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     "texte": "MEMORIAL\nAux rivages jamais abordés\nDes plaintes lamentantes et félines\nDes voix chuchottantes passent fiancées.\nDes cygnes annonciateurs\nt des grèves roulées en paleurs\nEt des tombes distantes et des langueurs féminines.\nEt de pâles interrogateurs\nVers les môles prolongés d'abymes\nEt les cieux et les cimes.",
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     "texte": "290\nLa Vogue.\nDu silence convalescent, finie la vague parole.\nLe bruit des mers s'écoute et se rêve\nEt les cerveaux se sont penchés.\nPlus de signe : tout est contraste et lignes.\nEt que se dire :\nLes légendes périmées\nLes musiques désenlacées\nEt les entrelacs palis:\nLes filandières des arabesques\nAu loin des temps s'en sont allées.\nSourires sans paroles aux larmes riveraines\nIncosolé de l'espace aggravé\nEt souffrances de similaires malheurs\nMalheurs on ne sait où, ni d'où quelles douleurs\nSouffrances aux mondes loin\nAux mondes effarés du peut-être.\nÊtre est si loin de ceux qui gardent le silence.\nEux perdus dans le fixe\nEt quelle balance\nImmobile de l'immuable en leurs yeux.\n« Toi dont les traits sont moins durs que les miens\nEt plus frêle t'irradie",
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     "texte": "La Vogue.\n291\nEt pourquoi coupe et fleur et cristalline\nDans des plaintes sanglotantes et félines\nEt d'où ? »\nElles quand s'afflige en verticales qui se foncent, le soleil.\n* Pourquoi seules !\nPourpres banderoles\nOù retirez-vous, vers quel fixe\nVos muettes consolations.\nAirements, affaissements, o normes.\nQuel fleur d'inconnu fane inutile aux reposoirs de nos soirs\nOu frémit et languit une attente d'espérance vaine\nAux rivages jamais abordés\nAux grêves roulées en paleurs.\n« Plus des simulacres dont nous sommes les reflets\nPlus des fêtes anciennes et vaines\nO mers calinantes et susurrantes, mousses consolatrices\nAccueillez nos repos des temps accumulés\nPesants de partout; et d'où ?\nNuages accueillez les regards de nos yeux sérieux\nEt soyez le mirage et le miroir\nEt le vaisseau des volontés condamnées",
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     "texte": "292\nLa Vogue.\nHélas de si loin, et si longtemps et de partout\nEt d'où.\nPlus d'immuable et plus de fixe\nMémoires restez captives\nRevenez aux porches de nos yeux\nAttentes vaines des désirs curieux\nRestez captives. »\nAux rivages jamais abordés\nDes souffrances perpétuées de calme\nAu pâle soleil attiédi\nLe long du bruit de mers déferlantes et félines.\nGUSTAVE KΑΗΝ.\nSE",
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     "texte": "PAYSAGES DE FEMMES (1)\nÉminemment coloriste, M. Jean Ajalbert, projette en\nces vers de violentes polychromies aux rhythmes\nsimples et notifiants. C'est des attitudes de britan-\nniques filles en voyants costumes, au décor de parcs\nlisses et de cottages vernissés; c'est des amours muettes\nde soldats embarrassés níaisement, et la gloire des longs\nrubans de nourrices; - parfois, en des traits précis,\nentouches nettes, des intérieurs de bouges où grasseyent\nde rauques catins; des envols d'écuyères par la splen-\ndeur pailletée des gazes; dans les cirques; les gestes où\ns'exténue lubriquement une cantatrice de café-concert.\nTelle la vie où vague le cœur du poète :\nLe cœur, essuyant son chagrin,\nS'embarqua, jeune d'espérance;\nEt, seul, Dieu sait ce qu'il advint\nDe ce pauvre cœur en partance...\n(1) Plaquettes de vers avec dessins de Raffaelli, chez Vanier,\nquai Saint-Michel.",
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     "texte": "294\nLa Vogue.\nIl était, une fois, ô gué,\nUn cœur si neuf, ô gué, ma mie,\nQu'il n'avait jamais navigué,\nJamais navigué de sa vie.\nEt les rencontres des banales joies, des enthousiasmes\nennuyés, des vertus qui s'oublient, le spectacle des\ncoudoiements crapuleux où s'effarent les amours saines,\nce navre le cœur sensible :\nLa rue étroite, l'escalier\nObscur, où des filles de joie,\nA la lueur d'un chandelier,\nMontent en des froufrous de soie,\nTu te souviens, ma passion,\nParmi la jouissance brève,\nToute cette corruption\nFanant la fleur de notre rêve.\nAilleurs encore :\nEt les haltes dans les hôtels,\nLes baisers en fiacres à l'heure,\nNe causent pas de bonheurs tels\nQue le songe encor ne nous leurre.\nLes tristesses de ces liaisons parisiennes si pauvre-\nment contentées :",
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     "texte": "La Vogue.\n295\nBrûlé d'un soleil ennemi,\nTrempé d'averses, pauvre poule,\nNotre amour se traîne parmi\nL'indifférence de la foule.\nPuis l'épilogue nécessaire;\nVous trainiez vos mauvais souliers\nAux portes de chaque boutique,\nSi bien qu'aux gemmes des colliers\nS'éclaira son âme pratique...\nTu la faisais marcher à pied,\nFaute de quoi payer un fiacre;\nTu sais à présent comme il sied,\nPour être heureux, d'être moins pouacre.\nA l'examen de ces lamentables ébats volontiers s'at-\ntarde M. Jean Ajalbert; et sa poésie c'est la réflexion\nlasse des assouvissements toujours entachés de cruelles\nrancœurs. Sa philosophie: un pessimisme qui s'apitoie,\nse résigne sans révolte, et ironiquement obtempère\naux fatalités, convaincu de l'inutile de tout effort.\nPlus encore que sa philosophie, la plastique de Jean\nAjalbert lui crée des visions originales, jamais perçues\nen d'autres poëmes que les siens. Parmi les écrivains\nrécents, il s'est voulu un genre bien défini et bien dis-\ntinct des tentatives ordinaires. Adoptant la technique\ndes peintres impressionnistes, il pose touche à touche",
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     "texte": "296\nLa Vogue.\ndes fragments de couleur qui synthétisent la sensation\net la ramènent à ses purs éléments, à ses forces géné-\nratrices. Par là ses écrits acquièrent une vigueur que\nne dispersent pas les résultantes omises à dessein.\nVoici:\nC'est d'un bleu de Prusse, la mer,\n-\nTel un beau ciel, mais sans étoiles, -\nSous un ciel d'outre-mer très clair,\n-\nTelle une mer calme, et sans voiles.\nQuelle neige froide d'un lys,\nSous ce coquelicot d'ombrelle!\nSi ce n'est vos dentelles, Miss,\nFrêle comme une tige grêle?\nQue les becs acérés d'oiseaux bleus,\nLuisants comme des guillotines,\nSinon sur le roc anguleux,\nLes bouts vernis de vos bottines ?\n-\nC'est d'un bleu de Prusse, la mer,\n-\nTel un beau ciel mais sans étoiles, -\nSous un ciel d'outre-mer très clair,\n-\nTelle une mer calme et sans voiles. -",
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     "texte": "La Vogue.\n397\nEn symbole de cette technique, le livre s'ouvre sur\nun dessin colorié de Raffaelli: Amour dans les Parcs\nenglais. Sur un banc, une fillette garçonnière aux che-\nveux ras, au corsage maigriot épisodiquement renflé,\nse laisse, timide dans sa robe à fleurages, prendre la\ntaille, la main, et sourit non sans une craintive expres-\nsion, tandis que raide, anguleux, l'ossature en saillie,\nun prolétaire en livrée de soldat muettement insiste\nd'un sourire malicieux; et ses bras la vont étreindre.\nDes fonds grisaillants d'arbres dépouillés. Cela dit\ntous les espoirs étriqués de ces pauvres êtres, à jamais\ncontraints de méconnaître les autres plaisirs pour eux\nfermés.\nLes poésies qu'illustre ce liminaire, sont toutes en\nquatrains de huit pieds. Chaque pièce possède quatre\nstrophes, la dernière identique à la strophe d'ouver-\nture. Au cœur, un tableau dramatique qui s'harmonise\navec le motif et le déploie. Bien qu'artistiquement in-\ngénieuse cette unique conformation de tout le volume\nengendre une assez grande monotomie de forme que\nl'auteur aurait dû fuir. Quelquefois aussi, le vers se\nperd, devient une prose coupée typographiquement.\nC'est là une capitale erreur où il faudrait prendre garde\nde chopper. Bien que la poésie actuelle s'efforce avec\nraison d'élargir les formules et de tendre aux proses\nrhythmées, encore serait-il exigible que les sons\nsensationnels limitassent le vers à une pensée définie,\nou à une impression auditive définie. Monsieur Ajalbert\ns'en soucie peu. Son livre semble être une nouvelle\nmanœuvre contre l'utilité de la versification, une ten-\ntative pour en démontrer les inconvénients non com-\npensés.",
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     "texte": "298\nLa Vogue.\nMais à quiconque désire des impressions neuves\ntraduites en une langue choyée, les Paysages de Femmes\nplairont, bien que ce livre n'ait pas l'importance litté-\nraire du début Sur le vif.\n6\nPAUL ADAM.",
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     "texte": "LETTRE D'EUPOLÉME\nAU PRINCE B. DE H. D. R.\nPour servir d'explication à un article du supplément de la\nGAZETTE DE LEYDE\nNº VI. 1784\nHAMBOURG 1784\n(Surte.)\nEntre le crime et entre l'action méritoire il y a la\npardonnable, l'indifférente, et celle qui pourrait ne pas\nêtre du ressort du juge. Un juge criminel ne cherche\npas l'innocence de l'accusé, il cherche le crime, et\nvoilà pourquoi l'absolution ne peut jamais être prise\npour une approbation. Si le collège eût approuvé la\nconduite de Cavalli, il aurait dû lui faire faire une gra-\ntification, et le dédommager des frais et de la peine de\nsa présentation et de la honte qu'il dût avoir lors de son\nrappel de la cour où il résidait.\nLe fait est que M. Cavalli fut puni et que son sou-\nverain fit voir qu'il désapprouvait sa conduite lorsqu'il ne\nlui accorda aucun dédommagement.",
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     "texte": "300\nLa Vogue.\nIl est certain que si M. Cavalli se fût conduit avec\nplus de prudence, il ne lui serait jamais arrivé de se\nvoir pour quelques mois dans le pitoyable état d'un\ncoupable.\nLa récompense dit le géomètre (1) indique l'approba-\ntion. Je dirai précisément qu'il se trompe en supposant\nque l'envoi d'un secrétaire à une cour soit à Venise une\nrécompense au mérite d'un citoyen, mais examinons le\nraisonnement et souvenons-nous que le compas ne\nbadine pas, il démontre. « Le Sénat a récompensé\nCavalli donc le collège a approuvé sa conduite » L'en-\nthymème est baroque quand même il s'agirait d'une\nrécompense, car elle pourrait ne pas être une récom-\npense dépendante de l'approbation. Le Sénat vénitien\nlorsqu'il s'agit d'envoyer pour ministre à quelque cour\nquelqu'un des siens, soit noble, soit citoyen de l'ordre\ndes secrétaires, pense à se faire servir et l'autre pense\nà aller mériter des récompenses. La seule ambassade\nqui peut passer à Venise pour une récompense est celle\nde Constantinople, car le ministre n'a pas beaucoup à\nfaire et jouit des généreux appointements que le Sénat\nlui donne. Les secrétaires qu'on envoie résider n'es-\npèrent que des gratifications en pension viagère et l'hon-\nneur sublime pour eux de devenir grands chancelliers.\nIl n'y a point de plus haut rang auquel ils puissent\naspirer, l'épithète patronymique qu'on ajoute à leur nom\nestcelle de Circonspect.\nIl semble que le sage gouvernement en leur donnant\nce titre eût voulu les avertir que la circonspection doit\nêtre leur première qualité. C'est dans les monarchies\n(1). Autre manuscrit dit (i'ex-ministre) c'est une métamor-\nphose du Seigneur allégué plus haut.",
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     "texte": "La Vogue.\n301\nque les récompenses précèdent quelquefois le mérite,\nmais dans les républiques, elles le suivent et souvent\npoint du tout. La récompense d'un bon républicain est\nla satisfaction qu'il sent en lui-même d'avoir bien servi\nla patrie.\nM. Cavalli aurait eu une véritable récompense, si\naprès le jugement des Vingt-Cinq on l'eût dispensé d'al-\nler à Londres, en le créant en même temps sécrétaire\ndu Conseil des Dix. Si après le jugement on n'eût plus\nvoulu de lui ni dedans ni dehors, on l'aurait cru cou-\npable puisqu'on l'aurait vu puni, et c'est ce qu'il ne fal-\nlait pas faire car il fut absous.\nL'intérêt des souverains est celui d'être juste, et ils\nn'ont des comptes à rendre qu'à Dieu seul. Ceux qui\nsavent bien cette vérité laissent dire et vont leur train.\nIl y a quelques années qu'un ministre étranger qui\nfigurait à une grande cour fut rappelé par son maître et\nobligé de rendre compte de sa conduite. Peu de temps\naprès on l'a vu revêtu du même caractère à la même cour.\nC'est le cas de M. Cavalli. A propos de quoi le Sénat\nde Venise se priverait-il d'un serviteur qui lui convient?\nQue doit-il savoir d'une dispute qu'il a avec deux\npetits marchands des Païs-Bas qui n'ont rien de commun\navec son ministère. Les souverains n'exigent de leurs\nsujets qui les servent qu'exactitude dans leurs offices.\nIls veulent ignorer toutes leurs affaires particulières.\nUn ministre clairvoyant, habile négociateur, et fécond\nen ressources, ne laisse pas le temps à son maître de\ns'informer de ce qu'il fait en bonnet de nuit, de l'espèce\nde ses plaisirs ni de ses projets domestiques.\nUn brave militaire qui ne manque jamais à ses de-\nvoirs, exempt de reproche, plein d'honneur et de cou-\nrage, possède à juste titre l'estime de son chef. Si",
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     "texte": "302\nLa Vogue.\nquelqu'un pour le noircir vient lui dire qu'il se ruine\nau jeu, qu'il est endetté, et qu'à peine guéri d'une V.....\nil en prend une autre, il répond: « Ce sont ses affaires.>>>\nUn sénateur court les soupers, passe les nuits à\njouer, ou avec des filles; mais on le voit immanquable-\nment tous les matins à l'audience. Comment fait-il, dit-\non, à mener cette vie il se tue; on finit par l'admirer.\nUn missionnaire fait des prosélytes et personne ne\nprêche l'évangile mieux que lui, on l'adore, on va dire\nà l'évêque que ce prétendu Saint homine n'est qu'un\nfranc hypocrite. « Tant pis pour lui (répond l'évêque),\nDieu le punira. Les princes ne doivent se mêler que de\nce qu'ils savent et ne point savoir ce qu'il leur est per-\nmis d'ignorer.\nLes juges et principalement les juges criminels ont\ndes lois qu'ils doivent suivre à la lettre et desquelles\nil ne leur est pas permis de disposer moïennant des\ninterprétations. L'objet de ces lois est de garantir le\nsort de l'accusé. La justice ne veut pas qu'on le sur-\ncharge ni avec des récriminations, ni avec des affirma-\ntions, ou interrogations suggestives. Un juge peut être\nle maître de diminuer les peines, mais non pas de les\naugmenter; trop heureux lorsqu'il peut être clément\nsans être injuste.\nUn souverain a défendu les jeux de hazard, et dans\nla même loi il défendait à tout magistrat de faire raison\nà quiconque recourrait pour demander justice sur\ndémêlé dépendant du jeu. Après la publication de la\nloi un particulier créancier de mille ducats qu'il avait\ngagnés au jeu et qui au lieu de la somme avait reçu\nune lettre de change est allé d'abord qu'elle fut échue\npour en recevoir la valeur. Le lâche débiteur lui dit\nqu'il ne se sentait pas disposé à païer et qu'il ne se",
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     "texte": "La Vogue.\n303\ncroiiait pas en danger de s'y voir forcé, puisque le jeu\nétait défendu d'autant plus qu'il se faisait fort de prou-\nver par des témoins que sa dette était d'argent qu'il\navait perdu au jeu, l'autre eut recours à la justice ne\ndemandant que le droit de la lettre de change; le débi-\nteur cité dit que la somme qu'on lui demandait avait été\ngagnée à un jeu défendu. Le juge lui répondit que la\nloi lui défendait d'entendre parler de jeu et que par\nconséquent, il le condamnait à païer, parce que la cir-\nconstance que l'argent qu'il devait avait été gagné au\njeu ne se trouvait pas sur la lettre de change; l'autre\npaña. Les lois ne devraient pas servir de subterfuge\naux fripons et la sagesse du juge doit se conformer\ntant que possible à l'esprit du législateur.\nLa prétention enfin des sieurs Chomel et Jordan\ncontre M. Cavalli, qui ne peut dépendre que des lettres\nqu'il leur a écrit est déclarée par la volonté absolue de\nL. H. P. ou sujette à leur propre jugement ou a celui\ndu canon. Est-ce pour faire du bruit, les avocats véni-\ntiens en auraient fait assez, et il aurait été à propos.\nL. H. P. trouvèrent bon dès le 13 may 1782, de\nrappeler M. Jor leur résident. Le Sénat de Venise\nchargea alors son ambassadeur à Vienne de prier\nS. M. I. et R. de l'honorer de sa médiation dans cette af-\nfaire et l'ambassadeur obtint encore plus de ce que le\nSénat désirait car S. M. I. et R. s'offrit d'être arbitre,\net le Sénat de Venise accepta l'offre se soumettant volon-\ntiers à un jugement, dont il ne pouvait pas souhaiter de\nplus honorable. M. le comte de Wassenaer, seigneur de\nWassenaer, envoyé extraordinaire et plénipotentiaire de\nL. H. P. à la cour de Vienne, de ce que le Sénat de\nVenise avait obtenu et en date du 17 octobre 1782, le\ncomte de Wassenaer ſut autorisé à accepter non-seu-",
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     "texte": "304\nLa Vogue.\nlement la médiation de S. M. I. et R., mais aussi son\narbitrage sur l'indemnité à donner aux négociants\nChomel et Jordan.\nA la lecture de la résolution des E.-G. nous appre-\nnons que le comte de Wassenaer écrivit à L. H. P.\nqu'il n'a pas plu à S. M. I. et R. de se charger de cette\nmédiation et qu'en conséquence de ce refus elles se dé-\nterminèrent à suivre l'avis que leur ministre comte de\nWassenaer leur donne dans sa lettre du 28 mai 1783.\nIl leur dit dans cet avis « que la voie la plus courte et\nla plus sûre de faire sortir la République avec honneur\nde cette affaire, de mettre les Vénitiens à la raison, et\nsurtout de procurer aux citoïens hollandais traités dans\ncette affaire avec une iniquité si insigne le juste paie-\nment de leur dû ainsi qu'une indemnité équitable serait\nd'empêcher la sortie à tous les navires vénitiens dans\nles ports de la République, etc... >>>\nPar cet exposé de l'authenticité du quel il ne faut\npas douter nous apprenons que les États généraux ont\nautorisé M. le comte leur envoyé à accepter l'arbi-\ntrage et nous apprenons par sa réponse qu'il n'a parlé\nque de médiation dont il n'a pas plu à S. M. I. et R.\nde se charger et il a écrit la vérité, et c'est une vérité\nque nous saurons.\nMais M. le comte de Wassenaer qui était autorisé à\ndemander l'arbitrage de S. M. I. et R. a-t-il prié le\nmomarque de vouloir bien être l'arbitre de l'affaire.\nPoint du tout. Ce ministre au contraire représenta au\nministre impérial et roïal à la chancellerie de la cour,\navec une exposition d'un tas de griefs qu'il eût été\nutile d'examiner, que cette affaire était par nature,\ninsusceptible d'un jugement prononcé par un juge\narbitre. A cette remontrance la cour de Vienne ne dit",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "fin_caractere_exclue": 1694,
     "texte": "La Vogue.\n305\nplus rien. M. de Wassenaer reçut de L. H. P. l'auto-\nrité d'accepter l'arbitrage impérial, mais non pas\nl'ordre de le demander, il en aurait été mortifié car,\nselon ce qu'il dit dans sa lettre 28 mai, ce n'était pas\nle vrai moïen par lequel « la République de Hollande\npouvait sortir de cette affaire avec honneur ».\nLe vrai et seul moïen à son avis était celui qu'il a\nconseillé dont la même lettre dont nous venons de don-\nner le précis et L. H. P. l'adoptèrent et se détermi-\nnèrent en conséquence.\nQuelque soit la nature d'une affaire, il est inconce-\nvable qu'on puisse en trouver d'incompétente à tout\njuge hormis celui auquel précisément ou du moins selon\nl'apparence elle devait l'être. Le monarque choisi\naccepta l'arbitage et non pas la médiation, puisqu'avec\nsa profonde sagesse, il avait vu qu'elle ne lui convenait\npas L'office d'un médiateur est celui de tergiverser\npour tâcher de mettre les parties d'accord, celui d'un\narbitre est d'examiner toutes les pièces et de mettre\nsur une juste balance les raisons de part et d'autre\npour prononcer sentence définitive. Si l'on se fut\nremis à l'arbitrage, il y aurait longtemps que l'affaire\nserait terminée.\nLes marchands les plus heureux de tout le monde\nsont à mon avis, les marchands hollandais, s'ils ont\nle rare et inoui privilège que leurs souverains prennent\nfait en cause pour eux, et au point de faire la guerre,\nlors même que le mal qui leur est arrivé n'a dépendu\nque de leur mauvaise conduite. Il semble que la réso-\nlution ne pourrait avoir lieu que dans le cas que\nM. Cavalli ministre de Venise à leur cour, serait des-\ncendu à tromper ces négociants leurs sujets, traitant\nau nom de l'État son commettant.",
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     "texte": "306\nLa Vogue.\nUn ministre étranger, à Londres, à Venise, en Hol-\nlande et partout où les lois ont la force qu'elles doivent\navoir, fait des dettes s'il veut ou s'il peut, et l'État ne\ns'en mêle pas; on le fait démettre de son caractère et\non le laisse exposé aux procédures civiles de ses créan-\nciers.\nIl ne s'agit ici que d'un homme qui présente à une\nmaison de commerce d'Amsterdam une lettre d'un\nrésident à une cour éloignée de quatre cents\nlieues. Le résident le recommande, mais il ne dit pas\nqu'on peut lui confier des sommes. Tout le monde\nsait quelle est la valeur que les négociants donnent aux\nsimples lettres de recommandation. Ils font plus ou\nmoins de politesses au recommandé, mais pour de l'ar-\ngent, ils n'en déboursent qu'à de bonnes enseignes, et\nsi le négociant qui se règle autrement reste trompé, ses\nconfrères même condamnent son imprudence et se\nmoquent de lui.\nM. le comte de Wassenaer en examinant la conduite\nde Chomel et Jordan l'a trouvée supérieure au reproche\nà un tel degré qui'il conseille à L. H. P. d'exiger leur\nindemisation à main armée du souverain de celui qui\ntrompé leur a recommandé un fourbe.\nDans la commission que L. H. P. donnent de saisir les\nnavires vénitiens qui se trouvent dans leur port, on\nparle d'ordonner à l'escadre qui croise dans la Médi-\nterranée de s'emparer de tous les vaisseaux vénitiens\nqu'elle pourrait rencontrer, et on y dit que des frégates\nlégères descendront dans la mer Adriatique pour le\nmême sujet; on justifie le procédé en disant qu'on fut\nobligé d'en venir là pour mettre à la raison le Sénat de\nVenise.\nLorsque la raison est évidente et qu'il est de l'intérêt",
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     "texte": "La Vogue.\n307\nd'un souverain qu'un autre souverain s'y rende, le pre-\nmier est heureux s'il peut la lui faire entendre par la\nforce armée, et je loue son courage s'il le fait. Mais\ndans ce cas, cette raison est fort équivoque et j'ose dire\nqu'il n'est pas de l'intérêt des États généraux de le\nfaire entendre à main armée, et qu'il est fort douteux\nque la force même réussisse.\nLa République de Venise, accoutumée depuis un\ntemps immémorial à entendre la bonne raison, et à la\nfaire à tout le monde, n'avait pas besoin à l'occasion de\ncette misérable querelle que sa sœur cadette se mit en\nfrais pour lui donner des leçons. Le Sénat de Venise\nfit raison aux États généraux à leur première instance,\net quelqu'un croit que cela devait leur suffire.\nIls ne veulent pas d'un magistrat qui juge le fait à\nl'égard de la prétention des Chomel et Jordan; ils ne\nveulent pas d'un arbitrage très honorable aux deux\nparties: ils ne veulent que ce qu'ils veulent; Stat pro\nratione voluntas.\nLa République de Hollande veut que ses marchands\nqui par avidité du gain se laissèrent tromper en négli-\ngeant toutes les précautions d'usage soient dédommagés\net pourvu qu'ils le soient, tous les moyens sont bons et\nn'importe par qui.\nSi vous me demandez, monseigneur, si je crois\nM. Cavalli coupable, je dirai à Votre Altesse que non,\npuisqu'en examinant ses lettres, je défie qu'on trouve\nqu'il en ait écrit aucune à dessein que les négociants\navancent des sommes. On voit que trompé par Zanno-\nvich, il avait une très favorable idée de la maison\nPéovich, et que conformément à cette idée, il en a fait\nl'éloge aux négociants hollandais. M. Cavalli selon moi\nne fut coupable que d'innocence. Il doit en être hon-",
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     "texte": "308\nLa Vogue.\nteux toute sa vie. Un saint pourrait commettre impu-\nnément une pareille faute, mais jamais un homme d'im-\nportance. Son erreur n'a dépendu que d'un excès de\ncrédulité. Si à cause de sa légèreté il peut être con-\ndamné à païer, je vous jure que les négociants en sont\nplus coupables que lui, puisque par avarice ou par une\nlégèreté beaucoup plus forte, ils se laissèrent bercer\nquatre années de suite. Ils donnèrent 27.000 florins à\nZannovich avant qu'ils sussent qu'un résident Cavalli\nexiste. Six mois après la lettre de recommandation de\nM. Cavalli, M. Arlés les a avertis que Peovich était un\nfaux nom et que le personnage qui le portait, était le\nmême frère de Zannovich. Le même Cavalli dix mois\naprès la lettre de recommandation écrivit aux négo-\nciants Chomel et Jordan de se tenir sur leurs gardes\net d'attendre les expéditions avant de donner du crédit.\nTrois mois après Cavalli leur réitère les mêmes avis\net se plaint qu'ils disent n'avoir pas reçu sa lettre pré-\ncédente. Il y a une lettre datée quatre jours après\ncelle-ci dans laquelle Cavalli encourage les négociants,\nmais dans la suivante il leur dit clairement qu'il n'a\njamais pensé qu'en force de sa recommandation ils par-\nviendraient à négliger les règles ordinaires du com-\nmerce qui mettent les traitants à l'abri des fourberies\ndes fripons.\nJe conviens que M. Cavalli a mal fait d'écrire aux\nnégociants qu'il connaissait la maison Peovich qui\nn'existait pas et encore plus mal de leur dire qu'ils\npouvaient avoir en elle toute la confiance et j'avoue\nque c'est une bévue impardonnable à un homme\nde son état, mais je demande si ces assertions ont la\nforce de dire: << Faites à cette maison des anticipations\net je réponds de tout. » Les négociants d'Amsterdam",
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     "texte": "La Vogue.\n309\nsont-ils les maîtres de donner aux assertions de M. Са-\nvalli trop légèrement avancées la valeur qu'ils veulent.\nSi l'on trouve les négociants innocents dans leur\nconduite au point de prétendre que M. Cavalli les rem-\nbourse, comment peut-on trouver coupable Cavalli qui\na commis beaucoup moins de fautes. Dans sa recom-\nmandation exagérée, Cavalli n'a violé que les règles de\nla circonspection, faute, il est vrai, qu'on pardonne\ndifficilement à un résident de Venise qui est toujours un\nsecrétaire du Sénat dont l'honorable titre est celui de\ncirconspect, mais les négociants Chomel et Jordan ont\nviolé rien moins que le premier précepte. Cautius nego-\ntiari.\nLes fautes de Cavalli sont des fausses suppositions\ninvolontaires; celles des négociants sont des omissions\nessentielles. C'est constaté que Chomel et Jordan\nfurent avertis à temps par Arlès de Lyon et par Cavalli\nqu'il leur convenait de prendre des précautions,\net Arlès leur dit net que Peovich est un fourbe; or je\nme demande pourquoi ils ne firent pas attention à ces\navis.\nIl est évident qu'ils aimèrent mieux se flatter, car\najoutant foi à ce qu'on leur disait, ils auraient perdu\nl'espoir du gros gain qu'ils se voyaient sur le moment\nde faire.\nOn trouva dans les pièces du procès une lettre de\nChomel et Jordan écrite d'Amsterdam à M. Arlès de\nLyon à la fin ce l'année 1774 dans laquelle ils déclarent\nqu'on ne leur doit rien.\nUn juge sèvère en examinant tous ces faits, pourrait\nce me semble entrevoir de la malice dans la conduite\ndes négociants hollandais, inême un peu de mauvaise\nfoi. Pour moi, je crois qu'ils ſurent, aussi bien que",
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     "fin_caractere_exclue": 1913,
     "texte": "310\nLa Vogue.\nCavalli, les dupes de ces ruses d'un imposteur qui eut\nle talent de se multiplier, de donner une existence\nréelle à des êtres chimériques et de faire jouer des\nmachines qui cependant n'auraient eu ni force ni succès\nsi on leur eut proposé la prudence (1).\nDans l'examen de ce fait, je défie tout juge loyal, de\ntrouver Cavalli plus coupable que les sieurs Chomel et\nJordan. C'est ce qui me fait désirer que l'affaire soit\nsoumise à un jugement impartial. Une lettre de recom-\nmandation qui ne dit pas : « Je réponds de tout l'argent\nque vous donnerez à mon recommandé » n'aura jamais\nla force de rendre le recommandant responsable si on\nlui en donne, puisque la politesse ne permet pas que\nle recommandant dise dans sa lettre : « Je vous avertis\nde ne pas donner de l'argent à mon recommandé car\nje n'en répons pas. » Aussi les négociants n'exigent-ils\npas cette explication; une convention secrète de l'éco-\nnomie commerciale y a mis ordre. <<< Beaucoup de poli-\n(1) Casanova. La hardiesse de cet homme fut souvent surpre-\nnante. Etant à Berlin il osa écrire au roi de Prusse qu'il dési-\nrait l'honneur de conférer avec lui sur des choses très impor-\ntantes. Sa Majesté avec sa bonté ordinaire lui répondit et lui\ndonna son heure. Zannovich se rendit à Sans-Souci et eut avec\nle monarque un long entretien, qui à la vérité n'aboutit à rien,\ncar il est trop difficile de lui en imposer. Mais je suis sûr que\nce qu'il lui dit sur son origine intéressa le roi, au point que Sa\nMajesté chargea le comte Cataneo son ministre à Venise de\ns'informer qui était ce comte Zannovich qui en même temps\nqu'il se disait sujet de Saint-Marc, se donnait comme descendant\ndu fameux Georges Castriotta surnommé Scanderbeck. On a\nmis M. Cataneo à portée de savoir la vérité, mais lorsque le\nroi en fut informé, le jeune Scanderbeck avait décampé, sans\ncela le monarque l'aurait peut-être logé quelque temps à\nSpandau.",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "fin_caractere_exclue": 1744,
     "texte": "La Vogue.\n311\ntesses et point de crédit qu'avec de bonnes références.>>>\nCe que je dis est si vrai qu'il n'arrive jamais qu'un ban-\nquier écrive à son correspondant : « Je vous prie de\nme dire si je peux ouvrir ma bourse à l'aimable homme\nque vous m'avez adressé et si vous en répondez. » Le\nlaconisme des épîtres marchandes ne souffre pas de\nquestions oiseuses et n'a pas besoin de ce stile, car la\nglose au texte vise à diminuer, jamais à augmenter la\nsignification des paroles, quand il s'agit de voir si\nelles ont la force nécessaire et équivalente à l'argent\nqu'on débourse.\nIl serait à souhaiter que MM. Chomel et Jordan\neussent eu la bêtise de faire à M. Cavalli cette ques-\ntion : « Nous répondez-vous, monsieur, du crédit que\nnous pouvons faire à la maison Peovich. » Ils n'en\nfirent rien. D'abord qu'ils reçurent la recommandation\nde Cavalli, ils ne perdirent pas de temps.\nIls accréditèrent Peovich des 27.000 florins que\nZennovich leur devait, et qu'ils croyaient avoir perdu.\nPourquoi avant de consentir à cette transaction\nauraient-ils demandé à M. Cavalli s'il les conseillait à\ncommencer par là; ils se seraient exposés au risque\nqu'il leur eût répondu : « Messieurs prenez garde à\nvous » et ils n'auraient pu se flatter de pouvoir un jour\nle sommer de les rembourser de tout ce qu'ils auraient\nconfié à la maison Peovich. La seule précaution que les\nsieurs Chomel et Jordan eurent dans cette affaire, fut\nde cacher à tout le monde et à M. Arlès aussi le crédit\nqu'ils firent à Zannovich de 27.000 florins.\n8i la facilité avec laquelle ces négociants donnèrent\nun si gros crédit à Zannovich leur était naturelle c'était\nun vice de système, un défaut de conduite qui méritait\ncorrection: Ce qui leur est arrivé leur aura servi de",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "fin_caractere_exclue": 1701,
     "texte": "312\nLa Vogue.\nleçon. Je suis persuadé que depuis ce temps-là ils\nauront réformé leurs maximes. Le premier soutien d'un\nnégociant est l'argent. Il ne faudrait jamais user de\ntrop de précaution pour le garantir des pièges que tous\nles fripons lui tendent.\nDans une capitale assez célèbre de cette Europe, un\nnégociant arménien refusa d'escompter une petite lettre\nde change tirée sur lui de Vienne a piacere à une\ndemoiselle dont le propriétaire de la lettre l'avait passée\nà l'ordre. La raison qu'il allégua fut qu'il ne la connais-\nsait pas. Heureusement elle n'était pas étrangère, et le\ncuré de la paroisse ayant témoigné qu'elle portait le\nnom que la lettre indiquait il la lui paia. Mais je\ndemande au digne Arménien ce qu'il aurait fait si la\ndemoiselle fût arrivée de Vienne avec cette lettre, et\nqu'elle n'eût connu personne. Cela nous reste à savoir.\nCependant, brave monsieur l'Arménien, vive la pré-\ncaution malgré les écarts de MM. Chomel et Jordan.\nIl y a des cas que les explications trop claires nuisent\nà l'intérêt d'une des parties contractantes.\nIl faut donc se garder de ceux qui ne s'en soucient\npas.\nUn personnage très-respectable m'a dit que les négo-\nciants doivent jusqu'à un certain point plus d'égards\nque de coutume à la recommandation d'un ministre.\nD'accord, mais ce jusqu'à un certain point, ne peut\nsignifier autre chose sinon qu'ils doivent faire au recom-\nmandé des politesses extraordinaires et pas davantage,\ncar si cela voulait signifier qu'il faut aussi lui donner\nde l'argent je ne verrai plus le certain point mais le\nhaut point puisque pour des négociants on ne connaît\nrien au-dessus de débourser de l'or.\nJe trouve plaisant qu'une lettre de M. Cavalli ministre",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "fin_caractere_exclue": 1661,
     "texte": "La Vogue.\n313\ndu troisième rang qui n'accrédite pas ait eu la vigueur\nd'accréditer le recommandé par convenance, pendant\nque vraisemblablement on ne lui aurait pas donné un\nflorin s'il ne l'eût accrédité positivement. M. Cavalli\nmême ayant son bon sens n'aurait au moins jamais pu\nle présumer. Mais il était ministre de Venise à Naples.\nEh bien qu'est-ce que cela a de commun avec l'allure\nd'un comptoir des particuliers hollandais à Amsterdam.\nLorsqu'une puissance(1) que je me dispense de nommer\neut besoin il y a quatorze ans d'emprunter une grosse\nsomme d'argent d'une place fort riche, elle chargea son\nministre qui se trouvait là de la demander au corps des\nmarchands et elle l'obtint. Mais tout le monde sait\nqu'on ne donna la somme ni au souverain commettant\ndu ministre ni au ministre, mais à ce que l'on appelle\ndans toutes les Bourses de l'Europe de l'excellent papier.\nTelle est la politique du commerce. Lorsqu'il s'agit de\ndébourser des sommes les négociants ne connaissent\nni ministre ni souverain, et les souverains qui savent\ntout ceci, n'exigent du crédit, pas même de leurs\npropres sujets desque's ils n'empruntent jamais qu'en\nleur donnant de bons nantissements.\nMalgré tout ceci le monde voit aujourd'hui la Hol-\nlande à qui ces règles sont connues plus qu'à tout autre\nÉtat, puisque c'est elle qui en a fourni le code, non seu-\nlement prétendre qu'un homme soit responsable d'unc\nsomme dont il n'a pas répondu, non seulement pré-\ntendre que ceux qui l'ont déboursée ne doivent pas\nêtre la victime de leurs sottises, non seulement pré-\ntendre que l'affaire en question ne puisse être jugće\n(1) La France. Voir mémoires Casanova en Hollande.",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "314\nLa Vogue.\nque par elle, mais exiger qu'un État souverain son am.,\nqui n'en a jamais rien su doive indemniser de la somme\nperdue des négociants, par nulle autre raison que par\ncelle qu'un de ses sujets, son résident à une cour d'Italie,\na fait une recommandation comme d'usage, à un parti-\nculier qui les a trompés. Le Sénat de Venise n'a jamais\nvu tomber dans son cabinet d'État une affaire de cette\nespèce; c'est inouï et sans exemple. On dit que le\nblocus de Dantzik et l'affaire actuelle des Païs-Bas sur\nl'Escaut ne sont que des comédies politiques. A la\nbonne heure! On peut les regarder comme des pièces\nassez bonnes, et dans lesquelles toutes les règles d'Aris-\ntote ne sont pas violées; mais cette comédie batave\nfruit du génie des sieurs Chomel et Jordan, est bien ne\nleur en déplaise la plus mauvaise farce que l'Europe\nait vue, où la seule énorme longueur des entractes suffit\npour faire bailler tous les spectateurs.\nLorsque le Sénat de Venise eut notice de l'ordre\némané de L. H. P. de saisir les navires vénitiens et de\ncommettre toutes les autres hostilités que la Résolution\nmenace, pour avoir le mérite de le mettre à la raison, la\nrespectable assemblée a pensé à tout autre expédient\nhormis qu'à celui auquel la Hollande à sa place se serait\nd'abord appliquée.\nPoint de représailles, dit le Sénat de Venise; si nous\nvoulions procurer à nos sujets navigateurs un gros gain\nnous pourrions donner un ordre égal à celui de la Hol-\nlande, et pour un vaisseau qu'elle ferait enlever à notre\nmarine marchande, on en enlèverait quatre à la sienne,\net notre armée de mer pourrait faire beaucoup plus de\nprises dans les mers du Levant sur elle qu'elle n'en\nferait faire sur nous dans la Méditerranée. Mais Dieu\nnous en garde. Les sujets innocents des deux puis-",
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     "texte": "La Vogue.\n315\nsauces porteraient principalement la peine de notre dé-\nmêlé. Donnons un plein pouvoir à notre ambassadeur\nà Vienne et ordonnons lui de traiter avec le ministre des\nÉtats généraux qui est à la même cour, et faisons que\ncette affaire se termine à l'amiable; mais avant tout la\nsagesse de L. H. P. verra qu'il est absolument néces-\nsaire que l'ordre donné de commettre des hostilités\ncontre nos sujets soit retiré; car sans cela les confé-\nrences des deux ministres à Vienne ne pourraient poins\nêtre animée par l'amitié qui doit être le guide d'un\nparfait accord.\nCette réponse du Sénat fut communiquée par l'am-\nbassadeur de Venise au ministre plénipotentiaire des\nÉtats généraux et L. H. P. ont suspendu l'ordre de\nsaisir le navire vénitien; mais vous savez, monseigneur,\nqu'ordre suspendu n'est pas ordre retiré ainsi nous es-\npérons que tout ira au mieux et que la République de\nHollande démontrera qu'elle ne cède en rien à celle de\nVenise pour ce qui regarde la paix et la bonne har-\nmonie.\nL'idée qu'on a à Venise des États généraux est telle\nqu'il n'y a personne qui ne croie qu'elle ne retirera\nd'abord l'ordre fatal qui serait l'avant-coureur d'une\nmalheureuse guerre et également scandaleuse qui dé-\nplairait à toute l'Europe, et affligerait les esprits poli-\ntiques et profonds spéculateurs car ils auraient la mor-\ntification d'avoir vu un événement qu'ils n'auraient\njamais su prévoir.\nCertaines têtes croient que la Résolution hollandaise\nn'est qu'un épouvantail politique fait pour persuader le\nSénat à païer, et elles prétendent qu'en niême temps\nqu'on a donné ordre de saisir les navires, on a donné\nun contre-ordre secret de n'en rien faire. Cela peut",
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     "texte": "316\nLa Vogue.\nêtre. Quant à moi je n'en sais rien, mais il me semble\nque ce badinage serait trop dangereux et mériterait\nd'être regardé avec une attention très sérieuse. Ha\nnugæ seria ducunt in mala.\nUne puissance qui se détermine à une démarche de\ncette espèce peut faire semblant de badiner, mais les\nprévoïants distinguent qu'elle fait tout de hon puisqu'elle\ns'engage.\nLes E. G. sont les maîtres de faire tout ce que bon\nleur semble inais ils ne pourront jamais persuader l'Eu-\nrope, que le Sénat de Venise n'ait fait à leur égard,\ntout ce que le plus grand prince de la terre et le plus\nexigeant, aurait pu prétendre qu'il fit dans un cas\npareil.\nLes E. G. m'a-t-on dit, ne se souciaient pas de l'es-\npèce de satisfaction que l'État de Venise leur a donnée.\nIls n'auraient voulu que de l'argent et voilà tout. Cela\nse peut, mais il me semble, que pour obtenir cela, il\naurait fallu, dans le commencement, donner à cette\naffaire, une tournure tout à fait différente. La première\nchose que les corps souverains ont à ménager est leur\npropre dignité. La seconde est celle des souverains\navec lesquels ils traitent. Je crois de savoir que dans ce\ntemps-là le paiement d'une somme n'était pas à propos.\nJ'ignore ce qu'il arrivera dans le temps à venir.\nMais si les E. G. trouvent qu'il n'y a rien à redire\nsur la conduite des négociants Chomel et Jordan et\nqu'on ne peut leur rien reprocher, ni démontrer que\nc'est leur faute si un trompeur réussit à leur enlever la\nsomme en question, pourquoi L. H. P. avec le noble et\nvif intérêt qu'elles prennent au bien de leurs sujets (qui\neurent dans cette affaire une conduite digne de leur\napprobation) ne les dédommagent-elles pas. Pourquoi",
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     "texte": "La Vogue.\n317\nveulent-elles que ce soit le Sénat de Venise qui débourse\nune somme que les négociants hollandais perdirent pour\ns'être écartés des règles suivies par tous les négociants\nde ce monde et faites pour rendre vaines toutes les\nfourberies des fripons.\nConcluons, cette affaire ne peut-être justement dé-\ncidée que par accord réciproque ou par les lois et les\nusages. Il faut donc la soumettre au jugement d'une ou\nplusieurs têtes qui connaissent les unes et les autres,\nsoient en état de prononcer sentence, les parties étant\ndisposées d'avance à acquiescer. Hoc erat in votis.\nL'affaire s'achemine à dépendre du concordat des\ndeux ministres de paix. Leurs vertus connues, leur grande\nhabileté, la longue expérience de l'un, le zèle et la\ngloire de sa patrie qui doit animer l'autre, nous font\nespérer que le tout sera bientôt accomodé à l'amiable\net qu'on n'entendra plus parler de ce démêlé que dans\nles comptoirs d'Amsterdam lorsqu'il s'agira de citer\nquelque exemple à prendre contre les entreprises et\nles ruses des aventuriers fripons qui n'ont rien de mieux\nà faire qu'à dresser jour et nuit des embuscades à\nl'argent des riches négociants.\nJe suis avec un profond respect,\nMonseigneur,\nde Votre Altesse sérénissime,\nLe très-humble et très-obéissant serviteur\nHambourg au 12 mars 1784.\n38\nوع\nEUPOLÊME.",
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     "texte": "PREMIER LIVRE\nDE L'ART POETIQVE\nDE IAQVES PELETIER\n(Suite.)\nL\nDes Vices de Poësie.\nEs vices esemant se connoesset par l'oposite des\nVertuz: léqueles on ne peut mancionner bon-\nnemant, sans donner par méme moyen une ateinte e\nsouuenance de leur contrere. Comme donq nous auons\ndit la clerte étre le plus infine ornemant du Poëme :\neinsi l'obscurite se contera pour le premier vice. Car\nil n'i à point de diferance antre ne parler point, e\nn'étre point antandu. Ancor panseroéje étre plus mal\nfèt de parler obscuremant, que de ne parler point du\ntout: car on tient le tans d'un homme qui s'amuseroèt\nalheurs. Mes il i à maniere de juger les obscuritez. Car\nsi le Poëte n'use point de moz trop loin cherchez, ni\ntrop afectez, ni impropres : s'il n'ét point trop brief:",
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     "texte": "La Vogue.\n319\ns'il à susuì bon ordre (qui sont les poinz qui garanticet\nd'obscurite): alors s'il n'ét antandù, ce sera la faute\ndu Lecteur, e non pas de l'Auteur. Comme si pour\nquelque Fable aleguee par ateinte: si pour quelque\nneu de Filosofie mis par anrichicemant : si pour quel-\nque Histoere touchee par brief incidant: somme, si\npour quelque bonne alusion, le Lecteur ét tard a com-\nprandre: qu'il s'an acuse, e non pas l'Auteur: lequel\nplus tót seroèt acusable, s'il auoèt ecrit trop au long:\ne s'il anseignoèt comme an une Ecole. Mes nous\nparlons ici de l'obscurite naturele, e pour einsi dire,\nradicale: Laquele se connoét a cela, que l'Ecriteur\ntout par tout ét samblable a soe, e qu'il persiste an son\nstile non antandible: quand on voèt des poinz an lui\nqui se pourroét treter plus ilustremant : quand on voèt\nque cela lui prouiént d'une aprehansion trop elonguee :\nquand apres auoèr longuemant songè an ses desseins,\non ét contreint d'an deuiner la moetie. Comme lon dit\nde S. Geróme: lequel apres auoèr long tans demeurè\nsus la lecture de Perse, sans le pouuoèr comprandre:\ngeta le Liure dedans le feu: e dit, Tu ne veús étre\nantandit: ni moe ne te veù antandre. Quand, pour\nexample, an Latin vous voyez quelque Poëte obscur an\nun suget qui de soe ét bien tretable: e qu'on peut\nfacilemant juger que si un Virgile l'út ù an mein, il ne\nl'út pas einsi randù dificile: eins l'út ornè, eclerci e\nembeli. Lors on se peut assurer que c'ét Vice. Le\nPoëte eureus ne se proposera james un argumant",
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     "texte": "320\nLa Vogue.\nobscur: e comme j'è dit an la Traduccion d'Horace, се\nqu'il voèt ne pouuoèr prandre teint an ecriuant, aucu-\nnemant n'ateint. Vrei ét que Lucrece ét grandemant\nlouable, vù le tans ou il à vecù, e le suget qu'il à\nchoesì, de soe obscur e maltretable: et se connoét bien\na son stile combien il ét mieus nè, celui qui aproche\nan auant, ancores qu'il n'arriue jusques au but: que\ncelui qui ét, tant soèt peu, passè. Ie veù dire qu'on\nconnoét an son Euure un ne sè quel plus grand res-\nsantemant de l'eureus siecle qui deuoèt étre souz\nAuguste, qu'an nul de ceus qui ont ecrit apres.\nÈt donq le Poëte le premier soin de donner lumiere\na son ouurage ; e panse que le tans n'ét plus de\nceus qui se delectet es choses obscures, pour prandre\nocasion de se glorifier de les auoèr comprises; ou pour\ns'an rejouir, non pas comme de les auoèr aprises, mes\ncomme de les auoèr inuantees. Il faut sus toutes choses\nqu'un Ecrit soèt louable anuers les doctes: e ce pan-\ndant qu'aus moins sauans il donne de prime face quel-\nque aprehansion de beaute, e quelque esperance de le\npouuoèr antandre. E cela git an ne dire ni plus n\nmoins qu'il faut, chose de grande diſiculte, principale-\nmant an notre Poësie Francoese: ou la Rime nous tien\nen grande sugecion. Mes d'autant plus se faut il efor-\ncer à la vertu e montrer que la dificulte de la Rime\nsert expressemant, pour longuemant panser a bien\nfere. A faute de quoe, auienet toutes les sortes de\nVices; Comme antre autres, la Repugnance ou Con-",
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     "texte": "La Vogue.\n321\ntrariete: laquele, pour rien ne dissimuler, nous ét fort\nfrequante an notre Poësie Francoese. E i an à bien\npeu qui ne se contrediet, non point d'un Euure a autre\nseulemant, mes an un méme Euure: non point an un\nméme Euure, mes an un méme androet. Qui ét un vice\nfort reprochable: E qui d'autant plus songneuse mant\nse doèt euiter, que plus facilemant il arriue. Car\nl'homme etant composé de contreres, e ayant l'esprit\nexposè a tant d'objéż diuers, douteus, obscurs, vreis e\nfaus; malesemant se peùt meintenir an un trein inua-\nriable, sans trouuer rancontres, ofanses, e detourbiers\nqui lui facet oublier sa droete voee. Et de méme cause\nprocedet les Redites; mes un peu plus excusables,\ntoutefoes qui arguet une non chalance de stile e de\nreuue, le trouue ancores une faute assez coutumiere,\nqui ét le long parler, ou mieus, le trop parler: que\nles Gréz apelet Macrologie: Comme an Titeliue, Les\nambassadeurs n'eyans pù impetrer la pes, s'an retour-\nneret arriere, an la meson d'ou iz etoét partiz. Ele\nauient aus Francoes, qui pour venir a la Rime alonget\nleurs vers de beaucoup de moz oeseus: qui sont ceus,\nsans lequez la santance demeure antiere. Il i an à qui\nvoulans euiter le commun usage d'ecrire, souz espece\nd'elegance uset d'une circuicion, recharget moz sus\nmoz: e an fin se trouvet n'auoér rien dit que des moz.\nLa superfluite prouient a aucuns, de la peur qu'iz ont\nque leur artifice, leur inuancion, e leur labeur n'appa-\nroesset. Mes sans point de doute, celui ne sèt pas la",
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     "texte": "322\nLa Vogue.\nmaniere de se fere estimer, qui desire étre trop tót\nconnù. Il faut tousjours cacher quelque chose d'exquis\ndedans ses Ecriz, e le consacrer du tans : lequel ét\nmétre de tout, e decouure tout, l'un apres l'autre. Qui\ncherchera bien dedans Virgîle; il i trouuera tousjours\nquelque secret, je di expressemant couuert de l'au-\nteur: e auquel les Lecteurs n'avoét point ancores\npansè. Car les choses qui sont euidantes an lui, apa-\nroesset si riches, qu'eles donnet une certeine assu-\nrance, que ce qui ét latant, doèt étre precieus. Or an\ncas de vices, se faut bien souuenir du mot d'Horace :\nque le soin de fuir le mal, souuant nous conduit an un\nautre mal: si nous n'i auisons de pres. Comme pour\neuiter superfluite e étre brief, on deuient obscur: Qui\nveût étre facile, il deuient mol, efemine e sans ners :\nQui veût étre graue, deuient anfle: Qui veut fere son\nPoéme delectable par variete, il fèt un Ecrit mons-\ntrueus, mélant les choses vielhes avec les nouvelhes,\nles hautes avec les humiles, les vulgueres avec les\nmagnifiques. E certes ces vices la qui s'ancouret souz\nespece de vertu, sont les plus etranges. Car comme\nchacun se mete an deuoèr de fuir les autres defaus :\nceus ci samble qu'on les cherche. Antre léquez sont\nles ornemans afectez, qu'Horace apele bien propre-\nmant, ambicieus. A brief parler, le Poëte se delibere\ne se prepare contre les fautes qui arrivet generalement\nan deus androez: aus choses e aus moz: Es choses,\ncomme obscuritez, impertinances, vilitez, contrarietez,",
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     "texte": "La. Vogue.\n323\nexces, redites: Es moz, comme improprietez, redon-\ndances, ambiguitez e mauueses composicions. Se sou-\nuient tousjours de ce que nous aucns dit an l'Imita-\ncion, qu'il i à infinies sortes de malfere, e une seule\nde bien fere: E pour cela, faut infinimant traualher\nla paruenir aus Vertus, e incessammant veilher pour ne\ntomber es Vices. Mes par ce que nous n'auons pas\nantrepris au commancemant d'instruire le Poëte\nmal ne: il nous sufira d'auoèr mis ici, non la\nmultitude des vices, qui seroèt chose\ntrop annuieuse: mes la notable mer-\nque des plus infines : qui deura\nétre assez à celui qui aura\nanuie de connoétre ce\nqu'il doèt fuir ou\nsuiure.",
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