Page 248 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

Mais je vous chante au fond des forêts où m'écoute, Seul, le chœur étonné des Faunes; et, tandis Que je leur dis et leur redis nos paradis, Le regret obscurcit mes regards, goutte à goutte.
Alors, donnant l'empire à mes yeux immortels Par delà l'horizon de cette humaine vie, Un bon Ange apparaît soudain, qui me convie A voir mes songes incarnés en doux pastels.
Et je vous ai sans nos poussières de la terre, Sans les tentations dont le régne est puni: Pure évocation d'un silence infini, Irradiant tous les mirages du mystère.
FÊTE
Pour Stuart Merrill.
L'or rosé de l'aurore incendie Les vitraux du palais où se danse Une lente pavane affadie Aux parfums languissants de l'air dense.
L'éclat falot de la bougie agonise A l'infini dans les glaces de Venise.
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