la presence d'Esprit\nTRAGI-COMÉDIE EN TROIS ACTES\nPrésentée à S. A. Madame la Princesse de Clari, née Princesse de\nLigne, à son château de Toeplitz, dans l'été de l'année 1791.\nGISORS. - Supposons que je sois aimé, cela peut-être,\nmais je me demande comment vous pouvez être sûre\nque j'aime.\n-\nCOMTESSE. Évidemment, l'évidence, n'est pas du\npremier degré, mais il y a grande apparence, puisque\n(permettez que je vous parle avec candeur) on ne\npeut pas croire qu'un homme comme vous qui ne se\nse distingue pas moins par l'esprit que par d'autres\nmérites, passe, tous les jours de comédie deux heures\ndans une loge, tout seul, une lorgnette à l'œil, pour\ncontempler uniquement un seul objet, sur lequel on\nne peut pas se méprendre, s'il n'était amoureux de\nce même objet.",
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     "texte": "La Vogue.\n117\nGISORS. - Malgré que ce que vous dites paraisse vrai,\non se trompe cependant.\nCOMTESSE.\n-\nC'est-à-dire qu'on se trompe dans la\nconséquence, vous ne convenez pas d'être amoureux.\nGISORS.\n-\namoureux.\nCOMTESSE.\nVous me pardonnerez! je conviens d'être\n-\nComment pouvez-vous donc dire qu'on\nse trompe ? c'est une énigme,\nGISORS. - Effectivement le fait est un peu énigmatique.\nCOMTESSE.\nIl ne le sera plus demain, et en vérité je\nvous en fais compliment, je suis même enchanté\nd'avoir un peu contribué à cette belle solution.\n-\nGISORS. - Demain, madame, il n'en sera ni plus ni\nmoins.\nCOMTESSE. - Mais, sortir d'incertitude est toujours\nquelque chose, et outre cela vous ne vous verrez\nplus condamné à la lorgnette.\nGISORS.\n-\nJe m'en abstiendrai peut-être à l'avenir,\npour faire terminer les propos, mais je ne me trou-\nverai pas pour cela plus heureux.\nCOMTESSE. - Quoi ne vous suffit-il pas que votre\nflamme soit connue, et qu'on l'approuve ? à quel plus\ngrand bonheur pouvez-vous aspirer?\nGISORS.\n-\nSi ma flamme, madame, pouvait être connue\net partagée par l'objet que j'adore, je ne demanderais\npas au ciel un bonheur plus grand, mais ma flamme\nsera ignorée demain comme elle l'est aujourd'hui,\ncomme elle le sera jusqu'à mon dernier soupir, car\nla personne que j'aime jugerait mon feu coupable, et\nje ne dois pas en me découvrant, risquer de perdre",
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     "texte": "118\nLa Vogue.\nson estime et par conséquent les sentiments d'amitié\nque je crois de lui avoir inspirés.\nCOMTESSE.\n-\nVotre feu ne peut jamais paraître cou-\npable à la marquise, puisque vous êtes garçon et elle\nest veuve. J'ignore vos intentions et votre façon de\npenser.\nGISORS.\n-\nEt mon malheur vient précisément de ma\nfaçon de penser très honnête et de la pureté de mes\nintentions. Adieu, madame.\nCOMTESSE. (En l'accompagnant du regard jusqu'à la\ncoulisse.) - Adieu, l'oracle! Tout ce qu'il dit est\ninconcevable, parce que je sais qu'il a autant de pro-\nbité que d'esprit. Malgré tout ce que sa lorgnette\ndit, je dois croire qu'il n'aime pas la marquise, mais\nqui aime-t-il donc ?\nDEUXIÈME ACTE\nSCÈNE I\nCOMTESSE - MARQUISE.\nCOMTESSE. (Recevant des mains de la marquise la\nmême lorgnette qu'elle avait reçu de Gisors.) — Je\nne veux pas pénétrer les raisons de ta colère ma\nchère amie, et je trouve que tu me fais devenir\nl'instrument d'un caprice dans toutes les formes. Lui\nrendre ainsi cette lorgnette, me paraît même une\naction un peu malhonnête.\n-\nMARQUISE. La malhonnêteté est toute du côté de\nGisors, et la mienne n'est pas un caprice, mais une\ndémarche très conséquente, et un raisonnement",
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     "texte": "La Vogue.\n119\ndont rien n'est plus simple. Si tu as de l'amitié pour\nmoi, tu dois sans perdre le moindre temps, écrire à\nGisors de venir d'abord chez toi, et lui dire de\nbouche, net et clair de ne point se donner la peine\nde se présenter à ma porte, car on lui dirait que je\nn'y suis pas. J'aurais pu donner cet ordre, sans te\ndire rien, mais j'ai peur de te manquer, puisque ce\nfut ici que je l'ai invité à venir chez moi, et même\navec trop d'empressment dont je me repens bien.\n-\nCOMTESSE.\nMais que peut-il avoir fait depuis hier,\npour que tu te croies autorisée à lui faire un\npareil affront? J'ai observé qu'il n'est jamais sorti\nde sa loge, et après la comédie personne ne l'a vu\nchez le maréchal où je t'ai vue de mauvaise humeur.\nEst-ce quelque mauvais propos qu'on a tenu à\nl'assemblée sur son compte. Ce n'est peut-être pas\nvrai. Je t'ai toujours connue trop vive. Crois-moi,\nmodère-toi, reçois-le, dis lui tes raisons, mets-le à\nmême de se justifier, s'il le peut ou donne-toi le\nplaisir de le voir convaincu et interdit. Rends-lui\nenfin cette lorgnette toi-même.\nMARQUISE. - Sache, ma bonne, que l'affaire est d'une\nespèce, que l'indigne ne pouvait se justifier que\ntrop facilement, et ce serait une bêtise de ma part,\ncar cela ne servirait qu'à m'humilier davantage. Je\ndésire même que personne ne sache les avances que\nje lui ai faites hier, car on se moquerait trop de ma\nbonne foi.\nCOMTESSE.\n-\nMais quand je lui dirai que tu ne veux\nplus le voir, que lui dirai-je s'il m'en demande la\nraison?\nMARQUISE.\n-\nIl ne te la demandera pas, car il aura",
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     "texte": "20\nLa Vogue.\npeur que tu la saches et que tu lui en fasses les\nreproches qu'il mérite, mais s'il te les demande tu\nn'as qu'à lui dire que je l'ai dit, qu'il est un mauvais\nplaisant. Surtout rends-lui sa lorgnette.\n-\nCOMTESSE.\nJe vais lui écrire un billet sur le champ.\n(Elle se met à écrire sur la même table où elle pose\nla lorgnette.)\nCOMTE\n-\n-\nSCÈNE II\nMARQUISE - COMTESSE qui écrit.\nCOMTE.\nnous honorez d'une visite d'aussi bonne heure.\nMARQUISE.\nJe n'ai pas de secrets pour vous. J'ai\nprié votre femme de me délivrer de la visite d'un\nhomme que je ne veux plus voir.\nD'où vient donc, belle veuve, que vous\n-\n-\nCOMTE.\nEt qui est-ce donc ce malheureux disgra-\ncié qui doit recevoir cette mauvaise nouvelle de ma\nchère femme.\nMARQUISE. C'est l'adorable M. de Gisors.\nCOMTE.\n-\n-\nEffectivement adorable, que peut-il vous\navoir fait? Ma femme m'a dit qu'hier vons avez été\ntrès polie avec lui.\nMARQUISE. - C'est un fourbe qui doit avoir une très\nvilaine âme, et contre lequel j'ai des raisons aussi\nauthentiques qu'ennuyeuses.\n-\nCOMTE.\nCela peut être, ma chère marquise, mais\npermettez que j'en sois surpris, car Gisors me semble\nun modèle de sagesse.\nCOMTESSE.\n-\nVoici un billet très laconique et écrit",
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     "texte": "La Vogue.\n121\nen français. Tiens, mon mari, dis-moi s'il est bien\nécrit.\nCOMTE (lisant le billet). - « Je vous prie, monsieur le\ncomte, de ne faire aucune visite aujourd'hui, avant\nde m'avoir fait l'honneur de passer chez moi, car\nj'ai quelque chose à vous dire de très important. »\nC'est à merveille, cachète-le et Mirabeau lui portera\nd'abord, mais que lui diras-tu quand il viendra.\nCOMTESSE (en cachetant son billet). - Mirabeau!\nMIRABEAU. Madame!\n-\nCOMTESSE (en lui remettant le billet). - Allez vite et\nremettez ce billet à son adresse, mais en propres\nmains, entendez-vous. (Au comte) Ce que je lui\ndirai, ce qu'elle veut que je lui dise, de ne jamais se\nprésenter à sa porte pour la voir, car on la lui refu-\nsera. Je ne puis lui refuser ce plaisir puisqu'elle l'a\ninvité et même engagé d'y aller hier, ici, en ma\nprésence.\nCOMTE. - Pourquoi êtes-vous si changeante, ma\nbelle enfant?\n-\nMARQUISE.\nParce que votre accompli Gisors, est\nun mauvais sujet, un homme noir. Adieu, je vais\nm'habiller pour aller dîner chez le maréchal. N'ou-\nblie pas de lui rendre sa lorgnette au moins.\nMaudite lorgnette, mille fois maudite !...\nSCENE III\nCOMTESSE,\nCOMTE\n-\nCOMTE. Elle est extrêmement en colère contre la\nlorgnette. Que lui a donc fait cette pauvre lorgnette.",
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     "texte": "122\nLa Vogue.\n(Il la prend de dessus la table.) C'est un mystère\nimpénétrable.\nCOMTESSE.\n-\nImpénétrable comme tant d'autres. Tu\nconnais la marquise, légère, souvent inconséquente,\nimpétueuse dans ses démarches. Mais qu'est-ce que\ntu examines. C'est une lorgnette comme toutes les\nautres.\n-\nCOMTE.\nJe l'examine, pour découvrir ce qui peut\nlui avoir attiré les mille et une malédictions qu'elle\nlui a lançées.\n-\nCOMTESSE.\nLes malédictions vinrent de ce que ce\nfut à cause de cette lorgnette qu'elle se flatta que\nGisors l'aimait.\nCOMTE.\n-\nJe le sais, mais comment s'est-elle désa-\nbusée, s'il est vrai qu'il ne l'aime pas ?\nCOMTESSE,\nElle ne veut rien dire, mais peut-être\nqu'il me le dira lui-même.\n-\n-\nCOMTE.\nJ'en suis curieux, car rien ne m'amuse\ntant que ces fredaines. (Il lorgne à droite et à gauche\nà plusieurs reprises.) Mais voilà, tout de bon, une\nmaudite lorgnette, car elle est diabolique.\nGOMTESSE.\n-\n-\nQu'a-t-elle donc de surnaturel.\nElle a la qualité de montrer ce qu'on ne\nCOMTE.\nveut pas voir.\n-\nCOMTESSE.\nComment ! ce qu'on en veut pas voir !\nDonne ! (Elle prend des mains de son mari, la lor-\ngnette et elle regarde d'un côté et de l'autre). C'est\nbien singulier. Tu as raison. Elle est composée de\nfaçon qu'au lieu de montrer l'objet vers lequel on la\ndirige, elle en fait voir un autre qui est à droite, ou",
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     "texte": "La Vogue.\n123\nà gauche, du même objet à une certaine distance.\nAh! Ah! Ah! Quelle invention ! mais je crois qu'on\nne l'a pas inventée pour cela quoiqu'elle soit très-\napplicable à la circonstance.\nCOMTE.\n-\nC'est essentiel pour un galant politique qui\nne veut pas qu'on sache quelle est la dame de ses\npensées, mais en même temps ce peut-être une fière\nattrape, ah ! ah ! ah ! cela me fait bien rire, la pauvre\nmarquise, se trouva attrapée. Mais elle est folle si\nelle n'est fachée qu'à cause de cela.\n-\nCOMTESSE.\nLa chose est risible, mais le tour est\ncruel, si Gisors le lui a joué exprès. Il est même\nsanglant. Ma pauvre marquise, je lui pardonne.\n-\nCOMTE.\nEt moi aussi! un peu! mais je trouve\nqu'elle a tort de prendre cela au tragique. C'est une\nruse de guerre. Il me semble pourtant que Gisors\nn'est pas capable d'une pareille méchanceté, car cela\npasse la raillerie, et on ne sait pas d'ailleurs que la\nmarquise ait jamais eu affaire à lui pour lui fournir\nune bonne raison de se moquer ainsi d'elle. Tout le\nmonde sait qu'elle est bonne enfant. Je parie que\nGisors ne sait pas que c'est elle qu'il induisait en\nerreur.\nCOMTESSE.\n-\nIl le savait peut-être, et il ne s en sou-\nciait pas. Je suis curieuse d'entendre comment il\nprendra l'annonce, et comment il s'excusera.\n-\nCOMTE.\nTu m'en diras des nouvelles, mon ange,\ncar il faut que j'aille dépêcher quelque chose. Adieu\ndonc jusqu'à tantôt.\n(A suivre.)",
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     "texte": "PREMIER LIVRE\nDE L'ART POÉTIQVE\nDE IAQVES PELETIER\n(Suite.)\nL\nA\nDes Traduccions\nplus vree espece d'Imitacion, c'ét de traduire.\nCar imiter n'ét autre chose que ue vouloèr fere ce\nque fèt un autre : Einsi que fèt le Traducteur, qui\ns'aseruit non seulemant à l'Inuancion d'autrui, mes\naussi a la Disposicion : e ancor a l'Elocucion tant qu'il\npeùt, e tant que lui permet le naturel de la Langue\ntranslatiue: par ce que l'eficace d'un Ecrit, bien sou-\nuant consiste an la propriète des moz et locucions :\nlaquele omise, ote la grace, e defraude le sans de l'Au-\nteur. Partant, traduire èt une besongne de plus grand\ntraualh que de louange. Car si vous randez bien e fide-\nlemant, si n'etes vous estimé sinon auoèr retracè le\npremier protret : e le plus de l'honneur an demeure a\nl'original: Si vous exprimèz mal, le mal an chèt tout\nsus vous. Que si votre patron auoèt mal dit, ancore\netes vous reputè homme de mauues jugemant, pour\nn'auoèr pas choesi bon examplere. Somme, un Tra-",
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     "texte": "La Vogue.\n125\nducteur n'à james le nom d'Auteur. Mes pour cela, veù\nje decourager les Traducteurs? nanni e moins ancores\nles frustrer de leur louenge due : pour étre, an\npartie, cause que la France à commancè a gouter les\nbonnes choses: E mémes il leur demeure un auantage,\nque s'iz traduiset bien e choses bonnes : le nom de\nleur Auteur fera viure le leur. E certes ce n'ét pas peu\nde chose, que d'auoèr son nom ecrit an bon lieu. E bien\nsouuant ceus qui sont inuanteurs, se metet an hazard\nde viure moins que les Traducteurs: d'autant qu'une\nbonne Traduccion vaut trop mieus qu'une mauuese\ninuancion. Dauantage, les Traduccions quand eles\nsont bien fetes, peuuet beaucoup anrichir une Langue.\nCar le Traducteur pourra fere Françoese une bele lo-\ncucion Latine ou Greque: e aporter an sa Cite auec\nla poes des santances, la majeste des clauses e elegances\nde la langue etrangere: deus poinz bien fauorables, par\nce qu'iz aprochet des generales concepcions. Mes an\ncas des particularitez, le Traducteur, a mon auis,\ndoèt étre un peu creintif: comme an nouveaus moz :\nléquez sont si connoessables, e suspez. Vn Traducteur,\ns'il n'à fèt voèr alheurs quelque chose du sien, n'à pas\ncete faueur des Lecteurs an cas de moz, combien qne\nsoèt celui qui plus an à afere. E pour cela ét moins\nestimè l'ofice de traduire. Vrei ét que quand son\nAuteur sera excelant (car l'homme prudant se garde\nbien d'an traduire d'autres) il lui sera permis d'user\nde moz tous neuz: pouruu qu'il soèt certein qu'il n'i an\nèt point d'autres : e lui sera une louange. Car d'user\nsi souuant de perifrase, c'ét a dire de circonlocucion,\nan tranlatant, c'ét un deplesir trop grand: e ét óter le\nmerite du labeur ingenieus de l'Auteur. Eet donq les\nTraduccions place an notre Art, puis qu'eles se font par",
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     "texte": "126\nLa Vogue.\nart: Voere e sont telemant artificieles, que la loe an ét\nantandue de peu de g'ans. E ne me peù assez ebahir de\nceus, qui pour blamer la Traduccion de mot a mot, se\nveulet eider de l'autorite d'Horace, quand il dit, Nec\nverbum verbo curabis reddere, ſidus Interpres : La ou\ncertes Horace parle tout au contrere de leur intan-\ncion : qui étant sus le propos, non pas des Traduccions,\n(car il n'an à point donne de precepte, comme de chose\nqu'il prisoèt peu) mes du suget Poëtique: dit que quand\nnous aurons elù quelque matiere publique an un Au-\nteur, nous la ferons notre priuee, si antre autres, nous\nne nous arrétons a randre le passage mot pour mot,\neinsi que feroèt un fidele Traducteur: dont j'auće desja\ntouchè un mot sus le passage du suget de Poësie. E si è\nexpressemant voulu declerer ce lieu d'Horace : le\nvoyant par noz Grammeriens autremamt induit qu'il ne\nl'à pris einsi que me suis tousjours etudiè a eclercir les\nlieus des Poëtes, an les lisant par recreacion de mes\nplus profes etudes. Comme antre autres è decouuèrt ce\npassage de Virgile an la troesieme Eglogue, ou il i à,\nEt longum, formose, vale : vale, inquit, Iola: ou les\nCommantateurs diset que le quatrieme pie du Vers ét un\nDactile; escandet, le vale - inquit I, - ola: comme ce\nsoèt un spondee, e falhe scander, leva - le inquit I-ola.\nLa futilite du Poëte, ét qu'il a fèt la premiere de vale\nlongue, imitant le parler de la garse Philide. Car Me-\nnalcas dit, Philide à pleurè a mon departemant; e si m'à\ndit un long adieu, ádieu dít ele, Car ceus qui veulet mon-\ntrer leur afeccion, an pleurant: Voulontiers parlet long.\nPource le Poëte à mis deus foes vale : l'un brief, qui ét\nla vree prononciacion : e l'autre long, qui ét celui de\nla garse pleurante. l'è expliquè ce lieu an passant, tant\npar ce que les choses artificieles ne sont james hors",
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     "texte": "La Vogue.\n127\npropos an tretant l'Art, que pour montrer tousjours les\nfutilitez de mon Virgile: me faschant que ces g'antiz\nCommantateurs, desja par tant d'annees n'an sauet pas\nconnoétre la çantiéme partie : déquez l'ignorance se\ndekeuure manifestemant, an ce qu'iz font la derniere\nde vale brieue: e auec cela corrompet la loe de Sina-\nlefe, qui seroét deus liçances extraordineres pour\nneant, e sans propos, E l'è ancores fèt pour montrer\nétre vrei ce que j'è dit alheurs, que les silabes bri-\neues Latines e Greques se doeuet prononcer brieues :\ne les longues, longues. Suiuant notre propos, les Tra-\nduccions de mot a mot n'ont pas gracer non qu'eles soèt\ncontre la loe de Traduccion : mes seulemant pour reson\nque deus Langues ne sont james uniformes an frases. Les\nconcepcions sont communes aus antandemans de tous\nhommes: mes les moze manieres de parler sont particuliers\naus nacions. E qu'on ne me viene point aleguer Ciceron:\nlequel ne loue pas le Traducteur consciancieus. Car\naussi ne féje. Et ne l'antan point autremant, sinon que\nle Tranlateur doeue garder la propriete e le naïf de la\nLangue an laquele il tranlate. Mes certes je dì, qu'an\nce que les deus Langues simboliseront : il ne doėt rien\nperdre des locucions, ni memes de la priuaute des moz\nde l'Auteur, duquel l'esprit e la futilite souuant consiste\nan cela. E qui pourroèt traduire tout Virgile an vers\nFrancoes, frase pour frase, e mot pour mot: ce seroèt\nune louange inestimable. Car un Traducteur, commant\nsauroèt il mieus fere son deuoèr, sinon an aprochant\ntousjours le plut pres qu'il seroèt possible de l'Auteur\nauquel il ét suget? Puis, pansèz quele grandeur ce\nseroèt de voèr une seconde Langue repondre a toute\nl'elegance de la premiere: e ancor auoèr la sienne\npropre. Mes, comme j'è dit, il ne se peut fere.",
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     "texte": "128\nLa Vogue.\nCEL\nD'ecrire en sa Langue\nELUI qui veut former un Poëte, an doèt donner\nles precepcions generales pour toutes nacions:\nsans auoèr respet a ceteci, ni a cetela. Autremant, ce\nne seroét qu'anseignemans imparfez. La Poësie, comme\nles autres Ars, ét un don venant de la faueur celeste,\npour étre departi a toutes g'ans par communaute.\nNotre intancion et de former ici un Poëte pour toutes\nLangues uniuerselemant. Mes si étce pourtaut, qu'il se\ndoèt tousjours antandre, que les preceptes doeuet étre\npratiquèz an la Langue natiue. Car s'il ét einsi que\npour un si grand Poëte que nous voulons (lequel pos-\nsible, nous fesons ici non tel qu'il à ancor etè: mes\ntel qu'il se peùt imaginer) nous ne saurions lui souhe-\nter trop de dons de grace: si le Ciel méme traualhe a\nnous le donner: si le premier à tant demeurè a trouuer\nson second, e si le second n'à point ancores trouuè son\ntroesiéme: e brief, si nous atribuons tant a la Nature,\nmétresse de la peine: conseilherons nous au notre, de\nse traualher a ecrire an une Langue, laquele auant\nqu'il l'èt aprise, lui aura leuè le bon de son age? Le\nPoëte pourra il james étre parfet, auquel ét deniee\nla perfeccion du langage auquel il doèt ecrire, qui n'ét\nque l'un des moindres instrumans de son metier? Car\nil ét certein qu'une Langue aquisitiue n'antre james si\nauant an l'antandemant comme la natiue. L'Art bien\nimite la Nature tant qu'il peùt: mes il ne l'ateint james.\nPuis les Langues, eins toutes choses du monde, n'ont\neles pas leurs siecles? Que voulons nous? Anrichir la\nLatinite ? mes commant le ferons-nous, quand ceus qui",
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     "texte": "La Vogue.\n129\nla sucoét de la nourrice, i ont fét leur dernier efort ?\nC'ét bien ici, que nous nous montrons de petit courage,\nqui emons mieus suiure tousjours les derniers, que nous\nmetre an un rang auquel nous puissions étre premiers.\nNous tenons notre Langue esclaue nous mémes: nous\nnous montrons etrangers an notre propre pais. Quele\nsorte de nacion sommes nous, de parler eternelement\npar la bouche d'autrui. Le Ciel Françoes produit il de\nsi poūres espriz, qu'iz ne se puisset seruir de leur\nLangue! ou plus tót, produit il de si fecons espriz an\nconcepcions, e si indispos e necessiteus an parler ? Ne\nvoudrons nous james exceler ? e si nous le voulons, quele\nfolie étce de panser exceler au metier d'autrui, e ne se\nvouloèr eider du sien? serons nous perpetuéz imita-\ntateurs? mes si nous le deuons tousjours étre : a\nl'example de qui nous reglons nous, quand nous ecri-\nuons an autre Langue qu'an la notre? Les Gréz n'ont\npas ecrit en Egipcien: les Latins n'ont pas ecrit en\nArabic. Il i à (si j'è bonne souuenance) un Albin\nan Marcrobe, lequel etant Rommein, demandoèt\ngrace des fautes qu'il feroèt, ecriuant an Grec. Mes\nqui te voudra donner grace, lui dit on, de la coulpe\nque tu veús fere deliberemant, la pouuant euiter ! Les\nMuses vienet apresant pour habiter en France: mes\nnon point pour trouuer des hotes, vetuz d'acoutremans\nperegrins. Eles ne cherchet point étre latinisées par\nles Françoes: Eles ont trouué l'honneur qu'eles vouloét\nan la Grece e an la Rommanie, par ceus du païs. Eles\nne cherchet pas les sauuag'ons apres les arbres frans.\nEles veulet le naïf e la purete que produit la terre ou\neles vienet habiter. Donq, se contante notre Poëte\nd'auoèr connoessance des Langues externes, e con-\nnoesse a quoe il les à aprises: qui ét pour an tirer les",
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     "texte": "130\nLa Vogue.\nbonnes choses, e les amployer an son langage naturel.\nQue s'il veut s'excercer a ecrire an autre Langue que la\nsienne: le face de tele sorte, que ce soèt comme passe-\ntans, ou bien par un labeur accesoere. E panse, puis\nqu'il n'ét plus possible de voèr un autre Homere an\nGrec, ni un autre Virgile en Latin: de prandre cou-\nrage, e n'estimer point impossible d'an voèr l'un des\ndeus en Francoes.\nPublié par M. ALFRED DEHODENCQ.\n(A suivre.)\n38",
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     "texte": "WRONSKI\nET L'ESTHÉTIQUE MUSICALE\n(Suite et fin.)\n-\nNous aurons donc proprement deux principes fonda-\nmentaux, savoir le principe physique (A), et le principe\nintellectuel (B); et, comme tels, ces deux principes sont\nessentiellement hétérogènes, en tant qu'ils se rap-\nportent, l'un (A), aux conditions inertes de la nature,\net l'autre (B), aux conditions spontanées de l'intelli-\ngence. Et c'est de cette dualité de principes,\nméconnue jusqu'à ce jour par tous ceux qui se sont\noccupés de la science musicale, que provient, sur-\ntout par l'influence des conditions anthropologiques\n(C), du principe intellectuel B, ou (B),, cette diver-\nsité de gammes ou systèmes musicaux chez les\ndifférents peuples plus ou moins civilisés, qui a fait\ncroire à quelques hommes que l'agrément que pro-",
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     "texte": "132\nLa Vogue.\ncure la musique est dû à des habitudes indivi-\nduelles, et non à des lois universelles du beau.\nNous pouvons ainsi décider peremptoirement cette\nquestion, si tant est que l'on puisse réellement faire une\nquestion de la beauté absolue de la musique. En effet,\nnotre principe intellectuel (B), n'est encore que pro-\nblématique, parce qu'il reste encore à savoir si ce prin-\ncipe supérieur se trouvera en concordance avec le\nprincipe physique (A) (1); rien ne saurait, à cet\négard, être décidé à priori, et c'est pour cela pré-\ncisément que nos deux principes fondamentaux (A)\net (B) sont hétérogènes, n'ayant aucune unité ni\nliaison quelconque.\nC'est donc seulement à posteriori que ce problème\nde la concordance de nos deux principes fondamentaux\n(A) et (B) peut être résolu, et remarquez que cette\nconcordance en question est, dans son principe créa-\nteur, la condition de la possibilité même de la musique;\nde sorte que si cette concordance ne pouvait se réaliser,\nil ne saurait exister de musique.\nAinsi, dans le cas où la concordance problématique\nde nos deux principes fondamentaux (A) et (B) viendrait\nà être reconnue ou avérée à posteriori, comme nous le\n(1) C'est-à-dire si les intervalles que présente le système\ninfini de tonalité (A), peuvent, pour des nombre finis met n,\nformer des parties aliquotes, ou rendre & nombre rationnel,\ncomme le demande le principe intellectuel (B), sous les con-\nditions anthropologiques (C),.",
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     "texte": "La Vogue.\n133\nfait présumer l'existence réelle de la musique, cette\nconcordance accuserait une finalité dans la nature du\nson, c'est-à-dire une prédisposition physique pour des\nfins intellectuelles. Or, c'est cette finalité subjective qui,\nd'après ce qui est aujourd'hui reconnu par la philoso-\nphie, constitue généralement l'essence du beau pris\ndans sa valeur d'objectivité universelle, c'est-à-dire dans\nsa susceptibilité de lois universelles.\nIl ne reste donc, pour décider cette prétendue\nquestion du beau universel dans la musique, qu'à\nreconnaître à posteriori, et cela par des procédés\npurement algorithmiques, la concordance probléma-\ntique de nos deux principes fondamentaux (A) et (B);\ncomme nous allons le faire effectivement pour pou-\nvoir procéder par là à la construction à priori de\nla vraie gamme ou échelle musicale.\nIci notre auteur fixe numériquement la limite esthétique A\ntelle qu'elle est donnée par l'expression (C)s, afin de pouvoir\ndéterminer les conditions anthropologiques (C), du principe\nintellectuel (B),. - Pour cela, en prévenant que l'on dit être à\nl'unisson deux tons dont les durées des vibrations sont iden-\ntiques, il rappelle que les nombres u et v, qui entrent dans l'ex-\npression (C)s, sont les dénominateurs des fractions 1/µ et I/v\nservant à mesurer les durées relatives des vibrations des deux\ntons dont l'intervalle ne saurait plus être distingué par l'au-\ndition de l'homme, tons qui, par conséquent, paraissent être à\nl'unisson. Or, l'expérience fait connaître que les deux tons qui\nforment la limite de cette distinction de tonalité pour l'homme,\nsont ceux dont les durées relatives des vibrations sont mesurées\npar les nombres 1/80 et 1/81.",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "134\nLa Vogue.\nOn aura donc\nμ 80,\n81;\net l'expression (C), donnera, pour la limite esthétique la\nvaleur :\n入= 0,01792190.\nAinsi, cette limite de la distinction de tonalité pour l'homme\nse trouve entre les nombres 1/55 et 1/56, ou mieux 4/223 et\n5/279. Or, en comparant les expressions (B), et (B)2, on voit\nque l'expression (C), dérive de la relation primitive\n()=;\noù l'on découvre que la limite esthétique a indique la partie de\nl'octave formant l'intervalle entre les deux tons dont les durées\nrelatives des vibrations sont 1/4 et 1/v, et qui sont les limites\nde la distinction de tonalité pour l'homme. Ainsi, en substi-\ntuant les valeurs numériques de u, v et à dans la relation pri-\nmitive ci-dessus, on aura très sensiblement :\n()\n80\n;\n81\n-\noù l'on voit que, d'après l'expérience susdite, la limite en\nquestion de la distinction de tonalité pour l'homme est, à très\npeu de chose près, la 56º partie de l'octave.\nC'est cette\npartie de l'octave, formant un intervalle entre deux tons dont\nles durées des vibrations sont dans le rapport de 81 à 80, qui\nest précisément ce que l'on nomme comma vulgaire, et que\nl'on a toujours considérée comme la limite de la distinction de\ntonalité.\nIntroduisant donc cette valeur de la limite esthétique dans",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "La Vogue.\n135\nles expressions des conditions anthropologiques de la musique,\non obtiendra, pour ces conditions, les expressions complète-\nment déterminées\n=\nLn-Lm\nL2\n0.01792190,\nF_Ln-Lm\nL2\n+ 0.01792190,\net on pourra procéder à l'examen des intervalles dans le sys-\ntème général (A), pour reconnaître quels sont ceux de ces\nintervalles qui sont en concordance avec le principe intellec-\ntuel (B)2, et qui, par cette qualité esthétique, en formant de\nvéritables intervalles musicaux, se trouvent ainsi aptes à con-\ncourir à la construction de la gamme ou échelle musicale.\nPour faciliter les calculs, et peut-être même pour remonter,\ndans cette question musicale, à ses vrais principes algorith-\nmiques, Wronski observe que les expressions (B), (C), se\nsimplifient considérablement si l'on y emploie les logarithmes\nbinaires, c'est-à-dire ceux dont la base est deux.\nEn effet, dénotant ce système de logarithmes par le lambda\nmajuscule, c'est-à-dire par A, l'expression (B), qui forme le\nprincipe intellectuel, deviendra simplement\nξ=An-Am = A\n;\noù l'on voit que l'exposant & en question dans l'expression (B)1,\nexposant qui, entre les limites ξ' et ξ\" doit être un nombre ra-\ntionnel, n'est rien autre que le logarithme binaire du rapport\nn/m des nombres met n qui entrent dans cette expression (B)1.\nEn y introduisant donc cette détermination algorithmique de\nl'exposant & en question, l'expression (B),, qui forme manifes-",
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     "texte": "136\nLa Vogue.\ntement l'équation primitive du principe intellectuel (B),, sera\nproprement\n()\n();\net ce principe intellectuel constituant le deuxième principe\nfondamental de la musique, sera conséquemment (B)3\nnombre rationnel.\nEn prenant ce nombre dans les limites anthropologiques sus-\ndites, on aura:\nΛ\n= An-Am\nm-\n0,01792190,\nA (m) = An - Am + 0,01792190.\nTelle (B), est donc la vraie détermination algorith-\nmique de notre principe intellectuel de la musique, qui\nconstitue le deuxième principe fondamental, et qui sert\nainsi à compléter le principe physique de la musique,\ncelui que présente le système général de tonalité (A), et\nqui constitue conséquemment le principe premier fon-\ndamental. Et remarquons que cette détermination (B),\nen outre de l'avantage essentiel de ramener ce principe\nintellectuel à sa véritable considération algorithmique,\na de plus l'avantage accessoire d'offrir une grande sim-\nplification des calculs, en faisant usage des logarithmes\nbinaires.\nOr, en partant ainsi de nos deux principes fonda-",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "La Vogue.\n137\nmentaux (A) et (B), de la musique, formant, l'un (A)\nle principe physique, et l'autre (B), le principe intel-\nlectuel, procédons maintenant à reconnaître les cas de\ntonalité où ces deux principes hétérogènes se trouvent\nen concordance, c'est-à-dire les cas de tonalité qui sont\nrégis à la fois par l'un et par l'autre de ces deux prin-\ncipes fondamentaux de la musique, et qui, par consé-\nquent, constituent proprement une tonalité esthétique.\nCe sont maintenant ces cas esthétiques de tonalité,\nconstituant seuls les véritables intervalles musicaux,\nqui, dans leurs divers choix partiels, offriront les\néléments relatifs à la construction des diverses gammes\nspéciales, adoptées par différents peuples, et qui de\nplus, dans leur réunion totale ou systématique, offri-\nront les éléments absolus pour la construction de la\nvraie gamme universelle, ou de la parfaite échelle\nmusicale.\n38",
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   "ocr_source": "OCR HathiTrust, volume iau.31858045124157 (réimpression Slatkine, Genève, 1971), sans correction",
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     "texte": "HYPERION\n(Suite et fin.)\nAinsi tantôt poussant des clameurs, tantôt gardant un\nsombre silence,\nLes Titans demeuraient dans une confusion absolue.\nO laisse-les, Muse ! Laisse-les à leurs maux !\nCar tu es faible pour chanter des tumultes aussi ter-\nribles.\nChanter une peine solitaire convient mieux\nA tes lèvres, chante la douleur esseulée.\nLaisse-les, 8 Muse! car tu trouveras tout à l'heure\nMainte antique Divinité déchue\nErrant en vain par des rivages déserts et sauvages.\nPendant ce temps touche pieusement la harpe del-\nphique,\nEt pas un vent du ciel qui ne vienne souffler\nA ton aide un doux susurrement dans la flûte dorienne,\nCar voici que tu vas chanter le Père de toute poésie\nEtincelle toute chose qui a un éclat vermeil,\nQue la rose brille d'un éclat intense et chaud par les\nairs.\nEt que les nuages du soir et que ceux du matin\nVoguent, voluptueux moutonnements, sur les collines;",
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     "texte": "La Vogue.\n139\nQue le vin pourpre dans la coupe bouillonne\nFroid comme la source murmurante, que les coquilles\naux lèvres tenues\nSur les grèves ou dans les profonds abîmes, se changent\nen vermillon\nPar tous leurs labyrinthes, et que la jeune fille\nRougisse d'une vive rougeur, comme surprise par\nquelque chaud baiser;\nMaîtresse île des Cyclades couvertes de venelles om-\nbreuses,\nRéjouis-toi, ô Délos, avec tes oliviers verts\nEt tes peupliers et tes palmiers ombragent au loin les\npelouses et tes grèves\nOù le zéphyr chante son chant le plus sonore\nEt tes coudriers fourrés, à la sombre tige dans l'ombre\nnoyée :\nApollon une fois de plus est mon thème doré !\nOù était-il quand le Géant du Soleil\nSe tenait éclatant, au milieu des pleurs de ses frères ?\nEn semble-t-il avait laissé sa mère, belle\nEt sa sœur jumelle, endormies dans leur bosquet.\nEt au crépuscule du matin il s'en était allé errer\nLe long des oseraies d'un ruisseau,\nLes pieds noyés dans les muguets.\nLe rossignol s'était tû et seules quelques rares étoiles\nS'attardaient aux cieux, pendant que la grive\nCommençait son chant de sa calme voix. Par toute l'île\nPas un buisson, pas une grotte retirée\nQui ne fût hantée par les voix murmurantes des\nvagues,\nBien qu'à peine entendues dans mainte verte retraite.\nIl prêta l'oreille et il pleura et ses larmes brillantes\nPerlaient le long de l'arc doré qu'il tenait",
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     "texte": "140\nLa Vogue.\nAinsi les yeux à demi fermés, baignés de larmes, il\nretenait\nCependant de dessous un buisson au feuillage touffu\nprès de lui\nD'un pas solennel une majestueuse déesse vint\nEt dans son regard on lisait qu'elle venait pour lui;\nDe son regard inquiet il cherchait lire sa pensée\nAnxieux, pendant que d'une voix mélodieuse, il lui\ndit:\n<< Comment es-tu venue par delà la mer vierge de\ntoute trace de pas humain ?\nOu bien avec cet air antique, cette parure, cette beauté\nAs-tu erré dans ces vallées, invisibles jusqu'à ce jour?\nOui, déjà j'ai entendu le bruissement de ta robe ba-\nlayant\nLes feuilles tombées, alors que j'étais assis solitaire\nAu milieu glacial de la forêt. Oui j'ai suivi à la piste\nLe frôlement de ces amples écharpes\nPar ces solitudes herbeuses, et j'ai vu les fleurs\nRelever leurs têtes, à mesure que passait le bruis-\nsement,\nDéesse! J'ai vu ces yeux déjà\nEt leur éternelle impassibilité, et tout ce visage,\nJe l'ai vu ou j'ai rêvé. » - « Oui, dit l'Etre immortel,\nTu as rêvé de moi et t'éveillant\nTu as trouvé à ton côté une lyre d'or\nEt lorsque tes doigts touchèrent ses cordes, la vaste\nOreille de l'univers, insatiable,\nÉcouta, remplie de douleur et de plaisir, à la naissance\nDe ce chant nouveau, prodigieux. N'est-il pas étrange\nQue tu pleures, toi qui possèdes un pareil talent ? Dis-\nmoi, jeune homme,\nQuel chagrin tu peux éprouver; car je suis triste",
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     "texte": "La Vogue.\n141\nQuand tu verses une larme -\nRaconte tes douleurs\nA celle qui dans l'île solitaire a été\nLa gardienne de ton sommeil et de tes heures de vie\nDepuis le jour où ta main enfantine\nCueillait gauchement les faibles fleurs, jusqu'au jour où\nton bras\nPut plier l'arc héroïque pour faire face à tous les évé-\nnements.\nMontre les secrets de ton cœur à une antique Puissance\nQui a abandonné les trônes antiques et sacrés\nPour écouter tes prophéties et par amour\nDe la Beauté nouvellement née. » - Apollon alors\nAprès une prompte réflexion, les yeux brillants\nAinsi répondit, tandis que sa gorge pure et mélodieuse\nPalpitait sous le flot des syllabes: << Mnemosyne !\nTon nom est sur ma langue, comment, je ne sais ;\nPourquoi te dirais-je ce que si clairement tu vois?\nPourquoi m'efforcerais-je de te montrer ce qui par tes\nlèvres\nSerait dit si clairement? Pour moi, le sombre, sombre,、\nDouloureux et cruel oubli a scellé mes yeux.\nJe m'efforce chercher pourquoi je suis si triste,\nJusqu'à ce que la mélancolie engourdisse mes membres :\nEt alors sur l'herbe je me sieds, et je gémis\nComme un être qui jadis eut des ailes. Oh! pourquoi\nMe sentir moi-même comme maudit et enchaîné, alors\nque l'air qui jamais n'eut de maître\nCède sous mon pied vainqueur. Pourquoi\nFouler aux pieds les vertes pelouses comme odieuses à\nmon pied?\nDéesse bienveillante montre-moi quelque chose in-\nconnue!\nN'est-il pas d'autres régions que cette île ?",
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     "texte": "142\nLa Vogue.\nQue sont les étoiles ? Il y a le soleil, le soleil,\nEt la plus placide splendeur de la lune,\nEt les étoiles par milliers.\n-\nMontre-moi le chemin\nVers une étoile, une étoile de beauté !\nEt vers elle je m'envolerai avec ma lyre\nEt je ferai palpiter de bonheur sa splendeur argentée.\nJ'ai entendu le tonnerre des nuées : où est la force?\nQuelle main, quelle essence, quelle divinité\nProduit ce tumulte parmi les éléments\nPendant que moi je prête l'oreille paresseusement sur\nles grèves,\nPlongé dans une ignorance sans crainte et partant dou-\nloureusement?\nO dis-moi, Déesse esseulée! Au nom de ta harpe\nQui gémit chaque matin et chaque soir,\nDis-moi pourquoi je languis par ces venelles ?\nMuette tu demeures, muette? partant je puis lire\nUn étonnant enseignement en ta face silencieuse :\nLa connaissance immense fait un Dieu de moi.\nNoms, actes, sombres légendes, terribles événements,\nrébellions,\nSouveraineté, voix supêmes, agonies,\nCreations et destructions, tout cela à la fois\nSe rue dans les larges vides de mon cerveau,\nEt fait de moi un Dieu, comme si de quelque vin qui\négaie\nOu de quelqu'élexir à l'éclat sans pareil j'avais bu.\nEt ainsi étais devenu immortel. » - Ainsi le Dieu,\nPendant que ses yeux enflammés, dardant horizonta-\nlement\nSous les arcades blanches de ses sourcils soyeux, fixés\nse tenaient\nTremblante de lumière, sur Mnemosyne.",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "La Vogue.\n143\nBientôt une secousse terrible le fit trembler, et une\nrougeur\nPassa sur l'immortelle beauté de ses membres;\nUne secousse semblable aux luttes aux portes de la\nmort;\nPlus semblable encore au tremblement de celui qui\nvoudrait prendre congé\nDe la pâle mort immortelle, avec une convulsion\nAussi brûlante que celle de la mort est placée avec un\ndéchirement terrible\nRepasserait de la mort à la vie : telle la torture du\njeune Apollon;\nSa chevelure, ses tresses, au merveilleux reflet d'or\nToujours ondulaient sur son cou se tordant de dou-\nleur:\nEt pendant ces douleurs Mnemosyne levait\nLes bras dans l'attitude de quelqu'un qui voit et dit\nl'avenir. Enfin\nApollon poussa un cri, - et voici que de tous ses\nmembres\nCélestes..........\n(Traduit de KEATS, par M. J.-J. RÉTHORÉ )\n38",
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     "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nL'éditeur ordinaire de M. Paul Verlaine, Léon Vannier\npublie une réédition des Fêtes Galantes devenues raris-\nsimes depuis la première édition chez Lemerre, réédition\nbien faite et très semblable à l'original.\nPoint n'est besoin de redire les louanges du livre, et\nle montrer un des rares dans son joli décor Watteau et\nses amusants fantoches brièvement gesticulatoires. Tous\nsavent les vers inoubliables de Clair de Lune, les\nIngenus, Fantoche, les Indolents et surtout du Colloque\nsentimental. Et pour celui des premiers nés du poète qui\nl'atant dépassé depuis, le respect s'augmente d'une\nsympathie demeurante de jeunesse.\nL'Administrateur-Gérant: GUSTAVE ΚΑΗΝ.",
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