Page 92 · Tome III. Juillet-Décembre 1891

SONNET OUBLIÉ
À Raymond de la Tailhède.
La cour mauresque dont le dallage se fend Ne s’éveille plus de sa paix silencieuse. Et près d’une eau tarie, une statue-enfant S’immobilise en un beau geste de joueuse.
Personne. Un vieux lierre escalade les volets. Or si l’enfant s’abstient de son jeu d’osselets Et lève un peu son front d’orphelinette triste,
C’est, croirait-on, pour suivre au-delà des arceaux, Dans le méchant carré de ciel qui lui subsiste, Ce seul émoi qu’elle a du monde : un vol d’oiseaux.
Ernest Raynaud.
MercureWiki, révision 11794, 2011-02-28. Wikitexte original.