Page 249 · Tome IV. Janvier-Avril 1892

Les rideaux mal rejoints sont aux franges Allumés des splendeurs de l'aurore; La musique a des sons bien étranges: On dirait un remords qui pérore.
Mourants ou morts déjà les sourires mièvres,
Les madrigaux sont morts sur toutes les lèvres.
On s'en va, deux à deux, sans étreinte, Sans cueillir un lambeau de dentelle, Tressaillant tout rêveur, mais sans crainte, Au bruit sourd de son cœur qui pantèle.
Pour défaillir, ne faut-il pas qu'on oublie
Le triste éveil d'une ancienne folie?
Dans la salle de bal nue et vide Reste seul un bouquet qui se fane, Pour mourir du même jour livide Que le cœur des danseurs de pavane.
L'éclat falot de la bougie agonise
A l'infini dans les glaces de Venise.
Edouard Dubus.
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