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     "texte": "PRINTEMPS\nL'éphémère idole, au frisson du printemps,\nSentant des renouveaux éclore,\nSe gulpa de satins si lointains et d'antan...\nRoses exilés des flores !\nLe jardin rima ses branches de lilas;\nAux murs, des roses tremières;\nLa terre étala, pour fêter les las,\nDes divans vert lumière;\nDes rires ailés peuplèrent le jardin ;\nSouriant des caresses brèves,\nDes oiseaux joyeux, ja:ines, incarnadins,\nVibrèrent aux ciels de rêve.",
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     "texte": "110\nLa Vogue.\n\nSous les arbres, dont les branches balancent en\nrythmes d'encensoir, sous la mobile pluie des rais de\nsoleil, les amants sont venus s'asseoir. Dans les grise-\nries de la lumière, ses cheveux blonds se nuancent d'un\npâle violet. L'étoffe légère semble une peau factice, une\npudeur décorative. Un murmure passe dans les frondai-",
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     "texte": "La Vogue.\n11\nsons. Voici venir l'heure des baisers très lents. Ils se\nsont connus au premier beau jour. Des parfums s'épan-\ndaient dans l'heure indécise, des sourires paraient les\nlèvres des fillettes. Une fête subite éclairait la rue. Ces\nsenteurs tièdes! comme de lointaines musiques jouaient\ndans le vent léger. Dans l'épais fourré, sur le banc de\nbois, passent des rais d'or et voici venir les baisers\ntroublants.\nSur la berge, dans l'auberge, d'une tonnelle où l'on\nboit du gros vin en des verres épais, une voix chevro-\ntait.\nEt dans sa chanson, les marguerites, en s'inclinant\nsous la rosée, prenaient en leurs calices des perles pour\nqu'elles fussent bues des amoureux qui s'en vont, par\nles matins clairs, s'embrasser près des ruisseaux, aux\nprairies vertes.\nEt dans la chanson, l'oiseau clamait ses trilles en la\nfeuillée pour que l'entendissent les amoureux qui vont\nenlacés dans la forêt verte et loin des regards s'asseoir,\ndans les clairières toutes brodées de liserons.\nEt la chanson disait : je t'aime! et l'on percevait un\npage, une châtelaine qui s'aimaient au temps jadis; jadis\nau temps où l'on s'aimait...\nBarques voguez vers les Cythères, les Cythères des\nbons dimanches. De minuscules argents dansent aux\ncimes des vaguettes. La Seine se strie, clapote et mur-\nmure. Barques, emportez les rires perlés, les pailles\nfrêles, les ombrelles rouges vers des anses herbeuses\net assoupies. Emportez les bras nus des rameurs.",
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     "texte": "112\nLa Vogue.\nPavoisez de rouge, pavoisez de bleu l'allance rapide\nentre les rivages. Les villas sourient d'entre les glycines,\nles refrains s'en vont le long des coteaux. Nolisez les\nbarques vers les petits orients de quiétude et de non-\nchalance qu'improvise le bon printemps.\nGUSTAVE KΑΗΝ.\nE",
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     "texte": "PRÉFACE\nCopenhague, Elseneur, 1 janvier 1886.\nMon père (un dur par timidité)\nEst mort avec un profil sévère;\nJ'avais presque pas connu ma mère;\nEt donc, à vingt ans, je suis resté.\nAlors, j'ai fait d'la littérature;\nMais le démon de la vérité\nSifflotait tout l' temps à mes côtés :\n« Pauvre! as-tu fini tes écritures?... »\nOr, pas le cœur de me marier;\nÉtant, moi, au fond, trop méprisable!\nEt elles pas assez intraitables !!\nMais tout l' temps là à s'extasier!\nC'est pourquoi je vivotte, vivotte....\nBonne girouette aux trent'-six saisons,\nTrop nombreux pour dire oui ou non.\n- Jeunes gens! que je vous serv' d'ilote!",
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     "texte": "ROMANCE\nJ'ai mille oiseaux de mer d'un gris påle\nQui nichent au fond de ma belle ame;\nIls en emplissent les tristes salles\nDe rythmes pris aux plus fines lames.\nOr, ils salissent tout de charognes,\nEt aussi de coraux, de coquilles;\nPuis volent en ronds fols, et se cognent\nA mes pâles lambris de famille.\nOiseaux pâles, oiseaux des sillages!\nQuand ma fiancée ouvrira la porte,\nFaites un collier des coquillages\nEt que l'odeur des charogn's soit forte!\nQu'elle dise : « Cette âme est bien forte\n« Pour mon petit nez! Je me r'habille.\n« Mais ce beau collier, hein? je l'emporte?\n« Il ne lui sert de rien, pauvre fille.... »",
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     "texte": "SOIRS DE FÊTES\nJe suis la Gondole enfant chérie\nQui arrive à la fin de la fête,\nPour je ne sais quoi, par bouderie,\n(Un soir trop beau me monte à la tête!)\nMe voici déjà près de la digue;\nMais la foule sotte et pavoisée,\nAh! n'accourt pas à l'Enfant Proaigue!\nEt danse, sans perdre une fusée....\nAh! c'est comme ça, femmes volages!\nC'est bien. Je m'exile en ma gondole\n(Si frêle!) aux mouettes, aux orages,\nVers les malheurs qu'on voit au Pôle!\n- Et puis, j'attends sous une arche noire....\nMais nul ne vient; les lampions s'éteignent;\nEt je maudis la nuit et la gloire!\nEt ce cœur qui veut qu'on me dédaigne!\n***",
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     "texte": "LES CHAUVE-SQURIS\nC'est qu'elles m'ont l'air bien folles, ce soir,\nLes cloches du couvent des carmélites!\nEt je me demande au nom de quels rites....\nAllons, montons voir.\nOh! parmi les poussiéreuses poutrelles,\nCe sont de jeunes chauve-souris\nFolles d'essayer enfin hors du nid\nLeurs vieillottes ailes!\n- Elles s'en iront désormais aux soirs,\nChasser les moustiques sur la rivière,\nA l'heure où les diurnes lavandières\nOnt tû leurs battoirs.\n-\nEt ces couchants seront tout solitaires,\nTout quotidiens et tout supra-Védas,\nTout aussi vrais que si je n'étais pus,\nTout à leur affaire.\nAhl ils seront tout aussi quotidiens\nQu'aux temps où la planète à la dérive\nEn ses langes de vapeurs primitives\nNe savait rien d' rien.",
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     "texte": "\nVINCENT D'INDY",
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     "texte": "La Vogue.\n119\nParisien, mais aussi Cévenol, maigre, brûlé, les\nyeux creux, presque d'un peintre, on l'a vu dans le\ntableau de Fantin, on le voit au pourtour de Lamou-\nreux, où cette année, enfin, on l'entendit.\nDe mauvaises langues assurent que son très beau\nChant de la Cloche fut le triomphateur des luttes\nolympiques et municipales parce que des conseillers le\nconnaissaient révolutionnaire en musique et lui en\nsurent gré. Et, pour la première fois, des Jeux\nIsthmiques au concours du Figaro, un chef-d'œuvre fut\ncouronné.\nLes débuts de M. d'Indy sont du temps où Pasdeloup\nbattait les œufs au concert Populaire.\nIl y a de lui une chevaleresque Chevauchée du Cid,\ndes ouvertures pour la trilogie de Waldstein, un\nquatuor joué très souvent à des heures acrobatiques par\nles sociétés de musique, et Sauge fleurie, d'un si joli\nton de tapisserie moyen âge ou ae féerie shakespea-\nrienne. On entendra une suite pour piano de Poëmes des\nMontagnes, impressions de l'héréditaire patrie, et\nencore bien d'autres superbes choses, car le compositeur\ndu Chant de la Cloche à pris la route des hautes\ncimes.\nDans le fossé, bons critiques!\nLÉO D'ORFER.",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "NOSTALGIE\nDoux yeux! j'ai vu, comme en un gouffre,\nLe fond de l'être où vous plongiez,\nJ'ai vu ses vœux réfugiés!\nEt j'ai connu ce dont il souffre.\nO vous, blonde Mélancolie,\nQui sur mes yeux penchez vos yeux,\nVos larges yeux bleus soucieux,\nSi maternels à ma folie,\nVenez-vous, chère silhouette,\nLever le voile du Passé,\nCe passé que j'ai tant bercé\nEn mon anxiété muette.\nX\nSous les paresses secourables\nOù s'engourdit ma volonté,\nBlanches en leur frigidité,\nLes heures vont irréparables.\nYeux des Chimères caressées\nQui sont nos éternelles sœurs,\nMettez un peu de vos douceurs\nParmi l'orgueil de nos pensées!",
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     "texte": "La Vogue.\n121\nVoilez aux ivresses mourantes\nDe notre désir imprudent\nLes femmes frêles - s'accoudant -\nAux longues robes amaranthes!\nVous qui donnez à nos tristesses\nUne immarcessible beauté\nEt comme la sérénité\nDes mélancoliques altesses,\nVous dont l'âme inquiète ausculte\nNotre pensée intimement\nMettez en nous, - fût-ce un moment,\nL'idéal que le rêve sculpte.\n-\nX\nDes souffles d'hyemale bise\nProlongent leur chant luctueux,\nEt sur mon cœur tumultueux\nGrince leur ironie exquise.\nAvec les fleurs d'or des cytises\nQui naissaient dans les jeunes Mais\nSont loin, pour ne fleurir jamais,\nLoin les douces choses promises.\nSous les paresses secourables\nOù s'engourdit ma volonté,\nBlanches en leur frigidité,\nLes heures vont irréparables.\nX\nDoux yeux ! j'ai vu, comme en un gouffre,\nLe fond de l'être où vous plongiez,\nJ'ai vu ses vœux réfugiés\nEt j'ai connu ce dont il souffre.",
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     "texte": "122\nLa Vogue.\nO lamentable maladie!\nCes souvenirs inconsistants\nEt l'évocation des temps\nQue j'ai vécu dans l'Arcadie.\nO n'ai-je pas l'omniscience\nEt ne suis-je pas saturé\nDe tout ce passé vénéré\nQue mon cœur au futur fiance!\nN'ai-je pas assez du mensonge,\nDes reflets irisés, assez\nDe ces désirs inexaucés\nEt dont la vanité me ronge !...\nLaisse-nous là, - Course fatale!\nCar parmi l'hermétique nuit,\nVoici! c'est Pheure où notre ennui\nRêve l'inaction totale!\nX\nO penche-toi, penche-toi, grave\nAvec le sourire navré,\nToi, dont le vol est enserré\nPar les nostalgiques entraves,\nPuis, écoute! le grand silence\nSe propage en l'immensité,\nEt dans la bleue obscurité\nTon âme en dormant se balance...\nMATHIAS MORHARDT.\n33",
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     "texte": "LE THE CHEZ MIRANDA\nAu pied de la montagne à la chevelure frondante, la\nVilla blanche et enguirlandée.\nSur les gazons ras des pelouses et parmi les hauts\ntulipiers aux branches se bifurquant, - tel un blanc\ngypaète les ailes toutes grandes, — la blanche et en-\nguirlandée Villa se pose.\nLa nuit est pâle d'étoiles.\nL'air torride est tout embaumé. Il est tout embaumé\nde la sève des branches frondantes de la forêt, et de\nl'arome des rhododendrons, et de la saveur des mûres.\nAu pied de la montagne, sur les gazons ras des\npelouses, - tel un blanc gypaète les ailes toutes grandes,\nla Villa se pose.\n-\nLa nuit est pâle d'étoiles.\nLa rue close de baraques foraines, s'aveugle de\nlumière, s'assourdit de claquements de fouet, de cris\net de sonnailles.",
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     "texte": "124\nLa Vogue.\nLà-bas, par-dessus les toits ardoisés, l'orchestre du\nCasino clangore.\nLà-bas, dans l'obscurité humide de l'allée, on entend\nle gave qui saute le barrage.\nParmi les hauts tulipiers aux branches se bifurquant,\nla blanche et enguirlandée Villa.\nL'air torride embaume la sève de la forêt, l'arome\ndes rhododendrons, la saveur des mûres.\nDes fouets qui claquent.\nDes sonnailles qui tintinnabulent.\nDes roues qui roulent.\nDes cuivres qui clangorent.\nDe l'eau qui bruit.\nLa nuit est pâle sur la Villa aux guirlandes...\nEn robe claire à pois, Miranda se renverse, le cou nu\net des rubacelles aux oreilles.\nJEAN MORÉAS,",
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     "texte": "La Vogue.\n125\nGît la plaine orune, etendue, rose. Au bord, la\ntrace du soleil parti stagne, rouge.\nEt le ciel s'élève avec des courbes immenses de\npalmes et des teintes citrines qui montent, qui montent\net se nacrent de blanc, et se bleutent, se bleutent\ncomme un ruban de blonde. Une étoile fichée là, mi-\nnuscule, ainsi que la tête d'une épingle dans ce bleu\nlisse.\nMiranda descend par la plaine. Droite et grêle.\nDroite et grêle.\nLuisent les canons de son fusil, roses un peu du\ncouchant, rouges un peu du sang des bêtes. Et se\nrose aussi la torsade la plus lointaine de sa chevelure\nmassée et se rose encore la brindille de houx qui re-\ntrousse sa toque large.\nLes perdrix rappellent.\nPar les sillons aigus comme des vagues, les grands\nchiens flairent. Gueules haletantes. Et leurs oreilles\ntraînent sur le sol épilé de moissons.\nLe vent effleure les nappes illimitées de betteraves.",
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     "texte": "126\nLa Vogue.\nLes betteraves frisonnent de leurs panaches verts et de\nleurs panaches mauves. Semblables à des piles d'écus\nles lointaines cheminées de fabriques.\nLes perdrix rappellent.\nL'église du proche village lève au ciel sa tour des\nprières, son clocher bleu.\nSon clocher assis sur les rondes cimes des pommiers\net dans les feuilles tènues des saules.\nVoici que des buees sourdent et rampent; des buées\ngrises qui glissent au ras des éteules et des trèfles.\nL'ampleur du vide s'accroît. Le ciel se hausse et s'é-\nteint. La nuit violette plane sur la plaine, plane et\ns'accroupit. Et les lueurs des fermes transparaissent à\npeine suspendues parmi les brumes denses comme des\ntaches d'or.\nPar les sillons aigus comme des vagues, les grands\nchiens flairent. Et leurs flancs roulent aux sursauts de\nl'infatigable course.\nLes perdrix rappellent.\nDans l'ombre rousse de la salle dont les murs se\nperdent, rien que les cuisses des hermès, cariatides\nde la cheminée profonde, rougeoyent au feu des bûches.\nLa flamme danse et pétille. La flamme danse, et son\nombre jaune sur la tête pensive des chiens allongés.",
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     "texte": "La Vogue.\n127\nMiranda se repose toute mince dans l'antique fau-\nteuil aux fleurages déſunts. Et saillent ses jambes\nrondes croisées dans la courte jupe de velours sombre.\nSa chevelure dénouée inonde de pâleur les pâleurs\nexsangues de sa face sérieuse. Trop petite dans le\nfauteuil trop grand; trop blanche dans le fauteuil usé.\nPour un sourire de sa mémoire, ses lèvres rosâtres\ns'étirent. Et la flamme qui se tend jusqu'à elle, lèche\nses yeux, obscurs d'ombres flambantes.\nPAUL ADAM.",
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     "texte": "STENDHAL INEDIT.\nM. Charles Henry nous communique des inédits de\nSthendal, des opinions littéraires, musicales, nerveuse-\nment dites à la mode de l'auteur, une lettre à Paul de\nMusset où il le félicite de sa nouvelle: Un Regard.Cette\nnouvelle n'est pas réimprimée dans les œuvres de\nM. Paul de Musset. Nous donnerons dans un des pro-\nchains numéros la nouvelle qu'intéresse Beyle.\nLettre autographe signée, à un littérateur : 8 avril 1825,\n+ p. pl. in-4.\nCurieuse épître signée Stendhal et toute rela-\ntive à une critique de son Racine et Shakespeare.\nIl assure que les lettres du classique sont réelles.\nIl se défend d'avoir voulu attaquer MM. de La-\nmartine et Hugo, dont il estime le talent. « Je\ncrois que l'on n'est pas impoli envers un auteur\nen disant que son ouvrage est détestable. Tout\nhomme qui imprime sollicite une louange; c'est\ns'exposer aux sifffets. Je désire pour mon compte\nla vérité tout entière et la vérité la plus âpre. »\nLettre autographe signée Cotonet à M. Gonsolin, 10 fév. 1829,\nI p. 1/2 in-4.\nOn va jouer le Henri III de M. Dumas, mais\nc'est encore Henri III à la Marivaux. M. Hugo",
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     "texte": "La Vogue.\n129\nn'a pas de succès réel avec Les Orientales.\nQuant au Dernier jour d'un condamné, cet ou-\nvrage fait horreur.\n(Vendu en déc. 1874.)\nLettre autographe à M. de Fiori. Rome, 18 juin 1836,\n4 p. pl. in-4.\nIl vient d'être malade et malgré sa faiblesse il\ns'est traîné à la Muta di Portici qui a eu le plus\ngrand succès, malgré deux petits inconvénients;\nil n'y a pas de chanteuse et le Masaniello n'a pas\nde voix du tout. Tout se passe en chœurs, ils\nchantent avec verve, tant les coquins sont con-\ntents de n'être plus des Grecs ou des Romains,\nmais simplement des canailles de pêcheurs;\ncomme tels ils se permettent toutes sortes de\nlazzis, et même des grossièretés sans lazzis que\nle public prend fort bien :\n« Croiriez-vous que ce public en est réduità\nce point d'abjection que deux jeunes avocats\nm'ont demandé, si à tout prendre, leur Muette\nn'est pas snpérieure à celle de Paris. Ce pays a\ntant perdu. Ils en sont pour les arts, le sens com-\nmun de l'art de jouir de la vie, au point où les\narts du dessin en étaient sous Constantin en 300;\non relevait les colonnes des temples, mais on les\nplaçait à l'envers la tête en bas. » Détails sur la\nnoblesse à Rome, etc.\n(Vente à de Trémont du 16 fév. 1853)\nLettre autographe signée à M. Raynal, 6 sept. 1837, 3 p. 1/\nin-8.8 fr. 50.\nCurieuse épître. Il demande des renseigne-",
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     "texte": "130\nLa Vogue.\nments sur le procès jugé, sans doute à Chateau\nroux, de cet amant qui craignait de déshonorer\nson garçon. Les journaux, par mauvais goût,\nn'osent pas donner certains détails. « Peut-être,\npar la suite, ferai-je de cette belle anecdote un\nusage analogue à celui que j'ai fait de l'aventure\nde Pau... »\n(Vendu en fév. 1863.)\nJe pense bien, Monsieur, qu'il vous est assez\négal de plaire à un lecteur de plus, mais per-\nmettez-moi de me donner le plaisir de vous dire\ncombien je suis enchanté d'un Regard. Cela est\ndélicieux et ce me semble parfait. Dans un sujet\nsi scabreux et prêtant tellement à l'emphase il\nn'y a pas une de ces lignes sublimes qui inspirent\nsi bien au lecteur, la volonté de fermer le livre.\nMademoiselle Rachel a su charmer le public\nparce que, dans le siècle de l'exagéré, elle a su\nmarquer la passion sans l'outrer. Votre conte de\nce matin présente exactement le même mérite.\nSi vous avez le courage de continuer et de ne\njamais tomber dans l'emphase, vous atteindrez\nsans effort et sans nulle image exagérée à une\nplace qui se tronverait à peu près unique dans\nnotre littérature.\nMais quel besoin avais-je de cette lettre,\ndirez-vous ? C'est moi, Monsieur, qui avais le\nbesoin de vous dire combien je suis étonné d'une\ntelle absence d'emphase et peut-être y a-t-il bien\nmille personnes à Paris qui pensent comme moi.",
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     "texte": "La Vogue.\n131\nOsez rester simple. On parait froid, quand on\ns'écarte de l'affectation à la mode. Mais aussi\nrien de plus ridicule que le 7 .......de l'an passé\net l'homme qui ose la braver, a un vernis char-\nmant d'originalité. Je pense que bien souvent\nvous êtes tenté par l'apparition de quelque\nbelle phrase emphatique. Songez alors qu'il y a\nbon nombre de gens qui aiment le simple, le\nnaturel, le style des lettres de Pline, traduites\npar M. de Sacy. Depuis J.-J. Rousseau tous les\nstyles sont empoisonnés par l'emphase et la\nfroideur.\nAgréez les hommages et les compliments de.\nCOTANET.\nMonsieur Paul de Musset, chez M. Ronnaire, 10, rue des Beaux-\nArts (10 juin 1839).\n38",
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     "texte": "LES VOYAGES\nDE BALTHASAR DE MONCONYS\nLes érudits connaissent bien Balthasar de Manconys (1611-\n1665) et ses trois rarissimes in-4º de Voyages (Lyon 1665-1666):\nLibri, Poggendorff, Zerener, Paul Lacroix, M. le Dr Legué,\nM. Charles Henry et d'autres savants en ont tiré pour leurs\ntravaux de précieux renseignements ayant toute la valeur de\nl'inédit. Il nous a semblé qu'un choix systématique dans les\nrécits du vieux voyageur serait bien accueilli du public.\nM. Charles Henry a bien voulu extraire pour la Vogue les pas-\nsages les plus curieux au point de vue de l'histoire de la science.\nVOYAGE DE PORTUGAL\nA Blois, le 29 avril 1645, ie seiournay pour y voir\nle château que M. le duc d'Orléans faisoit bâtir, et son\nadmirable iardin de simples, qui passe les plus beaux\nqui soient en Europe: entre lesquels j'y vis la Sensi-\ntive presentement assez commune parmi les Botaniques,\net le Geranium noctu adoratum. Je puis bien remarquer\nvne très belle et longue gallerie qu il y a dans ce\niardin, qu'Henry IV a fait bâtir de belle pierre de taille,\nlaquelle est percée de tous les quatre costez, et deux\ncisternes d'vne architecture admirable, auec vn puis",
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     "texte": "La Vogue.\n133\nd'vne extraordinaire largeur, fait de mesme matière :\nMais ces beautés inanimées ne sont point comparables\na vn des premiers geometres et des plus sçauans\nhommes de France, M. le Conseiller de Beaune, (1)\nauec lequel ie demeuray les deux dernieres heures de\ncette journée.\nLe 30, je m'arrestay audit lieu pour profiter plus\nlongtemps de l'entretien d'vn si sçauant homme, et pour\nesprouuer vn excellent Telescope qu'il auoit fait dans\nvn laboratoire dressé expres chez luy : Pour cela ie\nn'auois pas la pratique que j'ai eüe depuis de cet\ninstrument: c'est pourquoi ie ne sçaurois asseurer de\nl'effet qu'il faisoit, quoy qu'il me le prestast pour voir\nla lune de mon logis, qui estoist plus commode que le\nsien.\nLe 3 mai, ie seiournay à Tovrs m'informant des per-\nsonnes curieuses et de mérite; on m'indiqua M. Ysin\naduocat du Roy au Bureau des Thresoriers, amateur de\ntoutes les belles sciences, et principalement de la Phi-\nlosophie de M. Descartes, que la beauté et la force de\nson genie luy faisoit embrasser, quoiqu'elle ne fût pas\nalors dans la haute estime où elle est aujourdhui. Il\nme donna aussi la connoissance de M. Malledent qui\nestoit plus dans la Philosophie Hermetique.\nLe 10, ie seiournay à Angers, et y vis le cabinet d'vn\napoticaire nommé Chaudet, où il y a vne infinité de\ncoquilles, d'animaux, d'insectes, de fruits et d'habille-\nments des Indes et une bouteille dans laquelle il y a\n(1) Florimond de Beaune né en 1601, mort en 1652, connu\npour des perfectionnements apportés au microscope et d'excel-\nlents commentaires de la Géométrie de Descartes.",
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     "texte": "134\nLa Vogue.\nquatre liqueurs differentes en couleurs, qui sans aucun\nartifice sont parfaitement separées: et mesme apres les\nauoir remüées et meslées ensemble, quand elles viennent\nà se reposer, elles reprenent leur place et couleur dif-\nferente comme auparauant.\nLe 19, ie seiournay à Vannes attendant le temps\npropre à partir, et fus voir vn pré où l'on dit que les\nsorciers tiennent leur sabat. Il y a dedans plusieurs\nronds où l'herbe n'est pas seulement foulée, mais il\nsemble qu'on l'ait bruslée. On dit que ces ronds s'aug-\nmentent tons les ans. Il est vray qu'alentour on voit\ncomme vn rond d'vne herbe bien plus belle et plus\nverte. Ce pré est releué comme sur vne chaussée au\nbord de la riuere, où vient le reflux, et le chemin des\npassans est au bord du pré; mais l'herbe où l'on passe,\nquoy que foulée et rongée, n'est pas bruslée comme\ncelle des ronds qui sont tout proches du chemin, et\nmesme le plus grand est tenant audit chemin, qui fait\nqu'il n'est pas parfaitement rond de ce costé. Aux deux\nautres il y a deux places d'herbe foulée, comme si\nquelque animal s'y couchoit, et ie vis vn trou de la\ngrosseur de quatre pouces qui entroit profond en terre\nau commencement de ce grand rond, qui me fit penser\nque ce pourroit estre quelque gros serpent, qui après\ns'estre baigné dans la mer, se venoit secher sur la\nprairie, et puis se mettoit en terre par ce trou.\nJ'y éprouvay que la teste du poisson nommé Esguil-\nlette esclaire la nuit. Sa clarté est pasle comme le corps\nde la lune, et mesme touchant auec les doigts, les\nparties qui esclairent l'humeur qu'ils en raportent, a le\nmesme effet et rend la main claire.\nLe & juin, nous eusmes un fort bon vent de nord-",
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     "texte": "La Vogue.\n135\noüest, qui nous fit doubler le cap du Finisterrae à dix\nheures du soir. Je vis force gouttes d'eau de mer sur le\npont du vaisseau, qui esclairoient comme des estoiles,\nmais ne duroient pas longtemps: i'en auois remarqué,\nd'autres nuits, de semblables dans la mer, mesme le\nlong du vaisseau. Les mariniers les nomment Esclaires\net disent que cela signifie la tempeste. Ils m'assurerent\naussi que presque tous les poissons de mer esclairoient\nla nuit et principalement les huitres ; et que quand ils\nvenoient de pescher, leurs habits mouillés d'eau de mer\nbrilloient dans leurs maisons, comme s'il y eut eu des\nchandelles, et qu'il ent estoit de mesme des manequins\nqui estoient remplis d'huistres.\nA Brouage, le 13 juillet, ie vis le jardin et les curio-\nsitez de M. Hamelot Medecin. Il est entendu en plantes\net en quantité des choses naturelles comme en poudres,\nmineraux, gommes metaux, fruits des Indes, et co-\nquilles. Il me donna du lacre, de la sensitue, et de la\ngraine musquée.\nLe 15 juillet, ie vins à la Rochelle, où le mesme iour\nie vis le cabinet de M. le ministre Flaus, qui a de\nbeaux liures, force belles coquilles et d'autres curiosi-\ntez naturelles. Entre autres, vn poisson nommé la Lune\nde mer, qui comme, il m'a asseuré, rendoit estant\nmorte, vne tres grande lumiere en son cabinet :\nelle est ainsi nommée, parce que dans la mer elle\nesclaire comme la lune au ciel. Elle est de la gran-\ndeur d'vn pié et demy, approchant du saumon et presque\ncarré-long: on y voit la queüe du serpent nommé\nSonaille: vn fort bel oyseau nommé Mouche, qui a les\nplumes de dessous le col de couleur de feu, auec son",
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     "texte": "136\nLa Vogue.\nnid de coton: vn raisin de mer: vn oyseau de Paradis :\nvn Orbis muricatus et vn beau brochet de mer.\nIl me dit que le suif et le saffran estoient excellens\npour conseruer les oyseaux, et pour les poissons qu'il\nfalloit leur faire fondre leur sel dans de l'eau douce,\ndans laquelle on les met tremper longtemps, et qu'il en\na fait ainsi à la lune. Il me dit aussi que les coquilles\ndes poissons de mer vont à fond dans l'eau douce et\nque celles des poissons de riuere surnagent.\nIe vis le mesme iour M. Tole le Medecin qui trauaille\nfort à la chymie et qui de plus dessine, peint, et entend\nla perspective.\nLe 15, ie cherchay chez les marchands du port\nquelques curiositez sans en trouuer d'autres que des\ncoquilles mediocres. Je fus voir chez un sergent de\npolice vn Basilic qu'il a, lequel il nomme Cocatris. Il dit\nqu'estant petit garçon il l'a veu vif et l'a pris dans l'es-\ntable de chez son grand-père. Il a le corps gros comme\nvn ver à soye lorsqu'il est en séve, deux aisles assez\ngrandes de cartilage, la teste crestée, et deux barbes\nau-dessous; le bec d'oyseau fort bien fait comme vn\ncoq; au lieu de pieds il a deux petites peaux, qui\nfinissent en pointe vn peu plus bas que l'endroit où les\noyseaux ont les pieds; la queüe est d'un seul cartilage\nfort long et tout entortillé, toute semée de petites\narrestes. Je l'examinay auec soin. Il n'y a aucun artifice,\nny pièce cousue ou collée, et ce n'est point de ces\nRaies contrefaites, qu'on voit aux cabinets, et que les\ncurieux font passer aux innocens pour des Basilics.\nA Nantes le 21 juillet, ie fus voir l'apres diné le\nPère Marc la Vau gardien des Récollets, grand chy-",
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     "texte": "La Vogue.\n137\nmiste, bon philosophe, éloquent, poly, genereux et\nhomme d'honneur.\nLe 22, l'apres diné ie fus voir M. de la Senegerie à\nsa maison. Il est fort entendu en medailles, en geome-\ntrie, astrologie, méchaniques et travaille fort bien au\ntour, et de la lime.\nA Nantes, le 1er septembre 1645, dans l'apresdiné,\nie fus voir M. le Teuena qui reuenoit de S. Christophle,\nlequel me donna vn liure de Galilée Du systeme du\nmonde (1). Le soir ie fus proche des Capucins auec\nM. Regnier, qui me dit qu'il faisoit peu de chaud sous\nla ligne, à cause que les rayons reflechissent directe-\nment en haut, et ne font point angle sur nous.\nLe 8, nous vismes le matin M. Arthaud Me des comptes\namateur de la iudiciaire, et qui a tous les liures qui en\ntraictent. L'apresdiné nous vismes la Bibliotheque des\nPeres de Loratoire. Je fus coucher et soupper auec\nM. de la Senegerie et nous lûmes vne lettre de Galilée\ncontre Rocio sur l'apparition des estoiles ou cometes, il\nme dit qu'autrefois vn pape estant aparu permit de\nmanger de la viande le vendredy qu'il arriua, et le\nnomma le second ieudy; despuis l'on remet à la semaine\ndes trois ieudys, parce que celle des deux est passé.\nA Saintes, le 30 octobre 1645, dans l'apresdiné ie\nvis le cabinet de M. Véret, Apothicaire, où il y a des\nfruits des Indes, des petrifications, des coquilles, des\nanimaux, et des medailles. Il y a vn poisson qu'il dit\n(1). C'est le célèbre ouvrage : Dialogo sopra i due massimi\nsistemi del mondo, Florence 1632, in-4°.",
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     "texte": "138\nLa Vogue.\nestre le Remore, qui est de la longueur de la main, la\nteste de la grosseur d'vne grosse oliue, et va tousiours\ndiminuant iusques à la queüe. Il a comme trois escailles\nlongues, qui forment sa teste. Le dessous de sa gorge\nest ondé et creusé comme celle d'vn chien.\nLe 31, ie vis le matin M. Mereudiere, les fourneaux\net l'inuention de donner le feu au degré qu'il veut, et\nde l'y conseruer.\nLe 13 Novembre, j'appris de M. Menier Mathemati-\ncien, que l'onzième proposition du troisième liure d'Eu-\nclide (1) pouuait estre fausse, si l'on faisoit deux cercles\nsur deux plans, qui se touchassent angulairement, comme\naux deux coins d'vne chambre: car alors les cercles se\ntoucheroient et la ligne qui seroit menée d'vn centre à\nl'autre ne passeroit pas par le dit attouchement (2).\nLe 18, je fus à la Digue auec le fils du Capitaine\nBeau, ie fis peschers des hailles, et i'experimentay\nqu'en ayant masché des crües, puis crachant contre le\nmur, il semble que ce soient des pieces de Lune, c'est\nà dire que cela esclaire et rend vne lumiere blanche\ndans l'obscurité, comme celle de la lune. L'apresdiné\nie fus chez M. Menier voir son globe celeste d'Airain.\nLe 19, le soir i'sxperimentay que les soles esclai-\nroient comme les hailles, mais non pas tant.\n(1). Si deux cercles se touchent intérieurement, la droite qui\njoint leurs centres étant prolongée tombera au contact de ces\ncercles.\n(2). Ceci est évident.",
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     "texte": "La Vogue.\n139\nLe 20, je fus le soir voir M. le médecin Tole, qui\nestoit de retour. J'appris le secret de deuiner deux\ncartes, que deux personnes ont tirées.\nIl faut diuiser les cartes en deux monceaux, dont\nl'on n'a que des cartes, qui sont marquées des nombres\npairs, obseruant que les figures et les as noirs sont\nimpairs, et les figures, et as rouges tiennent lieu de\npairs; puis faisant prendre une carte, reprenant les\nmonceaux, vous les changez, en sorte que celuy qui a\ntiré la non pair, la met au monceau pair, et au con-\ntraire.\nLe 22, i'appris que pour empescher un verre de se\ncasser, il le faut tremper dans de l'eau d'alun.\nLe 24 novembre au soir, M. le Marquis de Choisi\nnous fit force tours de cartes, et repeta trente deux\nmots diuers, et sans suite, que i'auois, escrits : Après\nles luy auoir nommez une fois, il les dit tous d'ordre;\npuis les reprit d'ordre en commençant par le dernier,\net finissant par le premier, et disoit le quantiesme\nestoit celuy qu'on luy demandoit. Il dit qu'il l'eust fait\naussi aisément de 500.\nIl m'apprit à faire trouuer les quatre rois, quatre\ndames, et ce en mettant les cartes suiant l'ordre de ces\ndeux vers:\nVnam, ter decimam, quatuor Regina ministrat,\nQuiuque, nonem, Rex septem bis, sexque Rolandi.\nAprès il faut, ayant ainsi mis d'ordre les cartes dans",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "fin_caractere_exclue": 1789,
     "texte": "140\nLa Vogue.\nle monceau, les estendre sur table de treize en treize\net les quatre de chaque sorte se trouuent ensemble\ndans le rang des mots des vers. Il m'apprit aussi à\nfaire disparoitre la carte, puis la faire reuenir. Il faut\nque les cartes soient retournées les faces contre les\nfaces, puis faisant mettre la carte dessus, en retirant\npromptement la main derrière; dans ce temps vous\ntournez le monceau dans vostre main, et faites pa-\nroistre le dessous dont la première, est autre que\ncelle qu'on a tirée, puis retirant encore le bras, vous\nretournez le monceau, et la carte tirée reuient des-\nsus. Pour sçauoir quelle carte l'on a pensé de celles\nqui se jettent l'une après l'autre sur la table; il faut\nsçauoir seulement qu'elle estoit la première, et sans\nmesler autrement les cartes, qu'en les faisant couper,\nelles gardent la mesme situation; si bien qu'en com-\nmençant à conter depuis celle que vous auiez jetée la\npremiere, lorsqu'elle se presente, (et pour ce il faut\nattendre qu'elle vienne, quand bien l'on auroit passé\nles cartes songées, il n'importe) : contant dis-je de-\npuis que la dite premiere apparoit, iusques au nombre\nde celles qu'on auroit pensé, on les trouue iustement\nvn autre tour. Vous faites voir sept ou huit cartes,\npuis vous demandez la quantiesme vous voulez qu'elle\nvienne, mais non pas audelà des sept ou huit montrées.\nApres qu'on vous l'a dit vous portez les cartes derrière\nle dos, et contez en mettant, les vnes apres sur les\nautres, iusques au nombre qu'on a dit, et quand vous\ny estes arriué au lieu de mettre la carte, qui accom-\nplit ce nombre sur les autres, comme les precedentes,\nvous mettez au lieu d'elle, toutes celles que vous auez\ncontées sur le monceau des cartes, puis vous de-\nmandez la quantiesme estoit la carte qu'on a pensée,",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "fin_caractere_exclue": 204,
     "texte": "La Vogue.\n141\npar exemple, la cinquieme vous contez donc en jettant\nla premiere carte sur table, six, puis sept, et iusques\nau nombre qu'on désire qu'elle vienne, et lors elle s'y\ntrouuera.\n38\n(A suivre.)",
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     "texte": "COURRIER SOCIAL\nOn télégraphie par câble au Matin à la date du 22 avril :\n« Le président Cleveland adresse au Congrès un message\ndans lequel il dit qu'il est tellement convaincu de la nécessité\nde régler immédiatement et complètement le problème ouvrier,\nqu'il se voit obligé de recommander l'étude immédiate des me-\nsures législatives concernant cette question.\nFaisant allusion aux réclamations et aux droits des ouvriers,\nil dit que toute mesure législative traitant cette question doit\nêtre juste et impartiale, et ne pas avoir pour but, en donnant\nsatisfaction à des réclamations exagérées, d'assurer la popula-\nrité de ses auteurs. Les relations actuelles entre le travail et le\ncapital, ajoute le président, sont en grande partie dues aux eхас-\ntions des employeurs.\nIl reconnaît cependant que les ouvriers provoquent parfois\ndes troubles inutiles et injustifiés.\nLe gouvernement ne peut tout faire pour faire cesser cet état\nde choses, mais il est convaincu que quelque chose peut et\ndoit être fait.\nLa création d'une commission du travail composée de trois\nmembres serait suffisante, dit M. Cleveland, pour régler les\nquestions en litige.\nLe président se prononce contre toute mesure temporaire et\narbitraire, et exprime l'opinion que l'établissement de la com.\nmission qu'il propose sera une mesure juste et équitable. »",
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     "texte": "La Vogue.\n143\nCependant nos présidents adressent aux Chambres des décla-\nmations prudhommesques et cancanières.\nParis va désavouer les tribunaux de Decazeville. Que\nM. Roche soit ou non élu, ce sera pour lui la revanche d'avoir\nété le candidat de la protestation. M. Rochefort parle déjà de\nMM. Duc-Quercy et Soubrié. Ce serait trop. Ces messieurs\nn'ont pas qualité pour représenter la grande ville, et, même\npour M. Roche, une forte minorité suffirait.\nQu'il soit élu, ceci prouverait seulement que les mesures\nautoritaires ont de mauvais résultats pour leurs fauteurs.\nLa vulgarisation de quelques idées générales en sociologie\ns'affirme encore plus à l'occasion du livre de M. Drumont.\nQuand donc l'idée d'évolution sera-t-elle vérité banale? Quand\ndonc les questions perdront-elles ces allures irritantes dignes\nd'un autre âge? La moralité à retenir de toutes ces discussions\nest bien simple: que le capitalisme doit évoluer, et que dans\nla limite où ces termes sont connexes, capitalisme, christia-\nnisme et judaïsme doivent évoluer. Personne n'en peut douter.\n3E",
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     "fin_caractere_exclue": 2050,
     "texte": "CURIOSITES\nDans le précédent nu-\nméro, nous avons une er-\nreur de copiste à rectifier:\nce précis est donné dans la\npréface du roman de Jac-\nques Casanova, par M. Ju-\nlian Gundling (Lucian Her-\nbert). Le poëme en prose\na été typographiquement\nomis. Le voici :\nAUX BEAUX CHEVEUX\nDe Thérèse\nCes cheveux parlent ainsi:\nJe suis, belle Thérèse, la\nfameuse chevelure qui entoura\njadis la roïale tête de l'illustre\nBérénice. Heureuse d'avoir été si\nsouvent pressée par son brillant\ndiadème dont la splendeur était\négale à celle d'un astre.\nLa peinture n'a jamais pu imi-\nter et la nature n'a jamais pu\nproduire cheveux plus beaux que\nles miens, car elle m'a donné en\npartage mille boucles, l'or filé,\nl'éclat le plus brillant et la lon-\ngueur sans pareille.\nPendant que ma reine était\nglorieuse de me posséder et\nqu'elle me comblait de sa ten-\ndresse, la fortune perfide com-\nmençait à me précipiter.\nL'Éditeur-Gérant,\nJ. BARBOU.\nLe vain charme des laurier\nqu'on recueille à la guerre vint à\nséduire le roi mon époux, qui,\ntout jeune, n'avait été jusqu'a\ncet age-là occupé que de plaisirs\namoureux.\nOh! vous qui avez aimé, dites\nl'affreux état dans lequel Béré-\nnice se vit plongée dans le der-\nnier moment de ce cruel adieu.\nJ'ai ressenti, moi aussi, les\noutrages d'une douleur tant\nexcessive.\nBérénice, noïée dans ses lar-\nmes, leva au ciel ses beaux yeux\net m'offrit en sacrifice aux dieux\nqui le feraient retourner cou-\nronné des lauriers de la victoire.\nJe fus l'innocente victime im-\nmolée à la joie de son heureux\nretour, gage sacré et incontes-\ntable de la reine, Hélas! que ma\ndouleur fut amère, lorsque le\nperfide couteau, couteau sacré,\nme sépara de sa roïale tète.\nce\nJ'ai tant plu aux dieux dans\nfatal moment, trésor de\nbeauté toute divine, quoique dé-\ntachée des appas et des grâces\nenchanteresses de son charmant\nvisage, que les Zéphirs ministres\ndes immortels, tout inondée des\npleurs de la reine, me ravirent et\nme transportèrent sur leurs ailes\nau milieu des astres les plus\nbrillants.\nJACQUES CAZANOVA.\nLe Gérant,\nH. MAYENCE.",
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