Page 127 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

Oh,guidez-moi,voix chères, voix fraîches, voix de miel, Guidez-moi Vers celle que j'ai vue en la lueur des songes.
Des voix
Dans le parc aux fleurs impérissables, Loin des cris mornes, loin du choc des glaives, La Belle dort. Bercée d'hymnes ineffables, Elle suit longuement son rêve.
Qui es-tu, Toi qui veux conquérir le Trésor?
Le Prince
Je suis le royal Solitaire, Je suis le Pur. Les hydres d'orgueil m'ont crié leurs cris durs: J'ai forcé les hydres à se taire. Et maintenant, je veux aller vers le mystère, Je veux aller au jardin d'azur Où la Belle dort en des rhythmes de mystère.
Des voix
Malheureux... Tu ignores le jardin où tu cours. Tes pauvres yeux, tes pâles yeux Ne peuvent contempler la chaste aurore, Et, parmi les parfums d'amour, Tu languirais vers la victoire humaine, encore.
Le Prince
Que m'importent les luttes vaines? La divine lumière rayonne à mes prunelles. O Voix, guidez-moi vers la Belle, Oh, guidez-moi vers l'éternelle Souveraine.
Des voix
Es-tu le Renonciateur? Es-tu Celui qui méprise a jamais Les âpres désirs, faux et menteurs? As-tu bien écouté les Messagères? Pourras-tu, dédaigneux des villes étrangères, Boire l'onde bénie aux fontaines de paix?
Le Prince
Mes ardeurs vers la nuit sont mortes. J'ai suivi le vol doré des Chimères
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